09 avril 2013

Bruno et la boxe...

 

 Je publie mes écrits dans l'ordre des évènements de notre vie familiale, et il s'en passe dans une vie !

 

  

 

                                    Bruno  et  la  boxe

 

 

 

 

Je ne trouve plus dans mon tiroir, de feuillets écrits à l’époque. J’en trouverai peut-être d’autres, plus tard, quand je ferai du rangement ! Pour me rappeler les années suivantes, il ne me reste plus que les souvenirs.

Bruno est resté environ deux mois chez Marcelle et Jean-Paul, puis, il a pris un petit appartement en location. Bien évidemment, le projet de construction avait été abandonné.

Il s’est beaucoup investi dans la pratique de la boxe. Il a trouvé dans ce sport, un exutoire à son chagrin. Il pouvait donner libre cours à toute la colère qu’il avait emmagasinée et contenue, durant ces deux dernières années.

Avant de monter sur le ring, il avait toujours une pensée pour Valérie, c’était devenu un rituel.

Alors qu’il était, bien évidemment, toujours de petite taille (un mètre soixante- cinq pour cinquante- quatre kilos), et que son frère soit, également, toujours plus impressionnant que lui physiquement, c’est Bruno qui a réalisé quelques jolies victoires dans ce sport.

Robert, qui, soit dit en passant, pour supporter les derniers évènements ainsi que les traitements qu’il subissait, s’était remis à fumer (alors qu’il avait cessé depuis vingt ans) le suivait lors de tous ses combats. De nature plutôt casanière, il a tenu à suivre son fils à l’autre bout de la France, le conseillant lors de ses rencontres pugilistiques. Il avait d’instinct, le sens de la boxe. C’est un sport qu’il aime beaucoup. Il était de très bons conseils. Pourtant la situation lui était moins agréable quand c’était son fils qui montait sur le ring. Pas toujours très facile à assumer !

Ainsi, en l’espace de deux- ans –et-demi, Bruno est arrivé en finale du championnat de France, qu’il a perdu de très peu ! D’après l’avis de son père, le résultat aurait pu prêter à contestation. Je fais confiance à son jugement, car l’impartialité est une de ses qualités, surtout dans le sport ! De toutes-façons, vice- champion de France en si peu de temps, c’était déjà une belle performance !

Le plus surprenant, c’est que son frère Pascal, qui a, une seule fois, été le voir combattre, n’a plus jamais voulu y retourner ! Il ne supportait pas de rester inactif et mourrait d’envie de monter sur le ring pour lui prêter main forte ! Voir son frère recevoir des coups, le rendait vraiment malade !

J’ai encore la cassette que j’avais enregistrée lorsqu’un journaliste l’avait interviewé pour la radio. Il l’avait présenté comme : Petit et teigneux sur le ring, mais éminemment sympathique en dehors !

Personnellement, je n’ai même jamais essayé d’assister à un seul de ses combats. J’attendais, en transes, qu’il passe à la maison après chaque rencontre. Il n’a jamais été trop marqué au visage, parfois l’arcade sourcilière ouverte (c’était son point faible) pour moi, c’était déjà trop ! Surtout que mon boxeur de fils n’appréciait pas, mais alors pas du tout, la nécessité, ensuite, de se faire poser trois ou quatre points par le médecin. C’était quand-même un comble ! Par contre, les hématomes sur les jambes (qu’il a fluettes : héritage de son père !) n’étaient pas rares et il les assumait sans difficulté !

Il a cessé de disputer des combats, parce-que cela créait une gêne, quand, dans son travail, il recevait des clients. Un graphiste l’arcade sourcilière ouverte ne faisait pas très sérieux. Le travail passait avant. Son but n’a jamais été de faire une carrière de boxeur, mais la pratique de cette discipline l’a beaucoup aidé durant les deux premières années de son veuvage.

De plus, il était maintenant très performant dans son métier de graphiste. Il a donc décidé de s’installer à son compte. Nous avons trouvé un appartement présentant les conditions requises, tant pour travailler que pour recevoir la clientèle.

Très rapidement la réussite a été totale. Son banquier était content, Bruno aussi, car il avait en tête, pour plus tard, un autre projet.

 

bruno boxe 001

 

 

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08 avril 2013

Toute une vie en 2 ans 1/2...fin

 Voici le dernier feuillet retrouvé dans mon tiroir. Je n'ai plus écrit ensuite durant très logtemps, je le recopie sans rien y changer...

 

 

 

                    Toute une vie en deux ans- et- demie

                                  

MAI 1991.

Ainsi que tous les soirs, nous sommes installés devant le poste de télévision.

Je suis, comme à mon habitude, assise à l’angle du canapé, les jambes repliées de côté, position que, normalement je ne devrai pas garder longtemps. L’ankylose gagnant rapidement, j’éprouverai bientôt le besoin de déployer celles-ci un instant, pour me réinstaller ensuite comme initialement.

Tout ceci entraîne une certaine agitation, car Robert, mon mari, occupe le reste du canapé, à demi allongé et la tête appuyée sur le coussin calé contre moi. Nos changements de position fréquents provoquent alors le regard courroucé de mamie, ma mère, qui partage notre vie depuis vingt ans maintenant. Ses quatre-vingt-dix ans et une arthrose sévère lui interdisant trop de mouvements, notre agitation épisodique, mais renouvelée l’agace prodigieusement.

Ce soir, pourtant les images défilent et je me rends compte que je suis incapable de raconter l’intrigue que nous sommes censés suivre sur le petit écran.

Contrairement à mon habitude, je n’ai pas changé de position depuis vingt heures- trente et je ne ressens rien de plus qu’un doux engourdissement des membres et de l’esprit.

