26 avril 2016

Je l'aime ...et je le hais!

Non sans mal cette fois..... mon devoir chez Lakevio ! 

Impossible de faire un texte léger sur cette aquarelle !

 

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J'étais ce que l'on appelait une fleur de province, montée à Paris pour y faire ses études. Plus par envie de vivre un temps à la capitale que par envie de faire un jour , une grande carrière.

Il était breton. Venue à Paris pour étudier, plus parce-qu'il était curieux de toutes choses que pour préparer son avenir.

Nous nous sommes rencontrés au Musée d'Orsay. 

Il rêvait devant les marines d'August Sstrindberg, je rêvais devant les coquelicots de Claude Monet.

Il avait dans ses yeux le bleu de l'océan. J'avais dans les miens le soleil de ma région natale.

Les extrêmes s'attirent, c'est bien connu!

Il est devenu mon Kersauzon. Je suis devenue son coquelicot.

Il m'a emmenée dans sa famille pour un week-end. Il m'a fait connaître l'océan. Un océan prêt à tout pour me séduire. D'un bleu immense frangé d'une douce écume blanche. Tous charmes dehors , ce faux jeton bruissait doucement lorsque nous nous sommes promenés sur la plage à la nuit tombée, tendrement enlacés.Il faisait doux, je m'en souviens avec rancœur.

Les yeux tournés vers l'immensité il m'a dit 

- Je dois te faire un aveu. Je t'aime, mais j'ai une maîtresse contre laquelle tu ne pourras jamais rien.

Mon cœur s'était arrêté de battre, avant qu'il ne poursuive:

-Regarde, tu l'as devant toi, je n'y peux rien, c'est la mer! Tu le sais, je suis issu d'une longue famille de pêcheur et je ne saurai vivre loin d'elle. 

Je souhaite t'épouser, mais je n'ai que cette vie à t'offrir, loin de tes  champs de coquelicots, une vie d'épouse de marin pêcheur. 

Je t'aime tant, accepte-tu de devenir ma femme  ma chérie?

En cet instant, je l'ai même aîmé cet océan puisque je le regardais blottie dans les bras de mon amour. Tout était tellement doux. Même le bruissement des vagues qui s'échouaient sur le sable. 

Le sable, qui, subitement s'est retrouvé dans mes cheveux pendant que nous roulions enlacés sur la plage!

La vie nous as donné deux merveilleux fils! Ils avaient les mêmes yeux que leur père et le même amour de l'océan!

Ils étaient si beaux mes amours de pêcheurs lorsqu'ils revenaient de leurs journées en mer la cale pleine de poissons.

Ils riaient en me voyant sur le port à les attendre ,toujours un peu impatiente et inquiète, si pleins de vie . Le  père plein de fierté et d'amour et les fils pleins d'espoir en la vie!

Et puis, un jour, je les ai désespéremment attendus, en vain ! 

L'Océan me les a pris. La mer est jalouse. Elle n'a plus voulu partager leur amour avec moi !

J'aurai pu, peut-être même que j'aurai dû retourner  où je suis née.

Mais ... non!  Je reste là , à rôder sur la plage, lorsque la nuit tombe, à maudire cet océan cruel. Dans le bruit du ressac parfois, je hurle ma douleur et je m'effrondre sur le sable.

Puis, lorsque le jour se lève sur une belle journée calme,Je l'aime et ... je le hais! j'essaie, difficilement, de me dire qu'ils l'ont tant aimée cette mer qui leur avait donné de si beaux yeux pleins de son immensité, que peut-être ... c'était leurs destins!

L'océan, je l'aime parce-qu'ils sont en lui et je le hais puissament parce-qu'il me les a pris!

Et me laisse seule.......

 

 

Posté par emiliacelina à 11:37 - Commentaires [18] - Permalien [#]