Je ne sais pas si vous connaissez l’histoire des trois vœux. C’est l’histoire d’un couple de braves vieux paysans très pauvres, qui se contentaient, chaque soir d’une assiette de haricots !

Un soir, que le couple se lamentait devant son assiette et la poele vide dans la cheminée, un petit génie qui passait par là les entendit et leur dit : vous êtes méritants, et je vais vous accorder trois vœux, mais attention seulement trois vœux !

Le couple était heureux , et surpris. La femme, plongée dans ses pensées et regardant la poêle dit : je voudrais bien des saucisses pour accompagner nos haricots ! Elle n’avait pas plutôt fini sa phrase que deux belles saucisses tombèrent dans la poêle ! Le mari, furieux, s’écriat, tu te rends compte, espèce de bavarde, tu viens de gaspiller le premier de nos vœux, je voudrai que ces saucisses te sautent au nez ! Sitôt dit, sitôt fait ! Les deux belles saucisses d’un seul élan, lui sautèrent au nez. La pauvre femme se mit à se lamenter et à supplier : je t’en supplie, laisse moi faire le dernier vœux ! Il eut beau lui  dire qu’en souhaitant la fortune, il lui ferait confectionner un sac en or pour dissimuler les saucisses, rien n’y fit ! Elle pleurait et se lamentait de plus belle ! Alors, son brave homme de mari, souhaita avec elle, que les saucisses se décrochent du nez de la paysanne. Et le couple, retrouva sa vie d’avant sans que rien ne change !

Pourquoi , me dirait vous, raconter ce petit conte. C’est tout simplement parce-que cette histoire lue dans mon enfance, est pour moi, liée au souvenir d’une journée particulière.

……………………… que je vais vous compter !

 Nous avions l’habitude d’aller en famille pêcher dans la gravière (d’ailleurs interdite à la pêche et la baignade, mais la municipalité, à l’époque laissait faire !)pas très loin de chez nous.

A chaque fois, Robert débroussaillait l’emplacement  où il pêchait avec Bruno pendant que les enfants pêchaient plus loin. Pascal, lui faisait le tour de la gravière à la recherche d’un coin lui semblant plus poissonneux, avec, bien sûr , Mumu qui le suivait comme son ombre !

Il avait repéré un coin qui lui plaisait, bien à l’abri d’un grand chêne (cet arbre d’ailleurs pourra être le sujet d’une autre journée agitée) Une bande de jeunes grimpait dans cet arbre et sautait dans l’eau  bruyamment. Il choisit donc un autre emplacement , bien dissimulé derrière des ajoncs aux piquants acérés.

Il faisait beau ! On était bien !  Soudain !.............Pascal poussa un cri. Bruno pensant qu’il avait fait une grosse prise lui criât ; tu as besoin de l’épuisette ? Pour toute réponse  un second cri, poussé par Mumu cette fois, agit comme un déclic sur Bruno qui se précipita , malgré les ajoncs qui barraient le passage .Et…………

Il débouche sur un Pascal, qui se tenait le nez,  d’où pendait une bout de ligne, crin et quelques plombs, l’hameçon étant planté à l’intérieur du nez ! (vous voyez pourquoi j’ai eu immédiatement l’idée des saucisses du conte).Il faut savoir , qu’à cette époque aussi, Pascal  nous inquiétait car il faisait des malaises vagal et tournait de l’œil sans préavis, d’où la réaction de Bruno lorsqu’il a compris le problème et a été pris d’un fou rire incoercible (de soulagement) devant le spectacle.

Une fois calmé Bruno a pris les choses en mains ! A sa façon ! Il s’est saisi de l’égorgeoir à poisson et a tenté de décrocher , à l’intérieur de la narine, l’hameçon auquel était toujours fixé l’asticot ! Impossible, c’était beaucoup trop douloureux, et pas très propre. Que faire ? Aller aux urgences, nous étions un dimanche ? Pas question, Pascal se sentant plutôt ridicule  refusait !

Finalement, il est parti chez lui, suivi de Mumu qui ne pipait  mot, et il se l’est sorti (arraché) tout seul, malgré ses larmes de douleurs (dixit Mumu !)

Dans la circonstance, je l’avoue, nous n’avons guère fait preuve de compassion, le comique de la situation nous a fait réagir en premier !