Je voudrai ne plus bouger, étouffer ma peine, alors que j’aspire à être seule pour la laisser éclater.

Aujourd’hui, n’est pas un jour comme les autres. Aujourd’hui ont eu lieu les obsèques de Valérie, la jeune épouse de Bruno. Une cruelle maladie l’a emportée, à vingt-cinq ans après seulement six mois de mariage.

C’est trop injuste ! Je ne crois plus en la justice divine !

Bruno est rentré avec Marcelle et Jean-Paul, le compagnon de celle-ci, dans une maison où Valérie n’est plus.

Tout au long des derniers mois, j’ai veillé à ne pas m’imposer car ma peine ne peut en rien, être comparable à celle d’une maman, voyant  jours après jours partir son enfant. Pas davantage à celle d’un jeune époux, refusant longtemps l’évidence, puis mettant toutes ses forces afin de faire face à la cruelle vérité et à son issue inéluctable.

Ce soir, je me sens seule. Je voudrais serrer Bruno dans mes bras comme lorsqu’il était enfant. Je sais, au fond de moi, que la vie continuera pour mon fils et qu’il connaîtra d’autres joies. La raison et l’expérience nous l’enseignent chaque jour. Pour l’instant cela  lui semble inimaginable, le cœur ne peut pas suivre.

Et puis, un jour, sans rien oublier ni renier du passé, Bruno regardera de nouveau vers l’avenir, et la vie reprendra ses droits.

En attendant, nous serons là, Robert et moi, avec notre amour inconditionel de parents.

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toute une vie....

 

 

 

 

                    Toute une vie en deux ans- et- demie

                                     Deuxième partie

 

 

 

 

Le premier janvier approchait et Valérie tenait à ce que celui-ci se passe chez eux. Personnellement je ne trouvais pas l’idée très raisonnable. Sans nous être consultées, j’étais persuadée que Marcelle était du même avis que moi, mais allez faire entendre raison à une jeune entêtée, qui avait décidé que le dernier réveillon s’étant passé chez Eric, il avait été convenu que celui de cette année se passerait chez eux. Il était hors de question de ne pas tenir ses engagements ! Elle aurait tout le temps de se reposer ensuite.

La tradition, chez nous, voulant que nos enfants nous réservent le réveillon de Noël, ils s’organisaient selon leurs choix, pour celui du premier de l’an. Le plus souvent, ils réveillonnaient entre jeunes. Le lendemain de ces deux jours étant généralement consacré à la famille de nos  belles-filles.

Le cours de cette soirée du trente et un décembre 1990, a vu son cours brusquement perturbé, la copine de Pascal ayant trouvé plus « confortable » de perdre les eaux sur le canapé ! Comme nous ne savions pas le sexe du futur bébé (soit la mère ne savait pas, soit elle en avait gardé le secret) Bruno m’a raconté le lendemain que son cousin Thierry, faisant semblant de flairer le canapé, avait déclaré d’un ton docte : c’est un garçon ! Il avait raison !

Cette soirée, ce ne fut pas une surprise, a été éprouvante pour Valérie. Elle a dû monter se coucher en refusant que la fête soit écourtée pour les autres participants.

Jimmy, notre troisième petit enfant est né ce premier janvier 1991. Moi qui n’ai pas la mémoire des dates, je n’ai aucune peine à retenir celle-ci. Par contre, il n’est pas trop favorisé pour son jour anniversaire ! Remarquez, son père étant du 29 décembre, Murielle leur organise une soirée commune, entre Noël et le premier de l’an. C’est d’un commode ! Les fêtes de fin d’année passées, tous n’aspirent plus qu’au repos !

Honnêtement, j’ai un peu de mal avec la chronologie des évènements écoulés durant les cinq mois qui vont suivre. Les souvenirs ne sont pas toujours aisés à exprimer.

Nos jeunes mariés ont décidé de se faire bâtir une maison. Un constructeur, ami des parents de Valérie, s’occupait de leur dossier avec beaucoup de bienveillance. La grand-mère maternelle de Valérie leur apportait l’apport financier qui leur manquait au départ, en attendant que le crédit soit accordé.

La santé de Valérie ne s’arrangeant pas, le couple était toujours chez Marcelle et Jean-Paul.

Lorsque j’allais lui rendre visite, l’après-midi, nous nous installions sur le canapé, feuilletant les revues traitant de décoration. Elle  savait exactement quel genre de rideaux elle voulait et réfléchissait à l’aménagement de leur maison à venir. Vaste sujet !

Elle avait aussi, sur les catalogues de vente par correspondance, choisi pas mal de vêtement pour Bruno. J’approuvais. C’est vrai qu’elle avait beaucoup de goût..

Comme il était inutile de continuer à payer un loyer qu’ils n’occupaient pas, je suis allée avec Marcelle faire les cartons. Il a fallu vider cette location où ils n’ont pas beaucoup vécu. Cela leur permettrait de faire des économies.

Moments très difficiles pour Marcelle qui luttait désespérément contre le chagrin en manipulant tant de souvenirs concernant sa fille.

Les visites de Bruno étaient difficiles. Courtes et difficiles ! Ne sachant trop quoi lui dire de crainte d’être maladroite, et, ce faisant, de me faire sèchement rabrouer, je me taisais et Bruno finissait par repartir !

Et puis, un soir, il m’a confié que les médecins les avaient convoqués, lui et Marcelle pour leur annoncer que l’équipe médicale ne pouvait plus rien faire pour Valérie. 

Dès lors, Marcelle et Bruno, épaulés par Jean-Paul, ont vécu l’enfer !

Ils ont dû vivre, normalement en apparence, en voyant Valérie s’affaiblir chaque jour davantage.

C’est ainsi que Valérie nous a quittés, la veille du week-end de Pentecôte i991.

