04 mai 2013

La transplantation...suite...

Nous ne pensions pas, à l'époque, que nous serions encore là, ... et  surtout encore deux, 11 ans après !

Puisque cette aventure, c'est plutôt bien terminée, je vous livre la suite et vous souhaite une bon dimanche !

La transplantation ...suite...

Le 23 au matin, dès la première heure, j’ai appelé le service. La transplantation était terminée et s’était bien passée. Effectivement, ma visite n’était pas souhaitée, et, surtout, elle n’aurait rien apporté à Robert, qui n’en aurait pas conscience. Les doses massives de drogues diverses devaient le maintenir dans l’inconscience plusieurs jours.

 Le surlendemain, j’y suis quand même allée. Dans le couloir, que maintenant je connaissais, j’ai appuyé sur le bouton de la sonnette réservée aux visiteurs des malades transplantés. Par l’interphone, une infirmière m’a interrogée sur mon identité et mes liens de parenté avec le patient, puis, comme c’était ma première visite, elle est venue me chercher pour m’expliquer la procédure lors des visites. Les visiteurs devaient toujours se signaler par la sonnette et donner leurs identités, la porte s’ouvrait alors commandée par l’infirmière. Puis l’on accédait à une toute petite pièce, que j’ai appelé  le SAS  dans laquelle se trouvaient : blouses, coiffes, chaussons et masques stériles. Une fois équipé le visiteur devait soigneusement se laver les mains, puis l’infirmière venait vous chercher pour vous conduire auprès de votre malade. Il ne fallait pas oublier avant même de sonner, de déposer son sac dans le casier de consigne, situé dans le couloir. Pour cette première visite, dès la porte du SAS franchie, j’ai pénétré sur les talons de l’infirmière, dans le secteur stérile. Les chambres des opérés donnaient sur un couloir dans lequel se tenaient en permanence, les infirmières. Les façades des chambres étaient vitrées en totalité, la surveillance était aisée et continue.

L’infirmière m’a conduite devant la vitre de la chambre de mon mari, j’ai tout de suite pensé à un aquarium. Derrière la vitre, de nombreux appareils occupaient presque toute la place. Le lit, médical, au centre, était occupé par mon mari relié à toutes ces machines. C’était assez impressionnant. Il n’avait aucune conscience de ma présence. Je suis restée un instant, derrière la vitre, puis je suis repartie, que faire d’autre ? Je devais rendre compte aux enfants qui s’inquiétaient beaucoup.

Après l’inconscience, sont venus les jours où les drogues l’ont fait délirer. Heureusement, les infirmières m’avaient avertie que c’était normal. Il était persuadé qu’un docteur lui voulait du mal, menaçant même sa vie. Il s’agitait trop et il a fallu le replonger dans un sommeil artificiel et l’attacher. Nous étions au sixième jour après la greffe. Il s’était réveillé, mais n’avait pas toute sa conscience. Lorsque l’un de nos enfants, ou moi allions le voir, il regardait avec inquiétude la silhouette toute de blanc vêtue, qui, derrière la vitre semblait l’épier. Le connaissant, j’étais persuadée qu’il devait se dire : qu’est-ce qu’ils me veulent ? Ils n’ont pas autres choses à faire que de rester plantés là, à me regarder ? L’infirmière me rassura encore, lorsque les drogues seraient éliminées, la conscience lui reviendrait d’un seul coup.

Le jour d’après, j’ai pu lui parler par le biais du téléphone, mais la conversation était plutôt décousue. Le masque et la tenue stérile l’empêchait de reconnaître son visiteur. C’était vraiment très curieux, d’entendre Robert, père solide sur lequel chacun pouvaient compter en toutes circonstances, menacer de se plaindre à ses enfants qu’on lui voulait du mal ! Malgré la situation, nous étions obligés d’en sourire, ces mots étaient tellement incongrus dans la bouche du chef de famille qu’il est !

Les infirmières avaient raison. Le onzième jour, en arrivant pour la visite habituelle, j’ai eu la surprise de le trouver en chambre stérile normale. Les drogues avaient, depuis la veille, cessé leurs effets et Robert avait retrouvé toute sa lucidité. Il récupérait vite et les infirmières devaient le raisonner : doucement, monsieur, vous ne venez pas de subir une opération de l’appendicite !

 Il a toujours été un excellent malade. Plaisantant avec le personnel hospitalier, supportant le mal sans se plaindre, acceptant les prises de sang très fréquentes. Il avalait stoïquement quantité de comprimés car on lui avait enlevé toutes les perfusions. Il était très heureux de retrouver sa liberté de mouvements. C’était au moment de la coupe du monde de foot, et, dès-que, le soir, l’infirmier avait un instant, il venait dans sa chambre regarder les matchs avec lui. Les plateaux de repas, stériles, n’étaient pas très apétissants, mais il se forçait et mangeait ce que l’on lui présentait sans rechigner. Pour reprendre des forces, il arpentait inlassablement, le couloir du service, puisque les médecins lui conseillaient de marcher. Ils n’ont pas eu besoin de le lui dire deux fois !

Il est revenu chez nous au bout de dix-huit jours, refusant catégoriquement d’aller quelques temps en maison de repos. Eric est venu le chercher, faisant office de taxi, il avait une voiture très confortable. Robert préférait cette solution à l’ambulance.

Deux jours après, nous étions de retour dans le service, pour trois jours. Pour simplifier, je dirais que d’ici à la fin de l’année 2002, nous avons dû repartir à l’hôpital pour de brefs séjours de trois ou quatre jours, sept fois. Il s’était produit un problème de voies biliaires (un rétrécissement) et l’on a dû poser des prothèses pour en élargir la circonférence. Une jaunisse aussi nous a fait très peur.

Cela n’a pas empêché ma tête de mule de mari, de faire quand même, en septembre, l’ouverture de la chasse. C’est l’un des pires souvenirs de ses fils Pascal et Bruno qui l’accompagnaient. Robert avait encore une poche, reliée à un drain biliaire. Il avait absolument voulu que l’on fixe ce drain et la poche à l’intérieur de la jambe de son pantalon de chasse. Si je ne l’avais pas fait, il l’aurait fait lui-même ! Les enfants étaient morts d’inquiétude et se fichaient de la  chasse comme de l’an quarante ! Ils s’en rappellent encore avec émotion. Ils n’ont « chassé » que la demi-journée. Encore heureux ! Parce-que de son côté, Robert voulant que les garçons chassent tranquilles (impossible !) s’écartait d’eux, et que ses fils, tout en le surveillant de loin, ne voulaient pas avoir l’air de l’épier. Leur père aurait été très capable de les remettre vertement à leurs places.

En décembre est apparu le diabète. Conséquence : piqûres d’insuline trois fois par jour.

En janvier 2003 pose de nouvelles prothèses biliaires. En avril on les enlève. Les analyses sanguines ne sont pas correctes. En mai, il faut recommencer le traitement par interféron. En juillet pose de nouvelles prothèses. L’on a arrêté l’interféron. Robert réagissait mal et les analyses étaient très perturbées. Finalement, il se pourrait qu’il ait fait, à ce moment- là, un petit rejet. A l’arrêt du traitement les choses rentrèrent dans l’ordre. Nous voyions le docteur tous les mois, puis tous les quatre mois. Suivre les recommandations du docteur qui prônait la pratique de la marche, n’a pas causé de problème à Robert. Il partait, tous les matins, faire de longues promenades, au moins quatre ou cinq kilomètres, sauf, bien sûr durant la saison de la chasse où il ne comptait pas les kilomètres. Même ses fils ont toujours eu du mal à le suivre. Il ne marche pas vite, mais à une allure très régulière et continue.

Pour apprendre à gérer son diabète, les premiers temps, un infirmier est venu régulièrement à la maison. Lorsque celui-ci franchissait notre portail, il sifflottait  toujours allègrement. Nous étions ainsi avertis de son arrivée, sans qu’il ait besoin de sonner. Robert l’avait surnommé « rossignol » lorsque nous étions entre- nous. Un jour où il venait comme à son habitude, notre petit fils, Jordan, présent, l’avait salué d’un très poli : bonjour, monsieur rossignol !

Dans la vie, il faut savoir apprécier les belles choses lorsqu’elles arrivent. Nous n’avons pas eu besoin de chercher bien loin, une raison de nous réjouir au cours de cette année 2003.

 C’est notre petit Louis qui nous l’a fournie. Louis, c’est le troisième enfant de Bruno.

Il est né en Mars, juste avant le printemps ! Il est le dernier de nos petits- enfants. Nous en avons huit, maintenant :

Lydie, Marc, Jimmy, Jordan, Marine,, Margot, Marie et Louis ils sont tous très attachants et nous sont très attachés également.

 

 

 

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03 mai 2013

Robert et la transplantation...

Ces trois derniers jours ont été bien remplis !

Mercredi, une visite au centre équestre pour passer la journée avec Eric qui travaillait mais qui a pû passer avec nous de longs moments et se régaler du repas que je leur ai concocté! Je suis même allée avec Sylvie faire un tour au casino de la plage. Je n'y étais jamais entrée et j'étais curieuse de voir comment celà se passe dans ces lieux! Et bien! J'ai vu ! J'ai perdu 20 € dans la machine à sous ! Nous aurions mieux fait d'aller manger des crêpes au salon de thé !

Jeudi, nous sommes allés à Arcachon chez la soeur de Robert qui nous a invités à manger le midi . Nous avons passé une excellente journée et beaucoup ri en nous remémorant des moments du passé !

Aujourd'hui, accompagnée de mon frère et ma belle soeur, ainsi que ma belle -soeur (celle qui est ma nièce et qui a épousé le frère de Robert) nous sommes allés au cimetière refleurir et nettoyer la tombe de mon père et de ma mère, qui a bien souffert de ce long hiver ! Pas dans la tristesse et même avec plaisir! Le plaisir de la bonne conscience du travail de souvenir accompli .

