27 mars 2013

Eric, le fils aîné...

 

 

 

                   Avec Eric… pas le temps de souffler !

 

 

 

C’est à ce moment- là, qu’Eric a rencontré sa femme. En fait, il la connaissait déjà, puisque nous étions voisins quand nous habitions notre première maison. Ils avaient fréquenté, tous les deux la même école primaire et s’étaient perdus de vue ensuite.

L’année suivante, nous organisions leur mariage.

Double bonheur, puisque bébé était en route.

Ils ont trouvé un petit appartement près de chez nous.

Notre belle-fille s’est très rapidement et efficacement, malgré sa grossesse, investie dans ce travail, nouveau pour elle.

Le milieu de la semaine laissait beaucoup de temps libre, alors Eric a décidé d’apprendre par lui-même, l’art de la taxidermie. Il avait toujours potassé le sujet et jugé qu’il était temps pour lui de concrétiser son projet. Pour cela, il a squatté, chez nous, son ancienne chambre. Apprentissage difficile, mais il était persuadé que ce métier était fait pour lui. Après pas mal d’échecs (les animaux qu’il ne jugeait pas parfaits, partaient à la poubelle), après beaucoup de moments de colère, découragement, frustration, déception et j’en passe, il est enfin parvenu à un résultat satisfaisant.

Lorsque son père a, enfin, approuvé son travail, comme il savait que le jugement paternel était sans indulgence, il s’est senti prêt à s’installer.

 

Robert a eu connaissance

 d’un local à louer.

 Lorsque nous l’avons visité, j’ai été effaré devant son état de délabrement.

 Cependant, fait d’importance, le montant du bail était plus qu’attrayant.

La banque a accordé un prêt. Eh ! Oui ! C’était l’époque bénie où une banque vous faisait confiance.

Et toute la famille s’est mise au travail.

Père, frères, oncle (tonton Guitou) aucun n’a ménagé sa peine.

En deux coups de crayon rapides, Bruno lui a réalisé le prospectus à distribuer avant l’ouverture. Tout à fait dans son style ! Local loué en juin, ouverture prévue en septembre : ouverture de la chasse oblige ! Carrelage, sanitaires, peintures, comptoir (œuvre d’Eric n°2) toujours fidèle et dévoué, décoration, fournitures diverses etc…Mais, le jour dit, tout était prêt.

Durant douze ans, ils ont tenu le magasin tout en continuant les fêtes. Durant l’hiver, les week-ends, Eric posait sa caravane devant une boîte de nuit.

En ce qui concerne la taxidermie, il a rapidement gagné une véritable reconnaissance de la qualité de son travail. Même de la part du taxidermiste qui avait voulu nous décourager cinq  ans auparavant.

Pourtant on se doute bien qu’il n’était pas ravi d’avoir un concurrent, mais il a bien été obligé de faire contre mauvaise fortune bon cœur !

Eric, bientôt chargé de famille, ne devait pas faire son service militaire.

Ce n’était vraiment pas un problème pour lui.

Il était grand temps que je me lance à cœur perdu dans les préparatifs de la layette.

 

Fille ou garçon ? Impossible de le savoir à l’échographie.

En secret, je souhaitais une petite fille.

Une petite fille !

Ma petite fille !

J’allais être grand-mère !!

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25 mars 2013

Ah !L'adolescence ! n°4

 Jordan, vous savez le petit-fils qui vit les 3/4 du temps chez sa copine mais passait à la maison de temps en temps pour laver son linge ou prendre une douche, car il ne voulait pas exagérer!

Jordan, donc, hier vers 13h30 arrive à la maison  :

-Mamie, je peux mettre mon linge à laver? (Auparavant, il allait le plus souvent le laver lui-même chez son père et Murielle) maintenant qu'ils habitent à côté de chez nous je pensais, ce sera mieux pour lui, c'est plus près de son travail!

Donc, étonnée, mais me gardant bien de faire un commentaire, je lui réponds: D'accord ,laisse- le , je m'en occuperai plutôt, mais pas de suite!

-Et sa réponse montre combien il est gentil, vraiment! : non! non! ne t'embêtes pas! c'est pas pressé, ..............je repasserai ce soir le prendre! .......  ah! bon!...........MDR!!!!

 Et le soir, il a prit une douche alors que, à côté, il y a une superbe douche italienne avec des jets qui massent de tous les côtés  et qui n'attend que lui!  Résultat : il s'est fait "remonter les bretelles" par son père! Pourtant, je gage que celà ne va pas changer grand chose !!

Personnellement celà ne nous dérange pas le moins du monde, mais alors là! Pas du tout! Bien  au contraire !

Continuons...

 Ah! 'adolescence 4

 

Tous les deux ont profité d’autorisations de sortie beaucoup plus tôt que leur frère aîné, car celui-ci les emmenait avec lui. Pour commencer occasionnellement, puis, comme tout semblait bien se passer, plus souvent.

Le samedi soir, notre maison devenait le rendez-vous des copains d’Eric : Eric n°2 bien sûr, Jean-Louis, qui malheureusement devait décéder trois ans plus tard dans un accident de voiture, Jacques , le cousin de Jean-Louis, un italien exubérant, tête brûlée et bagarreur et pourtant excessivement gentil et respectueux, qui, lui, avant de partir, prenait toujours le temps de passer par le salon pour converser un peu avec Mamie Mélia et disputer avec elle, une partie de petits chevaux. Tous, s’étaient abondamment parfumés, et, bien évidemment, aucun ne portait le même parfum. Je vous laisse imaginer le sillage qu’ils laissaient derrière eux. Suffoquant !

Notre belle-sœur, Nicole et son mari Guy (dit Guitou) depuis des années partageaient notre repas le samedi soir. Nous avons toujours été très proches, car Nicole, ma nièce, avait connu Guitou, le jeune frère de Robert, lorsqu’elle venait avec moi rendre visite à mes futurs beaux-parents durant le séjour de Robert en Algérie. Ils étaient très jeunes alors, ils se sont plus et se sont mariés. Voilà comment, de tante et nièce, nous nous sommes retrouvées avec le statut de belles-sœurs !

Comme nous, ils ont trois garçons : Franck, l’aîné et Stéphane et Christophe, les jumeaux.

Donc, pour reprendre le fil de mon récit, généralement, nous étions à table lorsque les jeunes arrivaient et leurs effluves entêtants se mêlaient aux odeurs de cuisine. Pendant que nous leur servions un café et que Nicole (qui, plus jeune avait fait un apprentissage de coiffeuse) retouchait patiemment une mèche, qui, tous les samedis, dérangeait Eric ! Un vrai rituel qui retardait ce petit monde, pendant que Bruno et Pascal piaffaient d’impatience.

