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la vie continue ... toujours !
14 mai 2013

Margot

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais depuis quelques temps je m'amuse avec les couleurs. Que voulez-vous, quand on est artiste on fait du zèle  hein ? Et vous avez la grande chance d'en profiter! Merci qui ?

Margot : ma douce.

Toute fine, sensible, délicate, attentionnée sans inutile sensiblerie toutefois : plumer et étriper un oiseau pour le cuire, ou accrocher un asticot à l’hameçon, ne lui procure aucun état d’âme. Elle pratique la gymnastique. Fermement persuadée que coupes et médailles lui seront attribuées d’office : l’optimisme inébranlable de son père est en elle !

 MARGOT... 

Ma douce ! C’est ainsi que je pense toujours à la première fille de Bruno ! Chaque fois que j’utilisais son prénom, j’ajoutais « ma douce » tellement ce qualificatif lui convenait et lui convient toujours.

Petit bébé, puis petite fille délicate, au fil des années, je me suis souvent demandé comment pouvait exister tant de douceur et de détermination chez une même personne. Elle a souhaité pratiquer la gymnastique et lors de chaque concours elle était persuadée que son groupe allait, chaque fois, remporter le premier prix. Elle se tenait toujours prête à entendre leur nom et à monter sur le podium. Le groupe, s’est vrai, a remporté pas mal de premiers prix, mais, lorsque ce n’était pas le cas, il fallait voir la déception envahir son visage ! Je l’ai déjà dit : l’optimisme inébranlable de son père est en elle !

Si une enfant a grandi sans problème, c’est notre petite Margot. Elle a toujours été une excellente élève, travaillant toute seule. Elle aime beaucoup les animaux qui ne manquent pas chez elle. Nathalie, notre belle-fille, aime aussi tout ce qui a trait à la nature : les plantes, les arbres, les oiseaux etc…

Le paradoxe avec Margot, c’est que contrairement à sa mère, elle a banni toute sensiblerie inutile. Il faut ce qu’il faut ! Chasser, si l’on aime les oiseaux aussi dans son assiette, pour les manger, il faut bien les plumer et les étriper, où alors on n’en mange pas. Mais comment résister à un plat rempli de délicieuses grives ! Pour elle, c’est un régal. Depuis toute petite, son père lui a dit, il faut choisir, si tu veux en manger, tu assumes et tu aides à la préparation.

Cela ne l’empêche pas de s’occuper des animaux de la maison  et de son rat, avec beaucoup de sérieux, sans oublier le chien, les perroquets, les chats, …

…et de dorloter sa petite sœur née trois ans plus tard, sans parler du petit dernier Louis !

Aux risques de déplaire à certains, je ne peux m’empêcher de revenir sur une anecdote concernant Margot âgée d’environ six ans, et Marie trois ans.

Alors que les filles et leurs parents se trouvaient dans leur séjour dont tout un mur était vitré, un moineau, en plein vol, est venu heurter le vitrage, et, bien évidemment, est tombé au sol. Margot et Marie ont bondi dehors telles deux diables sortant de leur boîte. Bruno et Nathalie ont pensé que les filles volaient au secours du petit oiseau, et, attendris, les observaient à travers la vitre, lorsque devant Nathalie totalement horrifiée et Bruno totalement hilare, elles se sont jetées sur le moineau, se disputant le droit de le plumer pour que leur mère le fasse cuire ! Opportunistes mes petites filles !

Lorsqu’ils ont dû quitter leur maison, ils ont trouvé une location plus près de chez nous. Ainsi Margot a pu intégrer le collège de notre commune. C’était très commode, je pouvais aller la chercher lorsque certains cours n’avaient pas lieu et elle passait l’après-midi chez nous. Enfin, quand je dis, chez nous, c’est surtout qu’ainsi elle pouvait retrouver ses copines ou copains, sur la place devant la mairie ou l’église. C’était tout un cérémonial, Bruno était très sévère et inquiet. C’était le comble ! Habituellement, c’est le rôle des grands-parents d’être trop stricts !

Je m’assurais que son téléphone soit bien chargé et qu’elle respecte bien l’heure du retour. S’il devait y avoir un changement, je n’ai jamais pris de décision sans contacter l’un de ses parents. Ceci-dit Margot était et reste toujours une adolescente très raisonnable .D’ailleurs, il me suffisait d’aller chercher une baguette de pain, pour apercevoir le petit groupe !