Allez! Je vous donne en pâture une page de plus ...

ROBERT et la transplantation ....

 

Depuis 1997, Robert ne suivait plus aucun traitement. Si les différents protocoles subits avaient freiné la progression de l’hépatite, elle était toujours là, sournoise et tout aussi dangereuse !

Nous nous étions habitués à cette situation, car Robert, ne ressentait pas de douleurs particulières. De plus, avec la volonté qui fait partie de sa nature, il ne se plaignait jamais, et vivait donc, tout à fait normalement.

Deux fois par an, il passait une IRM. Nous savions qu’au stade de sa maladie, la prochaine étape pouvait être le cancer du foie. Comme depuis cinq ans, il n’y avait, apparemment pas d’évolution, nous espérions que les traitements précédents avaient retardé cette échéance et ralenti la puissance du virus de l’hépatite.

Que Robert doive passer, fin 2001, l’habituel examen, ne nous stressait pas particulièrement. C’était presque devenu la routine.

A l’issu de l’examen, comme à notre habitude, nous attendions assis sur le banc, dans le couloir qui menait à la salle d’examen, que le médecin vienne, à la demande expresse de Robert, nous rendre compte de ses observations après l’IRM.

L’examen avait montré une tache sur le foie. Il était soi-disant trop tôt pour en tirer une conclusion. Il se pouvait qu’un nodule de cette taille (environ 1mm) disparaisse de lui-même. Il fallait revenir faire une IRM de contrôle d’ici deux ou trois mois, pour vérifier l’évolution, si évolution il y avait.

Nous sommes repartis, assez inquiets, nous savions très bien que ce pouvait être le début des complications.

En février 2002, l’IRM suivante, non seulement a confirmé la présence de la tâche, mais également son augmentation. Le nodule mesure maintenant  trois millimètres.

Après l’examen, comme d’habitude, le médecin est venu nous l’annoncer. Il avait compris que nous savions ce que cela signifiait. Il nous a accompagnés jusqu’à la porte et m’a serré la main en me disant « bon courage ! »

Nous avons marché jusqu’à la voiture sans échanger un mot, le temps d’assimiler la nouvelle. Une fois installé au volant, Robert, a lâché : bon ! Eh ! Bien ! Si c’est comme cela, qu’est-ce-que tu veux y faire ? On verra bien ! Et il a tourné la clef de contact.

Ce résultat connu, nous nous sommes rendus au rendez-vous prévu avec le médecin hospitalier qui suit Robert depuis douze ans.

 J’ai toujours accompagné mon mari à toutes les consultations. Il m’aurait été trop difficile de rester à la maison à attendre. J’avais besoin d’entendre les paroles des médecins en même temps que lui. C’est pour cette raison que je dis souvent nous lorsqu’il s’agit de ces évènements.

Lorsque le médecin a évoqué, avec ménagement, l’éventualité de la transplantation, il a suggéré à Robert d’y réfléchir avant de donner son accord.

La réponse a fusée, ferme et immédiate.

-Si c’est la seule solution, je vous fais confiance. C’est d’accord mais :

-Si tout se passe bien, combien de temps puis-je espérer vivre, après la greffe et dans quelles conditions ?

Le docteur : Nous avons des patients qui ont 10, 15, et 20 ans de greffe.

Robert : D’accord, parce-que, si  c’est pour deux ans, ce n’est pas la peine ! Et quel sera le suivi ?

Le docteur : Vous aurez, au début plusieurs médicaments, puis ensuite, seulement deux fois par jour, des comprimés d’immunosuppresseurs, à vie, pour éviter le rejet. Dans votre cas, toutes les conditions sont réunies pour que la transplantation s’effectue sans complication. Votre état de santé général, par ailleurs est bon. Vous retrouverez une vie normale. Cependant, je ne vous le cache pas, il s’agit d’une intervention très lourde.

Robert a confirmé son accord.

Son cas allait être étudié lors de la prochaine réunion du staff regroupant le personnel médical responsable des transplantations, qui se réunissait tous les jeudis. Nous serons informés aussitôt de la décision.

J’ai filé, sitôt rentrée, acheter un téléphone portable car nous n’en avions pas encore. Je ne voulais surtout pas risquer d’être absente si l’on nous appelait. Je n’allais pas rester rivée au fixe à attendre qu’il sonne !

Robert, comme à son habitude, n’a rien changé à son comportement. Il allait toujours trouver ses fils à l’imprimerie et s’occupait de l’emballage. Il ne voulait pas que les enfants s’inquiètent. Comme si c’était possible !

La décision  a été prise rapidement. Robert bénéficierait d’une transplantation si tous ses examens préliminaires étaient bons.

Et a commencé la ronde des allers retours entre l’hôpital et la maison, pour effectuer les examens en question. Rien n’était laissé au hasard. De la vaccination contre l’hépatite B, au dentiste etc…Il a rencontré les différents chirurgiens susceptibles de pratiquer l’intervention, l’anesthésiste, la secrétaire du service des transplantations qui nous a fait visiter le service réservé aux greffes hépatiques, hormis, bien sûr, le fond du couloir qui s’ouvrait sur la partie stérile. Robert a également du rencontrer le psychiatre ou psychologue (je ne sais pas trop !)

Depuis toujours, avant qu’il ne soit malade, nous savions que la volonté de Robert en cas d’accident, était de donner ses organes. Donc, le fait d’être receveur (à part d’être immensément reconnaissant à la famille du donneur) ne lui posait pas de problèmes particuliers.

Le 17 mai, j’ai reçu un coup de téléphone m’avisant que mon mari était inscrit sur la liste d’attente des demandeurs d’organes. Le 18, nous avons reçu un courrier de confirmation.

Le mercredi suivant, le 22mai au soir, nous venions juste de nous mettre à table, lorsque  le téléphone a sonné. Robert a affirmé : c’est pour moi ! J’ai pris l’appel en espérant, pas déjà ! Effectivement, la secrétaire, au bout du fil, nous informait qu’un foie était disponible. Nous devions nous rendre à l’hôpital. Pendant que Robert prenait une douche, j’appelais les enfants, encore à l’imprimerie à ce moment- là. Pascal est arrivé à la maison pour nous conduire et me ramener ensuite. J’avais préparé une valise, comme pour une hospitalisation normale, mais avec beaucoup plus de soin. Sur le chemin de l’hôpital, nous nous sommes  arrêtés à l’imprimerie pour qu’Eric et Bruno embrassent leur père. Nous étions tous très tendus. Nous avons repris notre route, après que Robert leur ait glissé à tous les trois : bons, les «  drôles », vous savez qu’il y a un risque. Si cela se passe mal, vous ne vous prenez pas la tête, vous continuez à bosser. Quand c’est l’heure, c’est l’heure ! C’est la vie !

A l’arrivée à l’hôpital, Robert a aussitôt été happé par les infirmières, pendant que j’allais remplir les formalités d’admission. Pascal attendait dans le couloir.

Lorsque je suis revenue, j’ai juste eu le temps d’embrasser mon mari, en chemise d’hôpital, entièrement rasé, y compris la moustache, puis l’infirmière l’a entraîné vers le fond du couloir. Un peu dans un état second, nous avons vu le fond du couloir s’ouvrir par le milieu, puis se refermer doucement sur leurs talons.

Et nous nous sommes retrouvés, Pascal et moi, dans un couloir vide. Cela avait été si rapide que nous n’avions pas eu le temps de réfléchir. Une infirmière est venue me rendre la valise que j’avais préparée. Elle serait inutile, tout ce qui approcherait mon mari dorénavant, devrait être stérile.

Sur le chemin du retour, Pascal m’a raconté qu’il avait refusé que Robert franchisse la porte menant à la partie stérile avant que je sois revenue du service des admissions. Il ne voulait pas que je ne puisse pas l’embrasser avant.

Robert m’avait demandé de ne pas venir le voir avant deux ou trois jours après l’intervention. Ni moi, ni les enfants. Nous savions qu’il serait relié à toutes sortes de machines et que ce serait très impressionnant.

 De plus, il ne serait pas conscient.

 L’infirmière a approuvé et a expliqué que je pouvais appeler quand je voulais, autant de fois que je le souhaitais, il y aurait toujours quelqu’un pour me répondre.

 

Et a commencé, une très, très longue nuit !

 

 

 

 

 

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01 mai 2013

Impatient (s-es) ?

mariagemumuforetjmj015[1]

 

Toujours une petite photo souvenir des balades dans la forêt derrière chez nous! Mes petits enfants doivent avoir des gênes de sauvages de la préhistoire!

Ce n'est pas ce que vous avez demandé avec tant d'insistance ? Non ? Dommage !Je croyais !

Allez! Je suis bonne fille ! Allez sur la note suivante, ....et...bon courage ! 

Posté par emiliacelina à 22:14 - Commentaires [2] - Permalien [#]

la grande aventure de l'étiquette "Multi-volets"

 Continuons donc.....

A l’imprimerie, la machine offset deux couleurs qu’ils avaient achetée d’occasion, tombait souvent en panne et cela posait un gros problème pour parvenir à respecter les délais de livraison. Le réparateur ne pouvait pas toujours venir dans l’heure et il n’était pas rare de travailler de nuit ou le samedi et le dimanche pour livrer le travail à la date prévue.

Nos trois associés ont donc décidé de la changer. Si la banque voulait bien suivre, ils aimeraient faire l’acquisition d’une « cinq couleurs ». Gros investissement.

Robert ne jugeait pas cette décision très raisonnable. Il aurait trouvé plus sage de faire réparer encore la « deux couleurs ». Mais, encore une fois, les enfants ont maintenu leur décision.