Nicole ne supportait pas (c’est toujours le cas) le parfum. La pauvre n’était pas loin de suffoquer et attendait impatiemment leurs départs pour aérer la pièce.

Cependant, avant qu’ils ne partent, pendant que Nicole se jetait avec volupté sur la fenêtre pour l’ouvrir en grand, Robert avait renouvelé ses recommandations. Son regard bleu fixant les aînés droit dans les yeux, chacun leur tour, il leur confirmait qu’il les tenait pour responsables de la sécurité des plus jeunes. C’est tout juste s’il ne leur faisait pas prêter serment ! D’après ce que j’en sais, ils ont toujours tenu parole. Les petits frères de Rocky, devenaient pour la soirée leurs petits frères ! Et, ces soirs- là, la consigne était : pas d’embrouille !

Le cérémonial du samedi soir accompli, dans le calme et l’oxygène retrouvé, nous reprenions notre repas.

Lorsqu’ils sortaient seuls, c’était différent. Je dirai simplement que les deux Eric, Jean-Louis, Jacques et d’autres, s’ils ne cherchaient pas la bagarre (aujourd’hui, j’ai des doutes à ce sujet) ne faisaient rien pour l’éviter. Ces soirs- là, ils ramenaient quelques plaies et bosses, ce qui, le lendemain, en se remémorant la soirée de la veille, les faisaient rire de bon cœur. Moi, beaucoup moins !

Comme toujours, Robert, leur faisait la morale pour le principe, mais était beaucoup plus indulgent dans ce genre de situation. Il pouvait comprendre ! BOF !!

Eric, durant sa dernière année de Lycée, a attrapé une très mauvaise mononucléose infectieuse. Donc, très grosse fatigue, et au bout, examen raté.  Durant les vacances, il a alors travaillé dans la grande surface près de chez nous. Travail, cela voulait dire salaire, plus d’études, bonjour les sorties plus fréquentes avec les copains. Une année lui a suffi pour se rendre compte qu’il ne ferait pas carrière dans la grande distribution. Nous sommes tombés des nues lorsqu’il a demandé notre aide et surtout l’aval de son père, pour acheter une remorque friterie, crêpes, chichis, gaufres, etc… et la tournée de fêtes foraines et manifestations diverses qui allaient avec. Dans ces années- là, fêtes et foires attiraient beaucoup de monde. Bien évidemment, nous l’avons aidé (sous forme d’un  prêt) nous devions penser aussi à ses frères en cas de besoin.

Voilà comment, à vingt ans à peine, notre fils est devenu forain. Milieu très particulier où il faut prendre garde, dès le début, à ne pas se laisser marcher sur les pieds tout en respectant soi-même les règles établies depuis très longtemps. Son père, un  peu inquiet quand même, lui faisait de très nombreuses visites sur les lieux des manifestations, pour se rassurer. De toutes-façons au début, il lui manquait souvent quelque denrée : sucre, farine, etc…lorsque ses prévisions étaient dépassées. De plus, nous savions qu’il appréciait notre visite, surtout lorsque le monde se pressait devant sa boutique.

 Pascal est celui, qui, depuis ses quinze ans, a, le plus, participé à cette aventure. Dès sa semaine de travail terminée, le vendredi soir, il partait avec son frère sur les fêtes. C’était le champion de la pâte à crêpes et à chichis !

Bruno, lui, avait cette ambiance en horreur. Pas question de compter sur lui, sauf en cas d’urgence ! Et encore !

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24 mars 2013

Ah ! L' adolescence ! n°3

 Nouvelle journée de plein soleil! Il parait que le froid va revenir !

Les voisins ont pris leur premier repas sur le petit coin terrasse, en attendant que la terrasse entière soit débarrassée de tout ce qui doit encore partir à la déchetterie, et qu'ils puissent installer le nouveau salon de jardin !

 

 

premier repas mumu terrasse 001

Voilà pour aujourd'hui, passons à la suite  des souvenirs!

Accordeon_boutons

 

Tous les deux ont fait trois ans d’accordéon, alors qu’ils souhaitaient apprendre la trompette ! L’ennui, c’était qu’il n’y avait pas de cours de trompette près de chez nous. Comme je n’avais, à l’époque, pas encore mon permis de conduire pour les accompagner aux leçons de musique (je ne l’ai passé qu’après l’avoir fait passer d’abord à chacun de mes enfants), le professeur nous avait convaincus de commencer par l’accordéon, ainsi, ils auraient des notions de solfège qui pourraient leur servir s’ils voulaient ensuite changer d’instrument.

Donc, après quelques concours régionaux assez satisfaisants, ils ont été sélectionnés pour participer au concours national à Paris. C’était la première année d’apprentissage de Bruno et la dernière année de collège de Pascal. Deux mois avant le concours, Bruno a fait une chute. Comment ? Cela restera un secret pour moi. Ses explications ne m’ont jamais vraiment convaincue. Toujours est-il qu’il se plaignait d’avoir mal au poignet. Il continuait pourtant d’aller travailler à mobylette.  Hors de question pour lui, de manquer un seul jour de travail. Donc, tous les soirs, durant les répétitions d’accordéon que son père supervisait, j’entendais celui-ci rouspéter, lui reprochant d’être douillet et paresseux ! Jusqu’au jour où excédée et voulant en avoir le cœur net, j’ai embarqué mon fils derrière la mobylette et l’ai conduit chez le médecin, puis dans la foulée chez le radiologue pour finir à la clinique poser un plâtre. Bilan, fracture du poignet ! Heureusement, il s’agissait du poignet gauche et Bruno a repris le bus pour se rendre au travail.

Au final, quand-même une médaille d’or pour Bruno et une d’argent pour Pascal. Pas trop mal vu les circonstances. En bonus, trois jours à  Paris dont une demi-journée à la foire du trône. Pour cela Bruno avait économisé toutes ses heures supplémentaires depuis trois mois, et, bien sûr, il a partagé avec son frère, comme d’habitude !

Le comble, c’est que, au cours de ces conversations dont je parlais plus haut, j’ai appris qu’ils cachaient soigneusement à leurs copains, de quel instrument ils jouaient, car l’accordéon était jugé ringard ! La HONTE !! Cela explique pourquoi ils s’en sont désintéressé petit à petit. Encore aujourd’hui, ils nous font grief de notre choix. Gentiment, mais c’est dit quand même ! C’est tout juste si on ne les a pas traumatisés ! S’ils croient qu’ils vont nous faire culpabiliser, c’est un peu trop tard, il y a prescription !

