29 juillet 2019

Voir le French Cancan

 

Elle prend de la place, Blanche...

place blanche.jpg

John Salminen a un regard qui me plaît sur la place Blanche où je passe pour aller de chez moi à Anvers ou Barbès pour y boire un café ou rêvasser.
Et vous ?
Quel regard avez vous sur cette place ?
Je suis presque sûr que vous avez vu nombre de versions de « Moulin Rouge » ou « French Cancan » et que vous connaissez la chanson que ce dernier  film rendit célèbre…
Car il a fait rêver et inspiré beaucoup de gens dans le monde entier.
A lundi

 

Evidemment, lorsque les provinciaux pensent à Paris il est des lieux qui les font rêver. Le Moulin Rouge en fait partie.

Heureusement les films et reportages les aident à imaginer ces lieux qui attirent tant de touristes .

Devoir du lundi pour Le Goût ...digne successeur de notre institutrice qui a changé de profession et se dévoue maintenant à sa famille.

 

Lorsque je suis allée à Paris , c'était pour trois jours parce-que- les garçons participaient à un concours nationnal d'accordéon. Evidemment nous avons aussi ..."un peu" visité.  

Je ne peux pas dire que j'en ai gardé un souvenir impérissable. Trois jours sont beaucoup trop courts (surtout que le concours prenait deux après-midi et que une demie journée avait été consacrée à la foire du trône) !Le fiston apprenti à l'époque avait économisé ses heures supplémentaires et primes durant six  mois pour les partager avec son frère dans ce but !

Mais nous sommes aussi allés nous promener le soir du côte du Moulin Rouge. 

Bon! Si je fais abstraction de l'épisode où Robert a surpris un voleur la main dans mon sac (que pauvre innocente je portais en bandoulière!) j'avais bien aimé. J'avais et je reste avec l'envie d'assister un jour (mais bon! on peut toujours rêver )  au spectacle des Folies Bergères.

Robert lui a fortement apprécié Montmartre....  ses peintres et ses escaliers ..... Je dirai même que c'est pour lui ce qui reste le plus dans son souvenir.

Voilà à quoi se résumait pour moi la visite de la capitale.... Avant...

Avant que je n'ouvre un blog et que je lise les promenades de Heure Bleue et du Goût qui parcourent Paris pratiquement chaque jour et nous le racontent avec ...comment dire autrement que : avec amour et, ce qui ne gâte rien souvent avec humour !

Au gré de leurs notes, je ne vois plus Paris de la même façon ! Je découvre que Paris  n'est pas que la ville lumière...  que les désagréments n'en sont pas absents .. que le vie n'y est pas toujours facile.... mais, si eux qui connaissent si bien notre capitale  l'aiment au point de ne pas envisager de vivre ailleurs ... il doit bien y avoir une raison ! 

A les lire je me dis que si un jour je dois revenir jouer la touriste dans notre capitale .... je leur demanderai de me servir de guide.... même si  ..... j'ai toujours envie de voir les danseuses du French Cancan ! 

 

Posté par emiliacelina à 06:00 - Commentaires [6] - Permalien [#]

24 juillet 2019

...... Suite N° 4

Suite N° 4

 

Est-ce que je l’aimais ? Je ne sais pas. Mais j’étais heureuse, parce-que, lui, il m’aimait ! On ne m’avait jamais dit je t’aime. Même pas ma mère, c’était une taiseuse. C'était compréhensible avec la vie que mon père lui avait fait vivre

Je ne mis pas longtemps avant de tomber enceinte

Est-ce que l’annonce de cette grossesse m’a rendue heureuse ? Bien sûr ! Pierre l’était lui, pleinement. Mais une sorte d’angoisse dont je ne parvenais pas à me défaire m’envahissait insidieusement. Pierre m’aurait épousée si je l’avais voulu, mais je refusais. J’avais vu ce que le mariage avait apporté à ma mère ! Je pense que j’avais peur. Peur de ne pas être une bonne épouse et peut-être encore plus inquiète à l’idée de ne pas savoir devenir une bonne mère.

Je parvins à la fin de ma grossesse complètement épuisée physiquement et moralement.

La « sage-femme - infirmière » de Bourcefranc a craint pour ma vie. Mon accouchement fut long et compliqué mais je mis au monde deux petites filles dont, l’une, malheureusement ne survécut pas.

Je me souviens avoir immédiatement pensé : c’est de ma faute ! Je ne suis bonne à rien ! Mon père avait raison !

La preuve : j’ai laissé mourir l’une de mes petites filles. Je ne suis pas une bonne mère ! Je ne le serai jamais !

Il me restait Marie. Je ne sais pas aujourd’hui si c’est que sa sœur lui manquait, mais elle pleurait beaucoup, même quand je la prenais dans mes bras. Elle ne cessait de hurler que lorsqu’elle était dans les bras de son père et ses pleurs me confortaient alors dans le mépris que je pensais mériter.