Il y a bien eu quelques petits copains préférés pour ne pas dire amoureux. A chaque fois, ce n’était pas un secret, elle en parlait à sa mère (et à son père qui faisait les gros yeux ! (Il avait dit pas avant vingt-et-un an !) Il faut bien qu’il réalise que sa petite fille grandit. Et encore, qu’il s’estime heureux, elle n’a pas encore été vraiment amoureuse, elle a bien le temps !

Depuis deux ans, elle prend des leçons de piano. Dernièrement, pour ses seize ans, ses parents lui en ont offert un.

Elle est en classe de première et ses résultats sont toujours excellents. Pour choisir une orientation professionnelle, elle a beaucoup hésité. Initialement, elle penchait pour des études de droit, puis, maintenant, après réflexions, elle a décidé qu’elle aimerait travailler plus tard dans l’édition, au grand regret de son professeur de mathématiques qui ne lui conseillait , bien évidemment pas, une filière littéraire.

Son choix ne m’étonne pas, c’est une grande dévoreuse de livres. Elle a des goûts très éclectiques. Actuellement elle lit Stendhal : le rouge et le noir, Victor Hugo : Notre Dame de Paris, Jorge Semprun : L’Ecriture ou la Vie etc….

Elle s’attaque à tous les genres. Lorsqu’elle lit, le monde peut s’écrouler autour d’elle, elle ne l’entend pas !

Nous verrons bien ! Elle peut encore changer d’avis. J’ai lu ses devoirs de dissertation et je trouve que toutes ses lectures lui ont procuré un style très agréable à lire. Elle a vraiment le goût des lettres.

Mon étude de Margot ne serait pas complète, si je ne faisais pas mention de son sens de l’humour très poussé. Elle a dû l’hériter de son père ! Ils se comprennent à demi-mot. Je vous jure qu’ils font une sacré équipe : Plus moqueurs qu’eux, je ne connais pas ! Rien ne leur échappe. Gare aux lapsus ou aux maladresses ! Si certains, je dirais, bien élevés, feraient ceux qui n’ont rien entendu, ces deux- là, n’ont qu’à se regarder pour esquisser un sourire ou carrément éclater de rire, selon la personne visée. Ce qui est sûr, c’est que, avec eux, l’erreur ne passe pas inaperçue !

Personnellement, bien que très souvent la cible de leurs plaisanteries (je suis coutumière du lapsus !) j’adore, car l’un et l’autre ne se « ratent » pas non plus et savent pratiquer l’autodérision. C’est beaucoup plus comique lorsque les gens se moquent d’eux même avec une bonne dose d’humour !

On accepte beaucoup mieux quand vient notre tour de subir leurs commentaires !

En ce qui concerne Margot, elle a beaucoup de retenue et ne relève pas toujours mes bourdes (assez fréquentes) pour en plaisanter ou alors elle m’embrasse en même temps qu’elle me taquine!

 Quant à son grand-père, elle ne s’y hasarderait même pas en rêve ! L’humour, avec lui, plus c’est court, mieux c’est !

Ce n’est pas une adolescente difficile bien qu’elle ait, toujours en douceur, un caractère bien trempé. A part les « petites ! » tensions que tout « ado » fait vivre à sa mère de temps en temps, elle ne crée pas de problèmes.

Son père aime bien plaisanter, mais il y a quand même des limites à respecter !

 Aujourd'hui, elle travaille plus que sérieusement pour passer son BAC en juin. Elle a un petit copain et Bruno a un peu de mal à le réaliser ! MDR ! C'est vrai que les pères ne voient pas grandir leurs filles ! 

Heureusement que ces deux restent toujours très complices !

 

 

 

 

13 mai 2013

Jordan

Revenons à nos moutons! J'en étais à Jimmy, passons à son frère Jordan !!

Nous revoilà en 2003

Jordan : mon meilleur invité surprise.

Râleur, boudeur, susceptible.  Le truc avec lui : le prendre par les sentiments et vous découvrez alors un gamin, gentil, attachant, sensible et prévenant, plein de délicates attentions.

 Il bénéficie d’un statut privilégié puisqu’il a toujours été choyé par son papy qui adore cependant le taquiner !