Pascal, il est vrai, était beaucoup plus passionné par le football qu’il pratiquait avec bonheur. Le physique a toujours été son domaine de prédilection.

Bruno, lui, s’est passionnément investi dans son travail.

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22 mars 2013

HA! L''adolescence ... (2)

 

Pour sa première année d’apprentissage, durant l’automne et l’hiver, Bruno se rendait à son travail par le bus. Puis, au printemps, nous lui avions donc acheté un vélomoteur. On en rit encore, car, vu la petite taille de mon fils, j’avais refusé catégoriquement de lui acheter un vélomoteur trop important. Il avait alors hérité, d’un (à mon avis), très joli Peugeot 102 bleu.

Le problème, c’est que nous n’avions pas réfléchi que Pascal, lui, devait encore attendre un an avant d’avoir le droit d’en utiliser un. Cette situation impliquait qu’en attendant, Bruno devait porter son frère lors de leurs déplacements communs. Hors, le frère en question, le dépassant déjà d’une bonne tête, le surpassait encore plus, une fois assis derrière lui. La conséquence était, que, lorsqu’ils croisaient les gendarmes, ils se faisaient systématiquement arrêter et voilà ce que cela donnait :

Le gendarme :

-Comment tu t’appelles ?

Bruno :

-Bruno ......

-Le gendarme :

-Et toi ?                                                                                    

-Pascal ......                                  

-Le gendarme s’adressant à Pascal :

-Pourquoi tu laisses ton petit frère conduire ton vélomoteur ?

-Pascal :

-Mais, non ! C’est mon grand frère !

- Tu te fous de ma gueule ? Tu descends, et toi, « le grand-frère », tu montes derrière, et, attention, on vous a à l’œil !

Et nos deux lascars repartaient, Bruno penaud et vexé, Pascal tout heureux ! Pas pour longtemps. Bruno avait vite fait de récupérer sa place, dès qu’il n’y avait plus d’uniforme en vue !

A l’époque, je circulais moi-même à vélomoteur. Cela incluait le port d’un casque obligatoire.

Je m’étais donc acheté le casque le moins important possible. J’avais trouvé un petit casque qui rappelait un peu les casques de chantier, d’un superbe jaune éclatant.

Donc, comme Pascal n’avait pas  encore de vélomoteur, donc, pas de casque, lorsque son frère le portait, il fallait que l’un des deux prenne le mien.Vous me direz que l'on aurait pû acheter un deuxième casque, mais l'année suivante il allait falloir acheter un vélomoteur pour les 14 ans de Pascal, alors on faisait attention au sous.  Le choix était vite fait. La tête de Bruno étant plus petite que celle de son frère, c’est à lui que revenait le grand bonheur de coiffer « crâne d’œuf » le casque ainsi baptisé par le même Bruno, toujours aussi moqueur et profondément humilié. Pascal, lui, l’air goguenard, enfilait le casque intégral de Bruno en forçant un peu.

Aujourd’hui, je me demande comment cela se passait, une fois qu’ils avaient tourné le coin de la rue et se trouvaient hors de notre vue.

Avec tout ce que j’ai appris depuis, nul doute que Bruno menaçait de laisser son frère

pour le blog n°2 022

 aller à pieds, s’il ne récupérait pas son casque intégral, quitte à ce que Pascal récupère

  "crâne d’œuf " juste sur le sommet de son propre crâne. Impossible qu’il ait pu l’enfiler

complètement !

Je pense que l’échange devait  être accompagné de discussions très peu sympathiques ! 

 

Voilà ce que celà donnait lorsque le petit frère (en bas) portait le grand frère (en haut) ! La photo n'est pas très nette, je viens de la retrouver dans mes archives !

La suite... demain! 

 

 

 

 

 

 

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21 mars 2013

Ah ! L'Adolescence !

 

 Hier soir, résultats partiels de la prise de sang de Robert. Pas particulièrement inquiétants, attendons la suite! Nous ferons le point en fin de semaine prochaine lors de la consultation avec l'infectiologue.

Aujourd'hui, une journée superbe et  ensoleillée !  Nous avons passé l'après-midi dans le jardin à gratouiller le tour des rosiers, user du jet pour laver la terrasse et papoter un brin avec la voisine qui s'est arrêtée le long de la clôture en partant faire une petite promenade à pied avec son mari malade qui voulait profiter de ce beau soleil! 

C'était très agréable!

 

 

                            Ah !  L’Adolescence !.......(1)

 

 

 

Je vous ferai grâce des détails concernant l’adolescence : les colères, le sentiment de persécution, déprimes, petits chagrins d’amours adolescentes, boutons disgracieux qui ne veulent pas guérir et vous pourrissent la vie, la voix qui mue, les disputes avec les copains, voire les bagarres, les chamailleries avec les frères dont on ne peut pourtant pas se passer : avec qui d’autre faire les bêtises ? L’impression que le monde entier est contre vous. Les fous-rires irrépressibles pour un rien alors que deux minutes plus tôt, le pauvre incompris clamait avec désespoir : c’est toujours de ma faute ! J’en ai marre ! Et l’on entendait dans le couloir claquer brutalement la porte de la chambre du pauvre persécuté ! Et j’en passe !

Vous vivez cela une fois, bon ! On sait que c’est inévitable. Mais, lorsque vous avez le « bonheur » de voir se renouveler trois fois ces années perturbantes, je vous assure que vous manquez pas mal de compassion ! Vous attendez patiemment que votre malheureux enfant finisse de souffrir, si possible en silence et en vous fichant la paix ! Déjà que, soi-disant, vous ne comprenez jamais rien de toutes façons ! Pourtant, vous êtes patiente !

Mais, vous vous rendez-compte, trois !

Beaucoup plus tard, lors de conversations à bâtons rompus, le plus souvent au cours de repas de famille, la conversation s’engagera autour du souvenir des années écoulées.

Ce seront surtout les enfants qui se raconteront et nous découvrirons, à chaque fois, un évènement nouveau qui nous avait échappé à l’époque et qu’ils se remémoreront avec un plaisir évident, nous laissant abasourdis. Robert, beaucoup moins que moi. Ce n’est pas aux vieux -singes que l’on apprend  à faire la grimace !

J’ai ainsi, enfin compris, pourquoi les vélomoteurs de mes enfants devenaient un tas de ferraille beaucoup plus vite que ceux de leurs copains. Pourquoi également, lorsqu’ils étaient tombés de leurs engins, ils ne se plaignaient jamais malgré les plaies et bosses fréquentes. Ce n’était jamais de leurs fautes, mais de celles des automobilistes qui les serraient de trop près en les doublant, d’où, chûtes inévitables. De plus, ces dangereux conducteurs ne s’arrêtaient  même pas pour voir si les enfants s’étaient blessés sérieusement lors de la chute. NON ! A chaque fois, ils continuaient leur route. Cela me mettait en rage et je sortais mercurochrome et sparadrap !