J’étais sûre qu’elle ne m’aimait pas et qu’elle m’en voulait de l’avoir séparée de sa sœur jumelle.

J’en vins à ne plus oser la toucher et je déprimais jusqu’au jour où l'envie irrésistible de fuir fut la plus forte et me poussa à   prendre la fuite.

Je partis… Pour aller où ? Je ne savais pas. Je voulais juste ne plus entendre mon bébé pleurer par ma faute !

Je montais dans le premier bus qui passait et épuisée je m’endormis pour ne me réveiller qu’au terminus à  Rochefort. En regardant autour de moi j’avisais une auberge de l’autre côté de la place et réalisais que j’avais faim. J’y entrais et commandais un chocolat et des croissants. En réglant ma consommation j’avisai l’affichette proposant un emploi de serveuse logée et nourrie. Je demandais si la place était encore libre. L’aubergiste, une accorte et plantureuse femme d’une cinquantaine d’années m’observa un instant, m’informa en insistant que je devrai aussi faire la plonge, puis comme j’acquiesçai accepta de me prendre à l’essai.

Les journées étaient longues et fatigantes et cela me convenait. Je n‘avais pas le temps de penser et le soir je tombais dans mon lit et m’endormais aussitôt.

Je refusais de laisser mes pensées s’évader vers ce que j’avais laissé derrière moi. Je reniais ce passé qui me faisais honte et je parvenais à l’oublier en m’investissant dans le travail jusqu’à l’épuisement. Il est arrivé qu’un client me propose un rendez-vous mais je refusais toujours. La propriétaire de l’auberge me reprochait de ne pas être suffisamment gracieuse mais… je ne savais pas sourire et encore moins rire. L’avais-je jamais su d’ailleurs ?  Pas à ma souvenance !

Il y avait des consommateurs habitués et d’autres simplement de passage. La plupart des habitués étaient des employés de l’association   Médecins Sans Frontières.  Parmi ces derniers figurait Alexandre. Il était médecin spécialisé dans les maladies tropicales. Lorsqu’il a commencé à venir y prendre chaque jour son repas de midi, je travaillais à l’auberge depuis deux ans.

Il venait de rentrer de mission. C’était un client patient et peu exigeant qui me laissait toujours un pourboire généreux. C’est en le remerciant que je remarquais ses yeux d’un bleu intense qui semblaient voir au-delà des apparences. Je n’osais pas trop soutenir son regard car il me semblait qu’il cherchait à me deviner.

Un jour il m’a proposé de prendre un café avec lui. Contrairement à mes habitudes j’ai accepté et me suis assise à sa table pour un instant.

Petit à petit l’habitude a été prise. Je l’écoutais me parler de son travail et me rendais compte du dévouement qu’il devait déployer pour l’exercer.

C’était un bon narrateur et patiemment, il est parvenu à me faire participer à la conversation. Un peu au début puis plus librement. Il en choisissait les sujets avec subtilité pour ne pas heurter ma sensibilité exacerbée.

Fin psychologue il n’a jamais cherché à savoir ce que je ne voulais pas dire. Il s’est contenté d’être là. Par petites touches il m’a apprivoisée et le soir nous faisions des promenades sur le port. Il me parlait de ses voyages et je l’écoutais, posant des questions tout en regardant tous ces bateaux qui me faisaient rêver. Il lui arrivait parfois de placer son bras sur mes épaules et je ressentais une impression de sécurité que je n’avais jamais connue.

Peu à peu, nos rencontres me devinrent indispensables et pour la première fois de ma vie je me surpris à attendre l’heure d’un rendez-vous avec impatience.

Lorsqu’il m’a raccompagnée et embrassée pour la première fois, l’émotion m’a laissée sans voix. Un baiser tendre, lent, interminable, profond, doux et pourtant impérieux qui fit monter un léger gémissement du fond de ma gorge. Je me sentais délicieusement perdue et aurais voulu que ce baiser ne finisse jamais.

Quand il m’a invitée à aller chez lui pour mon prochain jour de repos, j’ai accepté sans prendre le temps de réfléchir.

Le jour venu, il a décidé que cette fois, ce serait lui qui me servirait ! Son appartement était très simple pour ne pas dire spartiate, mais la table était recouverte d’une jolie nappe blanche au centre de laquelle trônait un magnifique bouquet de pivoines et quelques bougies allumées.

Comme je restais hésitante devant la porte qu’il venait d’ouvrir, d’une main il fit glisser mon manteau de mes épaules et le jeta négligemment sur la chaise la plus proche tandis que de l’autre il m’attirait contre lui pour m’embrasser. Il referma la porte avec le pied. Je lui rendis son baiser et son étreinte se fit plus précise et exigeante. Les yeux fermés, vaincue, je le laissais m’entraîner vers le lit qui nous accueillit dans la pénombre des volets entrebâillés.