La banque a accordé le crédit. La machine, magnifique et imposante a été livrée.

Cela aurait été trop simple si un problème n’était pas survenu !

C’est à ce moment précis que l’ouvrier a décidé de demander une augmentation. Le moment était mal choisi. Bruno (c’était le gérant) après en avoir discuté avec ses frères, refusa. L’ouvrier a donc donné son préavis. Eric, Bruno et Pascal ont pensé que sa démission était, en réalité motivée par la crainte de ne pas pouvoir assumer correctement la conduite de la nouvelle machine. Il avait déjà laissé entendre que pour conduire une cinq couleurs, il fallait être deux. Hors de question ! La charge de l’achat était déjà très lourde, pas question d’embaucher en plus un autre employé.

C’est donc Pascal qui, après avoir suivi une formation, s’est chargé de l’impression. Quelle pression ! Il s’en sortait bien. Je vous ai déjà dit qu’l a une faculté d’adaptation et d’apprentissage surprenante. Il était là dans son élément. Il a perdu dans cet exercice quelques kilos. Ce n’était pas un problème, il en avait besoin !

L’année avait été très difficile. Ils avaient subi de plein fouet, tous les problèmes générés par la tempête qui avait ravagé la région. Electricité coupée, livraisons bloquées, paiements reportés parce-que les autres sociétés rencontraient les même difficultés. Cela tombait vraiment mal. A chaque fois, un ennui a suivi les meilleurs moments. Lorsque l’avenir semblait prometteur, il survenait toujours un problème, indépendant de leur volonté et contre lequel ils ne pouvaient rien !

A l’automne de cette même année, ayant terminé une de leurs réunions de travail qui avaient lieu toutes les fins de semaines, nos fils ont continué leur discussion, revenant sur une idée qui les taraudait depuis longtemps : la création d’une étiquette innovante, de fabrication simple, composée de plusieurs feuillets, de pose aisée et d’un prix de revient, défiant toute concurrence. Ils en avaient déjà commencé l’ébauche et ont décidé d’y retravailler sérieusement.

En août 2001, ils en ont déposé la demande de brevet auprès de l’I N P I, commençant, ce jour- là, la grande aventure de l’étiquette multi-volets, qui portera leur nom.

Ils en ont imprimé une quantité suffisante pour que Bruno puisse présenter ce nouveau concept aux clients de l’imprimerie. La majorité des clients en question était composée de châteaux, producteurs de grands crus. L’accueil a été enthousiaste. Cette étiquette, outre son prix minime, offrait une plus grande surface de communication puisqu’elle avait plusieurs feuillets. De plus, avantage non des moindres, elle pouvait être posée sur les chaînes d’embouteillage déjà existantes, sans transformation notable. Plusieurs châteaux s’intéressaient au produit tout en regrettant qu’elle ne soit pas adhésive.

Qu’à cela ne tienne, ils vont devoir plancher sur une machine à adhésiver, spécifique à leur étiquette. Le contraire m’aurait fort étonnée !

En attendant, Bruno avait obtenu un rendez-vous avec le directeur commercial et marketing, d’une grande surface connue tant en France, qu’à l’étranger.

L’entrevue fut très positive. Rapidement, le directeur régla d’avance une grosse commande et donna son accord pour que le nom de leur enseigne soit cité dans la presse, associé au nom de la nouvelle étiquette, dont elle tenait à être l’un des premiers licenciés. Le directeur en question allait prendre contact avec son supérieur, car le concept de l’étiquette convenait parfaitement à ce que la grande surface recherchait pour une prochaine campagne de publicité sur ses produits. Le marché s’annonçait très important.

Les choses se présentaient bien. Même mieux que bien ! Cependant, il fallait être réaliste, ce n’était pas avec la petite structure  de leur imprimerie que nos enfants pourraient faire face à un marché de cette importance. Il leur fallait trouver une imprimerie capable d’assumer une telle production.

Le chef de l’agence bancaire détentrice de leur compte professionnel, informé du problème, en parla à son responsable régional. Celui-ci, conscient des possibilités qui s’ouvraient à leurs clients (nos fils en l’occurrence) les informa de sa visite, à l’imprimerie.

Que pouvait bien leur vouloir le responsable régional de leur banque ? Eric, Bruno et Pascal étaient un peu tendus. A tort ! En fait, ce monsieur venait proposer de leur présenter un des clients de sa banque, important industriel, possesseur de deux grosses imprimeries.

Dès le lendemain, pourtant un 24 décembre, l’industriel s’est déplacé, pour rencontrer, dans un premier temps Bruno. Entretien rassurant poursuivi durant le repas au restaurant.

Un nouveau rendez-vous fut programmé très vite, pour finaliser l’accord. Nous étions quand-même la veille de Noël !

Imaginez un peu, le réveillon qui a suivi : espoir, promesses, projets… bref ! L’euphorie ! Un industriel de cette importance ne se dérange pas pour rien ! Il doit avoir autre chose à faire !

Le banquier leur conseilla de se concentrer sur le développement du produit, l’imprimerie n’était pas le plus important. L’important, c’était leur brevet ! On ne leur causerait pas de soucis !

A la mi-janvier, nos trois fils, se sont rendus au rendez-vous pleins d’espoir. Un contrat avait été préparé par l’avocat de celui que j’appellerai Mr X. Autour de la table, se  trouvaient outre l’avocat, l’expert- comptable et le directeur d’une des imprimeries de Mr X, qui s’est absenté après les salutations, laissant à l’avocat, le comptable et le directeur, le soin de régler les conditions du contrat déjà prêt.

Le contrat a donc été présenté à nos trois inventeurs. Chacun l’a lu, sans un mot. La lecture terminée, ils se sont consultés du regard, cela suffisait pour qu’ils se comprennent.

Bruno a dit :

- alors ?

Pascal a rétorqué :

-alors ? Ils nous prennent pour des dindons !

Eric a jeté dédaigneusement au milieu de la table, le contrat en question, et ils se sont levés d’un seul élan, et ont quitté la table des discussions, pour aller manger, seuls, plutôt que de partager, comme prévu, le repas des autres intervenants, qui cherchaient visiblement à les flouer !

Durant le repas, un coup de téléphone leur demanda de revenir l’après-midi, un nouveau contrat, revu leur serait proposé.

Effectivement, les clauses du contrat avaient été modifiées :

En échange de l’exclusivité pour son imprimerie de la fabrication de l’étiquette multi-volets, qu’il s’engageait à réaliser correctement, Mr X promettait d’apporter le marché de très grosses sociétés, versait un chèque de  quarante-cinq-mille euros (sous forme d’un prêt, qui leur resterait acquis s’ils apportaient une certaine quantité de commandes). En outre, cent-cinquante-mille euros leurs seraient versé s’ils apportaient à l’imprimerie au moins, trois millions de commande d’étiquettes dans la première année.

Mr. X promettait en plus de racheter pour son imprimerie, la machine cinq couleurs, de se charger de la fabrication de la machine à adhésiver, et rachèterait l’actif de l’imprimerie ! De toutes- façons, l’imprimerie de Mr.X aurait besoin de leur présence pour surveiller la fabrication de leur invention. Ils seraient intéressés sous forme de royalties.

Le seul hic, c’était que ces trois derniers engagements ne figuraient pas sur le contrat. MrX, se targuant d’être un homme de parole, heureux de les compter comme membres de la « famille », ils pouvaient lui faire confiance et compter sur lui ! D’ailleurs, pourquoi ne déménageraient-ils pas pour se rapprocher de son imprimeur ? Très paternaliste Mr.X !

Et nos fils ont signé !

Pour faciliter la reprise de l’imprimerie par MR.X ? Eric, Pascal et Murielle ont démissionné. Bruno restait gérant non salarié, jusqu’à ce que l’affaire soit conclue définitivement.

Pour mettre au point la fabrication de l’étiquette, ils ont dû se rendre souvent dans l’immense imprimerie. Ils y ont été reçus comme des VIP. Le restaurant, réputé, était retenu (ils y ont d’ailleurs croisé des personnalités connues au niveau national) et ils ont été traités avec tous les égards. Ils y sont allés plusieurs fois pour surveiller les premiers essais.

Comme il s’y était engagé, Bruno a rapidement apporté des commandes. Et cela a été le début des problèmes.

Cette si importante imprimerie a rencontré des difficultés pour réaliser l’étiquette, et celles qui étaient imprimées étaient défectueuses. Nos enfants, avec leurs petits moyens y parvenaient sans peine, et les essais étaient concluants.

Celles de l’imprimeur n’emmenaient que des complications. Incompréhensible ! Incapacité des ouvriers, ou volonté délibérée. ? On était en droit de se poser la question. Les marchés apportés par Bruno avaient été perdus à cause des malfaçons de l’imprimeur.

Le directeur commercial de la grande surface qui avait traité avec Bruno, avait fait remonter l’information au Président Directeur Général de la chaîne. Celui-ci avait donné son accord concernant un partenariat pour l’utilisation de l’étiquette, pour une durée de cinq ans et un quantitatif de cinq millions par an minimum. La réussite était là ! Cependant comme stipulé dans le courrier, il ne pouvait enlever, à leurs imprimeurs référencés, la totalité de leur production, il espérait donc qu’une négociation pourrait aboutir, et, je le cite :

« amorcer un partenariat durable et innovant entre nos deux sociétés. »

Eric, Bruno et Pascal, ont donc été obligés de mettre Mr.X au courant. Le marché dépassait toutes les espérances de nos fils, même s’il fallait accepter d’en laisser une petite partie pour  les imprimeurs référencés par la grande surface ! Mr.X devait participer aux négociations puisqu’il était l’imprimeur référencé des inventeurs. A l’issu de cette réunion, un rendez-vous serait fixé dans les premiers jours de septembre pour la signature.

