16 juillet 2019

sinon....hé bé....c'est pas graaaave... je survivrai !

Puisque je n'ai pas le talent du Gôut pour nous écrire joliement des notes qi nous enchantent pratiquement chaque jour (d'ailleurs , je me demande comment il fait !)  et pas davantage la plume leste de HB..... si agréable à lire, et que c'est les vacances ...  sur les blogs aussi...même sur le mien, je n'ai pas grand chose à raconter. Robert est fatigué,  on va lui changer son traitement en fin de semaine. 

Alors, pour donner aux fidèles quelque chose à lire, je vais vous envoyer de temps en temps la suite de "Elle s'appelait  Juliette" vous vous souvenez de cette histoire que je me suis amusée à écrire...c'était le 27 fevrier de cette année....un jour où les touches de l'ordi me faisaient de l'œil...et surtout où j'avais la tête moins prises par des pensées désagréables!

Si celà vous amuse bonne lecture ...sinon .... et bé....sinon .... c'est pas graaaave, je survivrai !  

 

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Lorsque je reçu la lettre de Marie, je l’ouvris remarquant simplement qu’elle m’était adressée personnellement mais à l’adresse de l’antenne « Restos du cœur ».

Heureusement que j’étais assise devant le petit bureau que je m’étais emménagé car mes jambes d’abord, puis tout mon corps se mirent à trembler.

Les lettres dansaient devant mes yeux brouillés avant de s’ordonner pour former les mots que j’avais du mal à croire.

Elle m’a recherchée et elle m’a retrouvée !

Je dû la relire encore et encore pour y croire enfin et en saisir les termes pour réaliser tout ce que cela impliquait.

Comment aurais-je pu imaginer que la dernière phrase de mon mari, avant de me quitter était à ce point prémonitoire ?

-          « Si nous n’avons pas pu retrouver ta fille, peut-être que ce sera elle qui, un jour te retrouvera ».

Non seulement elle m’a retrouvée grâce à l’aide de sa fille … De sa fille ? Mon dieu ! Cela veut-il dire que je suis grand-mère ?

Ai-je le droit de le dire où de prétendre à ce titre ?

Elles demandent à me rencontrer si je suis d’accord.

Comment pourrai-je ne pas l’être ?

Malgré l’angoisse qui me serre la gorge oui ! Oh ! oui Combien je le désire même si j’ai l’impression que je vais me présenter devant celle qui est en droit de me juger.

Mais il est l’heure d’ouvrir la porte de l’antenne car j’entends déjà les cris des enfants qui attendent impatiemment que je l’ouvre. Les parents bénéficiaires de notre aide sont plus silencieux. On n’est pas bavard quand on a l’impression de recevoir l’aumône. Pourtant nous veillons au maximum à être toujours les plus chaleureux possible. Mais la misère est rarement joyeuse.

Avant d’ouvrir je glisse la lettre dans ma poche. J’ai besoin de la toucher de temps en temps pour me persuader que je ne rêve pas.

Les enfants me perçoivent différente des autres jours :

-« Pourquoi tu souris tout le temps « Juju » alors que tu as quand-même les yeux pleins de larmes ? »

- Parce-que je suis heureuse ! Prenez vos crayons et papiers : Et faites-moi un joli dessin avec un beau soleil.

Tout en les surveillant je cherche dans mon esprit de quelle façon répondre à cette missive.

Une lettre évidemment, mais… vais-je savoir trouver les

                                                Ma réponse…

Chère Marie :

Votre lettre est un magnifique cadeau que je n’espérais plus depuis longtemps.

Mes propres recherches n’ont jamais été couronnées de succès contrairement aux vôtres et j’avais fini par me dire que c’était une juste punition que le ciel m’infligeait.

Je n’ai pas le don de l’écriture pour vous décrire mon émotion à la lecture de votre courrier. Je peux juste vous dire : Oui ! Je souhaite de tout mon cœur vous rencontrer où vous le voulez, quand vous le voulez et je vous remercie très sincèrement de m’avoir retrouvée.

