09 septembre 2012

L'heure du crime.

Ne vous inquiétez pas à la lecture du titre de  de cette note. Rien à voir avecune actualité qui nous horrifie ces jours-ci.

Non, cest tout simplement le titre de la nouvelle qu'a écrite ma petite fille au printemps dernier dans le but de participer à un concours. Agée de seize ans, elle m'a donné hier le feu vert pour pouvoir la publier (sur mon blog)si je le souhaite.A l'époque, lorsqu'elle m'en avait parlé, je m'attendais  une nouvelle du style : gentillette histoire d'amour!

Tu t'en souviens Lili, je t'en avais parlé à l'époque car il s'agit d'une histoire de chat.  J'espère ne pas faire une maladresse à ton endroit en la recopiant aujourd'hui.

Voilà :

L'heure du crime.

Il planait dansl'air frais du soir, quelque chose qui vous parcourait l'échine et vous hérissait le poil.

Notre inconnu, à qui personne n'avait jugé bon de donner un nom à sa naissance respirait calmement, savourant l'obscurité naissante et l'odeur teintée d'humidité qui s'engouffraient dans la pièce vide.Les prémices émoustillants de la chasse commençaient déjà à le gagner; ses sens aiguisés à l'extrême, les muscles tendus et le regard perçant, il sortit.

Fuyante silhouette noire, il était l'ombre même dans l'obscurité des ruelles. Il était fantôme. Il était maître de la ville, seul prédateur dans un potentiel enclos à victimes.

Ce soir, ce soir, approchait l'heure du crime !!!

Ainsi, notre anonyme, esseulé, avançait silencieusement dans les recoins abandonnés de la cité. Il prit même le temps de  de musarder un brin, faisant quelques détours afin d'accentuer son désir par l'effet de l'attente.Des vibrations semblant venues du sol faisaient battre son coeur par pulsions accélérées. Sa fine moustache frémissait, il ressentait au plus profond de lui, que "celà" approchait : la nature l'avait doté de cet instinct.

Il évita ainsi les tessons d'une bouteille brisée et l'ivrogne qui allait avec sans presque les voir, comme plongé dans un état second.

Lorsqu'il arriva dans cette sorte de transe, à l'angle de l'impasse sombre, il sut qu'il avait trouvé l"ENDROIT" qu'il cherchait, à cette heure-ci, désert à souhait.Nul ne viendrait le déranger!

Il se cacha, blotti à même le sol, entre deux poubelles.

Il n'attendait plus que sa proie, qui ironie de l'histoire, viendrait d'elle même, se jeter dans la gueule du loup! Puis, ombre sombre, il ne bougea plus.

Il patientait, l'oreille aux aguets, le regard rivé droit devant lui. Dorénavant, il n'était plus qu'un bloc, une gargouille immobile, figée dans le temps, le dos courbé. Il ne sentait pas le froid le mordre de ses crocs acérés et ne prêtait pas attention à l'ankilose qui commençait à gagner ses membres. Il ne pût cependant empêcher son immagination de dériver dans les méandres de sa folie criminelle. Plus le temps passait, plus le désir s'emplifiait, parcourant ses veines d'une douce châleur qui commençait peu à peu à devenir insupportable. Les battements de son coeur résonnaient au niveau de ses tympans et l'impatience finissait par le gagner.

Lui seul, pouvait ressentir le contraste entre la torture que subissait son corps semblant impassible, et l'excitation qui lui procurait déjà un plaisir sauvage.

Un bruit imperceptible  fit frémir notre mystérieux inconnu : c'était ELLE, furtif mouvement, telle une petite lumière blanche, s'approchant innocemment de lui.

Leprédateur, invisible, sentit ses muscles se raidir. Il émanait de lui un magnétisme maléfique et effrayant. Quand elle passa devant lui, elle eut à peine le temps d'entendre un son rauque fuser de la gorge du tueur, que, déjà, ce dernier avait bondi sur elle. Le carnage,provoquant un plaisir proche de l'orgasme chez l'attaquant commença.

L'ombre torturait la Lumière, jouant à lui faire perdre conscience, puis la laissant se ranimer pour continuer encore et encore ce scénario cruel. La pauvre victime tentait de se débattre, de griffer,de mordre son agresseur comme elle le pouvait, mais rien n'y faisait! Son liquide vital s'écoulait, inexorablement, sur l'asphalte.