Les articles sur les journaux, revues vinicoles, interview à la radio, participation à certaines émissions télé se sont succédés.

Début septembre, Bruno téléphone pour se faire confirmer le jour de la signature. Plus de signature prévue ! Que c’est- t-il passé ? Comment peuvent-ils changer d’avis en si peu de temps, et, surtout après avoir envoyé un très explicite courrier d’intention. Mr.X aurait-il, derrière leurs dos refusé tout arrangement et refusé aussi toutes négociations ? Il ne faut pas oublier qu’il allait être obligé de verser 150 000euros, le quota des trois millions d’étiquettes devant être largement dépassé ! Comment savoir ? Incompréhension et immense déception.

Que dire des mois qui ont suivi ? Nos enfants sont battants et  volontaires, mais le moral flanche parfois.

Plusieurs offres d’achat de l’imprimerie avaient été faites, mais à chaque fois, les acheteurs voulaient que le brevet soit vendu avec. Impossible !

Dépôt de bilan à l’imprimerie. Heureusement, ils n’ont pas de dettes vis-à-vis des taxes dues à l’état : USSAF, TVA, etc…

L’imprimeur de Mr.X ne réussit toujours pas à imprimer l’étiquette. Mr.X ne prenait toujours pas à sa charge la cinq couleurs, ne s’occupait pas du tout la machine à adhésiver et n’apportait pas le moindre marché. Le temps passait et cela n’arrangeait pas les affaires de nos inventeurs.

Si ce monsieur avait dans l’intention de les acculer davantage, en agissant derrière leurs dos, en leur faisant perdre du temps avec des promesses qu’il ne tenait pas, il devait bien y avoir une raison. Nos fils n’en voyait qu’une ! Son but était probablement de s’approprier le brevet concerné. Nous avons appris plus tard que c’était une de ses pratiques, ils n’étaient pas sa première victime et avait des procès en cours intentés par d’autres personnes qui s’estimaient lésées.

Rien que la pensée de s’être fait rouler a réveillé l’ardeur de nos fils. Pas question de baisser les bras !

L’avocat consulté, leur conseilla de dénoncer le contrat. L’industriel ne respectait pas ses engagements, mais dans un premier temps, il serait plus judicieux de rembourser les quarante-cinq-mille euros. Ensuite, suivant les réactions, si nécessaire il interviendrait, et l’on verrait bien ! En attendant ils pouvaient continuer de développer le brevet par leurs propres moyens.

On s’est arrangés, on a remboursé ! Et les enfants ont retrouvé la combattivité qui commençait à leur manquer. Tant mieux, parce-que les réunions qui avaient maintenant lieu à la maison étaient parfois houleuses. La présence de Robert les obligeait à se contenir en cas de désaccord, et, le lendemain, le mouvement d’humeur était oublié, jusqu’au prochain. Ils vivaient sous une pression constante !

Bruno avait trouvé un petit imprimeur de la région, qui réalisait l’impression de l’étiquette sans aucun problème. ALORS ?

Avec un ami de longue date à Pascal, et une connaissance qu’ils avaient faites lors des essais d’étiquetage et d’embouteillage, Eric, Pascal, et Bruno avaient décidé de construire eux-mêmes la machine à adhésiver. Tout le monde a  participé, la machine était enfin opérationnelle.                                                                En deux temps, trois mouvements, les voilà installés négociants en vins et surtout fabricants d’étiquettes multi-volets, adhésives.

Leur nature leur interdit de baisser les bras !

Suite au dépôt de bilan de l’imprimerie, ce sera Eric, qui, cette fois, sera gérant, même, si, en réalité, c’est toujours Bruno qui officiera à ce poste.

Ils peuvent recommencer à se verser un salaire ! 

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30 avril 2013

Enfin ! c'est décidé !

Tout vient à point à qui sait attendre . La preuve ! Ils avaient finalement un nid, et voici, enfin , la fin de cette partie de leur histoire!

 

                                    Enfin ! C’est décidé !

  

Dans un premier temps, Eric a proposé à Pascal et Mumu, de venir habiter chez lui, en attendant d’avoir trouvé à se loger. A mon avis, l’idée n’était pas si heureuse qu’il y semblait. Depuis son divorce il avait pris ses habitudes dans sa grande maison déserte. Il était devenu très soigneux pour ne pas dire très maniaque, et je le voyais mal supporter cette invasion. Trois enfants, cela fait du remue- ménage et du désordre ! C’est sûr, il allait y avoir des moments où il aurait besoin de solitude. D’un autre côté, cette solution les arrangeait tous. Pascal et Mumu économisaient un loyer en partageant celui d’Eric et les charges afférentes qui pesaient lourd pour lui, seulement salarié de l’imprimerie. Pour le moment, chacun y trouvait son compte. Eric avait un magnifique ara, dont il prenait bien soin. Outre son maître, cet oiseau aimait particulièrement Lydie, lorsqu’elle venait chez son père.

Pascal et Mumu se sont jetés sur un superbe terrain, en bordure de la forêt, et, comble de chance, dans notre rue. Ils feraient donc bâtir. Le constructeur était tout trouvé, ce serait celui-là même qui avait bâti notre petite maison. Cette fois, cela n’a pas traîné. Si les discussions ont repris, c’était sur les plans de leur construction. Pascal se gardait beaucoup de travaux à faire lui-même. Robert l’aiderait. Plus d’incertitude, la signature a été rapide. L’humeur était joyeuse. Les enfants prévoyaient déjà une cabane dans la forêt proche. Ils ont toujours été amoureux des bois ! En plus, cette cabane- là serait loin des yeux paternels, cachée au milieu des grands chênes. Génial !

La vie était belle ! Pascal et Mumu, ont pensé qu’il était temps de régulariser leur situation. Le mariage fut fixé au 7 août.

Je ne sais pas si vous avez déjà assisté à un mariage en « toute simplicité » celui-ci fut un modèle du genre ! Il faisait très beau, même très chaud. La table avait été dressée dans le jardin, chez Bruno et Nathalie, sous les grands pins.

La piscine était prête et les maillots de bain des enfants aussi.

Notre neveu était venu s’occuper du méchoui. Réussi d’ailleurs ! J’avais préparé les amuse-gueules et les entrées. Les salades, fromages et le gâteau traditionnel ont complété le repas de noce.

Bien sûr, nous avions tous fait un effort de toilette, mais dans la simplicité la plus totale.

La cérémonie, à la mairie, a aussi été particulière. Les enfants excités, avaient été munis, chacun d’un appareil photo jetable, fournis par la marraine de Marine, Sandrine, amie d’enfance de Murielle et photographe de métier. Chacun, dans la plus grande liberté, a mitraillé tout le monde à tour de bras. Jordan, dans un premier temps, s’était réfugié sous le bureau du maire, pas très loin des pieds de Mumu et de son père. Au développement, nous avons pu voir, que l’objet de son intérêt de reporter, était, en grande partie, le garde municipal qui se tenait près de  la porte de la salle des mariages ! Sa tenue avait dû l’impressionner. Le reste du reportage était consacré aux pieds des invités, l’objectif de l’appareil, n’en voyait pas plus !

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Mumu et Pascal, très heureux, l’avaient également joué  sobres. Pas beaucoup d’invités, les habitués du noyau familial ! Une vingtaine de personnes autour de la table, et une journée décontractée.

 

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Décontractée : la preuve ! Voyez le service! Que le gateau soit arrivé sur la table intact reste un mystère!

Donc,décontractée chaleureuse et chahutante la piscine étant aussi très agréable !!!! Nous étions tous très heureux et cela se ressentait. Oui, une bien belle journée ! Mumu portait maintenant, le même nom que nous tous, Pascal, Jimmy et Jordan.

   Comme je le prévoyais, la cohabitation s’est révélée, au bout de quelques temps, un peu difficile. Malgré leur attachement fraternel, parfois, les relations étaient tendues. Avec intelligence, avant que les choses n’empirent, Pascal et Mumu ont préféré faire l’achat d’un mobil-home qu’ils ont placé sur leur terrain .Avec Robert, ils l’ont raccordé au tout-à-l’égout, pour un meilleur confort et une hygiène correcte. Il serait revendu sans problème à la fin de la construction. Un peu exigü, mais ils avaient l'habitude !

Pendant que la maison se construisait, la vie s’est organisée dans le mobil-home. L’été, l’on se croyait en vacances, et les soirées de fin de semaines réunissaient souvent tout le monde pour un barbecue. Les enfants ne risquaient pas de nous déranger, ils passaient tout leur temps dans le bois, derrière la grande pergola de toile que Pascal avait monté pour l’été. Assis tranquillement autour de la table, nous les entendions jouer, ou se disputer, c’était selon ! Eric et ses enfants n’avaient rien changé à leurs habitudes, et, grande maison ou grande caravane, Lydie et Marc passaient le plus de temps possible avec leur cousins.

 L’esprit vacances flottait sur tout ce petit monde. Souvent, quelques petits copains venaient se joindre à eux. En général, Marine était la seule fille partageant les jeux des garçons et régnant sur sa cour ! Jimmy, déjà, veillait et surveillait sa « sœur ».

Pour faciliter les choses à Mumu, le linge était traité chez nous. Aucun problème !

La maison avançait à « grand pas », heureusement ! Si l’été était vraiment agréable, l’hiver l’était beaucoup moins. Robert et Pascal avait bien isolé cette habitation provisoire, portant, il était hors de question d’y passer un hiver supplémentaire. Il fallait chausser les bottes en caoutchouc pour y accéder. Le terrain alentours, véritable chantier était très boueux.

