27 avril 2020

Promotion canapé ?

devoir de Lakevio du Goût_36.jpg

La soirée est agréable.
Trois hommes et une femme semblent passionnés par leur conversation.
Sur quoi peut-elle bien porter ?
Racontez donc cette conversation et les répliques qu’elle vous a inspirées.

 

La prochaine fois que quelqu'un prétend devant moi que seules les femmes sont des mauvaises langues je lui fais bouffer mon verre !

Il se pourrait même que je n'attende pas la prochaine fois si ces trois là n'arrêtent pas de baver sur Jacques!

 

- Tu te rends compte! Il est le dernier à être entré dans la société et c'est lui qui a obtenu le poste de responsable du service publicité! 

- Ce petit con avec ses idées d'avant garde ! J'ai cinq ans d'ancienneté de plus que lui, le poste me revenait de droit ! 

- Il fallait s'y attendre. Si le vieux était encore à la tête de la société ça ne se serait pas passé ainsi..

- Ouais! Mais il a pris sa retraite ! Depuis qu'il a filé les rènes de la boîte à sa fille , c'est le bordel !

- Le Jacques avec sa petite gueule de sportif et son allure décontractée, il n'a pas mis longtemps à se la mettre dans la poche!

- Hé! Hé  La promotion canapé ça ne marche pas que pour les gonzesses !

- D'ailleurs , il n'est pas encore là , Môssieu se fait désirer!

- Il n'a peut-être pas de smoking!

-La patronne non plus d'ailleurs n'est pas encore arrivée, ni son père . Ils ne vont pas tarder!

- Il est fichu de s'amener en jeans et baskets comme d'habitude !

- Pfff!!!!! On va encore être être obligés de subir le discours du vieux ! C'est tous les ans pareil !

- Bon ! On va bien être obligé de faire avec, la boîte est bonne et je ne me vois pas chercher une autre place !

- Tu as raison, mais ce qui est sûr c'est qu'à la première erreur on ne le loupera pas 

- Pas de cadeau, on ne lui facilitera pas les choses ! 

- Attention les gars , voilà la secrétaire de la patronne, en plus elles sont copines !

Et comment que l'on est copines bande de faux culs!  Et pas seulement copines, je me réjouis d'avance à l'idée de la tête que vous allez faire lorsque  "LE VIEUX" va annoncer le futur mariage de sa fille chérie avec le nouveau responsable du service publicité !

 

    

 

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22 avril 2020

La lassitude nous gagne...

Allons...bon !  Déjà que je ne suis pas très inspirée, (d'ailleurs je n'ai pas fait le devoir de la semaine) voilà que mon ordi refait des siennes. Je ne sais pas ce qui se passe. Je viens sans problème sur mon blog mais je ne peux aller sur les autres pages (celles des blogueurs et blogueuses que je visite habituellement) . D'ailleurs la présentation de ma page d'accueil est différente pourtant je n'ai rien changé dernièrement. Quand je 'trifougne" dedans, je comprends que je dérègle pleins de choses, mais là, non  J'ai rien fait ! 

Je ne peux plus me connecter avec mon imprimante ...  j'attends toujours des nouvelles du dossier de la retraite de réversion... pas moyen de les joindre au téléphone... pas davantage de courrier !  

J'ai tenté de coudre quelques masques (il en faudra sûrement après le 11) mais c'est un fiasco, je n'ai pas de tissus qui puisse convenir! En plus je manque d'élastique !

J'arrête de tricoter ...plus de laine...et pas de boutons et fermetures éclairs pour les huit gilets terminés....  en plus , je sature un peu !

J'ai beau être favorisée par rapport à beaucoup d'autres vis à vis de la situation actuelle, j'ai un petit coup de "mou"! Je comprends donc bien le "mal être" de ceux qui sont privés de liberté, de travail, de contacts avec leurs enfants et petits-enfants ou ont quelqu'un d'hospitalisé sans pouvoir leur rendre visite malgré leur inquiétude! 

Hier je me suis endormie en écoutant les informations, avouez que c'est un comble ! Ce n'est pourtant pas que je sois fatiguée ! Mais, j'en ai marre de regarder  la télé ...seule !

Le temps est gris et il fait froid.... Moins on en fait...moins on a envie de faire quoi que ce soit...

La semaine dernière Pascal a voulu passer la tondeuse, je n'ai pas voulu parce-que les pâquerettes me plaisaient bien  !   J'ai eu tort parce que avec  la pluie il va avoir deux fois plus de boulot , la nature est en pleine forme.... l'herbe est haute et épaisse !