Passionné de pêche, il faudrait vivre au gré de sa passion qu’il pratique avec bonheur  et succès dès son plus jeune âge !

En 2010  ....je me remémore ...  

Par où commencer pour parler de Jordan ?

Si, lors du divorce de leurs parents, Jimmy était ouvertement malheureux de ne pas vivre continuellement avec son père, Jordan, lui, était trop petit. Il a donc subi la situation sans comprendre. Heureusement, il n’en a aucun souvenir. Il avait à peine plus d’un  an.

Lorsque Pascal s’est installé chez Murielle et que Robert a bien voulu admettre que c’était une bonne chose pour les enfants, celle-ci a du faire preuve de beaucoup de patience et d’intelligence. Jordan était très sauvage et appréciait, de préférence la compagnie masculine. Elle a su l’apprivoiser facilement, bien que durant quelques temps, lorsque, le soir, la nouvelle petite famille s’installait devant le poste de télévision, Jordan se contentait de se coucher à ses pieds, tenant dans ses bras, un gros gorille en peluche que je lui avais offert pour un Noël. Il arrachait alors consciencieusement du jouet, des bouloches de fourrure qu’il éparpillait partout autour de lui. Au fil du temps, le gorille, pourtant de belle taille, c’est retrouvé complètement dépourvu de la moindre fourrure. A ces débris pelucheux qui s’accrochaient partout, on savait que Jordan était passé par là. Lorsque le gorille n’a plus eu un « poil » sur le corps, cela a été le tour d’une couverture toute douce et moelleuse qui a subi le même sort ! Une sorte de « doudou » rassurant à maltraiter ! Jordan semait ses « bouloches » comme le petit poucet semait ses petits cailloux !

Durant très longtemps, il ne voulait pas que l’on ferme la porte de sa chambre et le matin, on le retrouvait la plupart du temps, couché dans la chambre de son frère. Il avait besoin de sa présence pour se rassurer.

Heureusement, autant Marine que Jimmy assumaient de bon cœur leurs rôles d’ainés, responsables du plus petit, qui ne se gênait pas, bien sûr, pour en profiter, voire en abuser. A cette époque, généralement, les deux grands lui cédaient presque toujours.

Durant la préadolescence je n’ai pas vraiment souvenir qu’il se soit rendu coupable de bêtises particulières, pour la bonne raison, (et, entre nous, pour l’occasion, il était loin d’être bête !) qu’il les réservait pour la semaine où il était chez sa mère. Comme c’était toujours elle qui en avait la « garde » les résultats scolaires n’étaient pas fameux. Il avait pourtant, aux dires des professeurs, de vraies facilités s’il avait voulu s’en donner la peine.

Il souhaitait, bien entendu, suivre le même chemin que son frère et entrer en apprentissage. Il voulait être plombier.

Robert lui a trouvé un patron près de chez nous, ainsi, il viendrait manger avec nous tous les midis, ainsi que l’avait fait Jimmy, lors de son propre apprentissage.

Pascal a fait le nécessaire pour en avoir sa garde, et, bien sûr, être enfin libre de gérer ses enfants comme il le souhaitait.

Tous les jours, aux repas, Robert lui faisait subir un véritable interrogatoire sur ce qu’il avait fait au travail. Il ne faut pas oublier que c’était le métier de son grand-père, il ne pouvait pas raconter n’importe quoi !

Son patron se disait satisfait de son apprenti. C’est certain, nos petits-fils ont hérité de la vaillance de leur père et grand-père. De plus, ce sont des jeunes très respectueux envers leurs employeurs, famille et personnes plus âgées. Entre eux et entre jeunes, c’est un peu différent, beaucoup moins de retenue ! D’ailleurs, ils savaient que ce n’était pas la peine de se plaindre, ils ne seraient pas toujours écoutés. De plus, pas de chance, pour chacun, nous connaissions bien leur patron ! Pas de cachotteries possibles !

Un jour, durant la semaine où Jordan effectuait sa semaine au centre de formation pour la préparation de son CAP, alors que j’allais me mettre à table, celui-ci  m’a téléphoné : Mamie, viens me chercher, je suis tombé dans les escaliers et je crois que je me suis cassé le nez.