Bien plus tard il m’a gardée longtemps blottie contre lui, ému des larmes d’émotion qui glissaient sur mes joues lorsqu’il m’a dit qu’il m’aimait. Avec tact, il a ajouté : je ne te demanderai jamais rien sur ce que tu as vécu avant notre rencontre et qui semble te poursuivre. Si un jour tu éprouves le besoin de m’en parler, je serai là et t’écouterai avec tout mon amour.

Les bougies étaient presque éteintes lorsque nous nous sommes décidés à rejoindre la table pour faire honneur au repas… avant de retrouver les draps restés en désordre…

Je savais qu’un jour prochain il devrait repartir en mission mais je m’interdisais d’y penser. J’avais de la pratique : je savais comment dresser un mur dans mon esprit pour ne pas y voir ce qui pouvait me faire souffrir. Il y avait derrière la porte de ce mur toute la première partie de ma vie. En fermant cette porte à clef je parvenais à me sentir heureuse.

Je jouissais de chacune de nos rencontres, je frissonnais sous le poids de son regard qui me suivait lorsqu’il venait manger à l’auberge le midi et sous sa caresse furtive sur mon poignet quand je le servais. J’attendais impatiemment le soir pour le retrouver dans son appartement. Je n’étais jamais rassasiée de ses caresses, il m’a fait découvrir l’amour avec patience et douceur me libérant de toute retenue et pudeur.

Lorsque nos corps étaient rassasiés de nos ébats amoureux, blottis l’un contre l’autre, il réussit à m’intéresser à la lecture.  Je progressais très vite fascinée par la puissance d’évasion de la lecture.

Il me demanda de l’épouser le jour même où il m’informa de son prochain départ en mission. Si j’acceptais, il serait heureux que je le suive sa vie durant au cours de ses voyages. Il ne me cacha pas que ce serait souvent difficile, mais il me promit de toujours veiller sur moi de son mieux.

J’acceptais parce-que je l’aimais et ne voulais pas vivre sans lui.

J’acceptais parce - qu’il m’offrait son nom et que je serais débarrassée de celui de mon père.

J’acceptais parce - qu’il voulait m’emmener loin et que, en laissant mon passé derrière le mur et en jetant la clef de la porte qui emprisonnait mes souvenirs douloureux, je croyais les oublier à jamais.

J’acceptais parce - qu’il m’offrait un avenir auprès de lui.

Les bans rapidement publiés, je devins Madame Juliette Sauval entourée des amis de l’association qui avaient organisé une très agréable soirée pour fêter l’évènement.

Alexandre n’avait pas de famille. Il avait perdu ses parents et était fils unique. Sa famille était devenue les membres de Médecins Sans Frontière.

Les démarches administratives et vaccinations remplies, nous prîmes l’avion à Paris pour Prétoria, en compagnie de l’équipe désignée pour la mission. Le matériel et les médicaments affrétés par l’association avaient été chargés la veille de notre arrivée à l’aéroport.

Lorsque l’avion quitta le sol je fermais les yeux. Alexandre prit ma main et la serra doucement.

J’étais persuadée que mon passé allait  disparaître si je parvenais enfin à l’oublier.

                                                *****

Posté par emiliacelina à 17:55 - Commentaires [8] - Permalien [#]
23 juillet 2019

Puisque j'ai commencé......

 Puisque j'ai commencé..... je continue.....

SUITE N° 3

        

Je suis venue au monde entre les deux guerres mondiales au pays des » ventres rouges » ainsi appelés en   raison de la couleur des vêtements des mareyeurs, le plus souvent pantalons et marinières rouges. Ma mère à quarante- six ans en paraissait beaucoup plus. Pas seulement parce-que la vie était rude en Charentes-Maritimes pour ceux qui travaillaient dans les parcs à huitres et qu’elle avait déjà les cheveux blancs, mais plutôt et surtout parce - qu’elle était mariée à un ivrogne fainéant et brutal qui lui avait volé sa jeunesse et ôté toute joie de vivre. Elle n’avait pas vraiment gagné le gros lot le jour où elle avait cru à ses promesses et à son air faussement prévenant. Les coups pleuvaient pour un oui ou un non et je me cachais souvent tentant de me faire oublier, terrorisée.

Pour ne pas me laisser seule avec lui, ma mère avait pris l’habitude de m’emmener avec elle travailler dans les parcs à huitres dès-que j’ai eu neuf ans. Je travaillais donc auprès d’elle selon mes possibilités. Ce n’était pas grand-chose mais ajoutait quelques sous de plus à son salaire ce qui était bien utile, puisque mon père puisatier de métier passait plus de temps à boire qu’à travailler ! Nous partions très tôt de Marennes et gagnions Bourcefranc à pieds, faisant ainsi plus d’une vingtaine de kilomètres chaque jour.

