Je peux faire court concernant les examens de Robert. Simplement, nous sommes dans l'attente de la date d'une courte (2ou3jours) d'hospitalisation pour faire des examens plus poussés (style biopsie et autres). Un traitement qui ne change pas en attendant , sauf ajout de diurétique. Et c'est reparti pour attendre....attendre.....

                                                             

 Tout en attendant, voici la fin du devoir de Margot, que vous avez si gentiment commenté. Je vous en remercie.

Pour ma part, je verrai bien une suite à cette histoire , par exemple ..............  18 ou 20 ans plus tard, lorsque Lucy porterait un regard d'adulte sur le monde, ou bien qu'elle tomberait amoureuse, .......... d'un "résistant"?   ou pas ?

...............

     Le lendemain, de retour à l’école, Lucy, accompagnée de Léa, sa fidèle amie, vint voir son institutrice avant le commencement de la classe, et lui tendit le livre.

« Tu as déjà terminé ta lecture ? » la questionna Madame Loquacitas.

L’enfant fit signe que oui et fut immédiatement félicitée. Le fait qu’elle ait terminé aussi rapidement le livre démontrait selon la maîtresse qu’elle possédait de « réelles capacités de travail ».

« Et donc, poursuivit l’institutrice, tu comprends un petit peu mieux ce que veut faire le Gouvernement ? »

L’enfant hocha de nouveau sa petite tête. C’était la triste vérité, elle comprenait : le Gouvernement ne veut que le bien-être de la population, c’était évident. Papa biologique et Maman biologique s’étaient trompés. Ils n’auraient pas dû faire ce qu’ils ont fait. Elle espérait seulement qu’ils ne seraient pas punis trop sévèrement ; elle était persuadée qu’ils n’avaient jamais fait de mal à personne. Mais se revendiquer comme résistant est un délit. C’était comme ça.

Madame Loquacitas la félicita de plus belle, et lui donna le livre qu’elle lui avait prêté  pour la récompenser de son intelligence.

« Tout bon travail mérite salaire. » conclu l’institutrice. « Va t’asseoir maintenant, le cours va commencer. »

La poitrine bombée de fierté, Lucy retourna à sa chaise, tenant son livre droit devant elle : de la même manière qu’elle aurait porté un trophée.

 

     A la fin de la journée, à la sortie de l’école, la maîtresse s’était entretenue avec sa mère, pour lui raconter le comportement exemplaire dont elle avait fait preuve. Sa néo-maman, comblée d’entendre que sa fille adoptive suscitait tant d’éloges malgré ses origines, la félicita elle aussi pendant le trajet du retour.

Heureuse, se sentant enfin à sa place, Lucy participa encore à la préparation du repas, se fit de nouveau conduire à sa chambre, se faire embrasser avant de s’endormir. Elle acceptait finalement et pleinement les démonstrations de tendresse. Elle ne se retenait plus d’en être comblée.

Un matin, elle laissa même maman la coiffer. Et le lendemain. Et celui d’après. Et tous les autres jours suivants.

On l’emmena au parc, au cinéma, à la bibliothèque municipale. On l’inscrit à des cours de piano. On laissait libre court à ses préférences. Elle était heureuse. On s’occupait bien d’elle. On la bichonnait, on la câlinait. On l’aimait. Elle avait des parents attentionnés, des amies avec qui elle s’amusait. Tous ses besoins étaient satisfaits.

Elle avait de moins en moins besoin de Chichi. La poupée se retrouva un jour sur sa table de nuit, puis un autre sur une étagère, loin de son lit et des confidences. Puis au fond d’un placard, loin de tout regard. Sa meilleure amie de tissu silencieuse, le seul héritage tangible de ses parents, disparut peu à peu de son quotidien. 

 

Et un soir, un soir ordinaire, un soir où le couvert était mis, où les couteaux étaient placés à droite et les fourchettes à gauche et où un pichet d’eau fraiche trônait au centre de la table : on entendit. On l'entendit ! De manière presque imperceptible, presque comme un souffle, mais on l'entendit. Les premiers mots de Lucy. Presque inaudibles, presque inexistants, mais réels tout de même. Les premiers mots qui traversaient véritablement ses lèvres depuis des mois et qui marquaient la fin de son mutisme. Ses premiers vrais mots. C’était lors des remerciements. Des mots, presque comme un souffle :

« Gloire au Gouvernement ».