Vous croyez que les aventures de nos enfants vont cesser  ?? Que nenni  .....

On continue.....

 

Bruno a toujours un projet en tête. En général, il le concrétise, un jour où l’autre. Depuis quelques années, il rêvait de pouvoir, un jour, monter une entreprise. Pas n’importe quelle sorte d’entreprise, non, une société familiale ! Avec ses frères bien entendu ! A qui d’autre pourrait-il faire une confiance absolue ?

Il a pensé que le moment était venu, et a décidé de monter une imprimerie. Projet d’importance !

Lui, se chargeait de la partie financière. Il ne s’était permis aucun écart depuis qu’il s’était installé à son compte, dans ce seul but. Il pouvait donc négocier avec son banquier qui lui faisait confiance, pour le financement. Il avait déjà un apport très correct. Il a donc obtenu un crédit complémentaire, au nom de la SARL.

Il lui fallait aussi, bien évidemment, un conducteur offset. Le fils du cousin qui travaillait déjà avec Bruno, avait un CAP dans cette formation et promettait de nous étonner par la qualité de son travail. Pascal, dans ce domaine, n’avait pas de connaissances particulières, mais il allait pouvoir mettre en application sa formidable capacité d’assimilation dans toutes sortes de domaines. Il adorait les machines de tous genres ! De plus, il avait et a toujours une puissance de travail et de volonté, tout simplement phénoménale ! Si cela s’avérait nécessaire, il suivrait une formation accélérée.

Pour commencer, Bruno ayant beaucoup investi, aurait un salaire raisonnable, sans plus. Pascal et le petit cousin, percevrait le minimum, soit le SMIC. Murielle est venue rejoindre l’équipe, elle ne serait salariée que pour un mi-temps, mais bien sûr effectuerait une journée complète, voire plus, si nécessaire. Elle s’occuperait du contrôle qualité et de la préparation des livraisons. Elle s’acquittait de ce travail avec excellence. Le tri de la production était très important car la société s’était spécialisée en grande partie dans l’impression d’étiquettes de vins, d’alcool etc… Bruno assurant bien sûr la partie gestion et surtout création. Robert lui aussi a été mis à contribution pour l’emballage des livraisons sous film plastique.

Pas de problèmes pour les enfants, je les garderai tous.

Le cousin, toujours commercial, rétribué plus que correctement, garderait son salaire. Bruno ne voulant pas le lui diminuer à cause du changement occasionné. On ne revient pas sur une parole donnée ! Ah ! Mes fils et leurs principes, pas toujours très réalistes !

Le local trouvé, l’affaire fut lancée.

Parallèlement, Bruno et Nathalie avaient trouvé une maison pas très loin du local. Ils l’ont achetée. Une jolie landaise sur un terrain de trois milles mètres carrés, avec des arbres magnifiques. Pour Nathalie, c’était le bonheur. Les arbres, c’est sacré, et, lorsque la prudence commandait d’en abattre un, elle versait sa petite larme, pour le grand amusement assorti de quelques moqueries de la part de ses beaux-frères.

Nous pensions :

Quand donc, nos enfants, n’auront-ils pas une aventure en cours ?

Ils vont nous faire vieillir avant l’âge !

Le travail ne manquait pas. Tout le monde était plein d’enthousiasme et prêt à payer de sa personne. Pas question de ménager sa peine !

Le problème s’est rapidement posé, lorsque, au lieu de nous étonner, le petit cousin a raté un tirage, puis un autre. A chaque fois, tous travaillaient la nuit pout retirer la commande, donc, perte d’encre, de papier et accumulation de fatigue. Avec le recul, je me dis que le choix de l’ouvrier n’avait pas été très judicieux. Confier le plus important, c’est-à-dire l’impression, à un jeune, qui, quoi qu’il en dise, n’avait pas encore fait ses preuves, fut-il un parent, n’était pas très raisonnable ni bien réfléchi !

La tension et la fatigue se faisaient sentir, car se présentait assez souvent ce genre de problème, ou un autre, causé par son inexpérience.

Le cousin, s’il était excellent comme courtier en assurances, ne faisait pas vraiment d’étincelles comme commercial pour l’imprimerie. Pourtant, la société marchait correctement. Pascal et le jeune ont pu être un peu augmentés. Les comptes se rééquilibraient d’un mois sur l’autre. Le crédit souscrit pour l’investissement des machines pesait lourd.

Quelques mois plus tard, le commercial, qui somme toute, était le moins productif dans la société, a suggéré l’éventualité d’une augmentation de son salaire ou plutôt de ses frais de déplacements. Bruno et Pascal, lui ont alors proposé de plutôt utiliser le véhicule de la société pour ses déplacements professionnels. La discussion en est restée là, mais un certain malaise s’est installé, car il avait bien été convenu au départ, que chacun se montrerait raisonnable en prétentions durant les premières années.

Les réflexions n’ont pas tardé à fuser, et la tension à être insupportable. Pour éviter que cela ne dégénère, il a mieux valu qu’il soit licencié ou démissionné, je ne sais pas trop comment expliquer la situation au juste. Par contre, je sais que son départ ou licenciement, a durant six mois, été une charge supplémentaire pour la société. Il n’a pas été question d’arrangements !

 Bien entendu, son fils a immédiatement demandé son compte. Le problème n’était pas très important, Pascal était déjà très capable de faire marcher la machine offset. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour se mettre au courant. Il a pris le relais quelques temps, en attendant de trouver un autre conducteur offset car Pascal ne pouvait pas être partout à la fois.

Il y avait bien d’autres postes qui requéraient sa présence.

 L’ouvrier fut trouvé, et les problèmes ont fortement diminués, du moins en ce qui concerne l’imprimerie !