En fait, l’explication était toute simple. La réalité, c’est que mes adorables, et raisonnables gamins, (qui ne partaient jamais de la maison sans que je les ai abreuvés de conseils de prudence) se rendaient dans un pré, et, là, s’adonnaient avec bonheur, témérité et inconscience à la pratique de cross, rodéos, poursuites et autres formes de gymkhanas sur leurs engins.

Nous avions acheté à leur frère aîné, trois ans auparavant, une moto pour se rendre au lycée. En compagnie de son copain, lequel portait le même prénom que lui (pour les différencier, hors du cercle familial, notre fils est devenu Rocky) tous deux, donc, venaient faire pétarader leurs motos à la sortie du collège, se faisant bruyamment remarquer pour la plus grande fierté de Bruno et Pascal qui se sentaient protégés, si le besoin venait à s’en faire sentir. Eric, le copain,(je l’appellerai Eric n°2) fils unique, se sentait investi de la même responsabilité vis-à-vis des petits-frères de Rocky. De vrais gardes du corps !

Eric a pleinement assumé son rôle de frère aîné, de leur enfance à l’âge adulte. Il les a conseillés, défendus, protégés et se sentant soutenus de la sorte, il est évident qu’ils en ont usé et même abusé ! Bien plus qu’un sentiment fraternel, naturel en somme, il s’est instauré entre eux, dès l’enfance, une complicité profonde. Les plus jeunes s’identifiant à leur aîné, dont les avis et jugements tranchants et sans appels, avaient force de lois à leurs yeux. Cet esprit de famille que nous avions voulu leur inculquer a développé chez eux, une confiance jamais démentie. Jamais ! Ils ont pourtant traversé des situations, qui, au cours des dernières années, auraient fait exploser une fratrie moins soudée.

Il y a eu de sévères tensions, des moments très difficiles à vivre, mais l’entente est toujours là, aussi inconditionnelle et l’esprit de solidarité toujours présent.Les dissensions, lorsqu'elles surviennent, n'ont jamais duré  très longtemps. 

C’est à cette époque également, que Mamie Mélia, ma mère est venue s’installer chez nous. Depuis le décès de mon père, elle avait coutume de venir chez nous tous les week-ends. Elle travaillait la nuit, comme débardeuse aux Capucins (les halles de Bordeaux). Très dur ! A plus de soixante-dix ans et une vie toute dévouée à ses huit enfants, elle avait bien mérité de se reposer. C’est Robert qui en a pris la décision et je lui en ai été très reconnaissante. Je vous le disais, caractère parfois difficile, mais ce que l’on appelle un cœur énorme !

Dans la foulée, nous avons vendu notre maison pour en faire bâtir une plus grande et sans étage. Ainsi chacun avait sa chambre.

Quel cadeau pour les enfants ! Une grand-mère entièrement acquise à leur service !

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20 mars 2013

Justement ! Si l'on parlait de mon époux !

Dans une note Lili parlait des visiteurs qu'elle avait pû voir sur ses statistiques. Je n'avais jamais eu l'idée de cliquer sur ce mot. J'y suis donc allé voir.Puis, j'ai cliqué sur géographie  et je suis étonnée de voir que certains lecteurs viennent de Belgique, Maroc Etats-Unis etc......... . Il y a aussi des internautes inconnus qui lisent et ne commentent pas.  C'est peut-être idiot, mais celà me fait bizarre. Je n'ai pas fini de découvrir toutes les possibilités d'internet !

 Après ces réflexions hautement profondes et intéressantes, passons à la suite....

 

 

         Justement ! Si l’on parlait  de mon époux !

 

J’ai rencontré Robert lors d’un bal, un dimanche après-midi. C’était la seule sortie qui m’était autorisée (et encore pas tous les dimanches) bien que je travaille très dur à l’usine de chaussures près de chez nous. Je ne peux pas dire, de mes parents qu’ils étaient « cool ». Pas du tout ! C’était carrément plutôt l’inverse ! Il faut savoir que dans les années cinquante-cinq, j’avais seize ans et les critères d’alors en matière d’éducation, n’avaient rien à voir avec ceux de notre époque. Robert, lui, en avait dix-huit et c’était un garçon, ce qui changeait tout, évidemment ! Il travaillait dans une scierie et le samedi et le dimanche il cumulait d’autres emplois. Déjà, il n’économisait pas sa peine : il cassait des poteaux électriques en ciment pour en extraire le fer torsadé qui se trouvait à l’intérieur. Celui-ci était ensuite utilisé en maçonnerie. Pour casser ces poteaux, il utilisait une masse et avait souvent les mains pleines d’énormes ampoules. Durant l’été, il travaillait aussi avec un artificier pour tirer les feux d’artifices. Il y avait longtemps qu’il travaillait et, bien sûr, il jouissait d’une liberté totale depuis tout aussi longtemps. C’était alors l’ une des prérogatives du sexe masculin. Il ne faut pas chercher bien loin pour comprendre pour quelles raisons les filles de ces années- là, auraient préféré naître garçons !

Nous sommes tous les deux issus de ce que l’on appelait alors, avec beaucoup de commisération, une famille nombreuse ! Imaginez, une fratrie de dix enfants chez lui et de huit chez moi. Avec le recul, je ne peux m’empêcher de plaindre nos mères ! Pourtant, si la vie était dure, je n’ai pas souvenir que nous nous soyons apitoyés sur notre sort. Peut-être que la très grande tendresse qui régnait au sein de ces familles, justement nombreuses, compensait le manque de moyens auquel nous étions habitués, et nous a appris, peut-être pas à tous, mais pour Robert et moi ce fut le cas, la solidarité familiale. Nous avons fait tout notre possible pour inculquer à nos garçons, ce même esprit.

Nous fêterons au printemps prochain nos noces d’or. Au vu de ce qui se passe autour de nous, je pense qu’un couple de vieux mariés comme nous, sera bientôt une espèce en voie de disparition !

