2003... Jimmy a 12 ans.

Jimmy : vrai petit homme

Adolescent sérieux, vaillant, féru de chasse, Jimmy est incollable (et fier de l’être !) sur les canards, les oiseaux, la nature.

 Toujours prêt à rendre service, il est incontestablement la fierté de son père et le compagnon apprécié de son oncle, en particulier lors de parties de chasse à la tonne.

 Mais attention ! Cela ne va peut-être pas durer, gare aux résultats scolaires !

 

 En 2010 ....ben ! Il en a 19 !! ...et ne nous a pas laissé le temps de nous ennuyer durant ces 7 années !

                                                   Jimmy

 

L’on voit Jimmy l’on voit son père. Sur certaines photos de Pascal jeune, la ressemblance est frappante, et, pour ceux qui connaissent son fils, la ressemblance ne s’arrête pas qu’au physique, le caractère est à l’avenant !

Lorsque ma belle-fille s’inquiétait des frasques du garçon, du haut de mon expérience de mère de trois fils, je la réconfortais d’un : comme son père, fataliste !

Pour les quatorze ans de Jimmy et de Marine (ils n’ont qu’un mois d’écart) Pascal et Mumu leur ont offert, à Jimmy, une moto et à Marine un booster. Sur leurs engins, ils ne passaient pas inaperçus dans notre petite commune. Marine était plutôt très prudente parce-que pas très confiante sur la route. Jimmy, bien évidemment, tout le contraire ! Ils partaient donc souvent rouler dans les bois, sur leurs machines absolument pas faîtes pour ce genre de terrain et en revenaient tout crottés. Jimmy était continuellement dans notre garage occupé à trafiquer sa moto. Robert avait beau le sermonner, rien n’y faisait. Dès que son grand-père avait le dos tourné, il reprenait les outils, persuadé qu’il allait en améliorer les performances !

C’est ainsi qu’un jour où je revenais de faire des courses, j’ai connu l’une des plus grande- frayeur de ma vie.

Alors que j’arrivais dans ma rue, à quelques cent mètres du stop avant notre maison, j’ai vu un attroupement, un véhicule de gendarmerie et une voiture en travers du trottoir. J’ai dû m’arrêter car la rue était bloquée et j’ai vu ma voisine venir vers moi pour m’informer : ne vous affolez pas, mais c’est Jimmy, on attend les pompiers, votre mari est avec lui, il est conscient et il parle. Laissant la portière de la voiture ouverte, j’ai couru et j’ai subi le choc de ma vie !

Coincés par les roues arrières de la voiture, dépassaient juste les pieds de mon petit-fils, dont le corps, lui, était entièrement sous le véhicule. Robert, à plat-ventre dessous, à la hauteur de la malle arrière, le réconfortait. J’ai fait un malaise, un petit évanouissement. Les pompiers enfin présents, je me suis forcée à réagir pour appeler Murielle. J’ai pu observer que Jimmy bougeait légèrement les pieds et cela m’avait légèrement rassurée.

Robert a demandé l’aide des voisins afin de caler la voiture avec des parpaings, car la pente du trottoir aurait pu la faire rouler sur l’accidenté. Personne n’y pensait !

Marc et Marine qui se trouvaient sur la route avaient assisté à l’accident. Marc avait filé chercher mon mari. Marine hurlait à l’adresse de la conductrice du véhicule : Elle a tué mon frère ! Elle a tué mon frère ! En deux secondes Robert l’a calmée net, sans faire preuve de délicatesse, on verrait après ! Cette partie- là, m’a été racontée, je n’étais pas encore arrivée sur les lieux.

Après avoir appelé Mumu, j’ai pu un peu m’occuper d’elle. Marc, complètement terrorisé, se tenait à l’écart, blanc comme un linge !

Il a fallu joindre Pascal au téléphone (il se trouvait à cinquante kilomètres pour son travail). C’est Murielle qui s’en est chargée, lui détaillant la situation de minutes en minutes car Jimmy est quand-même resté une heure et demie sous la voiture avant que l’ambulance ne l’emmène .Murielle a pu monter avec lui.

Après avoir ramené les enfants chez eux et tenté de les rassurer de notre mieux, nous avons filé à l’hôpital retrouver Pascal enfin arrivé et Murielle.

Après cette grande frayeur, il nous a paru incroyable d’entendre les médecins nous rassurer. Par chance, la cage thoracique du gamin avait encore les cartilages très souples, et, logiquement, les choses devraient rentrer dans l’ordre rapidement. Enfin ! Il s’en est ressenti plusieurs mois quand même, mais n’en a gardé aucune séquelle !

Nous avons tous eu beaucoup plus de peine à nous en remettre que lui ! Il a vraiment eu une chance inouïe aux dires des pompiers.

La moto, irréparable, bien qu’assurée n’a pas été remplacée. J’en étais contente même si je ne le montrais pas.