La dernière chosequ'elle vit fut la blancheur des dents de l'Ombre, dévoilées dans un rictus horrible.

Quand il plût à Dieu qu'elle mourrut enfin, notre inconnu franchit une fois de plus la limite qui sépare le désir de l'action, et arracha d'un violent coup de machoire un bout de chair de sa victime.

Il jubilait, frissonnant de plaisir et se redressa, triomphant, regardant d'un air gourmand la pauvre victime qui gisait sur le sol. Puis ....

Il fit demi-tour, laissant dans la ruelle, le corps de la Lumière baignant dans son propre sang.

Il rentra chez lui par les rues silencieuses et vides, son corps apaisé ressentant les derniers plaisirs de ses délices meurtriers.

C'était une belle soirée, une très bonne soirée.

Ce soir, ce soir, il avait bien chassé!

Fourbu, il regagna le logis et se lova voluptueusement sur les coussins moelleux du canapé. Il sentait encore l'odeur de sa victime, et, en nettoyant d'un coup de langue gourmand ses pattes souillées, le souvenir encore vivace de la texture du morceau de chair sur sa langue le fit ronronner de plaisir.

Et l'Ombre s'endormit, repu et satisfait.

Inévitable, l'une des lois immémoriales de la nature avait été appliquée :

Ce soir, ce soir, le chat avait dévoré la souris !!!

  

 

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07 septembre 2012

Premières informations ...

En fin d'après-midi, enfin un mail.

Pour le moment pas catastrophique, les anomalies de la moelle osseuse sont le résultat de 10 ans de prise d'immunossupresseurs (anti-rejet).

A première vue, après avoir lu la première ligne, j'ai ressenti un soulagement, mais la suite , est plus inquiétante!

Le médecin, je l'ai bien compris a usé de précautions pour ne pas nous inquiéter à l'avance.

En réalité, la suite nous bien laissé entendre qu'il nous donnerait plus de détails vendredi prochain lors du rendez-vous que nous avons avec lui l'hôpital. Il orientera Robert vers une autre doctoresse que nous ne connaissons pas, afin de programmer d'autres examens, et scanners ! Afin de surveiller la survenue éventuelles de ganglions.

Chose qui dans ce cas, obligerait l'application d'un traitement plus agressif car il est exclu de diminuer l'anti-rejet dans son cas! 

Bref, je me suis documentée, la doctoresse en question est spécialisé dans le traitement des différentes leucémies, ou lymphomes, et le traitement en question serait la chimio!

Nous n'en sommes pas là, je crois que le résultat de la biopsie, est faible pour le moment, mais pour combien de temps?

Donc, nous verrons vendredi 14 sept, les détails supplémentaires.

Je ne peux pas dire que nous soyons soulagés, mais cette attente était infernale!

Merci pour vos sympatiques commentaires , et, je vous donne le feu vert pour décroiser vos doigts!

 

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04 septembre 2012

En panne d'inspiration ...

Vraiment en panne d'inspiration! J'ai bien envie d'écrire un peu, mais la tête ne suit pas! Trop pleine d'impatience!

Je clique sans arrêt sur l'ordi qui me répond : "pas de nouveau message".

Hier un nouveau mail du médecin qui suit mon mari nous a dit :  la biopsie a été lue, mais elle a été soumise au "senior" (professeur M......) qui doit la valider avant qu'elle ne soit éditée sur le réseau . (de l'hôpital , je suppose) ... je devrai très rapidement pouvoir vous en communiquer la teneur.

Ce n'est pas la première biopsie que Robert subit, et celà ne s'est jamais passé ainsi et nous nous posons des questions. Cette fois, ils jouent vraiment avec nos nerfs!! D'habitude celà est rapidement réglé avec le chef de service du service hospitalier concerrné.Et le médecin qui suit Robert habituellement fait aussitôt le lien avec nous!

Si jamais tout ce tracas est pour rien ou pas grand chose, je crois que quand les nerfs vont se relacher, je vais tomber comme une loque de soulagement ! Quelle tension!!!

Espérons, que d'ici ce soir, nous serons fixés! Actuellement, il est 16 heures!!!

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01 septembre 2012

huit jours de passés...

Voici une semaine d'écoulée depuis le prélèvement ostéo-médullaire.