Lorsqu’il est revenu d’Algérie après avoir passé vingt-huit mois sous les drapeaux, nous nous sommes mariés et il est entré à la Société Lyonnaise des Eaux : la SLEE. Il y a commencé comme simple terrassier, rémunéré à la tâche (on disait aux pièces) Il devait creuser une tranchée de cinq mètres de long dans n’importe quel sol, pour poser les canalisations d’eau. Plus il ouvrait puis refermait de tronçons de cinq mètres, plus il gagnait d’argent. Au bout de trois ans de ce travail harassant, il fut rémunéré au mois avec un salaire fixe, puis une année plus tard stagiaire, puis encore une année et, enfin titulaire. Son but était atteint. Ayant travaillé très jeune, il est bien évident qu’il n’avait pas suivi de formation particulière après le certificat d’études primaires. Il a toujours compensé ce qu’il ressentait comme un manque, par un travail acharné. De taille modeste, en gros soixante et un kilos (à l’époque) il s’est retrouvé en compétition avec des hommes beaucoup plus corpulents. Rapidement, il s’est forgé une réputation de bosseur sur lequel on pouvait compter, aussi bien de jour que de nuit. Il était toujours volontaire. Ainsi, il a assuré à notre famille la sécurité et nos enfants n’ont jamais manqué de rien. Il est ensuite passé plombier, puis « chef ouvrier ». Appellation qui m’a toujours amusée, mais c’était ce qui était porté sur son bulletin de salaire !

Sa politique éducative envers nos enfants, était en somme très simple. Outre un respect inconditionnel, il exigeait d’eux : honnêteté, vaillance, franchise et responsabilité de leur actes quelles qu’en soient les conséquences. Il leur a toujours fait confiance, et son comportement, par son exemple, leur a appris la droiture et d’autres qualités qui ont fait d’eux des hommes dignes d’estime. Comment aurait-il pu agir autrement ? Il n’a jamais su gérer quelle que soit la situation qui se présente, qu’une solution en ligne droite. Ne donnant que des réponses sans ambiguïté. Un accord amenait un oui, un désaccord se soldait par un non. Bien rares, furent les fois où il a changé d’avis ensuite, quoi qu’il lui en coûte !  J’appelle cela la qualité de ses défauts, car, parfois, cela frisait l’entêtement.

Avec le temps, j’ai appris à ne pas le heurter de front lorsque je voulais lui faire prendre la décision que je souhaitais. Je savais qu’ensuite, il ne reviendrait pas sur cette décision. Je crois que nous sommes, nous, les femmes, très adroites à ce petit jeu ! Le dicton ne dit-il pas : je suis maître chez moi, mais c’est ma femme qui commande !

Le truc est de tenter de commander, sans, surtout, en avoir l’air ! Bien que cela ne marche pas toujours, mais, on ne perd rien à essayer ! 

 

 

 

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19 mars 2013

Ils ont grandi quand- même !

 Hier soir, tard, un coup de fil nous informe que le petit fils est bien arrivé en Suisse. Nous avons pû dormir tranquilles !

Ce midi, juste avant le repas, le mari était sur le canapé et toussait. Ces jours-ci, il tousse pas mal.....et j'ai voulu jouer au docteur ! Non,! pas comme vous le pensez! au vrai docteur! Un peu de respect jeunesse !!J'ai voulu écouter si celà ronflait dans sa poitrine ! Alors, je me suis penchée sur lui mais mes chaussons sur le carrelage ont glissé et je me suis retrouvée à genoux et la tête sur ses genoux à lui ! Vous imaginez  la scène ? Résultat, nous avons été pris d'un incoercible fou-rire comme nous n'en avons pas eu depuis très longtemps!J'ai fini assise par terre !!! Et , impossible de recommencer tant nous riions! Je ne sais toujours pas si sa poitrine ronfle ! Je vais laisser cet examen pour la prochaine visite du docteur !

Et vous laisse lire mes essais littéraires suivants.Si vous le voulez bien !

 

 

 

                       Ils ont grandi quand-même !

 

 

 

C’est bien connu, les enfants n’écoutent jamais les conseils. Ils ont grandi quand même !

Après la maternelle, le primaire. Aucun problème en ce qui concerne l’aîné, pas de soucis. Eric était un petit élève sérieux et studieux. Le second avait davantage de facilités mais n’en faisait pas plus que nécessaire. Aujourd’hui une mauvaise note, demain une excellente pour rétablir l’équilibre, passant tranquillement, ainsi, d’un cinq à un dix-huit sur vingt ! Pascal, quand à lui, nul en math, excellent en français, était beaucoup plus intéressé par le foot que par les études.

Donc, durant cinq ans, la vie a continué comme pour bon nombre de parents de jeunes enfants.

Une étape de plus à franchir lors de l’entrée au collège. Eric, comme les années précédentes avait les notes très correctes que lui valait un travail consciencieux. En troisième son dossier d’orientation nous posa quelques soucis, car il espérait devenir taxidermiste. Renseignements pris, il n’y avait pas de centre de formation près de chez nous. Le taxidermiste que nous connaissions, puisque c’était lui, qui, depuis des années, naturalisait les oiseaux que nous offrions à Eric lors de chaque occasion (Noëls, anniversaires, récompenses diverses…) nous découragea en ne nous montrant que le côté négatif de la profession. Avec le recul, nous nous sommes rendus compte qu’il en avait vraiment rajouté ! Donc, prenant en compte le choix de notre fils et les connaissances déjà approfondies qu’il possédait concernant la nature et les animaux, nous l’avons inscrit au Lycée Agricole, option générale.

Pour Bruno, cela ne fut pas très facile. Comme il était extrêmement doué en dessin, son professeur nous conseillait de lui faire redoubler sa troisième car il était trop jeune pour pouvoir entrer aux beaux- arts.  

AUX BEAUX-ARTS ?

Alors, là, ce fut une autre affaire ! Son père n’était absolument pas d’accord. Ce n’était pas une option envisageable ! Réussite beaucoup trop incertaine ! Jamais, même avec un an ou deux de plus, nous n’enverrions notre gamin fréquenter ce milieu artistique ! La bohême, c’est bien joli, mais dans la chanson ! Pour le retrouver ensuite, barbu, fauché et les cheveux longs ! D’ailleurs, c’est bien connu, les artistes peintres ne sont célèbres qu’après leur mort !  Gros dilemme, car c’était vrai, Bruno avait vraiment une grande prédisposition pour tout ce qui est du domaine artistique. Il avait déjà un dossier de dessins, qui, selon son professeur, était excellent. Nous avions donc, en désespoir de cause, décidé de lui laisser redoubler sa classe de troisième (de toutes- façons, il n’avait jamais redoublé) après nous verrions bien ! Le temps porte conseils.

Lorsque, tout à fait par hasard, je suis tombée sur l’annonce d’un atelier de graphisme, qui recherchait un apprenti (un dossier de dessins était souhaité) et proposait en outre, une formation de photograveur. N’ayant rien à perdre, sans trop d’espoir, j’envoyais immédiatement une demande de rendez-vous. Peu de temps après, un courrier nous convoqua pour un entretien.