Quand je dis que nous étions plus choqués que le principal intéressé, la preuve : il lui a fallu très peu de temps pour enfourcher le booster de Marine ! Pauvre booster ! Mais, Marine avait eu tellement peur qu’elle cédait tout à son frère.

Les soirées de vacances, Jimmy et d’autres gamins se retrouvaient, le soir, devant la mairie de notre petite commune. Bien sûr Marine faisait partie de la bande ! Notre mairie possède un éclairage constitué de gros globes lumineux, placés à même le sol (du gazon).

Un jour, Pascal a été convoqué à la mairie .Jimmy se serait rendu coupable de « détérioration de biens publics ».

L’accusé, bien évidemment, n’y comprenait rien ! C’est vrai, que, si notre petit fils était plutôt casse-cou, il n’a jamais été un voyou malfaisant.

Pascal s’est donc rendu à la convocation. Notre commune est petite et l’on connait presque tout le monde. Le fait était exact. Un des globes lumineux avait été cassé. Qui était responsable de cet acte de vandalisme ? La mairie pouvait répondre à cette question, sans la moindre équivoque, car le bâtiment était équipé de caméras qui en surveillaient les abords. C’est ainsi que Pascal a eu le privilège de voir la vidéo de son fils, « urinant » tranquillement sur l’un des globes lumineux, qui, n’appréciant certainement pas le traitement, a explosé !

 Bizarre !

Peut-être que le globe en question supportait seulement l’eau de pluie !

L’affaire n’était pas très grave en soi, il n’y avait pas vraiment volonté de  mal faire. Il n’y a pas eu de suite avec l’équipe municipale.

Par contre, j’aime mieux vous dire qu’il y en a un qui n’a pas raté l’occasion de railler Jimmy dès qu’il a eu connaissance de l’histoire : c’est Bruno ! L’aventure était du pain béni pour un parrain aussi moqueur !

Jimmy n’a pas voulu continuer les études alors qu’il avait beaucoup de facilités. Mais, rien à faire, il voulait travailler. Les chiens ne font pas des chats ! J’avais vécu la même situation avec son père ! Mais, c’est curieux, celui-ci n’avait pas trop l’air de s’en souvenir !

Notre voisin, peintre, l’a pris comme apprenti. Il a bien appris son métier et, le CAP obtenu, il a choisi de continuer pour passer un brevet professionnel.

Il a donc fallu trouver un nouvel employeur. Ce fut fait, et une fois le contrat signé et respecté durant à peu près trois mois la société, en difficultés, a tout simplement cessé de le payer ! Impossible d’aller travailler ailleurs tant que le contrat n’était pas rompu. Pour cela, il fallait obligatoirement passer par les prud’hommes. Il a travaillé neuf mois sans salaire et son humeur s’en est ressentie. Murielle a dû s’armer de patience pour deux, parce-que Pascal supportait encore plus difficilement cette situation. Finalement, le problème s’est réglé à l’amiable avec le liquidateur de la société et Jimmy a pu s’acheter un véhicule. Ce n’était pas sa première voiture, son père dit qu’il aurait mieux fait de monter une casse !

Pascal, via son agence intérim, lui a trouvé un nouvel employeur. Il a la chance de pouvoir faire des heures supplémentaires et ne s’en prive pas. Il doit prochainement signer un CDI. Son employeur est très satisfait de lui. C’est vrai que c’est un bon ouvrier, volontaire et sérieux au travail.

Son humeur est  redevenue plus agréable. Nous retrouvons le gentil garçon qu’il est et je pense qu’après avoir réalisé quelques économies, il ne va pas tarder à prendre son indépendance. Je commence à prévoir quelques achats en prévision. Il s’invite de temps en temps chez nous pour souper. S’il n’a pas pu m’avertir, comme il ne veut pas que je m’embête, il va dans le placard et s’ouvre tout simplement une boîte de raviolis. Pas difficile pour deux sous ! Je ne peux pas dire qu’il soit attiré par la qualité du repas. Je compense lorsqu’il pense à m’avertir assez tôt !

Chasseur, il a un sujet de conversation tout trouvé à partager avec son papy (après avoir fait le point sur sa situation au travail !). Toujours volontaire si l’on a besoin d’un coup de main quel qu’il soit, il répond toujours présent.

Entouré d’une joyeuse bande de copains aimant la fête, il a beaucoup de respect pour les membres de la famille et est toujours présent lors des réunions familiales. 

et en janvier 2013 il est parti en Suisse. Le travail là-bas n'attendait que lui ! Il allait faire des économies !

Je crois qu'il a surtout profité des pistes enneigées ! La vie là-bàs lui plait beaucoup, mais trouver du travail n'est pas évident! Il a essayé, il a accepté quelques petits boulots (travailler dans les vignes par exemple !) mais pas dans son métier de peintre ! Il est déçu. 

Je crois que nous n'allons pas tarder à le voir revenir !