Sitôt le téléphone raccroché, je me suis précipitée pensant me rendre au CFA, mais, sur la route un nouvel appel du blessé m’avertit qu’il se trouvait sur le parking du centre commercial voisin. Je ne comprenais pas trop pourquoi le centre de formation ne l’avait pas gardé à l’infirmerie.

Arrivée sur le parking en question, je trouvais mon petit –fils, le visage ensanglanté et me fournissant des explications plutôt confuses. Dans ces cas-là, je ne prends jamais de décision sans en informer son père. Celui-ci me dit de le conduire chez le médecin ainsi que j’en avais l’intention.

Le médecin avait un air dubitatif quant à la cause de ses blessures. Il conseilla une radio. Murielle que j’avais avertie (je n’étais que la grand-mère) nous a retrouvés au cabinet de radiologie.

J’étais inquiète, car tout le long du chemin, Jordan me tenait des discours décousus, me répétant en boucle les mêmes phrases et me fournissant des explications différentes à chaque fois.

Le nez était effectivement cassé, et, depuis, il a la cloison nasale déviée. La radiologue, une connaissance de Murielle, lui confirma, que, à son avis, il ne s’agissait pas d’une chute. Plutôt, d’un coup bien asséné ! Mais, il fallait surveiller Jordan qui ne semblait pas très clair dans sa relation des faits. Murielle et moi étions inquiètes,  il nous semblait qu’il avait des moments d’amnésie.

Les heures passant, il a commencé à se rappeler les faits par petits bouts. Murielle a contacté le copain de Jordan qui a pu l’éclairer. Pour faire court, il s’agissait d’un coup de pied, qui, lors d’une bagarre avait cueilli Jordan en pleine face, le laissant KO, d’où la cause des moments d’amnésie. Il n’aurait pas dû accepter le défi d’un bagarreur plus aguerri que lui et qui ne lui a pas laissé le temps de voir venir le coup ! De plus, il n’en a même pas le souvenir. Juste son amour propre qui en a pris pour son grade !

En toute honnêteté, au début, autant Mumu que moi, nous nous sommes demandées s’il ne s’embrouillait pas dans ses explications, tout simplement pour ne pas dire la vérité sur son aventure.  Ensuite seulement, en nous rendant compte qu’il n’en était rien, nous nous sommes inquiétées des suites possibles pour sa santé. Il n’y en a pas eu !

En faisant abstraction de cette aventure, son apprentissage s’est bien passé et il a obtenu son CAP.

Entre Jimmy et Jordan, adolescents, malgré leurs trois ans de différence, les relations étaient beaucoup plus animées. Lorsque Pascal entendait des bruits de disputes venant de la chambre de l’un des garçons et qu’il allait voir ce qui se passait, dès - qu’il  ouvrait la porte, grondant : qu’est-ce qui se passe ? Les deux frères, redevenus silencieux, répondaient tranquillement : rien ! On discute ! Et le calme revenait pour un moment. Juste pour un moment, ou alors ils s’arrangeaient pour régler leurs comptes silencieusement !

Contrairement à Jimmy, plus âgé et qui sortant beaucoup, dépensait de ce fait, facilement son salaire, tout en assumant quand même ses dépenses personnelles, assurance permis de conduire, habillement, etc… Jordan, plus jeune, ne sortait pas encore. Il a donc pu économiser et s’offrir : écran plat, ordinateur, scooter, téléphone dernier cri etc…Son CAP en poche, Pascal n’a eu aucun mal à lui trouver du travail. Comme il n’avait pas encore l’âge de passer le permis de conduire, il a choisi d’acheter le bateau de son parrain, puis il a décidé de le revendre et d’en acheter un autre bien plus à son goût. Durant l’été, avec ses copains ou avec Jimmy (et ses copains) s’ils n’ont pas beaucoup pêché, ils se sont bien amusés. Ils jetaient l’ancre auprès de celui de leur père (quand ils étaient sages !) puis ils filaient plus loin quand ils avaient envie de chahuter, s’en éloignant prudemment. Le petit coin de paradis : la « conche » de Pascal et Mumu abrite ainsi, certains samedis ou dimanches d’été le bateau de Pascal, de Jordan et de Mario ! Ce n’est plus un petit coin désert. Les petites jumelles s’excitent sur les petits poissons que Pascal leur place dans une bassine.

 Entre les poissons avec son oncle et les canards et animaux divers avec son papy (Eric) ces petites vont adorer les animaux !

