16 septembre 2019

Nostalgie ?

Devoir de Lakevio du Goût N° 8

devoir de lakevio du gout No8.jpg

Cet homme est-il désolé par la vision de cette usine vidée de son âme ?
À moins qu’il ne se demande déjà comment il va aménager le lieu pour lui redonner vie …
D’après vous ?
Racontez-nous ce que vous dit cette image.

 

Souvenir....

 Soixante ans ! Il y a soixante ans ,nous étions mille deux cents à franchir ces grilles pour commencer une journée de travail de minimum huit heures.

Notre première action consistait à glisser le carton portant notre nom dans la fente de la pointeuse qui enregistrait notre heure d 'embauche.

Il y avait plusieurs ateliers (hangar) et une pointeuse à l'entrée de chacun d'eux.

Huit heures derrieres les machines ayant chacune leur spécificité. Dans les longs ateliers les ouvrières s'affairaient , le rythme était soutenu et il fallait le respecter sous peine de provoquer un "embouteillages" des boites contenant les "tiges" de chaussures posées sur le tapis roulant de la chaîne.

Chaque travail était chronométré mais celà ne nous empêchait pas de travailer dans (le plus souvent) une bonne ambiance je me souviens de sacrés fou-rires et aussi....de sacrées engueulades ! 

Mais je garde le souvenir des fou-rires . Certaines ouvrières ou ouvriers valaient le déplacement , je vous jure ! Parfois ...comment dire? ...le vocabulaire était tout sauf "chatié" et les commentaires n'étaient pas destinés à toutes les oreilles.... Comme l'on commençait à travailler dès nos seize ans  les anciens ou anciennes prenaient un malin plaisir à choquer les plus jeunes.Puis-je dire que c'était plutôt" bon enfant !"?

La contre-maîtresse circulait entre les allées de machines ou de tables de travail. Je sens encore l'odeur du cuir et des différentes colles que nous utilisions.

La sonnerie nous libérait entre midi et quatorze heures. Après un nouveau passage à la pointeuse qui enregistrait notre départ nous nous précipitions telle une nuée de fourmis ,pour franchir en sens inverse les grilles de l'entrée.

Ces usines étaient nombreuses. Autour de mon quartier on en comptait pas moins de trois. 

Si vous aviez un sujet de désaccord dans votre emploi vous demandiez votre compte pour midi....et vous filiez vous faire embaucher dans une autre usine sans aucun problème 

Bon! Les salaires n'étaient pas mirobolants mais nous ne connaissions pas le chomage !

Alors, lorsque je vois avec tristesse ces locaux abandonnés, tombant en ruines  inutiles et morts... que la plupart des propriétaires, admirés comme de grands patrons de ces usines ont léguées à leurs enfants à l'époque de leur "puissance"....je me demande : qu'en penseraient-ils  aujourd'hui en voyant ce qu'elles sont devenues?  

 

Posté par emiliacelina à 06:00 - Commentaires [11] - Permalien [#]