Je retrouve aujourd’hui quelques lignes que j’avais écrites alors. Ce sont les derniers feuillets que j’ai retrouvés dans mon tiroir. J’ai cessé d’écrire ensuite. Je les recopie sans rien y changer!

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06 avril 2013

Toute une vie........

Je me souviens que, lorsque j'avais commencé à écrire l'histoire de notre famille, celà m'avait quand-même demandé un certain travail et le fait de parler de notre petite belle-fille, avec l'autorisation de sa maman,m'avait presque fait plaisir car je voulais la faire vivre dans le souvenir de chacun. 

 Bien que les années soient passées, le fait de rééditer ces pages me coûte plus que je ne l'aurai pensé,mais en sa mémoire je termine de raconter son passage parmi nous,hélas bien trop court!

 Suite....

Pour évacuer toute cette peine qui se transformait parfois en colère, Bruno s’était inscrit, deux fois par semaine, le soir, à la boxe Française, la SAVATE. Parfois, lorsqu’il passait à la maison, je devais faire attention à mes paroles, car il avait tendance à tout mal interpréter lorsque cela venait de ma part. Il avait besoin de quelqu’un sur qui se défouler, et il estimait, que, s’il passait à la maison, ce n’était pas pour que je pleure ! Il n’avait pas besoin de « çà ! »

Je devais aussi me contrôler devant Mamie Mélia, trop âgée et qui, c’est terrible à dire, aurait été encore plus perturbée, de me voir pleurer que par la raison de ma peine ! Il m’est arrivé de prendre un instant la voiture prétextant une course à faire, et d’aller seule pleurer tout mon saôul !

Mon dieu ! Quand je pense à ce qu’a dû supporter Marcelle !

Ils avaient prévu de se marier en octobre 1990. Pascal et sa copine les suivraient de peu, après la naissance de leur premier enfant. Naissance prévue pour le début de l’année suivante : 1991.

Pour des raisons évidentes, le mariage a dû être repoussé au premier décembre.

Je n’y étais pas, mais lorsque les médecins ont annoncé à Marcelle et Valérie que celle-ci pouvait sortir de l’hôpital et se marier si elle le souhaitait, je n’ai aucun mal à imaginer l’émotion ressentie ! Peut-être des larmes, mais enfin, de joie !

Nous nous sommes jetées dans les préparatifs du mariage, de concert, (j’avais enfin la possibilité de participer !) sans réfléchir davantage. Bien décidées à leur offrir le mariage dont ils rêvaient. Surtout Valérie ! Son bouquet serait de fleurs blanches et de roses rouges. Elle avait des idées très arrêtées ! Toute la décoration s’est organisée sur le même thème, jusqu’aux garnitures des voitures, les centres des tables rondes et les bouquets des petites demoiselles d’honneur !

Bruno à l’unisson ! Costume noir, nœud papillon et large ceinture rouges ! Ils partiront en voyage de noce à Rome. Cadeau de Marcelle et Jean-Paul. . L’organisation de la noce n’a posé aucun problème car Marcelle et moi, nous sommes bien entendues. C’est une femme que j’apprécie beaucoup.

La mariée était vraiment très belle. Si fine et si émouvante dans son fourreau blanc, telle une petite sirène.

Un amas de tulle, tel un nuage vaporeux, se déployait à partir de la taille, uniquement sur l’arrière. 

Ses cheveux blonds avaient repoussé  son teint diaphane valorisait ses yeux si bleus. Un boléro aérien, paraissant constitué de duvet de cygnes la protégeait de l’air vif. Nous étions quand même le premier décembre. Elle semblait si délicate et si heureuse ! 

photo valerie

                                                  

Nous étions une centaine le samedi et le lendemain  une cinquantaine chez nous pour terminer la fête.  Le lendemain on se lâche davantage ! Cela a été le cas. Tout le monde a eu à cœur d’oublier les pensées pessimistes. Elle a pleinement profité de cette belle journée, et ce jour restera un merveilleux souvenir.                

 

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Posté par emiliacelina à 23:27 - Commentaires [10] - Permalien [#]
05 avril 2013

En souvenir....

 J'hésitais à publier les pages qui vont suivre parce-que trop pleines de souvenirs douloureux. 

Puis, je me suis relue et je me dis que ces souvenirs font partie de notre vie et que ne jamais oublier est un devoir même si, parfois, malgré le temps passé depuis, la peine et la révolte contre un destin injuste sont toujours présents !

 

                  Toute une vie en deux-ans et demie

                                   Première partie

 

 

Bruno et Valérie ne sont pas restés longtemps dans le petit appartement qui avait vu passer Eric, puis Pascal dans ses murs. Celui-ci manquait quand-même de confort, et la maman de notre future belle-fille s’inquiétait par trop, car Valérie, avant de rencontrer Bruno, avait été hospitalisée pour un pneumothorax. J’ai su, plus tard qu’elle avait beaucoup souffert. Elle était allergique à la xylocaïne et certains soins avaient été particulièrement douloureux. Il convenait donc de prendre certaines précautions, tant pour Valérie que pour rassurer une mère toujours un peu inquiète !

Nos deux tourtereaux ont donc déménagé dans un appartement plus moderne, bien qu’au premier étage ! Tous deux avaient grandi  dans un pavillon avec jardin. Pour eux, ce n’était pas vraiment encore l’idéal, mais quand on est jeunes et amoureux, il suffit d’être deux !

