15 avril 2019

Vingt ans plus tard...

12 AVRIL 2019

Mais voilà qu'il flotte...

 

john-salminen10

John Salminen

 

"En haut de la rue Saint-Vincent, un poète et une inconnue,
S'aimèr'nt l'espace d'un instant, mais il ne l'a jamais revue.
Cette chanson, il composa, espérant que son inconnue,
Un matin d'printemps l'entendra quelque part au coin d'une rue."

(La Complainte de la Butte)

 C'est de "l'espace de l'instant" que je voudrais que vous me parliez.

Histoire inattendue, éphémère, dès lundi !

 Vingt ans plus tard... 

Vingt ans! Il y  a vingt ans que l'association qui m'a obtenu une place comme jeune fille au pair en Angleterre m'a permis de sortir de la misère dans laquelle le décès de mes parents m'avait plongée depuis plusieurs mois. Désormais seule au monde j'aurai quitté la capitale sans regret si... mais avais-je le choix?

 Me voici de retour, vingt ans plus tard et il me semble que c'était hier. Le temps a passé si vite exclusivement dédié à l'éducation des trois enfants qui m'étaient confiés par leurs parents trop pris par leur travail et occupations mondaines.

Ils n'ont plus besoin de moi aujourd'hui, ce sont des hommes et je suis très fière de ce qu'ils sont devenus. 

Paris ne m'aurait jamais manqué si.... si il n'y avait pas eu le souvenir obsédant de la rue St Vincent ! 

Un éclair...une lumière dans ma vie sombre. Un instant d'oubli de la misère qui m'était devenue habituelle... un moment de douceur ... d'amour ?  alors que je ne savais presque plus que cela existait encore... une nuit...une seule nuit ...qui depuis vingt ans a peuplé de rêves chacune de mes nuits.

J'ai posé mes bagages à l'hôtel. Le temps est gris, mes pas me ramènent des années en arrière pour un pèlerinage que je souhaite nostalgique ...  seulement nostalgique.

Dans la pénombre de la nuit qui s'annonce je reste figée d'émotion lorsque je parviens en haut de la rue St Vincent si pareille à celle de mes souvenirs. Rien n'a changé et les réverbères qui s'allument subitement font surgir en moi le souvenir de la lune qui éclabousse... aujourd'hui les pavés luisants de pluie.

 Aggrippée à la rampe de fer forgé d'une main et à mon parapluie de l'autre , je reste immobile... et  pleure à ces  lunes artificielles ...mon rêve évanoui.... 

Posté par emiliacelina à 06:00 - Commentaires [22] - Permalien [#]