Dans la maison, on s’activait. Eric n°2,(copain de toujours de notre Eric et parrain de Lydie : pour mémoire !) comme à son habitude est venu installer la cuisine qu’avait choisie Mumu. Vraiment très belle cuisine, fonctionnelle et séparée du séjour par un magnifique comptoir arrondi. Les pièces, lumineuses donnaient sur la terrasse couverte, face à la forêt.

Eric n°2 travaillait avec son père qui avait un magasin de fournitures de meubles et d’agencement de bureau. Comme il possédait un camion pour les livraisons, c’est  lui, qui, à chaque fois, organisait les déménagements. Les meubles de Pascal et Murielle avaient été entreposés dans la réserve de l’imprimerie en attendant que la maison soit terminée.

Le terrain, aux dires de Robert, conviendrait bien pour cultiver un potager. Pascal n’était pas fan ! Consommer légumes et fruits, d’accord, mais jardiner, très peu pour lui ! Par contre, si son père en avait envie, surtout, qu’il ne se gêne pas ! Sitôt dit, sitôt fait. Sur le derrière de la maison, le long de la clôture, quelques plates-bandes se sont bientôt alignées, bien nettes, tracées au cordeau. La première saison donna, aussitôt, une récolte prolifique : tomates, persil, fraisiers, cornichons, piments, salades, haricots verts, courgettes, ails, oignons, etc…La plupart du temps, les habitants de la maison, n’avaient même pas vu que Robert, arrivé par le derrière de la maison, était occupé au jardin. Il repartait sans que personne ne se soit rendu compte de sa venue. Il n’était pas question de se montrer indiscret ! De temps en temps, le potager s’agrandissait d’une plate-bande supplémentaire et un nouveau légume était planté. Il fallait calmer l’ardeur du jardinier !

   Si Robert jardinait avec plaisir, il estimait que les enfants devaient  participer et assurer l’arrosage.                                     

  Lorsque, le soir, ceux-ci entendaient le bruit caractéristique du moteur de notre vieille Renault express, c’était la précipitation.

 Se jetant, qui sur le tuyau d’arrosage, qui, sur l’arrosoir, ils se hâtaient afin que papy les trouve occupés à arroser.

 Ils  couraient dans tous les sens : vite ! vite ! Voilà papy !

Les enfants l’avaient surnommé : Papy tout press ! Et craignaient par-dessus-tout de se faire traiter de paresseux !

 Personnellement, j’appréciais beaucoup d’avoir deux de mes enfants à cinq cents mètres de chez nous. Nos petits enfants pouvaient venir à la maison à volonté. Durant la bonne saison, ils passaient leur temps dans les bois, qui, de derrière chez nous, aboutissaient derrière chez eux ! Quand j’avais, le mercredi ou durant les vacances scolaires, tous mes petits- enfants, nous partions en promenade dans ces mêmes bois, magnifiques ! Je leur y ai appris quantité de jeux durant ces balades. A tresser des fougères pour en faire des couronnes, marcher au pas en chantant, etc…et nous goûtions avant de rentrer à la maison, presque toujours au même endroit. Il y avait là, des arbres abattus, avec des troncs énormes.  Idéal, pour jouer les cascadeurs et faire office de sièges.

Eric leur avait donné des peaux de bêtes, et ils se prenaient pour de vrais sauvages ! J’avais de nouveau envie que mes petits- enfants, à leur tour, ne grandissent pas trop vite !

Il y avait deux ans qu’ils étaient devenus nos voisins quand les travaux ont été stoppés nets, car une nouvelle aventure attendait les trois frères, imposant la prudence financière.

        

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29 avril 2013

Mais..où vont-ils vraiment se nicher ?

 Avant de vous livrer la suite et fin (du moind en ce qui concerne les recherches de maison pour Pascal et Mumu) ! je viens de retrouver la photo des enfants en promenade derrière la petite maison de Mumu, vendue parce-que trop exigüe!

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 Çà, c'est mon petit plaisir perso! Souvenirs, souvenirs.....

Marine, Jordan, Jimmy  et Marc le cousin inséparable à l'époque !

 

Mais ! Où vont-ils Vraiment  se loger  ????

Revenons à nos moutons !

Quatre ou cinq jours de déprime, et les voilà repartis en agences et visites.

A chaque fois, les visites étaient assez rapides,. Pas de  coup de coeur ! Alors.....

On efface tout et l’on recommence. Mais on change les données du problème.

On va s’éloigner un peu plus loin dans le Médoc. Avec une voiture diésel aucun problème. Un grand terrain, une grande maison, une véranda, peut-être une piscine, on prendra tout notre temps. On finira par trouver encore mieux : Le moral revient ! On refait des projets !

Tiens, d’ailleurs pour se remettre dans le bain, mardi prochain, juste pour s’occuper, on va aller visiter une maison, un peu éloignée, mais imaginez un peu : une maison de pas moins de quatre cents mètres carrés ! Vous pensez bien, on y va vraiment à la décontracté, avec aux lèvres un petit sourire désabusé et amusé en même temps, parce-que l’on n’a pas voulu refuser à l’agent immobilier qui insistait !

Eh ! Bien ! Voilà, ils y sont allés !

Effectivement, trois cents mètres carrés habitables et cent de plus à rénover, cela fait une sacrée surface ! C’est une maison qui occupe tout un angle de rue. Une maison de ville, style bourgeois, généralement habitée par des notables.

Essayez d’imaginer ; une belle cuisine, un escalier en marbre, une chambre (de bonne) un nombre impressionnant de pièces, idem pour les points d’eau, un jardin agréable. Bref, une visite où l’on se perd et dont on revient sans trop savoir quoi penser !

Et puis, ce n’est pas vrai ! C’est reparti !

Les projets de grand terrain et tout le reste, ils ne savent plus très bien ! Il faut y retourner. Nouvelle visite, toujours aussi intéressante. Ils ont pu approfondir certains détails : le chauffage (impressionnante la chaudière !) la disposition des pièces (ils se repèrent mieux) etc… et à leur retour, la même indécision dans les yeux.

C’est dit, demain midi, il faut y amener Eric et Bruno pour avoir leur opinion. Vous vous rendez compte ! C’est trop beau ! Trop grand ! Cela peut devenir trop chic ! Trop  tout ! Malgré les travaux (encore !) à envisager pour en faire une belle maison familiale.

Il faudra aussi y aller voir avec Robert, son avis ne sera pas de trop, bien que l’on appréhende sa réaction au premier coup d’œil.

N’empêche, ils s’imagineraient bien heureux d’y vivre ! Il y aurait de la place pour recevoir, et si besoin garder à coucher (oui, mais dans quels lits ?) comment meubler tout cet espace ? Enfin, on verra ! Il faut voir, réfléchir, en parler (on ne s’en prive pas !).

Dans un premier temps, qu’en pensent Eric et Bruno ?

Première réaction d’Eric : Non ! Trop de travaux ! 

Réaction suivante, après réflexion : Il en a bien fait lui, des travaux, et pas des moindres ! Pourquoi son frère n’en ferait-il pas autant ?

Un peu perdu lors de la visite dans toutes ces pièces, admiratif devant l’escalier de marbre et devant les portes massives. Alors, oui, pourquoi pas ? A eux de prendre leur décision !

Réaction de Bruno :

OUI ! OUI ! OUI ! Est-ce-que vous vous rendez compte du style de la baraque ! Après les travaux nécessaires, ce sera une vraie splendeur ! Elle vaudra de l’or ! C’est une maison de caractère. A soixante- dix millions (anciens), lui, il l’achèterait sans hésiter. Au pire, quel bénéfice, s’ils se trouvaient, un jour, obligés de revendre !

On discute ferme, et suite à de longues causeries, c’est la même hésitation. Cependant, l’envie est toujours présente, chaque jour plus précise.

Jeudi soir 3 juin :

Le sort en est jeté ! Pascal  et Mumu ont fait une offre à soixante-dix-mille unités. Ce serait bien, il leur resterait un petit capital pour les premiers travaux. Et puis, dans les cents mètres carrés à rénover, il serait très facile de faire un appartement indépendant, qui, loué, aiderait bien au remboursement du crédit !

Que va décider le vendeur ?

L’incertitude n’empêche pas de faire des projets : par exemple, le premier de l’an 2000, on le fera chez eux, il y aura la place !

Si l’achat se réalise, Eric n°2 va avoir du travail. C’est le roi du bricolage, du vrai, du beau travail, pas du rafistolage. Comme toujours, disponible à volonté, même tard le soir après sa journée de travail.

Par contre pour Pascal, qui, initialement souhaitait une maison sans travaux, c’est raté ! Comme quoi, il n’y a que les ânes qui ne changent pas d’avis !

En l’état actuel des choses, on attend !

Vendredi 4 Juin :

Aucune nouvelle, c’est normal, c’est trop tôt !

Samedi 5 Juin :

Bruno trouve étrange que l’agence ne manifeste encore aucun intérêt, ni positif, ni négatif. Alors, Mumu va aux renseignements. Les vendeurs rejettent la proposition de Pascal. Le minimum réclamé est de 79 unités. Mumu en propose 75, dernier prix. On verra bien !

Quand on pense que la première visite était ressentie comme une plaisanterie !

Aujourd’hui, dimanche, Robert et moi sommes allés faire un tour du côté de cette maison. C’est que l’on se sent aussi concernés que les enfants. Par chance pour notre curiosité nous avons trouvé très vite la maison en question. Normal, depuis que l’on en parle, nous avons assimilé tant de détails que cela a été facile.

C’est bien ainsi qu’ils l’ont dit, un vieil immeuble dont toute l’immense façade est à ravaler.

Pour Robert, ce fut un choc ! Il voit un gros problème : l’énorme travail que représente ce ravalement, risque d’être une perte d’argent, car la qualité de la pierre ne lui inspire pas confiance.