Bien que d’apparence fine et délicate, Valérie ne manquait pas de tempérament ! Lors de discussions parfois très animées, au cours de repas avec ses futurs beaux-frères que, soit dit en passant, elle trouvait un tantinet « machos » avec des idées d’un autre temps, elle ne s’était pas gênée pour leur balancer : -Ce n’est pas parce-que vous avez quelque chose entre les jambes que vous êtes plus fort et plus intelligent !(sic) C’était envoyé clair et net ! Le plus fort,  c’est que, une fois l’effet de la surprise dissipé, cela faisait tordre de rire mes grands gaillards ! Ils en ont encore le souvenir, puisque c’est d’eux que je tiens cette anecdote !                                     

Elle s’est vite attelée au renouvellement du vestiaire de Bruno, le trouvant trop « ringard ». C’est vrai que Bruno ne pêchait par l’originalité de ses tenues vestimentaires. Très classique le Monsieur ! Et moi qui le trouvais plutôt chic !

Valérie était secrétaire commerciale et travaillait dans une entreprise de fournitures de bureaux. Bruno gagnait très bien sa vie. Ils auraient dû être heureux !

Bruno regrettant toujours le milieu du graphisme avait très envie de renouer avec ce travail, mais depuis son départ à l’armée, il avait un peu perdu de sa dextérité. La société de graphisme où il avait fait son apprentissage puis travaillé  jusqu’à son départ sous les drapeaux, voulait bien le reprendre mais à un salaire beaucoup moindre que celui, très confortable qu’il avait actuellement , puisqu'il était alors directeur dans une société de photogavure.

Valérie a eu l’intelligence et le cœur de comprendre le besoin de Bruno et n’a pas vu d’inconvénient à ce changement de salaire. Enfin, j’imagine qu’elle avait bien dû hésiter, je n’étais pas dans ses pensées ! Toujours est-il qu’il est reparti de la base dans son travail et qu’elle l’a soutenu.

Je sais que le soir, lorsque Bruno travaillait à sa table de dessin, elle avait coutume de s’asseoir auprès de lui avec un livre et lui tenait compagnie, elle lisant, lui dessinant.

Ils ont voulu un chien. Eric leur a procuré un griffon-korthal d’excellente lignée. A l’origine adorable chiot mais qui va devenir rapidement un chien d’assez bonne taille. Peut-être pas très raisonnable lorsque l’on habite en appartement ! Ils l’ont appelé Edgard !

Ainsi s’est déroulée l’année 1989, puis le printemps 1990. Lorsqu’une petite maison avec jardin s’est libérée non loin de chez nous, ils ont décidé de la louer ! Ce serait plus commode pour le chien ! Il y avait quelques travaux, mais cela n’est pas un problème pour notre famille. Il y en a toujours un, qui a, subitement, un projet quelconque et tout le monde s’y attelle de bon cœur.

Ce samedi- là, le déménagement était en cours au milieu des derniers travaux. Bruno m’a confié que Valérie avait téléphoné à sa maman, car, le mâtin elle avait craché un filet de sang ! Je lui proposais de l’accompagner au cabinet de radiologie, en attendant que sa mère revienne, car, ce jour- là, elle était dans la famille de son ami. Tous les deux ont pris la route immédiatement.

Les radiologues, après l’examen, ont parlé à Valérie à part. Ils lui ont conseillé  de se rendre chez son médecin sans tarder. Nous sommes allées chez le mien qui nous a reçues immédiatement. A l’auscultation, derrière le dos de Valérie, il m’a fait comprendre par une mimique expressive qu’il n’aimait pas ce qu’il entendait. Il a lui-même appelé le service hospitalier qui l’avait soignée précédemment, pour organiser son admission. La pauvre petite était bouleversée, mais avec la volonté et la retenue qui l’ont toujours caractérisée, elle n’a pas fait de commentaires. Moi non plus, j’étais trop inquiète et ne savais pas trop comment me comporter. Je pense qu’elle avait plus besoin de sa mère et de Bruno, pour se laisser aller un peu. Le souvenir de son dernier séjour était assez récent pour qu’elle n’en ait rien oublié.

Nous sommes revenues dans le logement pas complètement installé. Marcelle, sa maman, était arrivée avec Jean-Paul son compagnon.

Il a fallu préparer son sac, et, la suite immédiate : l’entrée à l’hôpital, les premiers examens et résultats, ont été le lot de sa maman et de Bruno. Heureusement Marcelle avait Jean-Paul, qui, d’après ce que j’ai pu voir, a été d’un très grand soutien pour tous les deux.

Je me suis cantonnée au rôle de visiteuse. Valérie avait une grande volonté, toute tendue vers le respect et la dignité. Elle appliquait ses principes à elle-même, tout comme elle jugeait sévèrement ceux qui ne les respectaient pas.

Les mois suivants ont été un véritable enfer.

Chimio ! Rayons ! Opérations ! Elle a eu droit à tout !

L’espoir, tenace, aidait à supporter la situation.

Marcelle alternait avec Bruno, les nuits épuisantes, qui, à l’hôpital, suivaient les séances de chimiothérapie. Après une nuit passée dans le fauteuil auprès du lit de sa fille, elle repartait pour sa journée de travail. Valérie n’aurait supporté personne d’autre auprès d’elle dans ces moments où elle se sentait dévalorisée. Dans les intervalles, elle revenait à la maison, chez sa mère. Le couple s’y était installé. Marcelle et Jean-Paul prenaient soin de Valérie et Bruno partait au travail plus tranquille.

Edgard devenu superbe, n’avait pas droit de cité sur le beau canapé de Marcelle où sa maîtresse se reposait en règle générale. Par contre, comme dit le proverbe : quand le chat n’est pas là, les souris dansent ! En guise de danse, Edgard profitait de la plus petite absence de Marcelle pour se pelotonner auprès de Valérie et se prélasser sur le canapé ! 

                  

  

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04 avril 2013

Quand la santé s'en mêle et s'emmêle .....

