Tout vient à point à qui sait attendre . La preuve ! Ils avaient finalement un nid, et voici, enfin , la fin de cette partie de leur histoire!

 

                                    Enfin ! C’est décidé !

  

Dans un premier temps, Eric a proposé à Pascal et Mumu, de venir habiter chez lui, en attendant d’avoir trouvé à se loger. A mon avis, l’idée n’était pas si heureuse qu’il y semblait. Depuis son divorce il avait pris ses habitudes dans sa grande maison déserte. Il était devenu très soigneux pour ne pas dire très maniaque, et je le voyais mal supporter cette invasion. Trois enfants, cela fait du remue- ménage et du désordre ! C’est sûr, il allait y avoir des moments où il aurait besoin de solitude. D’un autre côté, cette solution les arrangeait tous. Pascal et Mumu économisaient un loyer en partageant celui d’Eric et les charges afférentes qui pesaient lourd pour lui, seulement salarié de l’imprimerie. Pour le moment, chacun y trouvait son compte. Eric avait un magnifique ara, dont il prenait bien soin. Outre son maître, cet oiseau aimait particulièrement Lydie, lorsqu’elle venait chez son père.

Pascal et Mumu se sont jetés sur un superbe terrain, en bordure de la forêt, et, comble de chance, dans notre rue. Ils feraient donc bâtir. Le constructeur était tout trouvé, ce serait celui-là même qui avait bâti notre petite maison. Cette fois, cela n’a pas traîné. Si les discussions ont repris, c’était sur les plans de leur construction. Pascal se gardait beaucoup de travaux à faire lui-même. Robert l’aiderait. Plus d’incertitude, la signature a été rapide. L’humeur était joyeuse. Les enfants prévoyaient déjà une cabane dans la forêt proche. Ils ont toujours été amoureux des bois ! En plus, cette cabane- là serait loin des yeux paternels, cachée au milieu des grands chênes. Génial !

La vie était belle ! Pascal et Mumu, ont pensé qu’il était temps de régulariser leur situation. Le mariage fut fixé au 7 août.

Je ne sais pas si vous avez déjà assisté à un mariage en « toute simplicité » celui-ci fut un modèle du genre ! Il faisait très beau, même très chaud. La table avait été dressée dans le jardin, chez Bruno et Nathalie, sous les grands pins.

La piscine était prête et les maillots de bain des enfants aussi.

Notre neveu était venu s’occuper du méchoui. Réussi d’ailleurs ! J’avais préparé les amuse-gueules et les entrées. Les salades, fromages et le gâteau traditionnel ont complété le repas de noce.

Bien sûr, nous avions tous fait un effort de toilette, mais dans la simplicité la plus totale.

La cérémonie, à la mairie, a aussi été particulière. Les enfants excités, avaient été munis, chacun d’un appareil photo jetable, fournis par la marraine de Marine, Sandrine, amie d’enfance de Murielle et photographe de métier. Chacun, dans la plus grande liberté, a mitraillé tout le monde à tour de bras. Jordan, dans un premier temps, s’était réfugié sous le bureau du maire, pas très loin des pieds de Mumu et de son père. Au développement, nous avons pu voir, que l’objet de son intérêt de reporter, était, en grande partie, le garde municipal qui se tenait près de  la porte de la salle des mariages ! Sa tenue avait dû l’impressionner. Le reste du reportage était consacré aux pieds des invités, l’objectif de l’appareil, n’en voyait pas plus !

mariagemumuforetjmj002[1]

 

Mumu et Pascal, très heureux, l’avaient également joué  sobres. Pas beaucoup d’invités, les habitués du noyau familial ! Une vingtaine de personnes autour de la table, et une journée décontractée.

 

mariagemumuforetjmj012[1]

Décontractée : la preuve ! Voyez le service! Que le gateau soit arrivé sur la table intact reste un mystère!

Donc,décontractée chaleureuse et chahutante la piscine étant aussi très agréable !!!! Nous étions tous très heureux et cela se ressentait. Oui, une bien belle journée ! Mumu portait maintenant, le même nom que nous tous, Pascal, Jimmy et Jordan.

   Comme je le prévoyais, la cohabitation s’est révélée, au bout de quelques temps, un peu difficile. Malgré leur attachement fraternel, parfois, les relations étaient tendues. Avec intelligence, avant que les choses n’empirent, Pascal et Mumu ont préféré faire l’achat d’un mobil-home qu’ils ont placé sur leur terrain .Avec Robert, ils l’ont raccordé au tout-à-l’égout, pour un meilleur confort et une hygiène correcte. Il serait revendu sans problème à la fin de la construction. Un peu exigü, mais ils avaient l'habitude !