 

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Le lila sent bon...

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Et, malgré tout la lassitude nous gagne ... 

 

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 ........................ de me plaindre!  Mais, des fois, on a envie de râler un peu ... et ça fait du bien !

 

 

Posté par emiliacelina à 21:08 - Commentaires [13] - Permalien [#]
16 avril 2020

suite et fin ...

 J'oubliais cette pauvre Juliette....  qui termine  sa confession son histoire.
Je me demande d'ailleurs comment vous faites pour ne pas en perdre le fil !
                                                                    ****

Comment aurais-je pu,  imaginer qu’un jour je pourrais me trouver en face de vous ?
   
La nuit était très avancée quand j’eus terminé de parler. Remuer tous ces souvenirs m’avait épuisée.
Marie, Mélody et Jacques restaient silencieux et ce silence me fit peur.  Je ne me suis pas sentie la force d’affronter leurs jugements.
Je me suis levée et prétextant la fatigue je les ai priés de bien vouloir m’excuser. Sans leurs laisser le temps de me répondre j’ai regagné ma chambre.
J’ai eu beaucoup de mal à trouver le sommeil je dormis très peu me posant tellement de questions. La plus importante à mes yeux se résumait en neuf mots :
Vais-je être pardonnée et acceptée dans leur vie ?
                                      *****
Réveillée très tôt, j'ai pris dès sept heures, la direction de la plage. Le sable est frais sous mes pieds nus et mon regard se porte vers l’infini; au-delà des vagues qui viennent se briser sur la plage là où l’océan redevient calme.
Le soleil matinal, s’il m’aveugle et m’oblige à cligner des yeux n’est pas encore vraiment chaud. Je regrette cependant de ne pas avoir pris mes lunettes de soleil.
La plage est déserte. J’ai marché le long de la grève, délaissant les alentours du ponton de l’hôtel qui seront bientôt fréquentés par la clientèle qui assaillira les terrasses pour le petit déjeuner pendant que les enfants s’éparpilleront sur la plage à recherche de possibles coquillages.
J’aime l’océan même s’il m’impressionne par son immensité.
J’aime sa force lorsqu’il se déchaîne et laisse percevoir une fureur incontrôlable et j’aime sa douceur lorsque, comme aujourd’hui il se fait scintillant et lisse et que son bleu se confond avec celui du ciel.
L’Atlantique, je l’ai tellement détesté, puis aimé tour à tour.
Je ne pensais pas qu’un jour je serais heureuse de le retrouver si identique à mes souvenirs.
Je suis consciente qu’à partir de ce jour, soit je l’aimerai toujours car il restera lié aux retrouvailles avec ma fille et sa famille, soit sa vue me sera à jamais intolérable si ceux -ci n’ont pas la force de me pardonner.
Je m’éloigne du bord des vagues qui viennent mourir à mes pieds et remonte vers le muret de pierres qui retient le sable qui menace d’envahir la chaussée.
Je m’y assieds, le regard toujours perdu dans le vague.
Je pense à hier soir.
J’ai tout dit de ma vie. Je me suis mise à nue. Trop peut-être ?
Je n’ai pas triché, ni menti, ni dissimulé.
Marie me ressemble tellement. Je n’ai pas trop osé soutenir son regard si semblable au mien mais sans la lassitude de l’âge et de la vision de tant de misères croisées sur mon chemin. Ses yeux à elle, sont brillants et reflètent l’amour qu’elle porte à son mari et sa fille lorsque son regard se pose sur eux avec amour et fierté.
Mélody… mon dieu comme elle est jolie !  Ses éclats de rire spontanés ont beaucoup égayé le repas lorsque son père parlait des femmes de sa vie !  Elle semble vive et spontanée comme on peut l’être à son âge, mais ses yeux semblent lire à travers les vôtres et deviner ce que l’on ne dit pas. Je pense qu’elle a bien fait de choisir des études de psychologie. Je suis persuadée qu’elle aidera beaucoup de monde et que ses patients l’apprécieront.
Les questions défilent obsédantes. Je ne peux me mettre à leurs places, je suis consciente que je ne peux juger avec impartialité mes propres fautes. Comment ont-ils perçu   ressenti et jugé mon histoire ? Me suis-je bien exprimée … ou trop exprimée ?  Pourquoi suis-je partie si vite dès la fin de mon récit ? 
Le soleil, la fatigue et les émotions des derniers jours ont   raison de moi et je ferme les yeux un instant.
                                        *****
Une voix lointaine me parvient portée par le vent léger. Je regarde autour de moi. J’aperçois sous le soleil devenu éblouissant deux silhouettes sur la plage qui viennent dans ma direction. La main sur le front en guise de visière je les regarde s’approcher…
- « Mamie ! »
Le cœur battant la chamade, je les reconnais…
-« Mamie nous te cherchions ! Nous commencions à nous inquiéter. Nous espérions te voir au petit déjeuner ! »
Les voici auprès de moi. Marie s’assied à ma droite, Mélody à ma gauche.
Incrédule je réalise soudain qu’elle m’a tutoyée et appelée Mamie. L’émotion est trop forte et me laisse sans voix pendant que je laisse couler librement mes larmes.
Dans le silence, elles attendent que je cesse de pleurer puis, alors que Mélody me tend un mouchoir, Marie décide en me prenant fermement la main :
-Allez ! Viens maman, allons retrouver Jacques !
Je me lève et devant mon regard embué l’océan ne m’a jamais paru plus beau !
                                                                               FIN 

