09 septembre 2012

L'heure du crime.

Ne vous inquiétez pas à la lecture du titre de  de cette note. Rien à voir avecune actualité qui nous horrifie ces jours-ci.

Non, cest tout simplement le titre de la nouvelle qu'a écrite ma petite fille au printemps dernier dans le but de participer à un concours. Agée de seize ans, elle m'a donné hier le feu vert pour pouvoir la publier (sur mon blog)si je le souhaite.A l'époque, lorsqu'elle m'en avait parlé, je m'attendais  une nouvelle du style : gentillette histoire d'amour!

Tu t'en souviens Lili, je t'en avais parlé à l'époque car il s'agit d'une histoire de chat.  J'espère ne pas faire une maladresse à ton endroit en la recopiant aujourd'hui.

Voilà :

L'heure du crime.

Il planait dansl'air frais du soir, quelque chose qui vous parcourait l'échine et vous hérissait le poil.

Notre inconnu, à qui personne n'avait jugé bon de donner un nom à sa naissance respirait calmement, savourant l'obscurité naissante et l'odeur teintée d'humidité qui s'engouffraient dans la pièce vide.Les prémices émoustillants de la chasse commençaient déjà à le gagner; ses sens aiguisés à l'extrême, les muscles tendus et le regard perçant, il sortit.

Fuyante silhouette noire, il était l'ombre même dans l'obscurité des ruelles. Il était fantôme. Il était maître de la ville, seul prédateur dans un potentiel enclos à victimes.

Ce soir, ce soir, approchait l'heure du crime !!!

Ainsi, notre anonyme, esseulé, avançait silencieusement dans les recoins abandonnés de la cité. Il prit même le temps de  de musarder un brin, faisant quelques détours afin d'accentuer son désir par l'effet de l'attente.Des vibrations semblant venues du sol faisaient battre son coeur par pulsions accélérées. Sa fine moustache frémissait, il ressentait au plus profond de lui, que "celà" approchait : la nature l'avait doté de cet instinct.

Il évita ainsi les tessons d'une bouteille brisée et l'ivrogne qui allait avec sans presque les voir, comme plongé dans un état second.

Lorsqu'il arriva dans cette sorte de transe, à l'angle de l'impasse sombre, il sut qu'il avait trouvé l"ENDROIT" qu'il cherchait, à cette heure-ci, désert à souhait.Nul ne viendrait le déranger!

Il se cacha, blotti à même le sol, entre deux poubelles.

Il n'attendait plus que sa proie, qui ironie de l'histoire, viendrait d'elle même, se jeter dans la gueule du loup! Puis, ombre sombre, il ne bougea plus.

Il patientait, l'oreille aux aguets, le regard rivé droit devant lui. Dorénavant, il n'était plus qu'un bloc, une gargouille immobile, figée dans le temps, le dos courbé. Il ne sentait pas le froid le mordre de ses crocs acérés et ne prêtait pas attention à l'ankilose qui commençait à gagner ses membres. Il ne pût cependant empêcher son immagination de dériver dans les méandres de sa folie criminelle. Plus le temps passait, plus le désir s'emplifiait, parcourant ses veines d'une douce châleur qui commençait peu à peu à devenir insupportable. Les battements de son coeur résonnaient au niveau de ses tympans et l'impatience finissait par le gagner.

Lui seul, pouvait ressentir le contraste entre la torture que subissait son corps semblant impassible, et l'excitation qui lui procurait déjà un plaisir sauvage.

Un bruit imperceptible  fit frémir notre mystérieux inconnu : c'était ELLE, furtif mouvement, telle une petite lumière blanche, s'approchant innocemment de lui.

Leprédateur, invisible, sentit ses muscles se raidir. Il émanait de lui un magnétisme maléfique et effrayant. Quand elle passa devant lui, elle eut à peine le temps d'entendre un son rauque fuser de la gorge du tueur, que, déjà, ce dernier avait bondi sur elle. Le carnage,provoquant un plaisir proche de l'orgasme chez l'attaquant commença.

L'ombre torturait la Lumière, jouant à lui faire perdre conscience, puis la laissant se ranimer pour continuer encore et encore ce scénario cruel. La pauvre victime tentait de se débattre, de griffer,de mordre son agresseur comme elle le pouvait, mais rien n'y faisait! Son liquide vital s'écoulait, inexorablement, sur l'asphalte.

La dernière chosequ'elle vit fut la blancheur des dents de l'Ombre, dévoilées dans un rictus horrible.

Quand il plût à Dieu qu'elle mourrut enfin, notre inconnu franchit une fois de plus la limite qui sépare le désir de l'action, et arracha d'un violent coup de machoire un bout de chair de sa victime.

Il jubilait, frissonnant de plaisir et se redressa, triomphant, regardant d'un air gourmand la pauvre victime qui gisait sur le sol. Puis ....

Il fit demi-tour, laissant dans la ruelle, le corps de la Lumière baignant dans son propre sang.

Il rentra chez lui par les rues silencieuses et vides, son corps apaisé ressentant les derniers plaisirs de ses délices meurtriers.

C'était une belle soirée, une très bonne soirée.

Ce soir, ce soir, il avait bien chassé!

Fourbu, il regagna le logis et se lova voluptueusement sur les coussins moelleux du canapé. Il sentait encore l'odeur de sa victime, et, en nettoyant d'un coup de langue gourmand ses pattes souillées, le souvenir encore vivace de la texture du morceau de chair sur sa langue le fit ronronner de plaisir.

Et l'Ombre s'endormit, repu et satisfait.

Inévitable, l'une des lois immémoriales de la nature avait été appliquée :

Ce soir, ce soir, le chat avait dévoré la souris !!!

  

 

Posté par emiliacelina à 15:06 - Commentaires [4] - Permalien [#]