Avant que les enfants ne décident quoi que ce soit, il faut leur faire part des observations de leur père. A eux, ensuite, de maintenir ou non, leur projet d’achat. Robert leur conseille de faire venir un homme du métier afin d’entendre des conseils éclairés et des conclusions sérieuses.

En vérité cela nous ennuie de sembler mettre un frein à leur enthousiasme, mais nous souhaitons tellement qu’ils ne commettent pas d’erreur et que la réalisation de leur rêve ne tourne pas au cauchemar.

Nous voilà lundi, et notre inquiétude n’a pas lieu d’être. Pascal ne nous a pas attendu pour prendre conscience et de l’importance et du coût des travaux envisagés. Ils se sont renseignés. Il existe de nouveaux systèmes et matériaux de ravalement très fiables.

Alors tout va bien, attendons.

Rien à faire, le propriétaire n’en veut pas moins de 79 unités. Pascal et Mumu ne démordent pas de 75.

L’agence conseille d’attendre encore. Alors pour calmer son impatience, Mumu reprend les visites et commence les cartons en vue du déménagement.

 Trois visites sont prévues dans les jours qui viennent. Visites décevantes. D’ailleurs, tant qu’il reste un petit espoir pour la précédente, je crois qu’aucune autre maison ne trouvera grâce à  leurs yeux.

Nous sommes dimanche et l’agence doit tenter d’influencer le vendeur. Pascal reste ferme sur sa position et l’on continue d’éplucher les annonces immobilières.

Enfin, en ce début de semaine, l’agence téléphone l’accord du vendeur aux conditions des enfants. En voilà une qui est contente ! L’émotion lui monte au visage comme un grand bonheur, Mumu est très expressive ! Puis aussitôt, l’inquiétude, puis l’indécision. Il faut calmer cette excitation qui monte par une activité, quelle qu’elle soit. Alors Mumu se lance avec énergie, dans la confection d’un carton de vaisselle.

L’excitation est tombée, et, ce mardi, Pascal « flippe », hésite, refait les comptes. Mumu redescend de son petit nuage, Pascal la démoralise !

Nous mangeons ensemble et la discussion, évidemment, tourne autour du même problème. Il ne faut pas oublier ce qui s’est passé pour leur premier choix.

Pour la énième fois, on récapitule les avantages et les inconvénients. Indubitablement, les avantages l’emportent.

Jeudi 17 Juin :

Rendez est pris avec l’agence pour quatorze heures. C’est décidé, ils se porteront acquéreurs, avec, quand même, une petite réserve : faire expertiser la toiture par un homme de l’art.

Dans le prix conclu, l’agence n’avait pas compté ses frais. L’achat est maintenu, mais l’expertise de la toiture et  l’état parasitaire seront à la charge du vendeur.

 L’agence se fait fort d’obtenir, également, quelques meubles encore en place pour compenser.

Le sous-seing sera signé le 24 Juin. Si vous croyez que cet acte va clore toutes  les discussions, détrompez-vous ! Maintenant, on entre dans les détails. Mumu arpente notre salle à manger, compte les pas, pour tenter de nous faire réaliser les dimensions de ses futures pièces. Peine perdue, nos murs gênent sa progression (évidemment !). A nous fournir tant de détails, nous n’arrivons même plus à imaginer ! Entrer dans cette maison, sera comme ouvrir une pochette surprise.

En fait de surprise, nous avons été servis ! Cette grande maison, n’abritera pas la petite famille de Pascal et Mumu ! L’état parasitaire demandé (sage précaution) fait état de la présence de termites dans la toiture. Bien que le propriétaire propose de faire procéder au traitement adéquat, les enfants ont refusé car les toits des maisons avoisinantes, s’ils ne sont pas traités aussi, risquent de réinfecter la toiture, à plus ou moins brève échéance.

Il va pourtant, bientôt, falloir quitter la petite maison vendue !

C’est promis, s’ils en visitent une autre qui leur plait, je ne vous le raconterai pas ! Même moi, je fatigue ! J’attendrai un peu la suite des évènements. 

Conclusion dans la note de demain ... Comme un feuilleton !

 

Posté par emiliacelina à 20:11 - Commentaires [8] - Permalien [#]
28 avril 2013

Oùvont-ils se nicher ?

Un bon dimanche , rien de particulier, un beau soleil mais un froid de canard !! Pascal et Mumu sont partis pour la semaine du côté de l'espagne avec le couple du cousin Tierry pour fêter l'anniversaire de Mumu. A leur retour nous irons Murielle et moi dans une jardinerie car elle veut pour l'occasion que nous lui offrions un arbre pour son petit morceau de terrain devant la maison . C'est parfait, je ne me pose donc pas de question pour lui choisir un cadeau! Et celà m'arrange !

Continuons donc notre lecture !

 Mais, je viens de me rends compte que celà fait une bien longue note! 

C'est promis, je vous épargnerai donc, la recherche suivante, que j'avais détaillée dans mes précédents écrits et qui nous a, à l'époque bien occupés ! Je vous en passerai les détails pour ne pas vous lasser, mais c'est difficile ils étaient tellement persuasifs que l'on se sentait très concernés ! 

Après avoir très rapidement vendu notre maison, nous avions trouvé, presque immédiatement, un terrain, pas très loin de chez Eric, et nous l’avions retenu. En attendant que notre nouvelle maison se construise, nous avions pris un loyer tout près de notre terrain. 

C’était très commode par rapport à Lydie et Marc, encore scolarisés au collège et à l’école primaire d’à côté.

Notre nouvelle maison est petite et moderne dans ses matériaux. Facile d’entretien et très lumineuse. J’en avais dessiné les plans. Nous nous y sommes de suite sentis bien. Le voisinage est agréable, présent sans être envahissant. La baie du séjour donne sur les vignes. Evidemment, nous sommes dans le Médoc ! Pendant l’époque des vendanges, c’est animé !

Nous apprécions aussi, les petits commerces de proximité. Ils ne sont pas nombreux, mais l’indispensable est présent. Les enfants sortant de l’école ou du collège, si nous sommes dans le jardin, nous disent bonjour, en passant devant chez nous, de même que les adeptes du footing qui sont nombreux. C’est très sympathique !

Lorsque Eric avait ses enfants, ils allaient souvent manger chez Pascal, quand celui-ci avait les siens. Comme Lydie, Marc, Jordan, et Jimmy s’entendaient très bien, cela ne posait pas de problème. Les plus petits jouaient ensemble et Lydie , un peu plus grande, se confiait à Mumu.

Ainsi, Eric pouvait sortir, plus tard dans la soirée, les enfants appréciant davantage cette solution.

La maison de Mumu qui était déjà si petite, était carrément envahie ! Je l’ai déjà dit lorsque Jordan et Jimmy ont partagé les lieux avec Marine, mais là, cela devenait vraiment du camping ! Je sais bien que plus on est de fous plus on rit ! Mais, vraiment, la maison de Mumu était bien la maison du bon accueil ! En fait de solution, Pascal et Mumu n’ont pas mis longtemps à en trouver une !

Je ne m’en souvenais plus, mais j’avais pris des notes à ce moment là, et par le plus grand des hasard, je viens de les retrouver. Mon plus gros travail, consiste donc à les recopier. Je leurs avais donné un titre :

Où vont-ils se nicher ?

Mois de Mars 1999.

Ce week-end tout le monde s’y est mis : on retape la petite maison de Mumu, afin de lui donner un air soigneusement entretenu, car, c’est décidé, ils la mettent en vente. Les enfants grandissent, et, deux garçons et une fille dans la même chambre, cela ne peut plus durer. De plus, côté rangement, Mumu s’épuise pour un résultat qui ne dure qu’un instant. Avec la meilleure volonté du monde il n’y a pas moyen de faire mieux !

Je suis venue leur faire une petite visite durant les travaux.

Eric, préposé à la peinture est aussi moucheté qu’un dalmatien, sauf que ses taches sont blanches !

Du fond du jardin, poussant une brouette chargée à mort, j’aperçois un petit bonhomme, bonnet de laine enfoncé jusqu’aux oreilles, et il a fallu qu’il avance de plusieurs mètres pour que je reconnaisse Bruno. Il faut dire qu’il ne fait pas très chaud et qu’il a enfilé plusieurs lainages superposés. La maison est grande ouverte au vent frais et chacun s’active vivement. L’équipe ouvrière est au complet avec Robert, Eric  n°2 et Pascal !

Tout a été fini en deux semaines et la maison a fière allure, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Les visites des éventuels acheteurs ont débutées, et, très vite, la maison est vendue. Il faudra quitter les lieux le vingt juillet prochain.

C’est là que les choses se compliquent. Il faut en acheter une autre, plus grande , bien sûr, qui plaise, cela va de soi et, surtout, rapidement !

On lit les journaux, page des annonces immobilières. Pascal et Mumu consultent les agences et les visites se succèdent ainsi que les commmentaires : trop petite ! trop moche ! en  mauvais état ! pas assez de terrain ou le terrain vraiment trop mal placé ! trop près du voisinage ! route trop fréquentée ! trop chère et j’en passe !

Et puis, courant mai, une visite aboutit sur une maison qui plaît. Une amie avait été envoyée en éclaireuse afin d’éviter les frais d’agence et avoir ainsi l’adresse du bien en question. Mumu a donc pû entrer directement en contact avec les propriétaires. Il s’agit d’une landaise, au vaste jardin bien décoré, joliment arboré, un garage double, un poulailler, un appenti en bois, une cuisine extérieure, une autre intérieure en chêne massif, deux cheminées, trois chambres au rez-de-chaussée, un étage avec une autre chambre, un beau palier plus une pièce qui serait affectée à un atelier ou bureau pour Mumu.   Vraiment, elle est parfaite ! Le coup de cœur, du moins pour Mumu. Demain, elle y emmène Pascal !