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15 avril 2020

Pourvu que ça dure !

Je disais dernièrement que, en ce qui concerne le conditionnement , je ne suis pas vraiment à plaindre .

Je suis contente. Je viens de trouver de quoi m'occuper,  un carton que j'avais relégué dans le garage lorsque j'y avais rangé la machine à tricoter et ...oh! surprise rempli de pelottes de laine. Ça m'est revenu, je les avais oubliées.

Tout ça pour vour dire que je me suis illico installée face à la fenêtre: avouez que je ne suis pas vraiment à plaindre, la photo ne montre pas sur la droite la plus belle partie du lilas blanc qui embaume !

SANY0072

  Les laines ne me plaisent que moyennement question couleurs mais elles plaisent beaucoup à Marine pour sa fille Abby et à Marie pour Mïa.  J'en suis au 6ème tricot (gilet) que je range soigneusement dans le tiroir de la commode car pour les finitions (boutons et fermeture éclair) je ne peux aller dans les magasins!  J'espérais...que...peut-être...après le 11 mai j'aurai pu y aller ..mais cest compromis à mon avis ! 

De temps en temps, le fiston vient me faire la causette à la fenêtre ... il le peut et Mumu aussi parce-que depuis 3 semaines ils ne sont pas sortis de chez eux, tout comme moi. Donc, nous sommes "clins". Nous ne prenons pas de précautions particulières.

Marine (la fille de Mumu lui fait ses courses et j'ai aujourd'hui fait une commande au drive L....rc. Elle est disponible dès demain 13 h. Bruno (fisto n°2) ira me la chercher. J'ai pu avoir tout ce qu'il me faut pour bien plus d'une semaine.

Le troisième fiston est plus inquiet..... il risque de se retrouver sans travail avant peu .... Son employeur prévoit de mettre la clé sous la porte. 

Mais...bon... nous avons la chance d'être en bonne santé....c'est le plus important...pourvu que ça dure !,

A part la naissance de bébé Mïa....l'année 2020 commence Pourrie !!!!!

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13 avril 2020

Foutu panneau...

Mais, qu'est-ce que c'est que ce binz? 

Le prof tellement confiné qu'il en perd le sens des réalités : nous ne sommes pas en période de vacances ?

Consciencieux...il choisit le teletravail ! 

 

34ème devoir de Lakevio du Goût

devoir de lakevio du gout_34.jpg

Dites quelque chose sur ce printemps magnifique dans une ville déserte.
Une histoire qui commencerait par :
« L’air était moins étouffant que la veille et j’ai même cru sentir la caresse d’une brise, en marchant sous les arcades, jusqu’à la place de la Concorde. »
Et dont les derniers mots seraient :
« Malheureusement je ne crois pas qu’il suffise de traverser la Seine. » 
Oui, ces mots sont empruntés à « Patriiiick !!! »

 Foutu panneau !