Je n’allais à l’école que rarement. Mes absences répétées et surtout mon absence d’investissement me permettaient à peine de déchiffrer péniblement un texte facile. Je n’avais pas d’amies et encore moins d’amis !

J’étais craintive et je pris l’habitude de me comporter de telle façon que l’on oublie ma présence. En grandissant j’appréhendais de plus en plus que mon père se souvienne qu’il avait une fille. Il s’adonnait de plus en plus à la boisson et le jour de mon quinzième anniversaire il a décidé que j’étais assez grande pour partager sa couche, puisque, d'après lui, de toutes façons je n’étais bonne à rien ! Pour la première fois ma mère s’est rebellée. Elle m’a entraînée hors de la maison et nous avons couru dans la nuit, poursuivies par cet ignoble brute avinée. Nous nous sommes dissimulées dans le fossé, derrière les buissons qui bordaient la route.

Dans les brumes de l’alcool et de sa fureur il n’a pas vu le camion qui surgissait du tournant de la rue. C’est ainsi que nous avons été débarrassées, et soulagées  sans remords de celui qui n’a jamais été un père et pas davantage un époux digne de ce nom.

 

S’ensuivirent trois années de répit que j’appréciais tout en restant plutôt solitaire. Ma mère ne put jamais retrouver une bonne santé. Trop de douleurs, de coups et de fatigue avaient usé son pauvre corps. Elle me quitta quand j’eus dix-huit ans, me laissant démunie et seule au monde.

Je continuais de travailler dans les parcs. Petit à petit je me socialisais timidement et un samedi je me suis laissée convaincre et j’ai suivi mes compagnes de travail qui se réunissaient le samedi soir au café du bourg qui possédait un jukebox. Pour cinq sous, on pouvait écouter les chansons du moment ou même danser un peu.

Evidemment, je ne savais pas danser. C’est ainsi que j’ai rencontré Pierre. Grand et brun, on le devinait habitué aux travaux de force en voyant son physique aux épaules puissantes. Il travaillait aux « Chemins De Fer ». Lui non plus ne savait pas danser. Nous étions assis à la même table et la conversation s’engagea. Il inspirait confiance. Sous son air viril il était timide et moi encore plus. Devant la grande gentillesse qu’il dégageait j’acceptais de le revoir.

Il prit l’habitude de m’attendre le soir après sa journée lorsque je rentrais des parcs. Il me raccompagnait faisant avec moi le chemin jusqu’à Marennes.

Un soir, il m’a embrassée en me quittant sur le seul de ma porte. Il était très doux et patient. Je ne savais pas ce qu’était la douceur ne l’ayant jamais connue. Le rituel de ce baiser continua quelques jours, puis, un soir il a franchi le seuil et n‘est reparti que le lendemain matin.

Il disait qu’il m’aimait, qu’il aimait mon innocence et ma timidité.

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20 juillet 2019

Suite N°2

  Suite N° 2....        

 

Lorsque je suis arrivée à Biarritz, Marie m’attendait devant l’hôtel.

Nous nous sommes immédiatement reconnues. Je me voyais vingt-cinq ans plus tôt. Marie a peut-être pensé qu’elle me ressemblera   vingt-cinq ans plus tard.

 Après un instant d’hésitation, elle m’a rapidement embrassée puis m’a donné la clef de ma chambre pour que je puisse me rafraîchir et me reposer un peu avant de la retrouver ainsi que sa fille et son mari.

-« Nous prendrons le repas vers vingt heures à a salle à manger de l’hôtel. Cette longue route vous a sûrement fatiguée. »

Je gagnais ma chambre et soudain je trouvais que tout allait trop vite. Désorientée je m’allongeais sur mon lit et sommeillais une petite heure.

Ce repos et une douche me firent du bien et je descendis à la salle à manger que je trouvais facilement. L’hôtel, sans être un palace avait beaucoup de classe.

Dès-que Marie me vit sur le seuil de la salle à manger  vint à ma rencontre pour me guider vers la table où Mélody et son père étais assis. Jacques se leva et m’avança ma chaise pendant que Marie me le présentait ainsi que Mélody qui, se levant à son tour vint m’embrasser.

Jacques choisit le vin et tenant tendrement la main de sa femme posée sur la table (de la même façon que mon époux avait tenu la mienne en me disant qu’il ferait des recherches pour retrouver ma fille) déclara en nous regardant successivement :

-«  Si vous le voulez bien , nous allons faire connaissance tout en appréciant ce repas. Bon appétit !»