Jimmy et Jordan ont passé leurs permis de chasser et Jordan celui de bateau. Actuellement, Jordan prépare celui de conduire.

Depuis toujours, Jordan comme son père est fin pêcheur. Très jeune, il réalisait déjà de bonnes prises et n’en était pas peu fier ! Il a très tôt su manœuvrer un bateau puisqu’il pilotait celui de son père.

Actuellement, en attendant qu’il ait son permis, son père le pose le matin au travail et je vais l’y chercher, en fin d’après-midi pour, soit, le ramener chez lui, soit le déposer chez un copain près de chez nous. Vivement qu’il obtienne le précieux sésame .En attendant, tous les soirs, en roulant, nous échangeons souvent nos observations sur pleins de sujets. Enfin, c’est surtout Jordan qui argumente, surtout si j’ai l’air de ne pas être de son avis. Il aime bien ergoter et je me laisse souvent embarquer dans des discussions sans fins !

Pour conclure sur mon petit-fils, je suis obligée si je veux être honnête, d’insister sur sa gentillesse. Il a un cœur d’or et j’espère que dans la vie, si la situation l’exige, il saura s’endurcir et repérer les profiteurs.

Aujourd'hui, Jordan a une copine. Ils sont trop mignons tous les deux! ....et si jeunes !

Depuis 4 mois il travaille comme "sableur" dans une société qui traite toute sortes de pièces métalliques qu'il faut décaper avane de les peindre. C'est très dur physiquement , mais il est très courageux ! Son employeur l'a convoqué pour lui proposer un CDI . Il a demandé 3 jours de réflexion et ensuite a demandé quelles étaient les possibilités d'évolution car il souhaite passer à la peinture au pistolet afin d'avoir un meilleur salaire. Le patron a dit : d'accord, on te paie une formation de 6 mois à partir de décembre et tu t'engages à travailler pour nous durant 3 ans . Jusqu'en décembre le salaire reste correct et ensuite il gagnera bien sa vie! Il a donc accepté le CDI . Il est heureux ! 

Quand il passe chez nous, et c'est souvent, c'est un vrai raz de marée ! Un vrai bonheur! Il est plein dejoie de vivre et très "vivant", en deux temps trois mouvements, il nous a raconté ses dernières nouvelles, visité le frigo, fait un tour à la salle de bain pour : soit prendre une douche, (bien que son père lui dise à chaque fois qu'il y a une douche à côté aussi !)soit se repeigner, fait un saut à côté pour voir son père et Mumu,et reraconter sa journée, puis, est reparti, puis est revenu en courant car il a oublié soit ses clés soit ses lunettes de soleil! Achaque fois il me laisse un peu de couture, je crois que pour lui, les boutons de chemise celà s'arrache tout simplement !A chaque fois, Robert lui reproche d'avoir sa voiture si saaaale ! Résultat, mainteant il la gare devant chez son père, à côté ! Ni vu ni connu ! L a pauvre voiture est minable !

Il est tellement, tellement gentil !C'est un bonheur !

 

10 mai 2013

Jimmy

 

2003... Jimmy a 12 ans.

Jimmy : vrai petit homme

Adolescent sérieux, vaillant, féru de chasse, Jimmy est incollable (et fier de l’être !) sur les canards, les oiseaux, la nature.

 Toujours prêt à rendre service, il est incontestablement la fierté de son père et le compagnon apprécié de son oncle, en particulier lors de parties de chasse à la tonne.

 Mais attention ! Cela ne va peut-être pas durer, gare aux résultats scolaires !

 

 En 2010 ....ben ! Il en a 19 !! ...et ne nous a pas laissé le temps de nous ennuyer durant ces 7 années !

                                                   Jimmy

 

L’on voit Jimmy l’on voit son père. Sur certaines photos de Pascal jeune, la ressemblance est frappante, et, pour ceux qui connaissent son fils, la ressemblance ne s’arrête pas qu’au physique, le caractère est à l’avenant !

Lorsque ma belle-fille s’inquiétait des frasques du garçon, du haut de mon expérience de mère de trois fils, je la réconfortais d’un : comme son père, fataliste !