« L’air était moins étouffant que la veille et j’ai même cru sentir la caresse d’une brise, en marchant sous les arcades, jusqu’à la place de la Concorde. » 

J'ai entendu le client qui vient de garer sa magnifique moto sous mes yeux dire cette phrase en payant le journal qu'il vient d'acheter. A mon avis il a dû lire ça quelques part .... peut-être même en feuilletant un livre sur le présentoir.(  bon ! d'accord! il avait dû marcher jusqu'à la place de la concorde pour récupérer sa harley).
La caresse d'une brise en ces temps de canicule , c'est un vrai bonheur.... d'ailleurs même moi je m'en rend compte.  Je lorgne avec envie sur la moto qui semble s'être garée là,juste pour me narguer. Je m'imagine sur l'engin telle Brigitte Bardot je chanterai "je n'ai besoin de personne et je roulerai les cheveux dans le vent " même sils sont courts !Vous vous rendez compte ce que l'imagination peut faire? Je me décolle de ce foutu panneau de  kiosque, je grimpe sur l'engin, puissant et je fonce droit devant , je ne reconnai plus personne.......

Je donnerai cher pour me décoller parce-que je filerai sur la route, je passerai le pont qui enjambe la seine. Dans ma tête raisonnent les paroles de la chanson. Je la connai par cœur, elles tournent en boucles, je  ronge mes ongles d'enervement en pensant que "les trépidations de sa machine lui donnent des envies dans le creux de ses reins"!  

Le client revient,coiffe son casque et repart, pétaradant....sans même me jeter un regard!  

Remarquez : je ne suis pas BB :  pour qu'une moto me fasse un effet pareil, "Malheureusement, je ne crois pas qu'il suffise de traverser la Seine"

 

 

 

Posté par emiliacelina à 23:39 - Commentaires [7] - Permalien [#]

09 avril 2020

Avant dernière suite N°15

 


