Eric avait une très belle veste en cuir qu’il aimait beaucoup.

Elle était d’un beau vert olive et il en prenait grand soin.

Un dimanche, il m’a montré  penaud, sa veste qu’il croyait fichue.

Regarde maman, tu crois que tu peux faire quelque chose maman ? J’ai abîmé ma veste.

J’ai regardé et… j’ai vu : le devant gauche était déchiré de haut en bas.

La soirée de la veille avait été agitée, aucun doute !

Son adversaire avait dû s’accrocher où il l’avait pu, ce fut à la veste !

Je n’aurai pas dû, mais je me suis mise en quête d’un magasin vendant du cuir. Non sans poser quelques questions, auxquelles il a répondu de façon …embrouillée.

En reprenant le dicton de ma pauvre mère lorsqu’elle comprenait que quelqu’un mentait pour obtenir quelque chose, qu’il n’obtiendrait d’ailleurs pas, je pensais :

« Siffle bleu, beau merle, tu auras une cage neuve »

Au fond de moi, j’étais contrariée et lasse de sa conduite.

Je me disais : à force de chercher … il va trouver !

Sauf, que lui, il a obtenu ce qu’il voulait : une veste comme neuve !

Par chance j’ai trouvé et acheté une peau exactement de la même couleur.

Avec beaucoup de mal :  je ne suis pas couturière,  je suis parvenue à remplacer la partie abîmée.

Je sais !  Il aurait mérité que je le laisse se désoler, peut-être que ça lui aurait servi de leçon.

 J’aurai peut-être dû, mais, qu’il mette sa veste à la poubelle n’aurait rien arrangé.

Une si belle veste, ç’aurait été dommage !

 

Puis,  un jour, ce fut « la goutte qui fit déborder le vase »

Comme de bien entendu, le dimanche, nos fils faisaient la grasse matinée.

Ce jour là, je vis immédiatement, lorsqu’il se leva, l’estafilade qui ornait l’avant- bras d’Eric.

Jamais à court d’explication il me débite avec aplomb une vague histoire du franchissement d’une clôture grillagée qui… que… Bref, il s’était « griffé » en sautant une barrière !

Tu parles d’une « griffure » !

Mais il prétendait que ce n‘était rien !

Ce ne devait pas être très profond, il s’est soigné tout seul… mais tout de même !

Je n’étais pas très rusée, mais je me doutais bien qu’il s’était battu et que son adversaire n’avait pas, comme lui, que ses poings pour se défendre.

Cette fois, j’étais inquiète et furieuse,  son père … aussi !

Nous commencions à nous lasser de nous faire du soucis tous les week-end !

Je n’y étais pas, j’imagine juste   la conversation  qui avait dû, assurément, être beaucoup plus catégorique !

« Ça suffit ! Si tu continues à faire le con, j’aime autant ne pas le voir ! Tu déménages, ou, si tu veux rester ici,  il faut que ça change ».  

 

Ça a changé… il a rencontré sa femme. 

Finies les sorties en bande !

Terminée la folle vie de garçon !

A nous les fins de semaines … tranquilles !

 

Oui….mais….