Puis, se tournant vers moi :

-« Pour meubler la conversation, ne vous inquiétez pas, je suis un grand bavard lorsqu’il s’agit de parler de ma  femme et de ma fille ! D’ici la fin du repas vous n’ignorerez plus rien des deux femmes de ma vie ! »

Grâce à lui le repas fût détendu, agréable et délicieux.

Jacques demanda que l’on nous serve le café dans un petit salon privé.

Après que nous nous soyons installés dans les fauteuils confortables, il interrogea sa femme du regard , prononçant doucement son nom :

-« Marie ? »

Celle-ci se racla un peu la gorge puis s’adressa à moi :

-« Oui. Voilà. Juliette, je tiens à vous mettre à l’aise. Si vous ne le souhaitez pas, vous pouvez refuser. Nous apprendrons à nous connaître plus tard. Mais si vous le voulez, nous aimerions ma fille et moi connaître votre histoire car elle est liée à mes propres origines.

- « Bien sûr, je comprends votre demande. Elle est légitime et si vous le souhaitez, je veux bien vous raconter mon passé quand vous le désirerez. »

-« Pourquoi pas ce soir a demandé Jacques approuvé par Mélody  »

Un peu prise de court, je réagis cependant sans hésiter, pensant en un éclair que le plus tôt était évidemment le mieux :

-« D’accord. »

Et les yeux baissés je plongeais dans mon histoire bien décidée à n’en rien dissimuler. Je leur devais bien la vérité.  

                                                                                             *****

La voix d’abord hésitante je m’efforçais de rassembler mes souvenirs. Soulagée de me rendre compte que j’étais maintenant capable de les assumer quelles qu’en soient les conséquences.

A suivre ! 

Posté par emiliacelina à 19:34 - Commentaires [5] - Permalien [#]
16 juillet 2019

sinon....hé bé....c'est pas graaaave... je survivrai !

Puisque je n'ai pas le talent du Gôut pour nous écrire joliement des notes qi nous enchantent pratiquement chaque jour (d'ailleurs , je me demande comment il fait !)  et pas davantage la plume leste de HB..... si agréable à lire, et que c'est les vacances ...  sur les blogs aussi...même sur le mien, je n'ai pas grand chose à raconter. Robert est fatigué,  on va lui changer son traitement en fin de semaine. 

Alors, pour donner aux fidèles quelque chose à lire, je vais vous envoyer de temps en temps la suite de "Elle s'appelait  Juliette" vous vous souvenez de cette histoire que je me suis amusée à écrire...c'était le 27 fevrier de cette année....un jour où les touches de l'ordi me faisaient de l'œil...et surtout où j'avais la tête moins prises par des pensées désagréables!

Si celà vous amuse bonne lecture ...sinon .... et bé....sinon .... c'est pas graaaave, je survivrai !  

 

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Lorsque je reçu la lettre de Marie, je l’ouvris remarquant simplement qu’elle m’était adressée personnellement mais à l’adresse de l’antenne « Restos du cœur ».

Heureusement que j’étais assise devant le petit bureau que je m’étais emménagé car mes jambes d’abord, puis tout mon corps se mirent à trembler.

Les lettres dansaient devant mes yeux brouillés avant de s’ordonner pour former les mots que j’avais du mal à croire.

Elle m’a recherchée et elle m’a retrouvée !

Je dû la relire encore et encore pour y croire enfin et en saisir les termes pour réaliser tout ce que cela impliquait.

Comment aurais-je pu imaginer que la dernière phrase de mon mari, avant de me quitter était à ce point prémonitoire ?

-          « Si nous n’avons pas pu retrouver ta fille, peut-être que ce sera elle qui, un jour te retrouvera ».

Non seulement elle m’a retrouvée grâce à l’aide de sa fille … De sa fille ? Mon dieu ! Cela veut-il dire que je suis grand-mère ?

Ai-je le droit de le dire où de prétendre à ce titre ?

Elles demandent à me rencontrer si je suis d’accord.

Comment pourrai-je ne pas l’être ?

Malgré l’angoisse qui me serre la gorge oui ! Oh ! oui Combien je le désire même si j’ai l’impression que je vais me présenter devant celle qui est en droit de me juger.

Mais il est l’heure d’ouvrir la porte de l’antenne car j’entends déjà les cris des enfants qui attendent impatiemment que je l’ouvre. Les parents bénéficiaires de notre aide sont plus silencieux. On n’est pas bavard quand on a l’impression de recevoir l’aumône. Pourtant nous veillons au maximum à être toujours les plus chaleureux possible. Mais la misère est rarement joyeuse.

Avant d’ouvrir je glisse la lettre dans ma poche. J’ai besoin de la toucher de temps en temps pour me persuader que je ne rêve pas.