      La mission devait durer un an. Habituellement les missions étaient plus courtes, mais notre présence avait été maintenue  plus longtemps  vu la situation d'extrême    nécessité.
Il y avait six mois que nous étions sur place, il restait donc six mois avant que nous ne regagnions la France. Lorsque nous quittions les postes que nous avions occupés nous partions toujours avec beaucoup de regrets mais une période de transition était toujours obligatoire entre deux missions et nous savions qu’une autre équipe de MSF viendrait prendre notre relais.
Le travail durant ces missions demandant un investissement physique et émotionnel de chaque instant, pour des journées dépassant parfois seize ou dix-huit heures il fallait des périodes de repos suffisamment conséquentes entre deux départs pour récupérer et pour ceux qui en avaient  une,jouir du plaisir de retrouver leurs familles.
Nous sommes rentrés en France au printemps deux - mille - six.
   *****
Comme promis Alexandre entreprit des recherches. Nous apprîmes que les archives de Marennes avaient disparues dans un incendie. Lorsque nous allâmes « rôder » du côté où j’avais grandi la maison que j’habitais avait laissé sa place à une grande résidence de plusieurs habitations luxueuses.
Je ne reconnus plus les lieux de mon enfance et ne retrouvai aucune personne que j’eusse connue à cette époque. Mon passé semblait disparu. Nos recherches n’ont pu aboutir.
C’est à ce moment - là que mon mari commença à se sentir très fatigué.
Au cours de notre dernier séjour en Afrique il avait perdu dix kilogrammes mais nous pensions que les conditions de vie qui avaient été les nôtres durant un an de mission pouvaient l’expliquer. Ayant du mal à récupérer il préféra aller consulter. Les examens dépistèrent une hépatite C.
Durant les années suivantes il supporta plusieurs épisodes de traitement à l’Interféron auxquels son organisme ne répondit pas. La cirrhose s’installa puis il fut inscrit sur la liste de demandeurs d’organes.
Nous avons attendu plusieurs mois qu’une famille endeuillée, après la perte d’un être cher accepte généreusement de faire dons de ses organes en vue de transplantations. Le foie du disparu fut attribué à Alexandre. Il fut greffé en deux-mille-dix-huit.
La suite de l’opération fut difficile et des complications survinrent suite à plusieurs rejets compliqués de problèmes de voies biliaires.
L’hépatite C se réactiva, la médecine ne savait pas encore comment la guérir et finalement il quitta ce monde à mon grand désespoir, en novembre deux-mille-dix-neuf.
Auparavant, conscient de son état et malgré tout toujours soucieux de mon avenir il me conseilla, lorsqu’il ne serait plus là de quitter ce coin de France et d’aller vivre ailleurs.
-« Où que tu sois je veillerai toujours sur toi. Pose tes valises ailleurs, vers le sud de notre hexagone par exemple. Quitte les Charentes et espère toujours… si nous n’avons pas réussi à retrouver ta fille peut-être que ce sera elle, qui un jour te retrouvera. Ne désespère jamais. »
Je lui fis confiance et suivis ces conseils. Mon choix se fixa sur Perpignan.
Pourquoi Perpignan ? Simplement après avoir regardé un reportage sur cette ville présentée comme une « commune du sud de la France » j’y vis comme un signe et pris ma décision sans réfléchir davantage.
Sans me déplacer, je pris contact avec une agence immobilière qui me proposa en location un appartement rue Saint Pierre.
Les photos reçues me plurent et j’y emménageais durant le printemps deux-mille-dix.
Je pris beaucoup de plaisir à m’installer à cette nouvelle adresse. J’avais de nombreux souvenirs ramenés de nos voyages aux quatre coins du monde durant toutes ces années. De les manipuler pour leurs trouver une place qui les mettent en valeur dans mon petit trois pièces fit fréquemment perler quelques larmes à mes yeux.
Lorsque mon installation fut terminée, je me retrouvai bien désœuvrée  l’automne venue et je commençais à me promener un peu dans la ville.
J’avais alors soixante-neuf ans et le sort m’ayant toujours dotée d’une bonne santé physique, l’inaction commença à me peser. Je ne voulais pas me laisser gagner par l’ennui et la tristesse que je sentais poindre. Je savais que je devais réagir.  La vie avec Alexandre m’avait appris qu’il n’était pas bénéfique de se laisser aller à la mélancolie.
De ma fenêtre, j’avais remarqué en face de chez moi une certaine agitation et découvert que ce tenait là une antenne de l’association « Restos du Cœur » comme l’indiquait le panneau au - dessus de la grande porte d’un hangar.
En traversant la rue je me disais : pourquoi pas ? La misère ne loge pas uniquement à l’autre bout du monde. Je peux peut-être encore me rendre utile.
Je fus accueillie avec reconnaissance. L’agence manquait cruellement de bénévoles et l’hiver n’allait pas tarder
J’ai commencé par réceptionner les denrées que livraient les camions. Rapidement grâce à ma longue expérience acquise au cours de mes années chez Médecins - sans- Frontière, je pus fournir de judicieux conseils pour améliorer l’organisation de toute cette marchandise et en faciliter la distribution.
Ces sentiments, je savais les gérer. Je les connaissais bien. Je les avais même vécus. En ce qui me concernait De la même façon je savais déceler chez les bénéficiaires de l’association tout malaise aussi bien physique que moral. Un regard baissé ou simplement fuyant, un geste ou une attitude embarrassée me signalait immédiatement la souffrance ou le désespoir ou même parfois la honte. Tous ces sentiments ayant souvent un seul dénominateur commun : la pauvreté.
 En ce qui me concernait un seul sentiment troublait encore ma conscience : le remord ; mais je m’en accommodais. C’était ma punition pour avoir abandonné ma petite fille et je l’acceptais.
Pour me faire pardonner, même si je savais que c’était impardonnable, je me consacrais passionnément à cette nouvelle mission.
J’avais pu me rendre compte que j’établissais plus facilement un rapport de confiance avec les enfants qu’avec les adultes. Leurs regards tellement sérieux ou tristes s’illuminaient devant le moindre cadeau. Parfois pour une simple sucette et ils me sautaient au cou. Mon cœur fondait d’émotion et de compassion.
Je décidais de me consacrer plus particulièrement à eux tant que j’en aurai la force. J’étais libre de mon temps, sans charge et sans attache. Je n’avais à m’occuper de personne d’autre et personne d’autre n’avait besoin de ma présence.
De la même façon que je veillais sur les enfants malades au Niger je me dévouais pour les enfants du Restos-du-Cœur.
Quand je leur ai dit que je m’appelais Juliette, je suis devenue Juju pour eux tout simplement.
Pendant que les collègues bénévoles s’occupent des parents ( le plus souvent isolés) je prends en charge leurs enfants m’occupant de leurs besoins, leurs distractions. Les « Restos » fournissent les fournitures scolaires et j’ai installé une grande table où les enfants qui le souhaitent peuvent dessiner ou faire leurs devoirs aidés par une bénévole ancienne institutrice.
Les rires, les jeux et l’attention que l’on leur porte sont de bons remèdes. Ils en ont autant besoin que de nourriture.
Mon mari l’affirmait souvent et prenait le temps chaque fois qu’il le pouvait d’écouter ses malades et partager un instant avec les enfants.  Je me dis que c’est lui qui a guidé mes pas jusqu’ici.
Ma vie se déroulait sereine et bien remplie. Je ne demandais rien de plus. Mes journées s’écoulaient selon un ordre bien établi que rien ne venait bousculer.
Que rien ne devait bousculer !