Au retour de cette visite, Pascal raconte à son tour, et, tout en l’écoutant, on se rend bien compte qu’il réfléchit activement à toutes les possibilités. Marine a quasiment choisi sa chambre. Mumu en deux jours, a perdu deux cents grammes, sourit aux anges et semble sur une autre planète.

Voyons, les vendeurs en veulent quatre-vingt-dix unités (nous n’étions pas encore à l’euro) c’est bien le diable s’ils ne la lâchent pas à quatre-vingt-cinq : Eric en est persuadé, Bruno recommande le marchandage, à un pareil montant, c’est bien la moindre des choses. Robert quand à lui, hésite un peu à donner son avis. D’abord, il n’a pas encore visité la maison en question, et, surtout, il s’agit quand-même d’une belle somme ! Pourvu que l’imprimerie marche ! Si l’entreprise familiale tourne bien, il n’y a pas de soucis à se faire.

Eh ! bien ! Non ! Quatre-vingt-cinq unités, pas question ! Ce refus relance le débat. Pascal a proposé quatre-vingt-six, au plus quatre-vingt-sept, à la limite quatre-vingt-huit ! Sinon tant pis !Il faut être raisonnable, attendons vendredi, cela ne fera que deux-cents grammes de plus de perdues pour Mumu . Mieux que SLIMFAST !

Vendredi, un couple vient avant eux voir la maison. Aïe ! Ca craint !

Pascal et Mumu y sont passés après et ont quand même un peu discuté le prix, comme prévu. Allons ! ils feront un petit effort, en raclant les fonds de tiroir, ils iront jusqu’à quatre-vingt-neuf. Il ne fallait pas oublier les frais de notaire !

La situation devient grave, le stress gagne Pascal.

Dans les conversations, on voit très bien que l’esprit pense : landaise ! Alors, pour simplifier les choses, dans la famille, on fait de même, on ne parle que maison, puisque les autres sujets de conversation, n’ont aucune chance de les intéresser. Eric en est allé faire le tour par l’extérieur. Robert et moi aussi. C’est vrai, on les imagine bien vivant là ! Le jardin est magnifique, bien que cela  ne soit pas primordial.

Alors ma foi, il faut savoir ce que l’on veut. Puisqu’elle plaît tant, cette maison, et qu’en définitive, si ce n’est pas l’affaire du siècle le prix est quand même justifié, passons le week-end et acceptons le prix demandé initialement, soit quatre-vingt-dix unités. Sinon, à coup de deux cents grammes, il ne va plus rien rester de notre Mumu !

C’est fait ! Coup de fil ce matin, puisque hier c’était le lundi de Pentecôte, et, hélas ! la maison est vendue.

Coiffés au poteau par le couple précédent. On n’ en parle plus !

Pascal est en pleine déconfiture : il aurait pas dû nous écouter ! Jamais ils ne retrouveront une maison équivalente à leurs yeux. Il s’en doutait ! Mieux, il le sentait ! C’est notre faute à tous ou presque !

Justement, nous tous, pour le coup, on se sent tout penauds et on la met en veilleuse. Il nous ferait presque culpabiliser !

Lorsque Mumu est descendue de sa voiture, le soir, pour venir chercher Marine, j’ai compris qu’il valait mieux ne pas remuer le couteau dans la plaie. Pourtant, je participais à sa déception, mais son regard disait : pas un mot, ou je vais pleurer ! Alors je me suis abstenue de tout commentaire, ce qui, d’ailleurs n’a rien changé à l’affaire !

 

 

 

 

 

 

Posté par emiliacelina à 21:03 - Commentaires [9] - Permalien [#]
27 avril 2013

1998....Quelle année!

Ce soir, nous avons eu Lydie, Mario et les petites coquines de Lisa et Lana!

Deux semaines sans les voir, et je les trouve grandies et bavardes comme des pies! Mais vraiment trop craquantes ! Que du bonheur !  Aussi avant d'aller au lit, je poste juste les évènements de l'année 1998 !

 

Quelle année, oui! Sans commentaire! 

Margot allait sur ses trois ans, et Nathalie attendait un nouveau bébé  . Bruno aurait bien aimé avoir un petit garçon. Pour la première naissance il souhaitait aussi un garçon, de préférence. Pourtant, cette fois-ci, après avoir été le papa chéri de sa petite fille, depuis deux ans –et-demie, s’il souhaitait toujours un garçon, cela n’avait pas la même importance. Un fils, tant mieux ! Une autre fille, eh ! bien ! Ce serait encore un beau cadeau ! Pour le moment Nathalie venait à l’imprimerie et s’occupait du secrétariat.

C’est au début de l’année 1998, que mamie, ma mère est décédée. En février exactement.

Comme j’étais, dorénavant, plus libre de mon temps, après quelques jours de formation prodiguée par Nathalie, je l’ai remplacée pour qu’elle puisse terminer sa grossesse tranquille. Robert et moi, avions l’impression de repartir au travail, comme au temps de nos plus jeunes années.

Plus d’enfants à la maison, plus de Mamie à ménager, nous avions donc décidé de vendre notre maison, trop grande et nécessitant beaucoup de travail d’entretien de jardin pour Robert et de ménage pour moi.

Je quittais l’imprimerie à l’heure de la sortie des classes pour récupérer, Lydie, Marc et Marine, ainsi que Jimmy et Jordan (selon les jours de garde de Pascal), et je les gardais jusqu’à ce que les parents débauchent.

Notre petite Marie est née l’été de cette même année. Sans problème, une jolie petite fille, chouchoutée par sa grande sœur (de trois ans !) et sa maman qui a eu la chance de pouvoir rester à la maison pour s’occuper de ses enfants. Du moins jusqu’aux trois ans de Marie !

Eric tenait toujours son magasin de taxidermie et sa boutique friterie. Il travaillait bien durant l’hiver au magasin et l’été les fêtes prenaient le relais.

Pourtant, les fêtes n’étaient plus ce qu’elles étaient lorsqu’il avait acheté la friterie. L’évolution de notre société, peu à peu, en a diminué l’importance et l’attrait pour la jeunesse. Donc, inévitablement, moins de profit.

La taxidermie aussi commençait à se ressentir un peu de la nouvelle législation concernant certains animaux. Et, l’été, les revenus du ménage diminuaient.

Je devrais peut-être, à ce stade de mon récit, tenter de cerner le caractère de mon fils aîné. Si tant est que je le puisse. Je l’ai dit au début de mes écrits, tout le monde s’accorde pour me dire chauvine, presque de mauvaise foi pour juger mes enfants. Alors je ne promets rien !

Eric, mon grand, est, comment dire ? Excessif !... Excessif en tout !

-En amour et animosité !

-En apparent égoïsme et générosité !

-En vaillance et dans la pratique de son loisir !

-En sollicitude et indifférence !

-En optimisme et pessimisme (selon les jours) !

-Dans le bonheur ou dans la peine !

-En fidélité et jalousie !

-Il sait être aussi réconfortant que démoralisant !

-Il peut être confiant ou soupçonneux !

Bref, Beau temps et tempête à la fois !

Voilà, Eric, c’est tout cela, l’un ou l’autre selon les jours ou les situations. Si je reconnais qu’avec lui, la vie n’est jamais un long fleuve tranquille, je connais ses qualités.

Je connais sa sensibilité à fleur de peau, et sa maladresse à exprimer ses sentiments, mais aussi ses autres qualités. C’est un bon fils, c’est NOTRE fils ! Le premier, donc, l’aîné, et je sais pouvoir compter sur lui !

Sa femme aurait préféré qu’il ait un emploi fixe, avec un salaire, même peu élevé, mais régulier, et que, enfin, cesse les tournées de fêtes. La maison était bien aménagée. Il ne restait plus que la cuisine, qui pour le moment était encore en vrac

Il était question qu’Eric vende son fonds  de commerce et rejoigne ses frères à l’imprimerie.

Je ne saurais dire quelles furent les vraies raisons du divorce

qui a suivi. Le caractère de mon fils ? La fin de l’amour de sa femme ? La lassitude ? L’envie d’autre chose ?

Tout a explosé suite à une violente dispute. Mais le projet mijotait déjà chez ma belle-fille depuis un bout de temps. Celà se voyait à son comportement et même à sa santé qui s’en ressentait. S’il y a eu une autre raison à cette séparation, je n’en sais rien, et, de plus, cela ne me regarde pas. Chacun ne voit que les défauts de l’autre. Dans un divorce, jamais l’un n’est tout blanc et l’autre tout noir. Et, d’après ce que j’ai pu observer, tous les bons moments disparaissent des souvenirs. Pourtant, dans leur cas, les bons souvenirs étaient nombreux aussi, je peux en témoigner.

A l’heure actuelle, je pense que cette séparation aurait eu lieu de toutes façons, tôt ou tard !!

Cependant, encore une fois, des jours de tristesse pour tous, y compris et surtout pour les enfants. Il n’y a pas eu de problèmes de garde, tout s’est organisé selon le jugement du divorce, ou selon l’envie des enfants, sans jamais la moindre difficulté du côté maternel.

La remorque et sa tournée de fêtes ont été vendues, le fonds de commerce aussi ! Et Eric a rejoint ses frères  à l’imprimerie.

Il a très mal réagi à cette situation. Il nous a fuis quelques temps, puis il s’est difficilement ressaisi, s’obligeant à sortir.

Pendant plusieurs années, il n’est plus venu partager nos réveillons de Noël, et moi, comme il m’aurait manqué un de mes fils, j’ai cessé d’organiser le repas habituel du jour de la fête des mères. De toutes-façons, il était temps que mes belles-filles fêtent cette journée, pour leur propre compte. Elles aussi étaient maman maintenant.