De me pencher sur les souvenirs de ma jeunesse, m'a bien aidée à passer le temps!

Et puis, hier,j'ai reçu un mail du médecin hospitalier (celui qui suit  Robert depuis 1990).

Avec une grande appréhension, j'ai cliqué pour l'ouvrir. Il me disait qu'il était rentré de vacances et qu'il gardait un oeil sur les résultats de mon mari, ceux-ci n'étaient pas encore disponibles, mais lundi  il verrait le service hémato, et nous tiendrait au courrant s'il y avait du nouveau.

Bien que ces quelques mots me replongent dans des pensées que j'essaie de ne pas laisser m'envahir, j'ai beaucoup apprécié qu'il prenne la peine, dès son retour de congés, de nous dire qu'il comprend notre impatience.

Justement, je me suis retenue de le relancer pour ne pas avoir l'air de le harceler, finalement, j'ai bien fait!

Ce médecin connait mon mari depuis 21 ans.

C'est lui qui dirigeait les premiers protocoles concernant l'hépatite C, découverte fin 1989.

Robert a accepté les autres protocoles qui se sont proposés au fur et à mesure que les années ont  passé.

C'est ainsi que des liens très amicaux se sont établis entre nous. Uniquement dans la limite de nos rendez-vous médicaux, mais souvent ceux-ci débouchent sur des conversations qui n'ont plus rien à voir avec la médecine.

Lorsque nous devons consulter pour un problème qui ne concerne pas le suivi de la transplantation, il se charge toujours de la coordination .Et, si mon" cher et tendre" est hospitalisé dans un service différent de celui qu'il dirige, il lui rend toujours une petite visite amicale. C'est très rassurant de le savoir toujours à l'écoute et disposé à parler franchement. Il sait que Robert aime que l'on appelle un chat : un chat!!! et il respecte celà!

Actuellement, il a pris notre adresse mail, mais si celà se présente, il n'hésite pas à nous téléphoner personnellement. Je n'aime pas trop, car, lorsqu'il veut nous parler directement, c'est que ce ne sont pas des nouvelles très agréables à entendre, ou de nouveaux examens à subir!

Donc, j'espère que dans les premiers jours de la semaine qui vient, j'aurai simplement un message sur l'ordi et qu'il sera suffisant de  conserver le prochain rendez-vous fixé à la mi-septembre.

Je n'aime pas attendre, mais je ne suis pas non plus pressée lorsque j'ai peur de ce que l'on peut nous dire!!

Bref!! Finalement, c'est assez compliqué! A quoi ça sert de tant discuter lorsque l'on n'a pas le choix!!! 

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31 août 2012

Souvenirs...Souvenirs...N°5

Et celà a continué : j'ai attendu le courrier, attendu que le temps, interminable, s'écoule ! 

Et j'ai écrit, beaucoup écrit : une lettre minimum tous les jours!

Il me répondait : moins souvent ! Il n'avait pas grand-chose à raconter, il ne se passait pas grand-chose dans le bled, et il ne pouvait pas me donner de détails sur les opérations militaires auxquelles il participait.

Au fil du temps, comme il était à court d'idée, sans qu'il s'en soit rendu compte, je retrouvais dans ses lettres des phrases entières que je lui avais écrites quelques temps auparavant !

Avec ma mère, tout se passait bien, le cinéma nous accueillait de plus en plus souvent , et bizarrement celà ne me déplaisait plus du tout !

Mère, qui, d'ailleurs, de temps en temps, selon ses possibilités plutôt minces, commençait à me confectionner un petit trousseau.

Robert n'était pas du genre grandiloquent en déclaration d'amour. Il aurait plutôt été du genre démonstratif dans l'intimité et ne devait donc, que regretter que nous n'en ayons eu si peu!

Il ne voulait pas faire de projets, car, sachant qu'il partait pour longtemps, il était pessimiste. Les copains, un petit peu plus agés que lui, qui étaient partis fiancés faire leur service militaire, avaient, un jour ou l'autre reçu un courrier de rupture, quand ils ne rentraient pas pour trouver leur promise avec un autre amoureux! Et, puis, on ne savait jamais, il ne partait pas en vacances!

Il avait quand-même laissé échapper, au cours d'une conversation que nous avions eu, je ne me souviens plus à quel sujet : SI ON SE MARIE !!!!!......... celà m'avait suffit!