 

 La vie est ainsi faîte que les moments difficiles succèdent aux années insouciantes!

 

 Robert et l'hépatite C ...

 

Depuis plusieurs années, épisodiquement, Robert souffrait, d’une dent pensait-il. Comme il n’avait pourtant pas de dent abîmée, le médecin a demandé une scintigraphie et l’on a vu qu’il avait une perforation du plancher du sinus. Peut-être le résultat d’une ancienne extraction dentaire. Il a donc été opéré sans problème particulier. Quelques temps plus tard, il dû se faire arracher une nouvelle dent. Comme sa gencive ne guérissait pas, il est allé voir la dentiste qui n’a pas été satisfaite en voyant la consistance du caillot. Il faut dire qu’il avait saigné toute la nuit ! Il a donc fallu consulter de nouveau notre médecin qui, à la palpation, lui trouvant un gros foie, ordonna une prise de sang dont le résultat se révéla inquiétant. Un problème hépatique était évident. Transaminases et gammas (GGT) élevés et plaquettes très basses. Rendez-vous fut pris chez un spécialiste (soi-disant très renommé sur la place de notre ville), lequel décida de pratiquer une biopsie du foie.

 Notre médecin se déplaça lui-même pour venir nous en apporter le résultat : CIRRHOSE ! Il se disait très ennuyé car il ne comprenait pas cette conclusion. Pourtant, le résultat était incontestable. Nous connaissant depuis trente ans, il savait très bien que mon mari n’avait jamais abusé des boissons alcoolisées quelles qu’elles soient. On fit une recherche d’hépatites A et B, qui s’avéra négative.

Une CIRRHOSE ! Robert vécut très mal ce diagnostic. Lui qui, sur les chantiers buvait des litres de lait quand les autres travailleurs comme lui se donnaient de l'énergie avec du vin et de la bière! Pas question d’en informer qui que ce soit et encore moins les enfants ! Ceux-ci n’ont jamais vu leur père ivre ? Jamais ! 

Dès lors, il n’a plus bu que de l’eau, sans se permettre le plus petit écart. 

Nous avons gardé cette information secrète pendant un an. Il a refusé de s’arrêter de travailler, malgré une grande fatigue et la perte de dix kilos.

A la fin de l’année, notre médecin de famille prit sa retraite pour cause de maladie et confia le dossier de mon mari à son successeur. Nous étions à la fin de l’année 1989 et l’on venait de découvrir le virus d’une nouvelle hépatite la : C. Il en fit faire la recherche dans une nouvelle prise de sang.

Robert rentrait du travail en fin d’après-midi, lorsque le docteur est arrivé pour nous en apporter le résultat positif, et, dans la foulée, remplir le dossier d’arrêt de travail et de déclaration de longue maladie !

Après son départ, nous sommes restés un moment sous le choc ! Pourtant, aussi étrange que cela paraisse, Robert était soulagé. Il avait enfin une explication : cirrhose post-hépatite C, ainsi que l’attestait le courrier que nous devions apporter au spécialiste lors du rendez-vous prochain. De plus, famille et enfants pouvaient être mis au courant. C’était même une obligation car l’on ignorait encore tout de la maladie et des précautions éventuelles à respecter.

 Je me demande encore : comment Robert avait-il pu se contenir, lors de la visite chez le spécialiste ?

 Nous en sommes repartis sans un mot, tellement nous étions outrés !

Un moment auparavant, nous étions assis, face au spécialiste, qui depuis notre arrivée, les résultats de la prise de sang et de la recherche de l’hépatite C, devant lui, sur son bureau, semblait réfléchir profondément, pour, finalement, demander à Robert, qui, l’espace d’un instant, en est resté sans voix :

-Vous êtes-sûr que vous n’avez pas rechuté ?

En dominant sa colère, Robert lui a jeté :

- Je ne parle pas français ? Je vous dis que je n’ai jamais abusé d’alcool !

 La minute suivante, (obligée de régler la consultation, j’aurai bien aimé lui faire bouffer le chèque), alors que Robert avait déjà ouvert la porte du cabinet, nous étions dehors, nous jurant bien de ne plus jamais remettre les pieds chez ce « C.. » qui n’a jamais voulu reconnaître que l’hépatite était responsable de la cirrhose.

Et non pas l’alcool.                                                                                                         

Nous avions, par chance, une nièce travaillant à la faculté des sciences dans le service qui étudiait, justement, les hépatites et les biopsies des foies transplantés. Elle en parla au professeur qui dirigeait le service, et nous obtint rapidement un rendez-vous.

Notre médecin, le remplaçant, approuvé par l’ancien, s’était chargé de faire reconnaître par notre assurance la cause réelle de la cirrhose. Le diagnostic était important, la cirrhose faisant partie des clauses d’exclusion dans le code des assurances. Grâce à eux, nous avons été rétablis dans nos droits, l’hépatite étant prouvée.

Dès cet instant, enfin, Robert a eu confiance dans l’équipe médicale. Après lui avoir dit, que tôt ou tard, la seule solution serait une greffe du foie, le professeur l’a orienté vers le médecin du service hospitalier spécialisé dans les hépatites. Celui-ci était partisan de repousser au  maximum  la transplantation. Il a proposé à Robert de réfléchir à l’éventualité de participer à l’un des premiers protocoles concernant l’hépatite C.

Robert n’a pas hésité longtemps avant de signer son consentement. Trois mois plus tard, il a commencé la première partie du traitement par INTERFERON.

A l’issu du premier traitement, résultats moyens. Quelques trois mois de repos, puis deuxième traitement en augmentant les doses.