Voilà ! L’année 1998 a été riche en évènements et je ne voudrais pas la revivre pour tout l’or du monde, hormis, bien sûr, la naissance de notre petite Marie.

 

 

 

Posté par emiliacelina à 23:13 - Commentaires [10] - Permalien [#]

L'imprimerie...

Vous croyez que les aventures de nos enfants vont cesser  ?? Que nenni  .....

On continue.....

 

Bruno a toujours un projet en tête. En général, il le concrétise, un jour où l’autre. Depuis quelques années, il rêvait de pouvoir, un jour, monter une entreprise. Pas n’importe quelle sorte d’entreprise, non, une société familiale ! Avec ses frères bien entendu ! A qui d’autre pourrait-il faire une confiance absolue ?

Il a pensé que le moment était venu, et a décidé de monter une imprimerie. Projet d’importance !

Lui, se chargeait de la partie financière. Il ne s’était permis aucun écart depuis qu’il s’était installé à son compte, dans ce seul but. Il pouvait donc négocier avec son banquier qui lui faisait confiance, pour le financement. Il avait déjà un apport très correct. Il a donc obtenu un crédit complémentaire, au nom de la SARL.

Il lui fallait aussi, bien évidemment, un conducteur offset. Le fils du cousin qui travaillait déjà avec Bruno, avait un CAP dans cette formation et promettait de nous étonner par la qualité de son travail. Pascal, dans ce domaine, n’avait pas de connaissances particulières, mais il allait pouvoir mettre en application sa formidable capacité d’assimilation dans toutes sortes de domaines. Il adorait les machines de tous genres ! De plus, il avait et a toujours une puissance de travail et de volonté, tout simplement phénoménale ! Si cela s’avérait nécessaire, il suivrait une formation accélérée.

Pour commencer, Bruno ayant beaucoup investi, aurait un salaire raisonnable, sans plus. Pascal et le petit cousin, percevrait le minimum, soit le SMIC. Murielle est venue rejoindre l’équipe, elle ne serait salariée que pour un mi-temps, mais bien sûr effectuerait une journée complète, voire plus, si nécessaire. Elle s’occuperait du contrôle qualité et de la préparation des livraisons. Elle s’acquittait de ce travail avec excellence. Le tri de la production était très important car la société s’était spécialisée en grande partie dans l’impression d’étiquettes de vins, d’alcool etc… Bruno assurant bien sûr la partie gestion et surtout création. Robert lui aussi a été mis à contribution pour l’emballage des livraisons sous film plastique.

Pas de problèmes pour les enfants, je les garderai tous.

Le cousin, toujours commercial, rétribué plus que correctement, garderait son salaire. Bruno ne voulant pas le lui diminuer à cause du changement occasionné. On ne revient pas sur une parole donnée ! Ah ! Mes fils et leurs principes, pas toujours très réalistes !

Le local trouvé, l’affaire fut lancée.

Parallèlement, Bruno et Nathalie avaient trouvé une maison pas très loin du local. Ils l’ont achetée. Une jolie landaise sur un terrain de trois milles mètres carrés, avec des arbres magnifiques. Pour Nathalie, c’était le bonheur. Les arbres, c’est sacré, et, lorsque la prudence commandait d’en abattre un, elle versait sa petite larme, pour le grand amusement assorti de quelques moqueries de la part de ses beaux-frères.

Nous pensions :

Quand donc, nos enfants, n’auront-ils pas une aventure en cours ?

Ils vont nous faire vieillir avant l’âge !

Le travail ne manquait pas. Tout le monde était plein d’enthousiasme et prêt à payer de sa personne. Pas question de ménager sa peine !

Le problème s’est rapidement posé, lorsque, au lieu de nous étonner, le petit cousin a raté un tirage, puis un autre. A chaque fois, tous travaillaient la nuit pout retirer la commande, donc, perte d’encre, de papier et accumulation de fatigue. Avec le recul, je me dis que le choix de l’ouvrier n’avait pas été très judicieux. Confier le plus important, c’est-à-dire l’impression, à un jeune, qui, quoi qu’il en dise, n’avait pas encore fait ses preuves, fut-il un parent, n’était pas très raisonnable ni bien réfléchi !

La tension et la fatigue se faisaient sentir, car se présentait assez souvent ce genre de problème, ou un autre, causé par son inexpérience.

Le cousin, s’il était excellent comme courtier en assurances, ne faisait pas vraiment d’étincelles comme commercial pour l’imprimerie. Pourtant, la société marchait correctement. Pascal et le jeune ont pu être un peu augmentés. Les comptes se rééquilibraient d’un mois sur l’autre. Le crédit souscrit pour l’investissement des machines pesait lourd.

Quelques mois plus tard, le commercial, qui somme toute, était le moins productif dans la société, a suggéré l’éventualité d’une augmentation de son salaire ou plutôt de ses frais de déplacements. Bruno et Pascal, lui ont alors proposé de plutôt utiliser le véhicule de la société pour ses déplacements professionnels. La discussion en est restée là, mais un certain malaise s’est installé, car il avait bien été convenu au départ, que chacun se montrerait raisonnable en prétentions durant les premières années.

Les réflexions n’ont pas tardé à fuser, et la tension à être insupportable. Pour éviter que cela ne dégénère, il a mieux valu qu’il soit licencié ou démissionné, je ne sais pas trop comment expliquer la situation au juste. Par contre, je sais que son départ ou licenciement, a durant six mois, été une charge supplémentaire pour la société. Il n’a pas été question d’arrangements !

 Bien entendu, son fils a immédiatement demandé son compte. Le problème n’était pas très important, Pascal était déjà très capable de faire marcher la machine offset. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour se mettre au courant. Il a pris le relais quelques temps, en attendant de trouver un autre conducteur offset car Pascal ne pouvait pas être partout à la fois.

Il y avait bien d’autres postes qui requéraient sa présence.

 L’ouvrier fut trouvé, et les problèmes ont fortement diminués, du moins en ce qui concerne l’imprimerie !

 

 

 

 

 

 

Posté par emiliacelina à 17:31 - Commentaires [8] - Permalien [#]
25 avril 2013

Revenons à Pascal ...

Bon! Voilà ! J'attendais Marie ce soir avec mon plat de crêpes , une enveloppe et le petit poème ......et....pas de Marie! Elle n'est pas allée en cours aujourd'hui. Un problème de santé, pas trop grave puisqu'elle y retourne demain ! Donc, les réjouissances seront pour demain!

Robert a un peu râlé parce-qu'elle n'a pas pensé à nous avertir de son absence et que nous nous sommes un peu inquiétés en ne la voyant pas arriver vers 16h45 !

 

Revenons à Pascal...

C’est à cette occasion, que nous avons fait la connaissance de Murielle que Pascal avait invité. Jimmy la connaissait déjà, et, à notre grande surprise, Jordan, notre sauvageon, s’est immédiatement attaché à Mumu (c’est ainsi, que dorénavant nous l’avons appelée) ne quittant pas son cou, qu’elle danse ou reste assise !

Robert s’est enfin senti rassuré et nous tous avec. Pascal a alors passé beaucoup plus de temps chez Mumu, avec ses enfants.

 D’abord en faisant très attention, car la petite Marine voyait quand-même débarquer chez elle, deux nouveaux venus.

Pascal, elle s’y était déjà habituée et l’adorait. Quel enfant n’adorerait pas mon gros nounours de fils ?

Mais, deux petits garçons avec qui partager maman !

Marine, petite fille de caractère, s’est tout de suite bien entendue avec ceux - que, depuis elle appelle ses frères. Elle a tout partagé de bon cœur, sa maman, ses jouets, sa petite chambre, qui, comme par magie, s’est retrouvée envahie de tout ce qui fait un environnement de garçons ! Adieu, l’ordre (ou le semblant d’ordre) bonjour le fouillis !

Elle avait un papy Michel et une mamie Nicole : les parents de Murielle. Michel, malheureusement souffrait d’un cancer de la gorge. Robert et lui se sont très bien entendus. Vraiment dommage que sa maladie l’ait emporté beaucoup trop tôt. Tous les deux se sont associés pour monter dans le jardin, une jolie cabane en bois sur pilotis, pour les enfants, où nos trois lascars ont passé de nombreuses heures.

C’était leur coin personnel, et Murielle, l’été, leur y a servi de nombreux repas. Parfois, elle-même et Pascal faisaient office d’invités. Ils avalaient stoïquement la cuisine des enfants. Si les ingrédients, comestibles étaient fournis par Murielle, la préparation, assurée par les enfants, laissait parfois à désirer. Mais lorsque l’on est invité, quand on est bien élevé, on ne critique pas. Et puis, elle nous a eu comme grands-parents supplémentaires, car j’ai tout de suite ajouté Marine au nombre de mes petits-enfants. Les liens du cœur  peuvent, parfois, être aussi solides que les liens du sang.

La petite maison se trouvait au fond du jardin, et, juste après la clôture, un petit chemin conduisait, dans les bois, à un petit cours d’eau, une « Jalle » alimentant un moulin. Tous les soirs, chaque fois que le temps le permettait, tous partaient en ballade. Les enfants se prenaient pour de vrais robinsons et Pascal jouait le jeu avec eux, leur enseignant maints secrets de la nature, ainsi que l’avait fait son père avec lui. Pour la circonstance, je leur avais fabriqué des tenues, imitation léopard, style tarzan. Marc était très souvent de la partie, dès qu’il n’y avait pas d’école et que Pascal avait les enfants. Max, le labrador noir de la famille, accompagnait toujours tout ce petit monde !

 Dans la petite maison de Mumu, cela devenait très exigu ! Du vrai camping ! On s’adapte, on apprécie chaque moment de bonheur qui passe, et la vie  continue, toujours !!

 

 

 

 

  

Posté par emiliacelina à 21:20 - Commentaires [6] - Permalien [#]