Il n'y a jamais eu de demande en mariage, genou en terre et bague de fiançailles à la clef! Celà allait de soi, tout naturellement!

L'année suivante, il est venu en permission pour le décès de son père. Un cancer du poumon l'a emporté à 63 ans. Il était malade depuis longtemps, il avait fait le première guerre mondiale et participé à : VERDUN où il avait été gazé ! Mal conseillé il n'avait même pas su faire reconnaître son état de blessé de guerre!

Durant cette permission, Robert a dû consulter à l'hôpital militaire de notre ville. Il souffrait de violentes douleurs causées par une sinusite consécutive à une chute d'un tableau (scolaire)  qui, lui tombant sur le nez, lui avait dévié sévèrement la cloison nasale lorsqu'il était enfant !

Donc, il a été opéré. Je vous passerai les détails. Les médecins militaires, bien que très compétents,(celà ne faisait aucun doute), ne s'embarassaient pas de délicatesse! Pas de place pour la compassion ! Une opération de la sinusite (très différente de l'opération telle qu'elle se pratique aujourd'hui) n'était pas grand-chose comparée aux nombreux blessés qui revenaient d'Algérie!

Il ressentait encore les effets résiduels de l'anesthésie de la lèvre supérieure, (pour l'opération on incisait alors la gencive supérieure et l'on relevait le masque pour atteindre les sinus) lorsque s'est produit le PUCH d' ALGER.

E l'on a vu se vider l'hôpital, avec parfois des malades qui n'étaient qu'à peine convalescents et que l'on renvoyait combattre, ou au moins se tenir prêts suivant comment les évènements allaient se présenter!

Il est donc reparti, à mon grand désespoir!

J'ai su à son retour qu'il avait été question qu'il soit parachuté sur Paris, et que une fois sur notre capitale chacun devrait agir selon sa conscience!

Heureusement, ce n'est pas allé jusque-là!

Il a terminé son temps, 28 mois! pour le mois de mes 20 ans!

Ma mère avait organisé une jolie fête familiale pour l'occasion.

Il a été convenu qu nous pourrions occuper les deux pièces, de l'autre côté du couloir lorsque nous serions mariés; C'était assez indépendant pour préserver notre intimité.

C'était bien, tout ça! Que de bonnes intensions! Mais il y avait un hic! et de taille! Il parait que nous avions quand-même bien le temps!!!

Et puis quoi encore??

Ma mère s'était habituée à ma compagnie et mon salaire, mais je crois sincèrement que c'était surtout la compagnie qui allait lui manquer le plus!

Quoiqu'il en soit, je n'avais donc, pas beaucoup plus de liberté qu'auparavant!!

Beaucoup plus difficile à supporter. Robert était parti, jeune homme patient et respectueux, mais il est revenu un homme au caractère beaucoup plus affirmé!

Il m'a donc posé un ultimatum : Pas question de continuer ainsi, il fallait choisir! Il se faisait fort de remettre les deux pièces en état en très peu de temps. Il avait un petit capital car il avait été "maintenu" sous les drapeaux plus longtemps, qu'il m'a donné. J'ai acheté la tapisserie et le tissu pour confectionner dessus de lit et rideaux et l'indispensable, puis j'ai informé ma mère que nous voulions nous marrier sans attendre. Il était revenu depuis trois mois.

La majorité était à 21 ans. Ma mère a refusé: nous devions attendre l'été suivant, on avait bien le temps, ainsi elle pourrait mieux assurer financièrement.

Renseignement pris, j'ai su que la signature d'un seul parent suffisait. J'ai donc demandé à mon père qui a accepté de signer l'autorisation en blanc nécessaire! 

Devant la décision arrêtée, ma mère a voulu prendre un crédit pour faire une noce quand-même et m'acheter une robe. J'ai refusé car je ne voulais pas qu'elle se traîne un crédit plusieurs mois durant, j'avais encore un jeune frère.

Une de mes soeurs m'a donné un très joli tailleur rose, dont j'ai fait retoucher la jupe car j'étais très peu épaisse. 46 kg! Pour les alliances et le costume de Robert, c'est nous qui avons pris un "petit" crédit !

Avec le recul, je me dis que mes soeurs auraient pû me faciliter les choses et surtout au vu de leur propre jeunesse me comprendre! Mais : bah!!!