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07 avril 2020

Suite 14

 ...un petit peu de lecture ??

 

Suite 14

Kwetho a été "mon" premier village. Au cours des années suivantes je ne compte plus ceux auxquels Medecins sans frontière a apporté son aide.
En cotoyant la misère, la faim le malheur , la maladie et trop souvent la mort dans les régions où l'on nous envoyait, j'oubliais ce que j'avais vécu avant de me marier.
Je parvins rapidement à me rendre utile: il y avait tant à faire! Petit à petit je pris confiance en moi, très fière de m'entendre appeler"la madame du docteur!".
La porte de mes souvenirs restait toujours close. En m'occupant des autres, je parvenais à  m'oublier moi-même.
En mille-neuf-cent-quatre-vingt-quatre, nous avons été témoins de la famine qui ravagea cruellement le sud de l'Ethiopie et constaté ses terribles conséquences sur la population.
Pour la première fois Médecins sans frontière envoya de façon massive de la nourriture. Il ne s'agissait plus seulement de soigner mais également d'empêcher de mourrir de fain .
Je croyais avoir tout vu des misères du monde et de la folie des hommes et me félicitais chaque jour d'avoir eu la chance de rencontrer l'homme qui partageait ma vie et m'avais redonné l'envie de vivre.
J'avais alors quarante-quatre ans et il m'arrivait parfois de laisser  filtrer quelques souvenirs de mon passé. Le mur de ma mémoire commençait à se fissurer par petites bribes. Furtivement surgissaient des pensées que je m'efforçais de chasser: "elle doit avoir vingt-quatre anss.....c'est une jeune femme maintenant...est-elle heureuse ?...ou bien encore : "est-ce qu'elle me ressemble ?

Mais ces questionss ne franchissaient toujours pas le seuil de mes lèvres.
   

                                                                      ***
En deux mille-cinq nous fûmes envoyés au Niger dans dans un poste de santé pour soigner les maladies de l'enfance. Les salles d'observations ne désemplissaient pas, les enfants faisant partie de la population la plus vulnérable. Le paludisme tue malheureusement un grand nombre d'enfants avant qu'ils n'atteignent l'âge de cinq ans.
Ce fut vraiment très difficile à vivre et je me dévouais de toute mon âme.
Je supportais mal de voir mourir les petits malades que je berçais et cajolais de mon mieux car bien souvent, leurs mères elles-mêmes malades,n'étaient malheureusement pas en étât de le faire. Je prenais dans mes bras ces petits corps souffrants et brûlants d'une fièvre que rien ne parvenait parfois à stopper, pour qu'ils aient l'impression d'être dans ceux de leurs mamans.
Lorsque je devais recueillir leurs derniers souffles je chassais furieusement la question qui me taraudait:
_...et ma fille ? Est-elle toujours en vie et en bonne santé "?
A chaque fois que nous perdions un de nos petits malades, le mur dont j'avais si soigneusement fermé la porte durant toutes ces annés, se délabrait encore un peu plus.
Alexandre, médcin dévoué était toujours très attentif au moral de son équipe médicale. Pour pouvoir aider les autres , s'il savait qu'il est normal d'éprouver une grande coompassion devant tant de malheur, il savait aussi qu'il ne fallait pas se laisser submerger par ce sentiment au risque de ne plus pouvoir remplir correctement la mission qui nous était dévolue.
Un soir, alors que nous venions de nous coucher il ne lui fallut pas longtemps pour me pousser habilement dans mes derniers retranchements.
Alors qu'il me tenait dans ses bras et que je blotissais ma tête au creux de son épaule, la confiance que je lui portais fit enfin céder le mur que je m'étais bâti : il s'écroula tel un château de cartes.
Je lui racontais tout. Ma mère épouse maltraitée, mon père ivrogne alcoolique brutal et répugnant, mon enfance malheureuse et craintive.
Je lui parlais de Pierre le premier à m'avoir aimée et que j'avais quitté sans avoir quoi que ce soit à lui reprocher.
Et, enfin, je lui contais la naissance des deux petites filles à qui j'avais donné le jour et dont une seule avait survêcu.
Je lui dis ma fuite vers Rochefort où il m'a rencontré deux ans plus tard.
Il m'a écoutée sans mot dire et sans m'interrompre. Je pleurais longuement de lourdes larmes qui roulaient silencieusement de façon continue. Des larmes de libération qui me permirent d'assumer un passé que je ne pouvais plus renier. Je devais accepter que ce passé soit le mien. Je voulais m'en libérer, ne plus y penser ... mais le remord se disputait aux regrets. L'envie de savoir ce que Marie, ma petite fille était devenue rendait impossible cette libération.
Sans dire un mot, Alexandre me serra un peu plus fort contre lui, puis m'embrassa avec douceur.
Avant de m'endormir, épuisée, je jetais définitivement la clé de la lourde porte de ce mur qui n'existait plus.
Au petit matin, devant notre tasse de thé quotidienne Alxandre prit dans la sienne ma main posée sur la table et déclara:
- "Lorsque nous rentrerons de cette mission, nous ferons des recherches pour retrouver ta fille".