Pendant que la maison se construisait, la vie s’est organisée dans le mobil-home. L’été, l’on se croyait en vacances, et les soirées de fin de semaines réunissaient souvent tout le monde pour un barbecue. Les enfants ne risquaient pas de nous déranger, ils passaient tout leur temps dans le bois, derrière la grande pergola de toile que Pascal avait monté pour l’été. Assis tranquillement autour de la table, nous les entendions jouer, ou se disputer, c’était selon ! Eric et ses enfants n’avaient rien changé à leurs habitudes, et, grande maison ou grande caravane, Lydie et Marc passaient le plus de temps possible avec leur cousins.

 L’esprit vacances flottait sur tout ce petit monde. Souvent, quelques petits copains venaient se joindre à eux. En général, Marine était la seule fille partageant les jeux des garçons et régnant sur sa cour ! Jimmy, déjà, veillait et surveillait sa « sœur ».

Pour faciliter les choses à Mumu, le linge était traité chez nous. Aucun problème !

La maison avançait à « grand pas », heureusement ! Si l’été était vraiment agréable, l’hiver l’était beaucoup moins. Robert et Pascal avait bien isolé cette habitation provisoire, portant, il était hors de question d’y passer un hiver supplémentaire. Il fallait chausser les bottes en caoutchouc pour y accéder. Le terrain alentours, véritable chantier était très boueux.

Dans la maison, on s’activait. Eric n°2,(copain de toujours de notre Eric et parrain de Lydie : pour mémoire !) comme à son habitude est venu installer la cuisine qu’avait choisie Mumu. Vraiment très belle cuisine, fonctionnelle et séparée du séjour par un magnifique comptoir arrondi. Les pièces, lumineuses donnaient sur la terrasse couverte, face à la forêt.

Eric n°2 travaillait avec son père qui avait un magasin de fournitures de meubles et d’agencement de bureau. Comme il possédait un camion pour les livraisons, c’est  lui, qui, à chaque fois, organisait les déménagements. Les meubles de Pascal et Murielle avaient été entreposés dans la réserve de l’imprimerie en attendant que la maison soit terminée.

Le terrain, aux dires de Robert, conviendrait bien pour cultiver un potager. Pascal n’était pas fan ! Consommer légumes et fruits, d’accord, mais jardiner, très peu pour lui ! Par contre, si son père en avait envie, surtout, qu’il ne se gêne pas ! Sitôt dit, sitôt fait. Sur le derrière de la maison, le long de la clôture, quelques plates-bandes se sont bientôt alignées, bien nettes, tracées au cordeau. La première saison donna, aussitôt, une récolte prolifique : tomates, persil, fraisiers, cornichons, piments, salades, haricots verts, courgettes, ails, oignons, etc…La plupart du temps, les habitants de la maison, n’avaient même pas vu que Robert, arrivé par le derrière de la maison, était occupé au jardin. Il repartait sans que personne ne se soit rendu compte de sa venue. Il n’était pas question de se montrer indiscret ! De temps en temps, le potager s’agrandissait d’une plate-bande supplémentaire et un nouveau légume était planté. Il fallait calmer l’ardeur du jardinier !

   Si Robert jardinait avec plaisir, il estimait que les enfants devaient  participer et assurer l’arrosage.                                     

  Lorsque, le soir, ceux-ci entendaient le bruit caractéristique du moteur de notre vieille Renault express, c’était la précipitation.

 Se jetant, qui sur le tuyau d’arrosage, qui, sur l’arrosoir, ils se hâtaient afin que papy les trouve occupés à arroser.

 Ils  couraient dans tous les sens : vite ! vite ! Voilà papy !

Les enfants l’avaient surnommé : Papy tout press ! Et craignaient par-dessus-tout de se faire traiter de paresseux !

 Personnellement, j’appréciais beaucoup d’avoir deux de mes enfants à cinq cents mètres de chez nous. Nos petits enfants pouvaient venir à la maison à volonté. Durant la bonne saison, ils passaient leur temps dans les bois, qui, de derrière chez nous, aboutissaient derrière chez eux ! Quand j’avais, le mercredi ou durant les vacances scolaires, tous mes petits- enfants, nous partions en promenade dans ces mêmes bois, magnifiques ! Je leur y ai appris quantité de jeux durant ces balades. A tresser des fougères pour en faire des couronnes, marcher au pas en chantant, etc…et nous goûtions avant de rentrer à la maison, presque toujours au même endroit. Il y avait là, des arbres abattus, avec des troncs énormes.  Idéal, pour jouer les cascadeurs et faire office de sièges.

Eric leur avait donné des peaux de bêtes, et ils se prenaient pour de vrais sauvages ! J’avais de nouveau envie que mes petits- enfants, à leur tour, ne grandissent pas trop vite !

Il y avait deux ans qu’ils étaient devenus nos voisins quand les travaux ont été stoppés nets, car une nouvelle aventure attendait les trois frères, imposant la prudence financière.