Peut-être aussi que j'aurais pû laisser ma mère faire quand-même comme elle le voulait! Mais, bon! J'étais gentille et souple, mais elle m'avait quand-même fait verser pas mal de larmes! Je n'ai pas préparé mon mariage dans la joie!

Nous nous sommes mariés, seuls, deux temoins (une amie de travail plus agée que moi, et son mari qui nous ont offert le restaurant) . Comme mes parents n'étaient pas présents, Robert n'a pas voulu que sa mère soit présente non plus.

Une autre de mes soeurs nous avait laissé sa maison, et, le lendemain, nous sommes rentrés "CHEZ NOUS"

J'ai donné mon bouquet à ma mère, et ....

Croyez moi ou pas, mais a commencé le bonheur!!!! Entre nous, je savais que ce serait le cas, mais avec ma mère, j'étais un peu inquiète!

Eh! bien ! pas du tout! Une entente parfaite ! Comme si elle avait été rassurée après avoir eu peur de me perdre, et qu'elle se soit rendue compte qu'il n'en était rien!

Prévenante, discrète......etc.....

AH! OUI!  vraiment, si c'était à refaire, je me marierais beaucoup plus tôt!!!!C'est mon seul regret!

Mon histoire s'arrête là, car la suite, je l'ai déjà écrite sur unblog emiliaangele Femme au foyer?...le bonheur!

Une histoire finalement toute simple, et qui dure depuis maintenant 54 ans dont 50 de mariage!

 

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30 août 2012

Souvenirs...Souvenirs...n°4

Puis, quatre mois après ses dix-neuf ans, il a dû partir à l'armée. Il a été affecté à Brives et pendant quatre mois, durant ce que l'on appelait les classes, bien évidemment pas de permission. Ensuite il venait environ deux jours toutes les deux ou trois semaines. Pas toujours!

Il devait être envoyé en Algérie ( c'était quoique l'on en ait dit ensuite : la guerre !). Cependant, à l'époque l'état français, faisant preuve de mansuétude envers les familles, ne permettait pas que deux frères y soient  envoyés en même temps.

Un de ses frères ,René,en était revenu, son temps ( 27 mois) étant terminé, et Roger, le frère suivant  ( seize mois d'écart avec Robert)  pourtant père d'un  enfant né pendant qu'il était sous les drapeaux, y avait été envoyé à son tour.

Robert avait demandé le droit de partir plus tôt pour le remplacer, car il avait charge de famille ! Celà lui avait été refusé. Je n'en étais pas mécontente. Qu'est-ce que l'on peut être égoïste lorsque l'on est jeune et amoureuse!

Hormis le fait que nous ne nous voyons que très rarement, il n'était pas très malheureux à l'armée. Il jouissait même de certaines prérogatives car il était un excellent joueur de clairon. Tout jeune, il faisait partie d'une fanfare de quartier, et, sans avoir voulu apprendre le solfège, il connaissait par coeur toutes les sonneries militaires! Il en abusait, car il jouait parfois certaines sonneries en "fantaisie" ce qui n'était pas de mise à la caserne. 

Pendant ce temps, j'attendais...j'attendais... et je lui écrivais ! Bien que peu porté sur l'écriture, il m'écrivait aussi et le facteur de mon quartier me taquinait lorsque j'attendais sur le seuil de la maison l'arrivée du courrier!

Comme je ne demandais plus à sortir,( le bal avait perdu de son charme), ma mère avait pris l'habitude que nous allions au cinéma au moins deux fois par semaine.

Puis, son frère étant enfin rentré, ce fut son tour de partir.

Lorsque je l'ai accompagné à la gare , sur le quai de départ, le train était plein de jeunes militaires insouciant et plaisantant en me voyant, verser toutes les larmes de mon corps, pendant que mon "promis" montait dans le wagon! Aux fenêtres, plusieurs se sont mis à chanter en choeur : 

T'en fais pas la Marie t'es jolie !

T'en fais pas la Marie, j'reviendrai !

Il y aura du bonheur plein la vie,

T'en fais pas la Marie ........

Je ne sais pas si vous avez connu cette chanson. A l'époque de la guerre d'Algérie il y avait beaucoup de chansons parlant de fiancées et de soldats partis au loin !!