Nous y avons accompagné notre fils. L’entretien s’était plutôt bien passé. Le propriétaire de l’agence avait conservé le dossier de dessins de Bruno et devait nous tenir au courant. Quelle ne fut pas notre surprise lorsqu’une lettre nous a informés que sa candidature avait été retenue parmi plus de vingt-cinq postulants, beaucoup plus âgés que lui. La joie de notre fils à cette annonce était sans limite.

Il faut dire que Bruno était très petit et menu. Imaginez un peu : à quatorze, je l’habillais en douze ans maximum, et encore ! De plus Robert avait été très catégorique. Aucun problème en ce qui concernait les heures de travail à condition que Bruno prépare sérieusement le CAP de photograveur, en plus de la formation de graphiste, et que, dans le cas d’heures supplémentaires, elles soient récompensées. Toute peine mérite salaire. J’avais trouvé qu’il était un peu sec, mais au moins les choses étaient claires !

Nous avons dû passer par l’Inspection Académique pour obtenir l’autorisation de signer le contrat d’apprentissage, (où d’ailleurs, on m’a demandé si je n’avais pas honte de jeter mon enfant, si jeune dans le milieu du travail !). Fort heureusement, la conseillère d’orientation nous a été favorable.

Ce CAP se préparait en trois ans et Bruno l’a obtenu en deux. Son employeur l’a gardé comme graphiste. Dans les années quatre-vingt, un graphiste ne travaillait pas sur ordinateur, surtout pour la création, en particulier, d’étiquettes de vins, alcools, sirops ou tout autre produit devant être étiqueté . Le travail se faisait à la main à l’aide de pinceaux aussi fins qu’un cheveu ou de plumes. C’était vraiment un travail nécessitant, outre un talent certain, beaucoup de précision et un réel esprit créatif. Pour cette dernière année, considérée comme sa dernière année d’apprentissage (par décision de l’inspection académique en raison du jeune âge de Bruno, et ce malgré l’obtention de son CAP) son employeur lui a octroyé une prime de dix pour cent sur le montant de chacune de ses créations acceptées par le client.

 Comme son style était très apprécié, il s’est retrouvé très tôt, à bien gagner sa vie.

Puis, est venu le tour de Pascal !

A part en français et en sport, pas de quoi pavoiser quant à ses résultats scolaires. J’ai d’ailleurs appris plus tard, que mon petit dernier n’était pas le petit ange que je voulais absolument voir en lui. Evidemment ! Je ne me souviens pas qu’il m’ait ramené de mots des professeurs ou de mauvaises notes. Pour la bonne raison, que Bruno a pour son frère, utilisé son talent (il est le seul à savoir reproduire ma signature) Il signait donc, allègrement, à ma place, les punitions de son petit frère !

Donc, Pascal ne voulait pas continuer les études. Il voulait travailler. Contrairement à son frère si menu, il a toujours été très charpenté, robuste, attiré par le sport et l’effort physique, fier de son endurance. Son père n’a pas discuté longtemps. Jugez-en :

 

Son père :                         

 -Tu veux vraiment travailler ?

Pascal :                              

-Oui !

Son père :                        

 - Que veux-tu faire ?

Pascal :                              

-Comme toi, plombier.

Son père :                        

 -Tu es sûr de ton choix ?

Pascal :                             

 -Certain !

Son père :                        

-Tu as bien réfléchi ?

Pascal :                            

 -Oui !

 Son père :                       

-Bon !

 

La semaine suivante :

Son père :                     

-Je t’ai trouvé un patron, tu commences lundi.

Pascal      :                     

-Lundi quand ?

Son père :                    

 -Lundi prochain.

Pascal :                          

 -Mais, le collège s’arrête jeudi !

Son père :                       

-Eh ! Bien ! Il y a un problème ?

Pascal :                            

-Mais, c’est les vacances !

Son père :                       

-Tu veux travailler ou continuer les études ?

 Pascal :                          

 -Travailler, mais…

 Son père :                     

-Il n’y a pas de mais, tu embauches lundi ! Tu auras droit a deux jours-et-demi de congés par mois. 

      

Et voilà !  Bien que je synthétise un peu, cela c’est à peu près passé ainsi !

 

Du Robert pur jus !!! 

x

 

Posté par emiliacelina à 21:35 - Commentaires [10] - Permalien [#]
18 mars 2013

Bienvenue les enfants !

 

 Journée tranquille!  Les giboulées sont là!!!  Entre averses, grêle et soleil lumineux , la chansonnette que

l'on chantait enfant me revient en tête :                  

 Il pleut, il fait soleil!

Le diable bat sa femme,

A grands coups de bâtons,

Vive Napoléon,

Le diable est un cochon!    

 averse

 

 

                         Bienvenue les enfants 

 

 

Des trois enfants qui nous sont nés, Eric en est l’aîné. Cela lui a valu le grand honneur d’avoir en deuxième prénom, celui de son père : Robert.

Le second, Bruno, est né trois ans plus tard. Si Eric est arrivé parmi nous avec un mois d’avance, son frère, lui, sans tenir compte de notre impatience (surtout en ce qui me concerne) a allègrement dépassé la date prévue pour sa naissance de plusieurs jours.

Puis, alors que je prévoyais de reprendre un emploi car nous avions engagé les démarches pour acheter une maison, qui pointe le bout de son nez ? Pascal ! Seulement seize mois après Bruno ! Lui aussi, est né prématuré, à huit mois.

Parfois, maintenant que c’est un homme, lorsqu’il me taquine (tout en s’en réjouissant) au sujet de mon chauvinisme maternel, je l’appelle l’accident. Heureusement ! Il a le sens de l’humour ! Je confirme d’ailleurs qu’il a été la cerise sur le gâteau, un bonheur de plus !

Tous les trois ont grandi sans nous donner de soucis particuliers concernant leur santé, hormis les inévitables : varicelle, rougeole, rhume, otite, appendicite etc… le lot des parents privilégiés par un sort charitable qui leur a donné des enfants pleins de vie et de santé.

Nous avons emménagé dans notre nouvelle maison, fiers de devenir propriétaires, même si toutes les pièces n’étaient pas meublées, si nous n’avions pas de télévision et encore moins de voiture ! Par contre, je me souviens très bien que j’avais veillé à garnir les fenêtres de très jolis rideaux, ce qui, aujourd’hui, ne me semblerait pas la priorité !

Et je suis devenue une : femme au foyer !

En fait, tout bien calculé, les frais de garde des enfants auraient englouti le salaire que j’aurai pu gagner en travaillant.