Je vous indique mon numéro de téléphone si vous voulez que nous convenions d’un rendez-vous. 01 01 01 01 01

En toute sincérité les mots me manquent tant je suis bouleversée pour en écrire davantage. Je vis depuis tant d’années tenaillée par le regret d’être partie que je n’avais plus l’espoir de vous connaître un jour. Il y a maintenant quarante-sept ans que la honte et le remord m’avaient poussée à la dépression. Cette dépression m’a conduite à votre abandon m’empêchant de revenir en France et d’assumer mon rôle de mère ainsi que j’aurais dû le faire. Je ne me le pardonnerai jamais.

Je ne sais si je puis me permettre de vous embrasser mais c’est mon souhait le plus cher depuis si longtemps.

                                                                         Juliette

Veuve Sauval

J’ai cacheté l’enveloppe, l’ai timbrée et glissée sans plus réfléchir dans la fente de la boîte à lettres la plus proche.

 

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Le téléphone a sonné deux jours plus tard à dix-neuf heures précises. Je m’en souviendrai toujours, je savais avec certitude que c’était le coup de fil que j’attendais, avec anxieté, personne ne me téléphonant habituellement le soir. Je me disais que j’allais, pour la première fois depuis quarante-sept ans entendre la voix de ma fille.

-Allo ? (Je ne reconnais plus ma propre voix qui s‘étrangle déjà sur un seul mot).

-Allo ! …Juliette ? C’est Marie…

- Bonjour Marie…

- Je…Je vous appelle pour convenir d’un rendez-vous. J’ai très envie de vous rencontrer.

- Moi également. Je peux me déplacer, j’ai mon véhicule… à moins que vous ne préfériez venir…

- Je pourrais, oui, si vous ne le préférez, Je sais que vous êtes à Perpignan et que cela fait un peu de route mais…

- Aucun problème la route ne me gêne pas et je dispose de tout mon temps. Je peux me déplacer…

- Heu… Il se trouve que nous avions prévu de passer le week-end du quinze - août à Biarritz, si cela ne vous fait pas trop loin nous serions heureux de vous inviter à nous y rejoindre, dès votre accord je vous retiendrai une chambre dans le même hôtel que nous.

- Oh ! Marie, je traverserais la France entière s’il le fallait pour vous rencontrer. C’est très gentil de votre part et je ne sais comment vous remercier.

- C’est parfait, si vous le voulez bien je vous confirme l’adresse et le nom de l’hôtel par courrier. Voici mon numéro de téléphone au cas où vous ne le trouveriez pas facilement, n’hésitez pas à m’appeler au 02 02 02 02 02. Il s’agit de l’Hôtel du Soleil qui se trouve en bordure de plage face à l’océan.

- Je trouverai…

- Alors…A bientôt ?

- Oui merci encore, à bientôt Marie.

Un moment de silence sur la ligne…Puis je pense que nous avons dû raccrocher en même temps.

Je regarde mon téléphone tellement silencieux que c’en est assourdissant.

Ce n’est que dans les romans que la mère et la fille abandonnée tombent dans les bras l’une de l’autre par téléphones interposés !

J’étais soulagée que nous n’ayons pas été plus loin dans la conversation, les explications viendront plus tard.  Les mots peuvent mentir, le regard plus rarement.

Je me remémorais chaque mot de notre courte conversation. Sa voix est douce même si j’y ai perçu une certaine tension. Quoi de plus normal ?

Je suis persuadée que le nœud qui me serrait la gorge a dû se ressentir dans chacune de mes paroles.

Pourquoi ne lui ai-je pas demandé le nom de sa fille… ou même son âge ? Le nom de son mari ou son métier ?

Stupide !... J’ai été stupide !

Je dormi très mal jusqu’au quatorze - août et ne pris la route que vers dix heures. En prenant l’autoroute il fallait prévoir cinq heures de voyage. En ces jours de fête et de vacances certainement que je mettrai beaucoup plus de temps à cause des embouteillages, mais cela ne me dérangeait pas. Je prévoyais de faire de nombreuses pauses et de me restaurer avant de téléphoner pour annoncer mon arrivée en fin d’après-midi.

A suivre******************

Posté par emiliacelina à 21:59 - Commentaires [6] - Permalien [#]