 A l’issue des six mois supplémentaires  d’injections d’interféron  accompagnés de leurs inévitables effets, la recherche d’ARN (charge virale du virus) s’est enfin révélée négative. Même le médecin était satisfait, du moins provisoirement. Il avait raison de ne pas être trop affirmatif et de programmer une recherche du virus, un mois plus tard. Envolé le soulagement et l’espoir ! Résultat positif ! Le protocole, dans son cas prévoyait de recommencer une nouvelle période de piqûres. La réaction de Robert, au traitement, était particulière, car, à la fin de chaque cycle, ses résultats d’analyses se normalisaient pour rebondir le mois suivant, aussi inquiétants qu’au début de la maladie.

Certains participants du protocole n’ont pu le continuer, car ils n’ont pu en supporter les effets sur le moral tant du malade  que par répercussion sur son entourage.

 Un nouveau médicament ayant fait son apparition et surtout, Robert toujours aussi battant, après un temps de repos, un nouveau protocole fut mis en place.

A l’interféron sont venus s’ajouter les comprimés de RIBAVIRINE.

 Double médication, doubles effets secondaires. Pour le coup, Robert a dû faire preuve de toute la volonté qu’il a toujours possédée. Inévitables: les saignements de nez, les moments de déprime, d’énervements etc…Trois soirs par semaine, après la piqûre et cela malgré la prise préventive de paracétamol, les frissons arrivaient en premier, puis les maux de tête, enfin, en bloc, tous les symptômes d’une grosses grippe déferlaient dans son organisme , jusqu’au lendemain. Après un jour de repos, le même scénario recommençait.  Jamais il ne se plaignait, mais nous qui le connaissions bien, sentions combien il tendait toute sa volonté pour que la vie continue normalement autour de lui. A part les soirs d’injection, il était toujours présent pour tenir son rôle comme auparavant. Bien que le service hospitalier nous ait assuré plusieurs fois, qu’il n’y avait pas de risque de contamination (à part par le sang) nous avons instauré des règles d’hygiène sévères pour les enfants et le reste de la famille. Robert n’osait plus embrasser les petits. D’ailleurs, depuis, il n’est plus jamais allé à la clinique lors de la naissance de nos petits-enfants. Il attendait qu’ils rentrent chez eux, ou qu’ils viennent à la maison, et ne les touchait pas tant que c’était des nourrissons.Pourtant, l’année 1990 commençait bien !   Très bien même !

Le douze janvier de cette même année, MARC, le deuxième enfant d’Eric a vu le jour !

Pas comme Lydie quatre ans plus tôt ! Pas de courses entre l’hôpital et les protagonistes de cette journée.

Il avait quand même le problème sanguin identique à celui de sa sœur, mais beaucoup moins prononcé, et, heureusement pas le staphylocoque ! Il a fallu longtemps pour que tout rentre complètement dans l’ ordre, mais il n’est pas passé par la case hôpital ! Nous le trouvions particulièrement sage comme bébé, avant de savoir que cette apparente sagesse était la conséquence de son problème sanguin (carence  en globules rouges). En principe, il fallait patienter, le temps devait, petit à petit améliorer sa formule sanguine.

  Du coup, nous étions très impatients de le voir devenir moins sage !

 Il s’est rattrapé plus tard, bien qu’il n’ait jamais été un enfant difficile ou turbulent. Plutôt calme habituellement, dans de rares cas, il était capable de véritables colères. Dans ces moments -là il valait mieux le laisser se calmer, pas de lui-même ! Seulement jusqu’à ce que son père intervienne et le petit malin filait alors dans un coin, ou dans sa chambre pour bouder !

Mais c’était peu fréquent. Il fallait vraiment l’avoir poussé à bout ou l’avoir vexé pour qu’il explose !

Bruno sera son parrain. Sa tante maternelle sa marraine.

 

En ce qui nous concernait c’était notre :

 

 PREMIER PETIT FILS !

  

 La famille s’agrandit !                                                                    

 

 

 v

 

 

 

 

 

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02 avril 2013

Après le service militaire....

Même lui en a marre de ce temps ! 

RAW11

 

Je me replonge dans mes souvenirs .... 

                         

                                                                                                                                                                                                                                                Après  le service  militaire

 

 

Pascal, normalement libéré le premier, entra dans une société s’occupant de l’entretien des chaudières.

Il prit la suite, dans le petit appartement qu’habitait Eric, après que celui-ci ait déménagé pour un appartement voisin, un petit peu plus grand.

Il n’est pas resté longtemps dans cette entreprise. Dès qu’il  l’a pu, il a, à son tour, acheté une remorque friterie et sa tournée de fêtes, qu’il a tenue pendant deux ans. Puis, il a rencontré celle-que, pour le moment, j’appellerai sa copine.

Parallèlement à la friterie, travaillant principalement le week-end, il a monté avec son copain, une petite société : DEPANEXPRESS . Ils faisaient un peu de tout : de la plomberie à l’élagage, de la pose de pavés autobloquants aux petits dépannages divers.

Malheureusement, ils avaient autant l’un que l’autre, beaucoup de mal à se faire payer correctement leurs services, surtout lorsqu’une personne âgée et visiblement seule, faisait appel à eux lors de pannes de chauffage ou de petits problèmes domestiques.

En cela, je retrouvais le comportement de mon mari, qui, lorsque son chef l’envoyait fermer le compteur d’eau pour cause de factures impayées, refusait de le faire si le problème concernait une personne âgée ou une famille visiblement dans le besoin. Dans ces cas-là, il revenait et disait à son chef qu’il n’avait trouvé personne à l’adresse indiquée, donc, il n’avait pas pu effectuer la fermeture du dit compteur. Ainsi, il procurait un répit aux personnes en difficultés, qu'il avait pris soin d'avertir en douce!