Les enfants me perçoivent différente des autres jours :

-« Pourquoi tu souris tout le temps « Juju » alors que tu as quand-même les yeux pleins de larmes ? »

- Parce-que je suis heureuse ! Prenez vos crayons et papiers : Et faites-moi un joli dessin avec un beau soleil.

Tout en les surveillant je cherche dans mon esprit de quelle façon répondre à cette missive.

Une lettre évidemment, mais… vais-je savoir trouver les

                                                Ma réponse…

Chère Marie :

Votre lettre est un magnifique cadeau que je n’espérais plus depuis longtemps.

Mes propres recherches n’ont jamais été couronnées de succès contrairement aux vôtres et j’avais fini par me dire que c’était une juste punition que le ciel m’infligeait.

Je n’ai pas le don de l’écriture pour vous décrire mon émotion à la lecture de votre courrier. Je peux juste vous dire : Oui ! Je souhaite de tout mon cœur vous rencontrer où vous le voulez, quand vous le voulez et je vous remercie très sincèrement de m’avoir retrouvée.

Je vous indique mon numéro de téléphone si vous voulez que nous convenions d’un rendez-vous. 01 01 01 01 01

En toute sincérité les mots me manquent tant je suis bouleversée pour en écrire davantage. Je vis depuis tant d’années tenaillée par le regret d’être partie que je n’avais plus l’espoir de vous connaître un jour. Il y a maintenant quarante-sept ans que la honte et le remord m’avaient poussée à la dépression. Cette dépression m’a conduite à votre abandon m’empêchant de revenir en France et d’assumer mon rôle de mère ainsi que j’aurais dû le faire. Je ne me le pardonnerai jamais.

Je ne sais si je puis me permettre de vous embrasser mais c’est mon souhait le plus cher depuis si longtemps.

                                                                         Juliette

Veuve Sauval

J’ai cacheté l’enveloppe, l’ai timbrée et glissée sans plus réfléchir dans la fente de la boîte à lettres la plus proche.

 

                                                                                            *****

Le téléphone a sonné deux jours plus tard à dix-neuf heures précises. Je m’en souviendrai toujours, je savais avec certitude que c’était le coup de fil que j’attendais, avec anxieté, personne ne me téléphonant habituellement le soir. Je me disais que j’allais, pour la première fois depuis quarante-sept ans entendre la voix de ma fille.

-Allo ? (Je ne reconnais plus ma propre voix qui s‘étrangle déjà sur un seul mot).

-Allo ! …Juliette ? C’est Marie…

- Bonjour Marie…

- Je…Je vous appelle pour convenir d’un rendez-vous. J’ai très envie de vous rencontrer.

- Moi également. Je peux me déplacer, j’ai mon véhicule… à moins que vous ne préfériez venir…

- Je pourrais, oui, si vous ne le préférez, Je sais que vous êtes à Perpignan et que cela fait un peu de route mais…

- Aucun problème la route ne me gêne pas et je dispose de tout mon temps. Je peux me déplacer…

- Heu… Il se trouve que nous avions prévu de passer le week-end du quinze - août à Biarritz, si cela ne vous fait pas trop loin nous serions heureux de vous inviter à nous y rejoindre, dès votre accord je vous retiendrai une chambre dans le même hôtel que nous.

- Oh ! Marie, je traverserais la France entière s’il le fallait pour vous rencontrer. C’est très gentil de votre part et je ne sais comment vous remercier.

- C’est parfait, si vous le voulez bien je vous confirme l’adresse et le nom de l’hôtel par courrier. Voici mon numéro de téléphone au cas où vous ne le trouveriez pas facilement, n’hésitez pas à m’appeler au 02 02 02 02 02. Il s’agit de l’Hôtel du Soleil qui se trouve en bordure de plage face à l’océan.

- Je trouverai…

- Alors…A bientôt ?

- Oui merci encore, à bientôt Marie.

Un moment de silence sur la ligne…Puis je pense que nous avons dû raccrocher en même temps.

Je regarde mon téléphone tellement silencieux que c’en est assourdissant.

Ce n’est que dans les romans que la mère et la fille abandonnée tombent dans les bras l’une de l’autre par téléphones interposés !

J’étais soulagée que nous n’ayons pas été plus loin dans la conversation, les explications viendront plus tard.  Les mots peuvent mentir, le regard plus rarement.

Je me remémorais chaque mot de notre courte conversation. Sa voix est douce même si j’y ai perçu une certaine tension. Quoi de plus normal ?

Je suis persuadée que le nœud qui me serrait la gorge a dû se ressentir dans chacune de mes paroles.

Pourquoi ne lui ai-je pas demandé le nom de sa fille… ou même son âge ? Le nom de son mari ou son métier ?

Stupide !... J’ai été stupide !