Toujours est-il, que j'ai repris le chemin du retour, toujours noyée dans les larmes. Les gens qui me croisaient devaient penser que j'avais perdu père et mère!!!! 

Il faut savoir que mon frère Michel, parti là-bas quelques mois avant, avait été affecté au corps d'armée "GENIE" et le camion qu'il conduisait avait sauté sur une mine pendant qu'une balle l'avait touché au bras. Pas trop grave, juste une belle estafilade! Il avait eu de la chance.

robert armée 3 001

Heureusement que la seule photo que je possède soit floue !

Mon dieu !!! Comme l'on change!  Jeunesse , où es-tu?

Ca fiche le cafard !!!         

voisin 021ou plutôt  bonsoir , et à demain, en principe!!! 

 

 

 

 

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27 août 2012

Souvenirs ...souvenirs...n°3

Mais, laissons aujourd'hui les histoires de chiens puisque ce soir, chacun récupère le sien! et, reprenons le fil des souvenirs !

Nous avons donc commencé à nous fréquenter.

J'étais aux anges et très, très amoureuse, avec l'intensité que l'on peut ressentir entre seize et dix-sept ans.

Il m'attendait, assis sur son vélo, à l'heure de la sortie d'usine. L'hiver, c'était parfait, la nuit tombait tôt, mais je ne disposais que d'une petite heure. Passé ce delai, je risquais de voir débarquer ma mère qui se serait alors rendue compte que j'avais débauché une heure plus tôt.

Donc, les recoins les plus sombres dans les rues avoisinant l'usine nous accueillaient avec bienveillance.

 Robert, malgré ses 18 ans avait su comprendre mon inexpérience pour ne pas dire mon innocence (je vous ai d'ailleurs dit précédemment qu'il me trouvait un peu trop jeune!) et a su se contenter de ce que je voulais bien lui donner. Comme le dit la chanson ; rien au-dessous de la ceinture!

Le problème était que nous ne pouvions jamais nous fixer de  rendez-vous avec certitude. Je ne savais jamais si je pourrai aller, grâce à mon frère, au bal du samedi soir rerouver la petite bande de copains et cousins habituelle.

Il arrivait que ma mère décide, (et elle me l'annonçait comme un cadeau !) : ce soir on va aller au cinéma!

Je n'étais pas loin de la haïr!

De plus, comme tout garçon de son âge, je savais très bien que mon amoureux, en mon absence, prenait du bon temps! Que voulez-vous, il n'avait certes pas fait voeu de chasteté ! Lorsque le lundi matin je reprenais le travail, il se trouvait toujours une bonne âme pour me raconter l'avoir vu en bonne compagnie. C"etait , en général, en compagnie de filles dont la réputation était connue, ce n'était pas un secret! J'avais des frères et je savais comment ils espéraient terminer la soirée ! Souvent mon frère lorsqu'il avait bien voulu m'emmener, me ramenait à la maison avant de repartir retrouver une fille où sinon, il y avait un certain quartier..qui...que....  Eh ! Oui !!

Mais, lorsque, par chance, nous nous retrouvions, nous ne nous quittions pas de la soirée. 

Ah !!!! Danser dans le noir, sur l'air de "Only you"  quel bonheur! Nous ne faisions plus qu'un dans le coin le plus obscur de la salle, piétinant doucement sur place!

Et puis, un jour alors que je me rendais au travail avec le vélo de ma mère, je me suis faite percuter par une voiture. Transportée à l'hôpital, je passais une radio, et, au lieu d'en attendre le résultat, je me suis échappée pour retourner au travail, car, le soir, nous avions rendez-vous!

Pendant ce temps, l'hôpital, ne me trouvant plus, avait averti ma famille car j'avais deux fêlures de l'occipital!

Devant ma machine, à l'usine, je luttai contre le malaise à la limite de l'évanouissement , qui m'envahissait tous les quarts d'heure environ. J'ai perdu le combat. Mon frère Jeannot, plus âgé, déjà chargé de famille et qui possédait une voiture est venu me récupérer pour me reconduire à l'hôpital.

Mais j'étais rassurée, j'avais eu le temps de demander à " Lili " d'informer son oncle de ma mésaventure.

A l'époque, à l'hôpital, les lits étaient alignés dans d'immenses salles , comme dans un dortoir.

