Alors ....on continue ?

Aujourd'hui, je vous gâte... deux parutions!

Suite N° 5

 

   - Bonjour maman !

  - Bonjour Mélody !

 -  Nous sommes donc allés à la seconde maison de retraite et nous y avons rencontré une charmante vieille dame : « Louise » qui a été la « bonne de l’ancien curé ». Ni la photo ni le prénom ne l’ont interpellée. Mais elle nous a conseillé de nous rendre à  Bourcefranc-le- Chapus. C’est une petite commune de juste trois mille quatre-cents habitants qui se trouve environ à une quinzaine de kilomètres de Marennes et où, à sa connaissance, vit encore la sage-femme qui officiait aussi comme infirmière à l’époque qui nous intéresse. On l’appelle la Germaine et on ne peut plus compter le nombre d’enfants qu’elle aidés à venir au monde. Tout le monde la connait semble-t-il. Elle vit chez son fils qui est mareyeur. On devrait le trouver facilement. D’après Louise, si quelqu’un peut nous aider, c’est La Germaine ! Elle connaissait tout le monde et avait ses entrées chez toutes les familles ! Nous irons dès- demain ! Je ne sais pas pourquoi … mais j’ai confiance ! Il le faut parce-que Eric doit rentrer après demain pour son travail !

- A demain donc.

                                    ***

Jacques, de retour du travail franchit le seuil de la porte alors que je suis au téléphone avec Mélody.

-Attends, ma chérie, ton père vient de rentrer je mets le haut-parleur.

-Bonjour papa, je t’embrasse. Comme je commençais à le dire à maman nous sommes aujourd’hui allés à Bourcefranc et nous avons trouvé sans difficulté le fils de « La Germaine « qui nous a gentiment invités chez lui pour le repas de midi.

Madame Germaine est une vieille dame de quatre-vingt- onze ans qui a encore bon- pied- bon -œil. Sa mémoire est étonnante. Elle nous immédiatement affirmé qu’elle avait le souvenir de chaque accouchement qu’elle avait pratiqué durant son activité professionnelle.

Lorsque nous lui avons montré la photo de « Juliette » elle l’a scrutée longuement avant de s’écrier sur un ton de victoire : ça, c’est la petite Bouleau ! Je m’en souviens très bien ! C’est moi qui l’ai aidée à mettre au monde ses petites jumelles. La délivrance a été particulièrement difficile et donc extrêmement douloureuse, d’ailleurs, l’une des petites n’a pas survécu.

-Juliette Bouleau, c’était son nom ? Ai-je questionné.

-C’est ça ! Juliette oui ! La famille habitait Marennes. Cette pauvre petite était tombée orpheline l’année de ces dix-neuf ans. Elle avait eu une enfance et une jeunesse chaotiques avec un père alcoolique qui frappait sa femme. Après leurs décès, elle avait rencontré un brave garçon qui travaillait aux chemin-de fer.

Elle était très fragile psychologiquement.  L’épreuve de l’accouchement compliqué et la perte de l’une des petites jumelles dont elle se croyait responsable ont encore davantage ébranlé son équilibre mental. Elle culpabilisait sans cesse et n’osait pas toucher son bébé de crainte de lui porte malheur. Un jour elle est partie. J’ai entendu dire quelle s’était placée comme employée d’auberge à Rochefort et y aurait rencontré ensuite un médecin qui œuvrait avec « médecin sans frontière » qu’elle aurait suivi en Afrique. 

Le père a quitté Marennes car il a été muté.  C’était un brave gars qui s’occupait bien de sa petiote… je crois qu’elle s’appelait Marie …ou Marine … j’ai un doute, mais c’était quelque-chose comme ça !

« Nous lui avons confirmé que ton père avait bien travaillé toute sa vie au « chemin de fer » et que tu t’appelles Marie.

Nous l’avons grandement remerciée et, à sa demande, nous lui avons promis de la tenir au courant si nos recherches aboutissent.

Pour le moment il nous semble que nous nous trouvons dans une impasse, mais pas question de baisser les bras. Eric veut en parler avec son frère, peut-être aura-t-il une idée.

Voilà ! Nous prenons la route demain pour rentrer, nous vous embrassons et …à demain soir. »

-D’accord ma chérie. Vous ne rentrez pas totalement bredouilles. Soyez prudents sur la route ! Si vous le voulez, à votre retour Eric pourrait souper avec nous.

-Attends, je lui pose la question. C’est d’accord, il vous remercie. A demain donc.