Je dormi très mal jusqu’au quatorze - août et ne pris la route que vers dix heures. En prenant l’autoroute il fallait prévoir cinq heures de voyage. En ces jours de fête et de vacances certainement que je mettrai beaucoup plus de temps à cause des embouteillages, mais cela ne me dérangeait pas. Je prévoyais de faire de nombreuses pauses et de me restaurer avant de téléphoner pour annoncer mon arrivée en fin d’après-midi.

A suivre******************

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11 juillet 2019

Un petit mot rapide

Pour ne pas que vous soyez trop surprises((is) par mon silence sur le blog deux petits mots rapides. 

Nous sommes toujours dans l'attente du résultat  de la réunion du staff médical pour décider de la suite du traitement de mon cher et tendre( d'un côté  je me dis que s'ils ne se précipitent pas c'est mieux que le contraire!)

Cette semaine nous sommes pris pour cause de décès  dans la famille un neveu de 78 ans que nous aimions beaucoup..  C 'était  le mari de la nièce a Robert et ami d'enfance , elle était une copine du temps où je travaillais à  l'usine chaussures  (nous avions 16 ans) c'est grâce à  elle que j'ai connu son oncle. Nous avons beaucoup de peine....pour faire simp, je dirai que c''etait un vrai "gentil"  . Les obsèques  sont cet après midi.........

Posté par emiliacelina à 10:11 - Commentaires [5] - Permalien [#]
05 juillet 2019

Bonne nouvelle ...

Dommage!  Aujourd'hui pas de devoir, Lakévio arrête so blog. Il m'a fallu un bon moment cet après-midi pour me remettre de l'annonce , mais je comprends ses raisons. Alors que pour diverses raisons nous avons laissé de côté les devoirs du vendredi  de temps en temps , elle a assuré régulièrement son blog et j'imagine le temps et le travail que celà lui prenait.Elle est tellement disponible 'je me souviens de son envoi de patron pour faire des petites robes à ma petite guadeloupeenne" J'avais énormément apprécié.  J'espère qu'elle va profiter de sa petite famille plus tranquillement et je suis sûûûre que ces petits enfants vont en être heureux. Bisous  Lakevio !

Pour remplacer le devoir si je vous racontais.....

Bon! Je vous avais dit que nous avions une bonne nouvelle.

Samedi dernier Marie a provoqué une révolution dans la famille. Je vais tenter de relater la chose.

Depuis mercredi j'étais au courant , mais pas Bruno et Marie ne voulait pas que j'en parle avant que son père soit au courant.

Vendredi soir, coup de fil :

-Mamie, ne le dis pas à papy mais demain soir, je voudrai que vous veniez chez papa quand je lui annoncerai. 

- D'accord A quelle heure ?

-Je débauche à 7 heures .... donc, le temps que j'arrive 7h15 ou 30!

- Comment veux-tu que j'embarque papy chez ton père à l'heure où l'on se met à table habituellement? Pas sûr qu'il veuille!

- Bon ! Alors tu lui dis, mais trouve une excuse pour que papa ne sois pas surpris

Samedi midi , coup de fil de Margot:

- Mamie, Marie demande si tu as trouvé une excuse pour ce soir?

- Oui ! J'ai des chemises que j'ai repassées pour ton père , j'irai lui apporter , ça ne devrait pas le surprendre si on prétend que l'on en profite pour prendre un peu d'air frais !

Nous sommes donc arrivés chez Bruno , pas plus surpris que çà de nous voir débarquer avec les chemises sur leurs ceintres et heureux que son père soit venu avec moi. Nous nous sommes installés sur sa terrasse pour boire un reffraîchissement. 

Margot et Max sont arrivés et , ENFIN !!!!! Marie et Tom !

Bises à tout le monde, puis d'un air dégagé, Marie donne à son père une petite pochette :

-Tiens ! Papa Un cadeau !

- Un cadeau  En quel honneur  

- Comme çà!

Bruno regarde à l'intérieur du petit sac et voit du blanc:

-Un caleçon ? Tu m'as acheté un caleçon ? Ça va pas ?

- Mais..regarde ! ...

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Non !!!! C'est pas vrai ? C'est vrai ?  C'est pas vrai ? Siiiii? répétition....répétition ....

Bon J'ai la photo de sa "tronche' mais je ne vous la mets pas ! La larmichette pointe ....et il prend Marie dans ses bras ainsi que Tom ...le  comble c'est l'émotion de Marie qui ne pouvait arrêter ses larmes ...et quand je dis ses larmes, je devrais dire ses torrents de larmes sans pouvoir s'arrêter...au gré de la conversation !

Bruno et ses enfants ont vécu de tels moments très difficiles que leurs liens sont toujours dans l'émotion à fleur de peau!

Je jette un œil sur Margot qui pleure aussi! Bon! Il faut dire que la future Tatie est aussi la future marraine.... et sa sœur ne l'a pas oubliée:

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...en plus d'un fin bracelet avec une inscription du même stylle !