Mon père est venu me voir, et, lorsqu'il est reparti, sur  le seuil de la grande salle, il a croisé un jeune homme chargé d'un filet d'oranges. Sans se connaître, ils se sont comment dire ? Reconnus!

Robert s'est douté que c'était mon père, et mon père a pensé que ce garçon là, venait pour moi!

Dois-je,  vous confier que : j'ai HORREUR des oranges !!!

Dois-je vous avouer que : Je les ai mangées quand-même : TOUTES !!!  Si ! Si !  Beurk!!!

Lorsque je suis rentrée chez moi, sa nièce est venue me voir, et, de fil en aiguille, Robert a osé venir aussi !

J'étais un peu inquiète, mais il a été bien reçu. De plus , il a toujours eu l'intelligence de se conduire avec retenue. Pas question de câlin devant la famille, d'ailleurs moi non plus : je suis du genre très réservé! Mes frères ont beaucoup facilité les choses.Leurs plaisanteries ont bien détendu l'esprit des premières visites Les choses,  à partir de ce moment se sont "officialisées" !

Pourtant, je n'y ai pas gagné pour celà plus de liberté!

Le printemps venu, je trouvais quand même moyen de m'octroyer quelques après-midi ( je n'allais simplement pas travailler).

Il venait me chercher si je n'avais pas le vélo de ma mère, et je m'asseyais sur le porte-bagages du sien, Son vélo grinçait à chaque coup de pédales, je me tenais à sa taille . J'aurais presque trouvé ces grincements : mélodieux ? Non ! là j'exagère, mais en tous les cas très supportables à mes oreilles! En plus de rendre aveugle, peut-être que l'amour rend sourd!!

Nous allions dans les bois qu'il connaissait bien!

 Evidemment, nous trouvions un joli coin au creux des arbres et l'herbe y était bien douce!

Je ne donnerai pas de détails !!!

Mais, n'en imaginez pas trop, freinez votre imagination , il n'y avait pas vraiment, vraiment , motif !!!

Je vous ai déjà dit que j'étais une grande peureuse !!!

 

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26 août 2012

Histoires de chiens ...

Cette semaine Muriel et Nathalie et les enfants ont abandonné leurs époux!

Muriel pour aller voir sa soeur qui habite Brives,Pascal ira la rejoindre pour le wee-end et ils rentreront ensemble dimanche.

Nathalie et les enfants ont pris le train pour aller passer huit jours avec sa mère qu'elle ne voit, en moyenne, qu'une fois par an!!! Le départ à la gare a été un peu folklorique, devant le nombre de valises et l'inquiètude des enfants qui prenaient le train pour la première fois, Bruno commençait à y perdre patience! Si l'on ajoute la roulette de la valise de Margot qui s"est cassée : imaginez le problème : i n d i s s o l u b l e !!!! il a salué le départ du train par un OUF!! de soulagement! Surtout à cinq heures du matin!!!

Et...

Nous avons récupéré les chiens ! Ainsi ces messieurs sont plus tranquilles et les maîtresses sont plus rassurées !

La petite chienne de Muriel, s'appelle Violette. Sa maîtresse n'a pas pû l'emmener avec elle  car sa soeur et son beau-frère ont deux chiens. Je ne sais plus de quelle race, mais je sais qu'ils sont énormes et pas très bien éduqués ! La petite puce n'est pas de taille à prendre des risques face à ces deux mastodontes!

violette2 002

Elle est très mignonne et ne me quitte pas d'une semelle, je la trimballe partout. Heureusement, notre Saïka l'accepte bien de même que Blue : la setter lemmon de Bruno!

Elle a trouvé un moyen très agréable de passer le temps! Elle chasse les lézards dans les bordures!

les 3 chiennes 012

C'est bon , elle ne risque pas de se coincer la tête, il y a de la place!!!

Par contre, avec les deux autres, bien que très gentilles, elles ne se font pas oublier!

Elles squattent le devant de la baie donnant du séjour sur la terrasse, telles deux malheureuses, car elles n'ont pas le droit de rentrer à l'intérieur durant la journée. C'est réservé à la soirée!

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Ces deux-là s'entendent comme larrons en foire! Bleue, fait acte de soumission, toute sage en apparence, mais il ne faut pas s'y fier! C'est elle qui, en douce réussit toujours à se faufiler à l'intérieur, quitte pour celà à faire un détour par dessous la table entre les pieds des chaises! On ne s'en rend compte qu'en la voyant étalée de tout son long sur le tapis de Saïka, qui, bien evidemment l'a suivi et , elle, s'étale à son tour sur le carrelage derrière le dos du canapé hors de notre vue!