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05 avril 2020

Marchera ou marchera pas ?

vendredi, 03 avril 2020

33ème devoir de Lakevio du Goût

 

Peu de monde, très peu de monde dans cette rue qui descend du Sacré-Cœur vers la place Saint-Pierre.
Je peux vous le dire, lectrices chéries, cette rue faite d’escaliers est la rue Paul Albert.
Mais où va cette femme qui les descend sous la pluie ?
Quel devoir ou quelle aventure la mène ?
Qu’est-ce qui la pousse à sortir alors que, dans tout le pays, chacun est appelé à rester chez soi ?
Si vous avez une idée, nous la lirons tous avec plaisir, intérêt ou le cœur serré, c’est selon.
Mais nous la lirons lundi puisque désormais, c’est « l’école à la maison »…

 

Bon ! J'abandonne! 

Il faut que je vous dise.... j'ai passé il y a quelques temps ma tablette à ma belle sœur qui subit toutes les tracasseries qui vont avec un cancer du poumon. 

Je ne suis guère très douée en ordinateur, mais , elle, ne l'est carrément pas du tout ! Même pas capable de lire un message sur son téléphone....   par contre elle adore les jeux de cartes , les réussites Solitaire.  Alors , je lui ai porté ma tablette et j'ai bien fait parce-que ça la distrait.de temps en temps.

Seulement...voilà....comme disent les petits-enfants mon ordinateur c'est une  M..de !!!!! (ce n'est as nouveau, mais avant je m'arrangeait avec la tablette)  et depuis pas  mal de temps ça empire. Je crois qu'il n'apprécie pas trop ma façon de l'utiliser....  et avec le confinement , je ne peux pas demander à Louis de venir . 

Alors, la bêtise m'a pris de le réinitialiser.......!!!!!!!   Je ne vous paass le travail ! Bien sûr, j'ai perdu pas mal de mes photos et je n'ai pas pû charger l'image du devoir de Lakévio ...du Goût et je ne suis même pas si je vais pouvoir poster cette note. 

De toutes façons avec le bo..el que j'ai dû y mettre je vais devoir attendre la fin du confinement pour le confier à mon réparateur....

Bon! des trucs marchent ...et d'autres pas....

Je vais cliquer sur  publier et je vais bien voir !

 

Au  4ème essais.  ça a marché  !!!!!  

Mais mon téléphone n'arrête fait  bip-bip  régulièrement et je n'ai aucun message ou autre chose....  ça m'éneeeeeeerve ..... j'arrête ! J'ai envie de tout balancer !!!! (je ne vous dis pas le temps que j'ai mis pour écrire ces quelques lignes ....

J'ai quand-même le chic pour aller me chercher des complications ....Alors que vendredi matin j'ai fait une commande au drive Le....c  qui d'ailleurs : oh ! surprise! est disponible dès demain midi,  sans problème. Qu'est-ce qu'il m'a pris d'aller farfouiller dans l'ordi ensuite ?

 

 

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03 avril 2020

SUITE 13...

chose promise....chose dûe.....

 Sans oublier le devoir de Lakévio du Goût... mais le week-end va être long ...

Alors Suite 13...

  A Prétoria, le convoi s’organisa rapidement et nous prîmes la route sans perdre de temps.

Le voyage en camion, pourtant épuisant me ravit, surtout après avoir laissé derrière nous les routes entretenues pour prendre celles, cahotantes qui reliaient les petits villages entre eux. On ne pouvait d’ailleurs plus vraiment parler de routes mais plutôt de chemins tantôt caillouteux tantôt riches en nids de poules qui mettaient à rude épreuve la mécanique de nos camions. Les deux jeeps qui nous accompagnaient, l’une en tête de convoi et la seconde en queue étaient bien plus à l’aise.