Presque 8  jours de plus et Bruno n'en est toujours pas revenu....il a encadré le petit body !

Bref! L'émotion s'est calmée dans une tournée de champagne ....puis nous les avons laissés entre-eux.

A midi elle est venu manger à la maison , ils attendaient le résultat du BTS de Tom. Très important car un super emploi est à la clé!

Etonnament  à la fin du repas elle a réussi à retenir de justesse ses larmes quand elle a su qu'il l'a réussi. Elle est d'une sensibilité plus qu'extrême cette petite !Donc, lundi il part pour une semaine de formation et au retour il embauche pour un super job, véhicule fourni, telephone .....   et salaire correct......  je suis ravie pour eux: ils sont mignons comme tout ...et si jeunes ...21 ans !   Mais bon ! Je ne vais pas radoter , je n'ai qu'à me souvenir ! 

Voilà, c'est comme si vous aviez été là....   Pour un bon moment, ce fut un bon moment ! Nous voici arrières-grands-parents pour la quatrième fois !

Bon , passons à moins agréable. Parlons de Robert.

Ben ! Pour ne pas changer nous sommes toujours en attente de décision du staff médical. Nouvelle runion mardi prochain . L'évolution du CHC continue même si d'après le spécialiste elle est assez lente !

On suprime un comprimé par-ci, un autre peut-être dans huit jours  par là.....on hésite pour décider si on change son anti-rejet.....ou si on instaure un nouveau traitement qui demanderait l'intervention d'un autre spécialiste pour le gérer ....ou si l'on attend encore trois mois et un autre IRm ! 

Bref ....on continue d'attendre ! ENCORE !!!!!!

 

 

 

 

 

Posté par emiliacelina à 22:02 - Commentaires [8] - Permalien [#]
01 juillet 2019

Retour au village...

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Vous commencerez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Ainsi, après bien des années, je me retrouvais chez moi." Propos tenu par Milan K., qui plaisante.

Vous terminerez par la phrase suivante : "La vie, voyez-vous, ce n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit." Ainsi philosophe la bonne Rosalie, personnage de Guy de M., quand il raconte Une Vie.

Entre les deux, casez ce que vous voulez !

 Retour au village 

"Ainsi, après bien des années je me retrouvais chez moi," ... et si mon copain d'enfance n'était pas venu me chercher je n'aurai rien reconnu des lieux qui ont vu ma jeunesse (!) ...  Tout me semble tellement ...petit ! Sauf Jacques. Il est resté le même et je me réjouis d'avoir gardé des liens , certes très espacés, mais relativement réguliers avec lui depuis que j'ai quitté mon village après le décès de mes parents dans un accident de voiture. Je n'avais pas d'autre famille et envie de parcourir le monde. 

J'adorais prendre des photos. Je suis devenu reporter. Et, pour ce qui est de parcourir le monde, je n'ai pas été déçu :  

 J'ai vu la misère et la guerre, la lâcheté et le courage, l'égoïsme et l'abnégation, le dévouement parfois jusqu'au sacrifice.... l'hypocrisie et la naïveté ... l'amour sous toutes ses formes ... la jalousie  et l'envie ... la richesse et la pauvreté jusqu'à la misère...la rancune et le pardon... et la bêtise...la bêtise... la bêtise du culte de l'argent ... jusqu'au crime!

J'ai été témoin de la folie de certains  hommes et  ...de la sagesse d'autres...

Et puis, un jour, allez savoir pourquoi : la lassitude peut-être ou le poids de la  solitude malgré ma vie aventureuse, j'ai eu la nostalgie de mon village ... et le désir de retrouver cette vie simple que je n'avais pas su apprécier plus jeune. 

...et me voilà... Découvrant avec étonnement que rien n'a changé... même si tout me parait plus petit: la gare, la place devant la gare que nous appelions pompeusemet la grand place, même  la rue (grande rue dans mes souvenirs) qui nous a menés au café, le seul du village.... 

Plus petit... tout est plus petit... je n'ai plus mes yeux d'enfants...mais combien est grande l'impression de ...tranquillité , non! plutôt de sérénité qui m'a saisi lorsque Jacques m'a donné une accolade de bienvenue à me broyer les os dès ma descente du train!

Devant nos verres de bières fraîches je réalise combien mon village m'a manqué.... je retrouve mes racines ...  

L'aventure ne me tente plus du tout ...à part ... peut-être ...  croisant le regard  de la jeune personne qui vient de nous apporter nos boissons ... je ne peux m'empêcher de penser : "La vie , voyez vous, ce n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit!".

 

 

 

 

 

Posté par emiliacelina à 06:00 - Commentaires [11] - Permalien [#]