Bref ! Lorsque l’on donne le jour à ses enfants, on se focalise avant tout sur leur bien-être et l’on se dit : l’an prochain, l’aîné ira à l’école, le second sera propre et le petit dernier commencera à marcher. On attend toujours quelque chose, pressée de les voir grandir. Grave erreur ! Vous vous en rendez-compte lorsque vous conduisez votre petit dernier, votre bébé, pour son premier jour de maternelle. Pour lui, tout se passe bien, il est si souvent venu avec vous accompagner ses frères à l’école, qu’il attendait ce jour impatiemment, tout fier de pouvoir y aller à son tour. Mais vous ! Vous vous retrouvez devant le portail fermé, après avoir laissé votre petit bout- de- chou qui n’en menait quand- même pas large, à la charge de sa maîtresse, sans vous décider à rentrer chez vous. Pourtant, le ménage vous attend. Vous pensiez qu’enfin, sans enfant à surveiller, vous alliez pouvoir vous atteler au nettoyage à fond d’avant l’hiver. La maison allait briller comme un sou neuf ! Eh ! bien ! Pas du tout ! Dans la maison vide et trop silencieuse, vous surveillez les aiguilles de la pendule qui semblent avancer au ralenti. Puis, vous vous retrouvez devant l’école avec une bonne demi-heure d’avance, pour récupérer votre progéniture. Vous n’êtes d’ailleurs pas seule. Vous êtes en compagnie des autres mamans, qui comme vous, déclarent d’un air pénétré : cet après-midi, je garde mon enfant à la maison, il doit être fatigué ! De toutes- façons, on leur fait faire la sieste, autant qu’il dorme dans son lit ! Et vous rentrez chez vous, avec au moins, le dernier de vos poussins, en attendant seize- heures-trente pour récupérer la couvée complète. Il vous faudra bien deux semaines pour vous habituer. Ce ne sont plus vos bébés, ce sont vos enfants et ils grandissent vite, trop vite !

Si vous êtes jeunes mamans et que vous lisez ces lignes, croyez en mon expérience. Voir ses enfants s’éveiller un peu plus chaque jour, est un grand bonheur, ne soyez pas trop pressées de les voir grandir ! Le temps passe si vite !  

Posté par emiliacelina à 22:11 - Commentaires [11] - Permalien [#]
17 mars 2013

Entrée en matière...

 

 Alors que je m'occupais à coller un autre texte , (ancien) ma voisine (autrement dit ma belle-fille Murielle) vient de nous toquer à la vitre pour nous donner quatre petits délicieux gateaux qu'elle venait de cuisiner; Je sens que ce nouveau voisinage va être très agréable  !!!!

 Ce soir, c'est  toasts grillés à la sardines!  Ça promet  !!!!   Trop gentils !!!!

Moins bien, Jimmy repart en Suisse, en voiture! Vivement demain soir que nous soyons sûrs que le voyage s'est bien passé !

 

                                Entrée en matière

 

La première feuille (extraite du tiroir) consiste en quelques lignes écrites un matin de printemps. Je ne saurais dire en quelle année, mais je retrouve intact le sentiment de plénitude qui m’habitait alors. Je la recopie telle qu'elle.

« Ce début d’avril, la maison dort encore. Robert est déjà parti au travail. J’ai toujours apprécié en cet instant où la nature s’éveille, de prendre mon petit-déjeuner seule. Dans le silence du matin, j’ai ouvert la porte vitrée du séjour et le soleil printanier illumine l’air encore frais. Notre chienne est venue se coucher sur la marche de la terrasse, presque à mes pieds. La tête appuyée sur ses deux pattes de devant, elle me regarde  et ses yeux semblent me dire bonjour. Je peux y lire toute la fidélité et la confiance qu’elle témoigne à notre famille. Pourtant, je sais que ce même regard est encore plus intense lorsqu’il se pose sur son maître, son dieu, avec qui elle partage de si merveilleuses parties de chasse. Lors de ces instants, plus rien ni personne ne compte !

C’est la saison où les oiseaux nichent. Je les vois entrer puis ressortir de la haie du voisin. L’air s’emplit de chants divers et toute cette agitation est un plaisir pour les yeux. Je ne dirai pourtant pas que c’est un ravissement pour les oreilles. Je sais bien que certains parlent du doux gazouillis des oiseaux, mais ils n’ont jamais entendu, seulement deux moineaux, se disputer la miette ou la brindille que chacun voudrait ramener à son nid. Rien d’harmonieux ! Multipliez cela par dix ou quinze passereaux et vous entendrez un sacré vacarme ! Parfois, les merles noirs sont de la partie, à eux l’avantage de la taille !

Dans quelques minutes, les enfants vont s’éveiller pour aller en classe et la maison va s’agiter. J’avale une dernière gorgée de café (au lait) puis me lève de ma chaise. Je puise dans ces instants de solitude matinale et j’y trouve mille raisons d’être heureuse. J’ai les plus beaux enfants du monde et un mari que j’aime.

Oui, c’est une belle journée qui s’annonce et je me sens débordante d’amour et d’énergie. Au travail !

Lorsque je relis ces lignes, je me souviens qu’effectivement, j’ai souvent ressenti au fil des années, l’impression que la vie était pleine de promesses. Aujourd’hui, je me demande quelles étaient les raisons de cette confiance dans l’avenir. Peut-être notre jeunesse tout simplement, ou encore la faculté que nous avions de vivre avec toujours un projet, une envie, un espoir. Cette envie d’aller de l’avant était logique, puisque, à notre époque, nous démarrions dans la vie avec presque rien. Le plus petit achat nous apportait beaucoup de joie et nous procurait un réel sentiment de fierté, car nous devions travailler très dur et économiser longtemps pour l’obtenir.

C’est incroyable ! En me relisant, je me rends compte que mes pensées rejoignent peu à peu les paroles que nous répétaient nos parents et qui nous agaçaient tant : « de notre temps, on était plus heureux, nous savions nous contenter de peu de choses et l’on savait les apprécier ! »  et s’ensuivait la sempiternelle litanie des heureux moments de leur passé. Est-ce déjà notre tour d’idéaliser et de regretter notre jeunesse, notre foi dans l’avenir et notre vitalité ? Tout ce qui donne l’impression d’être plus vivant !

Au diable, regrets et nostalgie et reprenons le fil des souvenirs aux jours bénis qui ont vu naître nos trois garçons. 

Posté par emiliacelina à 22:29 - Commentaires [10] - Permalien [#]

Mes premiers écrits......

 

 Vos commentaires me disent que je ne risque rien à revenir sur mes débuts de blogueuse, alors, je m'y lance !Je reviendrai au jour présent lorsque j'aurai quelque chose à dire d'actuel !!!  

