fable cigale_fourmi_epinal_1

 Je vous propose d'en réécrire l'histoire dans un style différent.

Nouvelle, Témoignage, Théâtre, Intrigue policière, Biographie, Conte, Publicité...

Ou bien, Compte-rendu sportif, Actualité TV, article de presse ...

Vous avez le choix ! 

 Décomposez, recomposez.

Compiliation des oeuvres, lundi !

 Devoir de la semaine .....   

Sans problème....  Le sujet me plaît!

 

C'est vrai que , cette fable, nous l'avons sûrement tous eue à apprendre durant notre enfance. 

Je l'avais beaucoup aimée , surtout à cause de la dernière phrase de la fourmi que je déclamais avec une grande conviction . Je me disais ....que la cigale n avait qu' à travailler au lieu de mendier !

Puis, j'ai grandi .....  et cette fable, au fil des années, me fait  de plus en plus  penser à ma mère.

Ma mère donc travaillait comme débardeuse sur le marché des Capucins (les halles de Bordeaux) .D'ailleurs elle a été durant des années la seule femme autorisée exerçant ce dur métier sous l'immence voûte du marché,...ce qui ne l'a pas empêchée de vivre jusqu'à 96 ans.

C'était très dur, mais vraiment très dur: dès 23h30 environ , elle prenait son vélo et traversait la ville pour aller été comme hiver vider les camions des maraîchers chargés de grandes "bajolles" de légumes pour les placer sur la place qui leur était dévolue par  la mairie. Parfois les camions étaient placés près des places autour de la gare Saint Jean. Sur le diable (ou brout) les chargements de caisses atteignaient parfois des hauteurs impressionnantes.

Les autres débardeurs étaient tous des hommes. Dans ce milieu très particulier ma mère était très estimée et j'adorais les rares fois où l'un de mes frères m'emmenait la retrouver sur le petit matin . A ce moment là, les maraîchers, installés,vendaient leurs cargaisons et les clients affluaient. C'était l'instant où les débardeurs pouvaient souffler un instant et se retrouver au bistrot pour y boire un café bien mérité. J'appréciait un chocolat croissant en écoutant les plaisanteries des uns et des autres. L'ambiance y était tellement ...vivante !...et croyez moi c est peu de le dire....😊

Puis il fallait filer ramener les caisses vides aux camions des maraîchers pressés de rentrer chez eux. Là, les chargements faisaient carrément peur par leur semblant d'instabilité....mais ça tenait !

D'ailleurs, j'ai fait mes premiers pas dans une caisse de légumes vides qui me servait de parc, vous voyez un peu la taille d'une "bajolles!"

Donc, comme chacun le sait, l'été, les fruits et légumes...c'est l'abondance!!!!  Ma mère partie depuis la veille au soir rentrait vers les 13 heures, épuisée mais les poches de son tablier noir remplies de pièces et de billets ... qu'elle posait en vrac sur le  dessus du buffet ,mangeait un morceau...puis filait au lit.... afin d'être prête pour le soir suivant. 

Nous avions alors intérêt à faire silence !

Nous profitions dès le printemps des premières primeurs et étant sur place elle ramenait les premiers fruits sans regarder les prix..sans négliger aussi de faire un tour sous la halles aux poissons....etc.....  elle connaissait les bonnes choses et était fine cuisinière!

Mais...et c'était le revers de la médaille : l'hiver...elle partait toujours à la même heure et devait pareillement attendre la fermeture du marché pour ne revenir qu'avec très peu....dans ses poches. Les maraîchers, ne font pas les plus grosses productions en hiver, donc peu de chargement sur les camions!  Mais elle ne pouvait se permettre de risquer de perdre un client qui aurait été sans état d'âme voir un autre débardeur si elle n'était pas présente.

Donc, l' hiver , elle rentrait avec trois francs six sous comme l'on dit et la table était "frugale"  !Le soir c'était café -au-lait et tartines.

Il m'est arrivé d'aller chercher  (faute de mieux) au poulailler deux  oeufs pour manger avec mon petit frère dont je m'occupais.... puis je le ramenais à son l'école et rejoignais la mienne sans que nous ayons vu notre mère.

Il n'y avait que le samedi que la recette était quand-même suffisante pour faire les courses et régler les dettes qui s'étaient accumulées  à l'épicerie depuis le début de la semaine et recevoir le samedi soir les enfants et petits-enfants autour de la table pour une soirée familiale qui "bouffait" le reste du gain de la journée!

Et, le lundi   ça recommençait.....  pas question de régler la "coopérative" de l'école !

Bref!!!!  Tout celà m'a amenée à me dire : Jamais je n'aurai un mari qui sera débardeur!

Bon ! Robert y a bien été un petit peu pour lui donner un coup de main mais juste la nuit et il repartait à son travail  la journée. Quand elle le pouvait  :" l'été" elle lui donnait une petite rétribution. 

Pour en revenir à notre devoir : en grandissant , j'ai toujours comparé ma mère à la cigale.

Elle aurait vraiment pû économiser l'été en prévision de  l'hiver.... il faut croire qu'elle ne le savait pas !

Avec une variante dans la fable:  Jamais ! Ah! Non ! Jamais ...elle n'aurait osé répondre de cette façon à la fourmi.....  Elle aurait eu pitié. 

Je me revoie encore allant toquer à la porte de  notre vieille voisine sans enfants pour lui porter la copieuse ration de soupe de légumes du samedi que ma mère venait  de cuisiner .

Alors! Vous voyez bien ....si elle était cigale ......  elle n'avait rien d'une fourmi .... 

  A tout prendre ....je préfère  !