La copine de Pascal était venue s’installer chez lui. Elle deviendra la mère de ses deux enfants : Jimmy et Jordan.

Ce n’est pas en faisant du sentiment que l’on gère une société, fut-elle petite. Donc, exit Dépanexpress, avant de s’endetter. Avec le recul, son père et moi, pensons qu’il était trop jeune pour ce genre d’aventure : même pas vingt ans !

Pour compléter le tableau, sa tournée de fêtes ne s’est pas révélée rentable. Il a donc revendu sa remorque. Eric a récupéré la seule fête valable de la tournée et Pascal est entré dans une petite entreprise de serrurerie, ferronnerie, soudure etc… qui appartenait à une connaissance de la famille de sa copine.

 

Bruno, lui, libéré six mois plus tard, fut embauché dans une société de photogravure. C’est à ce moment-là qu’il a rencontré Valérie, lors d’une soirée en boîte. En fait, il la connaissait déjà pour l’avoir vue, alors qu’il était plus jeune, quand il allait, avec son frère et deux autres copains, épier, derrière les vitres, le cours de danse moderne auquel elle participait. C’était interdit, bien sûr ! C’est ce qui donnait du piment à la chose ! Lorsqu’ils arrivaient, faisant pétarader leurs mobylettes, il se créait autour d’eux, une réputation de garçons non fréquentables ! Les jeunes filles sérieuses du cours se tenaient à l’écart, non sans risquer, j’en suis persuadée, quelques regards furtifs. Evidemment cela perturbait quelque peu le cours et le professeur était mécontent. Il faut croire que leurs destins étaient de se rencontrer, puisque déjà, à ce moment- là, il l’avait remarquée.

Voici quelques lignes tirées des écrits de Bruno :                                                                                                « Je me souviens précisément du moment où mon regard a croisé celui de Valérie qui était d’ailleurs accompagnée de son petit copain. Elle avait des yeux bleus très clairs et d’une grande intensité. Blonde, un teint de porcelaine, d’une taille sensiblement identique à la mienne, son sourire accompagnait chacun de ses gestes. Ses yeux se plissaient et elle rougissait rapidement dès-que quelque chose la mettait mal à l’aise. Ce fut le cas lors de notre rencontre »

Durant l’année suivante, faisant foin du cérémonial de présentation à la famille, Bruno est arrivé, en coup de vent, accompagné de Valérie.

C’était un dimanche après-midi. J’avais entrepris le grand nettoyage des placards de notre chambre. C’est dans le plus grand désordre étalé sur le lit, que j’ai reçu ma belle-fille pour la première fois.

Si l’on peut appeler cela, recevoir ! J’aurais bien aimé être un peu plus présentable.

Bruno est entré directement par la baie vitrée de la chambre, puisqu’elle était ouverte, pourquoi utiliser la porte d’entrée ! Valérie sur les talons !

Effectivement, c’était une ravissante jeune fille. Beaucoup de retenue, tout autant de classe. Je l’avais trouvée délicate et raffinée. Plutôt menue, la gymnastique qu’elle pratiquait avec bonheur et réussite l’avait dotée d’un physique très harmonieux. Elle s’accordait  vraiment bien avec mon fils. Ils formaient un joli couple particulièrement bien assorti.

Je ne me souviens plus s’ils ont pris un café ou une boisson quelconque, dans la cuisine, tout naturellement. Puis ils sont repartis rapidement, comme si cette visite n’était pas la première. La visite en coup de vent que l’on fait habituellement.

C’était la première fois que Bruno amenait une copine à la maison !

Un peu plus tard, recommencement ou plutôt continuité de l’histoire familiale, la copine de Pascal attendant un bébé, le couple a déménagé pour un logement plus grand.

ET :   Bruno et Valérie se sont installés, à leur tour, pour un court passage, dans le logement, que, après Eric, Pascal laissait libre !

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Souvenirs de Pâques ...

Pour ce week-end de Pâques, je n'avais pas vraiment prévu de céder au cérémonial de la recherche d'oeufs et autres chocolats, soi-disant tombés dans le jardin. Les enfants sont grands, de  même que les petits- enfants! Grands, mais quand-même gourmands !!!!  J'avais juste prévu , ainsi que je l'ai dit hier poussin et canard en peluche pour la dernière génération de la famille :les petites jumelles! Et pour Louis, 10 ans, ce n'est pas encore un grand!!! Gros oeuf!!!!

Donc, j'étais tranquille ! C'était sans compter l'habitude!  Au cours d'une conversation téléphonique avec Lydie j'ai compris que Marine (22ans) avait parlé des "cloches" qui, chez mamie allaient passer! mmmm!! 

Alors, je me suis précipitée et j'ai fait le plein d'oeufs en chocolat pour tous! Enfin, tous.....les grands-petits enfants !!! Je suis prête, ils peuvent venir !!! MDR ! Je leur ai pris des oeufs géants ki...r! Sauf Lydie qui n'aime pas trop le chocolat , elle aura un oeuf en nougat garni de macarons!

En attendant, je me souviens....

Du temps de mes parents, le mâtin de Pâques je n'ai pas souvenir d'avoir eu à chercher quoi que se soit que les cloches auraient perdu dans le jardin.

Ce mâtin là, tous les enfants, mariés ou pas se retrouvaient pour un "casse-croûte" qu'ils n'auraient manqué pour rien au monde!  Tous étaient là dès neuf heures . Ma  mère était au fourneau, enfin , à la vieille cuisinière à charbon que nous avions dans la cuisine. Sur la table trônaient les oignons épluchés, les aillets du jardin,les  pommes de terre en dés  et dans un grand saladier une quantité d'oeufs pondus par les poules qui occupaient le poulailler au fond du jardin.