 Lorsque j'ai commencé sur mon blog, je numérotais mes notes : essais n°1, essais n°2.......et Lili m'a conseillé de plutôt leur donner un titre et j'ai trouvé qu'elle avait raison. Donc, j'ai suivi son conseil! 

Je pensais: je vais devoir tout retaper, puis je me suis rendue compte qu'il  est possible de coller  un texte écrit sur Word. A force de cliquer un peu partout, je découvre toujours de nouvelles fonctionnalités et, parfois, j'arrive à les mettre en application ! Parfois aussi, je crée de nouveaux problèmes comme dernièrement où les commentaires ne me parvenaient pas ou disparaissaient ! Le Goût a raison de  dire que l'on pourra me traiter de fainéante ! Bon! tant pis! j'assume !  

 

                                     Aant-Propos...

 

Voilà maintenant deux mois que je me suis offert un ordinateur. Je me suis décidée, un vendredi, et, dans la foulée, le lendemain, je suis partie avec ma belle-fille pour me conseiller puis, nous sommes revenues avec l’outil en question. Après quelques après-midi de laborieuses leçons délivrées par Murielle, je peux l’utiliser. Cela malgré quelques maladresses, corrigées manu-militari par ma patiente professeur qui rapplique illico à mon moindre appel (et, croyez- moi, elle a du mérite puisqu’elle habite quand-même à dix kilomètres de chez nous). Tranquillement, elle corrige mes erreurs, me les explique, remet le machine en ordre, et repart, me laissant seule, faire mes essais en toute décontraction, jusqu’au prochain SOS de ma part.

Actuellement, je me débrouille mieux, bien que je sois très loin d’être une experte ! Pourtant, cela suffi à mes besoins pour l’instant. Je peux communiquer avec mes enfants, voire, mes petits-enfants. A moi les parties de cartes, les envois et réceptions de messages, photos ou histoires amusantes ou poétiques. Tout me distrait et m’intéresse tel un enfant avec un nouveau jouet ! Il est évident, qu’à mon âge (70 ans) internet est pour moi plein de secrets.

Voilà pourquoi, l’époque de la retraite laissant beaucoup de temps libre, l’idée de reprendre l’écriture me vient à l’esprit. J’en avais déjà eu des velléités et puis les évènements de la vie m’ont montré que je n’en étais pas capable, ou que je manquais de volonté !  Alors, j’ai laissé tomber papier et stylo et rangé mes brouillons dans une chemise, oubliée depuis au fond d’un tiroir. Dernièrement, le second de mes fils a mît la main sur mes modestes essais. Se disant très agréablement intéressé et déçu que je ne continue pas d’écrire, il a pris la relève.

A son tour il a rempli beaucoup de pages blanches, a eu la gentillesse de me les confier à lire et, au fil de cette lecture retraçant les évènements de sa toute première jeunesse, j’ai compris pourquoi j’ai cessé d’écrire sur ma famille, car, bien sûr, comme toute débutante, le principal de mes envolées littéraires avaient trait à ma vie familiale. Voici quelques lignes  me concernant, extraites de ses écrits et qui m’ont donné sujet à réflexions.  Je le cite :

«  L’obligation  pour l’auteur  qu’elle serait de divulguer les bons moments et les émotions fortes de notre vie, ne lui pose aucun problème. Les coups durs du destin, incontournables, peuvent être racontés sans honte de façons à dépeindre les caractères des acteurs de notre histoire. Mais, comment pourrait-elle décrire et détailler son analyse de certaines périodes, récentes ou pas, qui donnent de ses enfants une image peu valorisante ? La solution serait de mentir et de dissimuler son sentiment réel. Hors de question ! Elle ne saurait pas ! »

A cette lecture, j’ai réalisé que se trouvait là, la raison du blocage que j’éprouvais, m’empêchant d’écrire sincèrement et je crains bien que les choses n’aient, hélas pas changées !

Dans le gentil « ce que tu peux être chauvine dès qu’il s’agit de tes enfants ou petits-enfants ! » que me lancent souvent mes fils, je dois reconnaître qu’il y a beaucoup de vrai. Attention ! Cela ne veut pas dire que je suis incapable de porter un jugement clairvoyant sur le comportement de ma progéniture, leur assénant, parfois, dans l’intimité quelques vérités peu agréables, mais je ne supporte pas, que d’autres, se permettent, en ma présence, la moindre remarque désobligeante à leur sujet. Ou a alors, il faut vraiment que ce soit dit avec une grande finesse ! D’ailleurs, même dans ce cas, je me découvre un réel talent d’avocat.  Pour justifier mon opinion favorable les concernant, mes explications, parfois, pourraient figurer comme un modèle de plaidoirie pour la défense, soit d’un innocent, soit d’un accusé bénéficiant de tellement de circonstances atténuantes, qu’au bout du compte, la partie adverse abandonnerait la discussion ! C’est pourquoi, mon fils l’a compris bien avant moi, j’ai abandonné l’idée de  coucher sur le papier des pensées, qui, parfois, me dérangeaient.

 Peut-on écrire sans être totalement sincère ? Peut-on dévoiler le comportement parfois décevant de ceux que l’on aime ? Je ne le pense pas, en tous cas, pas moi ! Non seulement je ne le pense pas, mais, surtout, je ne le veux pas !

Et voilà où j’en suis de mes pensées cet après-midi.

 Vais-je retenter l’aventure ? J’ai bien envie d’ essayer. Après tout, je ne cherche pas à écrire un bestseller !

Pour commencer, je vais reprendre, recopier et retravailler ces feuillets oubliés  depuis plusieurs années au fond du tiroir.

 Ces instant que je viens de passer sur le clavier de l’ordinateur, me sont agréables. J’ai un peu l’impression de laisser mes pensées au fil d’un journal intime et de mettre en ordre les souvenirs d’une vie remplie, pour mon bonheur, par un dévouement sans faille au service de ma famille. Que voulez-vous ? J’ai toujours été une de ces indécrottables « femmes au foyer » et, chose qui peut sembler inimaginable à notre époque satisfaite de son sort !

Au seuil de mes soixante-dix ans, je peux assurer sans mentir, n’avoir aucun regret, et que, veiller au bien-être des miens a suffi à mon épanouissement.

 Bien évidemment, les années m’ont beaucoup appris et donné bien des leçons, mais je ne changerai rien à ma vie passée, même si j’en avais le pouvoir hormis, bien sûr, le seul évènement dramatique que nous ayons vécu et dont je parlerai plus tard.

Posté par emiliacelina à 14:21 - Commentaires [10] - Permalien [#]