Les longues pistes traversant la savane qui nous conduisaient au BOTSWANA sous un soleil éclatant, étaient souvent traversées par les animaux sauvages et Alexandre jouait le guide pour moi avec un plaisir évident devant mon air émerveillé.

Nous devions nous rendre dans le petit village de KWETHO par-delà le delta OkAWANGO.

Nous avions la chance de nous trouver en saison dite sèche quand plusieurs centaines d’espèces d’animaux se regroupent dans les grands espaces du delta car les eaux y sont hautes.

Je regrettais que nous ne puissions pas nous attarder, par précautions de sécurité mais aussi et surtout parce-que le village avait besoin de médicaments et de médecins.

 

KWETHO…

 

A nôtre arrivée, j’ai aperçu au loin le village. Au centre de la savane d’herbes sèches les huttes de bois aux toits de roseaux pour la plupart étaient disposées en cercles. Sur la droite excentrée des autres, une case plus importante était la seule à avoir des piliers pour soutenir sa toiture. Ceux-ci étaient constitués de pierres empilées et assemblées par de la boue séchée. Je sus plus tard que c’était celle du chef du village.

Alexandre me prévint qu’il allait être très occupé durant les prochaines heures et me recommanda de ne pas trop m’éloigner. Je restais donc à l’écart, soucieuse de ne pas gêner, observant l’équipe de MSF qui commençait à décharger le matériel des camions. Alexandre se dirigea vers le chef qui s’avançait vers lui pour le saluer. Je savais qu’il allait lui demander l’aide de quelques hommes du village pour monter les tentes du petit hôpital. Chacun œuvrait exécutant la tâche qui lui incombait. Je me rendais bien compte que les choses suivaient un ordre établi par les expériences précédentes. J’avais l’impression d’assister à la mise en marche d’une machine bien huilée et bien rôdée.

J’étais la seule « novice » et me sentais un peu perdue et surtout inutile. Les infirmières s’en sont rendu compte et sont gentiment venu me proposer de les aider. Pendant que les tentes se montaient rapidement nous devions vider le matériel médical de base et classer les cartons de médicaments. J'étais heureuse de me rendre enfin utile.

Le village semblait le centre d’une ruche en effervescence devant les yeux curieux et attentifs des indigènes.

Une femme, son enfant visiblement malade dans les bras venait déjà vers nous, suivie à petite distances par deux autres…

Les membres de l’équipe enfilèrent leurs blouses blanches et s’occupèrent de leurs premiers petits malades rapidement installés dans les premiers lits .

Dès lors, mon mari ne s’occupait plus beaucoup de moi, trop absorbé par les malades et les décisions à prendre, mais, lorsque la nuit tombait sur le village et qu’une urgence ne requérait pas sa présence, nous nous retrouvions sous notre tente et nous aimions passionnément. Je l’admirais de plus en plus.

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02 avril 2020

Demain ce sera Suite 13...

Aujourd'hui, pendant que Juliette fait une pause dans son récit qu'elle reprendra demain... je m'occupe....

Hier ma belle sœur a subi sa chimio et ses rayons  (oui, tout le même jours) ! a chimio esst programmée seulement une fois par semaine et les rayons tous les jours en principe durant 33 jours ! 

Elle va être pour la segonde fois arrière grand-mère et éidemment n'est pas en mesure de tricoter , à son grand regret.

Puisque vu la circonstance "confinement" je ne puis aller la voir alors j'ai décidé de la remplacer ....j'ai retrouvé quelques rests de laine. Je suis allée ainsi que me le conseillait Liliplume sur les sites de lines , mais j'aime bien voir ce que j'achète , surtout dans ce domaine. Peut-être que je le ferai quand-même un de ces jours....vu le temps que nous allons être confinées je n'aurai pas trop le choix.

SANY0071

 

Je vais en faire un autre....

Hier c'était cuisine....des gaufres pour le goûter que nous avons pû Pascal Mumu et moi manger dehors sur la terrasse....

Un moment bien agréable. 

SANY0068

 

Demain la suite 13....  pas trop de commentaire ces jours-ci ...les lecteurs et lectrices ont l'esprit occcupé par bien plus important en ce moment.

Pourtant comme j'ai du temps de reste en me promenant sur l'ordi (faute de mieux) je vois avec surprise que j'ai beaucoup de pages vues de lecteurs inconnus et même de l'étranger... D'ailleurs j'en profite pour  les remercier pour leurs passages chez moi. Curieux de savoir lue de parfois si loin...

Posté par emiliacelina à 16:32 - Commentaires [7] - Permalien [#]