Et... démarrait la cuisson des différentes omelettes! Il y en avait pour satisfaire les goûts de chacun !

Et, ce qui devait être un "casse-croûte" devenait l'omelette de Pâques et se transformait en un repas qui durait jusqu'au repas de midi, qui, du coup, n'avait nul  besoin d'être très conséquent!

Lorsque j'ai eu mes enfants, pendant quelques années j'ai tenté de faire pareil recevant nos nombreux frères et soeurs ! Puis, j'ai cessé une année pour voir, et personne n'a pris le relais. Alors j'ai laissé tomber et je me suis focalisée sur nos enfants .

Les cloches ont donc, depuis, survolé notre jardin et les jours précédents les enfants ont passé de nombreux après-midi à peindre et décorer des oeufs durs que nous mangions à la croque-au-sel! C'est curieux, ils étaient meilleurs que les oeufs habituels!

Je me souviens aussi, que ce jour là, les gens sortaient les tenues d'été, et les robes blanches en particulier étaient étrennées. Je regardais avec admiration et envie les gamines de mon âge qui avaient le chance d'être aussi jolies dans leurs nouvelles toilettes.

Il faut dire qu'en ce temps là, les saisons étaient de vraies saisons! Le printemps  au  le printemps! L'été  en  été!   l'automne et l'hiver à l'avenant !

On pouvait se projeter! 

Avant de cliquer sur publier, j'ajouterai bien deux petites réflexions des coquines qui viennent de venir chercher leur jouets! On ne s'entendait plus ! Elle étaient ravies!

Lorsqu'elles sont parties , alors que je reboutonnais leur manteau, l'une m'a gentiment dit : tu as des mains de vieille !..mamie!

Quand à l'autre qui n'arrêtait pas de jacasser et à qui sa mère a dit : arrête! tu me saoûles ! elle a rétorqué : mais... j'ai une bouche, c'est fait pour parler !

Quelles amour d'enfants !!

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01 avril 2013

Ce n'est pas un poisson d'avril !

Un petit rajout à ma note de hier,concernant mes souvenirs de Pâques, puisque aujourd'hui nous sommes le 1er avril, voici un poisson, un vrai, qui a été pêché par le fiston d'à côté!

Celui-ci  ayant été déjà mangé, il attend impatiemment l'ouverture du carnassier pour regarnir son congélateur (et le nôtre) !!!!!!!!

L'air de rien , lorsque l'on débite un poisson de 11kg par exemple, celà fait pas mal de "steack"

 

le brochet de pascal 230911 009Contenu

 

Et ce n'est pas un poisson d'avril !

Posté par emiliacelina à 16:17 - Commentaires [5] - Permalien [#]
30 mars 2013

Au tour de BRUNO...

Week-end de Pâques, et bien entendu je prévoyais de semer allègrement oeufs et cocottes en chocolat. J'ai bien fait d'en parler avant à Lydie, car les petites vont tellement en avoir de part et d'autre de la famille , que même avec l'aide des parents pour les manger, ils n'en viendront pas à bout! De plus, on ne gave pas des pitchounes de 3 ans de chocolat!

J'ai trouvé un poussin et un canard, tout doux et tout mignon qui vont bien leur plaire! Je pense que la maman va être moins enthousiaste car ils font l'un et l'autre un boucan infernal! Ce sont les ténors du piou-piou et du coin-coin !

 

 

BRUNO .....à son tour....

 

Son frère était parachutiste depuis six mois, lorsque Bruno est parti  à son tour. Il va sans dire qu’il a également opté pour le corps d’armée des « paras ». Il a été affecté à Pau à l’ETAP (l’école des troupes aéroportées ou 3e RCP) En plus du brevet français, il y a obtenu le brevet anglais de parachutisme. A son sujet aussi, nous avons eu droit à quelques révélations :

Par exemple : il aurait eu un désaccord avec un sergent particulièrement désagréable. En réalité, j’ignore le fin mot de l’histoire. Toujours est-il que le sergent en question s’est retrouvé le nez cassé, grâce aux bons offices de notre fils et que celui-c’était retrouvé au « GNOUF » ! 

 Nous habitions près de Bordeaux, région viticole par excellence comme tout le monde le sait. Arguant de sa prérogative de Bordelais, Bruno s’était institué fournisseur de vins de qualité à un prix défiant toute concurrence.

 Dans cette affaire, il s’était associé avec un copain créole, mesurant plus d’un mètre quatre-vingt et pesant plus de cent kilos.

 Sage précaution ou simple affinité ?

Un peu des deux, je pense, car la vérité était que ces deux malins, achetaient un simple vin de table en « cubi » et en remplissaient  des bouteilles de 75cl. Inutile de vous expliquer le bénéfice réalisé.

Ce petit trafic a duré jusqu’à ce que Bruno soit convoqué dans le bureau du sergent (pas le même que précédemment, heureusement !).Manque de chance celui-ci était fin connaisseur en vins.

Conséquence, cette fois, c’est Bruno qui aurait pu se retrouver le nez mal en point. Il a été conduit, manu militari, pour un séjour en prison !

Bilan final : trois mois de plus sous les drapeaux !

Il y a donc eu une période où nous avions nos deux fils militaires en même temps.

J’avais trouvé plus commode, lorsque j’envoyais à l’un des nouvelles de la famille, lui contant chacun des évènements nous concernant, de photocopier ma lettre pour le second. Dommage ! Je ne pouvais pas faire de même avec les colis !

Autant pour l’un que pour l’autre, je suis persuadée que nous n’avons appris ou su voir que la moitié de l’iceberg.

Combien de leurs aventures restent encore immergées ?    

 

pour le blog n°2 057

 

 

Posté par emiliacelina à 21:59 - Commentaires [7] - Permalien [#]