Pour sa première année d’apprentissage, durant l’automne et l’hiver, Bruno se rendait à son travail par le bus. Puis, au printemps, nous lui avions donc acheté un vélomoteur. On en rit encore, car, vu la petite taille de mon fils, j’avais refusé catégoriquement de lui acheter un vélomoteur trop important. Il avait alors hérité, d’un (à mon avis), très joli Peugeot 102 bleu.

Le problème, c’est que nous n’avions pas réfléchi que Pascal, lui, devait encore attendre un an avant d’avoir le droit d’en utiliser un. Cette situation impliquait qu’en attendant, Bruno devait porter son frère lors de leurs déplacements communs. Hors, le frère en question, le dépassant déjà d’une bonne tête, le surpassait encore plus, une fois assis derrière lui. La conséquence était, que, lorsqu’ils croisaient les gendarmes, ils se faisaient systématiquement arrêter et voilà ce que cela donnait :

Le gendarme :

-Comment tu t’appelles ?

Bruno :

-Bruno ......

-Le gendarme :

-Et toi ?                                                                                    

-Pascal ......                                  

-Le gendarme s’adressant à Pascal :

-Pourquoi tu laisses ton petit frère conduire ton vélomoteur ?

-Pascal :

-Mais, non ! C’est mon grand frère !

- Tu te fous de ma gueule ? Tu descends, et toi, « le grand-frère », tu montes derrière, et, attention, on vous a à l’œil !

Et nos deux lascars repartaient, Bruno penaud et vexé, Pascal tout heureux ! Pas pour longtemps. Bruno avait vite fait de récupérer sa place, dès qu’il n’y avait plus d’uniforme en vue !

A l’époque, je circulais moi-même à vélomoteur. Cela incluait le port d’un casque obligatoire.

Je m’étais donc acheté le casque le moins important possible. J’avais trouvé un petit casque qui rappelait un peu les casques de chantier, d’un superbe jaune éclatant.

Donc, comme Pascal n’avait pas  encore de vélomoteur, donc, pas de casque, lorsque son frère le portait, il fallait que l’un des deux prenne le mien.Vous me direz que l'on aurait pû acheter un deuxième casque, mais l'année suivante il allait falloir acheter un vélomoteur pour les 14 ans de Pascal, alors on faisait attention au sous.  Le choix était vite fait. La tête de Bruno étant plus petite que celle de son frère, c’est à lui que revenait le grand bonheur de coiffer « crâne d’œuf » le casque ainsi baptisé par le même Bruno, toujours aussi moqueur et profondément humilié. Pascal, lui, l’air goguenard, enfilait le casque intégral de Bruno en forçant un peu.

Aujourd’hui, je me demande comment cela se passait, une fois qu’ils avaient tourné le coin de la rue et se trouvaient hors de notre vue.

Avec tout ce que j’ai appris depuis, nul doute que Bruno menaçait de laisser son frère

pour le blog n°2 022

 aller à pieds, s’il ne récupérait pas son casque intégral, quitte à ce que Pascal récupère

  "crâne d’œuf " juste sur le sommet de son propre crâne. Impossible qu’il ait pu l’enfiler

complètement !

Je pense que l’échange devait  être accompagné de discussions très peu sympathiques ! 

 

Voilà ce que celà donnait lorsque le petit frère (en bas) portait le grand frère (en haut) ! La photo n'est pas très nette, je viens de la retrouver dans mes archives !

La suite... demain!