Dès-que l'on dit : mais! qu'est-ce que vous faîtes là ? Elles déguerpissent, la tête basse, jusqu'à la prochaine fois!!!

C'est elle, qui, aussi, s'est accaparée le fauteuil de Saïka d'office, la reléguant sur le tapis de sol qui aurait dû être le sien! Même chose pour la gamelle de croquettes, elle se jette sur celle de notre chienne, négligeant avec obstination la sienne qui contient exactement les mêmes croquettes!

Elles me fait penser à certaines personnes , apparemment toute douceur, mais roublardes et têtues comme une mûle!!!

les 3 chiennes 011

Quoiqu'il en soit, elles ont trouvé moyen de nous labourer des morceaus entier du jardin, provoquant un nuage de poussière et excluant toute possibilité de survie du moindre brin d'herbe, lors de parties de jeux impressionnantes ! Elles nous saccagent tout!!!

Saïka est facile et gentille avec les chiens qui viennent chez nous, lorsque celà se produit, dans la mesure où nous faisons très attention lors de la distribution de caresses, car la demoiselle est très jalouse! Si l'on n'y prend pas garde, elle est capable de leur sauter férocement sur le dos, elle l'a déjà fait !

Demain, ce petit monde va retrouver chacune sa maîtresse, et nous allons pouvoir mettre un peu d'ordre au jardin qui a bien souffert!!

 

Posté par emiliacelina à 15:28 - Commentaires [4] - Permalien [#]
23 août 2012

Petite note....

Je m"abonne aux petites notes!

Le rendez-vous à l'hôpital était fixé à 7 heures. Comme nous ne sommes quand-même pas tout près celà nous a obligés à nous lever assez tôt : un peu avant 5 heures 30.

Je me demande bien pourquoi, on ne lui a fait a biopsie osseuse qu'a 10 heures passées.

Enfin, c'est fait! Pas trop mal passé ! Mais avec mon mari, on ne sait jamais vraiment, les enfants le connaissent bien qui lui disent : t'es une vrai "carne" le vieux!!! Oui, je sais, c'est étonnant cette façon de parler, mais je peux vous assurer qu'ils sont très, très respectueux! Il ne leur viendrait pas à l'esprit de hausser le voix d'un poil quand ils nous causent, mais nous avons un vocabulaire entre nous , qui, parfois étonne!

 Même le spécialiste qui le connait bien maintenant ( après 4 prélèvement de moelle, et aujourd'hui d'une carotte d'os!) m'a dit : il est courageux votre mari!

Toujours est-il que l'on est rentrés et que l'on aspire plus qu'à se reposer!

Et; pendant quelques jours, je vais m'obliger à ne plus penser à ces résultats que nous devons attendre 10 jours au moins! Comme on dit : à chaque jour suffit sa peine!

Et, ce soir, on se repose......De toutes façons, il est obligé de se ménager durant 8 jours environ!!! 

Merci pour vos commentaires sympatiques, je me suis rendue compte combien ce que certain (s) et certaines blogueuses voulaient dire en parlant du soutien que l'on peut trouver sur un blog  grace aux commentaires et ami (  ies) virtuels est vrai !!!

Donc, je vais vous lire avant de me placer devant la télé jusqu'à ce que le sommeil nous tombe dessus!

Posté par emiliacelina à 20:37 - Commentaires [7] - Permalien [#]
22 août 2012

La bagarre c'est pour les garçons !!!!

bagarre avc robert

Et ! voilà ! demain réveil à 5 heures trente et l'on sera débarassés de cet examen!!!

Alors ce soir j'ai envie de choses qui me plaisent, par exemple cette photo que j'adore!!!

Papy a du mal à réaliser que les petites filles ne jouent pas comme les garçons! Alors une ^partie de bagarre, elle ne savaient pas trop comment se comporter, mais après trois minutes elles étaient ravies!!

Tout celà s'est terminé par de gros bisous!

C'est court, comme note,mais c'est  bon pour le moral !

 

Posté par emiliacelina à 18:27 - Commentaires [5] - Permalien [#]