08 janvier 2016

Robert ..et le ferrailleur ...

Il y a quelques jours , lors d'un commentaire, notre Goût national me rappelait que j'avais écrit, voici environ un an, que je parlerai dans une note de l'époque où Robert, âgé d'environ une dizaine d'années, même bien possible seulement neuf, allait après l'école travailler chez un ferrailleur pour se faire quatre sous!

Et je me dis que Le Goût a bien meilleure mémoire que moi, j'avais oublié. D'un autre côté, c'est normal : il est bien plus jeune !!!

J'avais oublié aussi qu'avec notre ami, il faut faire très attention à ce qe l'on dit : il n'oublie rien !Et, paf! Un an après il vous rafraîchit la mémoire !

Donc, je m'exécute !

Robert a cinq sœurs et quatre frères . ( Je devrai dire avait). Ce détail explique que la vie était difficile pour ce genre de famille à l'époque.

Un ferrailleur, vous savez, celui qui à l'époque arpentait les rues avec sa charette tirée par un cheval en criant :

-gaiiiille, ferraille !!! peaux de laaaaapin !!!!!! Gaiiiillllle! Ferraillle!!!!.............

... et qui récupérait à peu près... tout et n'importe quoi !

Il ramenait le tout chez lui et faisait ensuite le tri de tout ce qu'il pouvait revendre.

C'est ainsi que Robert a fini par aller lui donner un coup de main ....et..... a connu sa première cigarette !

Il séparait , le fer, le bronze, le cuivre.........  vérifiait les poches des vêtement (des fois où un billet y aurait été oublié ...etc.....

Ce ferrailleur s'appelait Ricoule. C'était son nom de famille et on ne savait pas s'il avait un prénom, (sûrement que oui, mais personne ne le connaissait)!

Son épouse s'appelait Honorine ! Elle était gentille.... mais elle buvait..... sec!

Elle élevait de la volaille mais ne voulait pas la manger , encore moins les tuer!  En plus ce n'était pas la fée du logis! Lorsqu'elle proposait à Robert de rester manger , il s'empressait de refuser (pour une raison ou une autre!) ! Au vu de la cuisine , il n'avait plus d'appêtit!

Elle était connue au petit bar du coin. Elle s'attablait au comptoir et demandait :

- Sers moi, une petit blanc! Je n'aime pas trop ça...mais...bon !

Puis elle vidait son verre , frissonnait un bon coup (vous savez, comme lorsque l'on avale quelque chose qui nous dégoûte, ou que l'on a très froid) puis elle concluait :

- brrrr! Tiens! ...Sers m'en un autre!!!!

Mais elle était gentille. Des gamins se moquaient d'elle parfois, mais Robert l'aimait bien.

Elle avait l'habitude, tout les matins, d'apporter un sucre au cheval. Un jour, elle a oublié de le faire et lorsqu'elle est passée devant lui, il l'a mordue ... à la tête.

Le vendredi, Ricoule donnait à son petit ouvrier une petite pièce.

En cachette Honorine lui en donnait une aussi, en lui recommandant :

- Ne le dis pas à Ricoule parce-qu'il ne t'en donnerait pas en plus !

Ricoule a fini par avoir une maison et pas mal de terrain.

Lorsque nous nous sommes mariés, Robert l'a appelé pour vider la maison de ma grand-mère qui venait de décéder.

Il était veuf, pas d'enfant, juste une nièce qui ne s'occupait pas de lui .

Il a proposé à Robert de lui céder ses biens en viager en échange  de s'occuper de lui en cas de maladie.

Robert a refusé. Il avait l'impression de voler la nièce qui devait être la seule héritière.

Et puis, honnêtement, nous avions déjà bien assez à faire avec nos parents qui commençaient à être bien âgés et avaient bien besoin de nous!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par emiliacelina à 21:55 - Commentaires [27] - Permalien [#]