Pour les quatorze ans de Jimmy et de Marine (ils n’ont qu’un mois d’écart) Pascal et Mumu leur ont offert, à Jimmy, une moto et à Marine un booster. Sur leurs engins, ils ne passaient pas inaperçus dans notre petite commune. Marine était plutôt très prudente parce-que pas très confiante sur la route. Jimmy, bien évidemment, tout le contraire ! Ils partaient donc souvent rouler dans les bois, sur leurs machines absolument pas faîtes pour ce genre de terrain et en revenaient tout crottés. Jimmy était continuellement dans notre garage occupé à trafiquer sa moto. Robert avait beau le sermonner, rien n’y faisait. Dès que son grand-père avait le dos tourné, il reprenait les outils, persuadé qu’il allait en améliorer les performances !

C’est ainsi qu’un jour où je revenais de faire des courses, j’ai connu l’une des plus grande- frayeur de ma vie.

Alors que j’arrivais dans ma rue, à quelques cent mètres du stop avant notre maison, j’ai vu un attroupement, un véhicule de gendarmerie et une voiture en travers du trottoir. J’ai dû m’arrêter car la rue était bloquée et j’ai vu ma voisine venir vers moi pour m’informer : ne vous affolez pas, mais c’est Jimmy, on attend les pompiers, votre mari est avec lui, il est conscient et il parle. Laissant la portière de la voiture ouverte, j’ai couru et j’ai subi le choc de ma vie !

Coincés par les roues arrières de la voiture, dépassaient juste les pieds de mon petit-fils, dont le corps, lui, était entièrement sous le véhicule. Robert, à plat-ventre dessous, à la hauteur de la malle arrière, le réconfortait. J’ai fait un malaise, un petit évanouissement. Les pompiers enfin présents, je me suis forcée à réagir pour appeler Murielle. J’ai pu observer que Jimmy bougeait légèrement les pieds et cela m’avait légèrement rassurée.

Robert a demandé l’aide des voisins afin de caler la voiture avec des parpaings, car la pente du trottoir aurait pu la faire rouler sur l’accidenté. Personne n’y pensait !

Marc et Marine qui se trouvaient sur la route avaient assisté à l’accident. Marc avait filé chercher mon mari. Marine hurlait à l’adresse de la conductrice du véhicule : Elle a tué mon frère ! Elle a tué mon frère ! En deux secondes Robert l’a calmée net, sans faire preuve de délicatesse, on verrait après ! Cette partie- là, m’a été racontée, je n’étais pas encore arrivée sur les lieux.

Après avoir appelé Mumu, j’ai pu un peu m’occuper d’elle. Marc, complètement terrorisé, se tenait à l’écart, blanc comme un linge !

Il a fallu joindre Pascal au téléphone (il se trouvait à cinquante kilomètres pour son travail). C’est Murielle qui s’en est chargée, lui détaillant la situation de minutes en minutes car Jimmy est quand-même resté une heure et demie sous la voiture avant que l’ambulance ne l’emmène .Murielle a pu monter avec lui.

Après avoir ramené les enfants chez eux et tenté de les rassurer de notre mieux, nous avons filé à l’hôpital retrouver Pascal enfin arrivé et Murielle.

Après cette grande frayeur, il nous a paru incroyable d’entendre les médecins nous rassurer. Par chance, la cage thoracique du gamin avait encore les cartilages très souples, et, logiquement, les choses devraient rentrer dans l’ordre rapidement. Enfin ! Il s’en est ressenti plusieurs mois quand même, mais n’en a gardé aucune séquelle !

Nous avons tous eu beaucoup plus de peine à nous en remettre que lui ! Il a vraiment eu une chance inouïe aux dires des pompiers.

La moto, irréparable, bien qu’assurée n’a pas été remplacée. J’en étais contente même si je ne le montrais pas.

Quand je dis que nous étions plus choqués que le principal intéressé, la preuve : il lui a fallu très peu de temps pour enfourcher le booster de Marine ! Pauvre booster ! Mais, Marine avait eu tellement peur qu’elle cédait tout à son frère.

Les soirées de vacances, Jimmy et d’autres gamins se retrouvaient, le soir, devant la mairie de notre petite commune. Bien sûr Marine faisait partie de la bande ! Notre mairie possède un éclairage constitué de gros globes lumineux, placés à même le sol (du gazon).

Un jour, Pascal a été convoqué à la mairie .Jimmy se serait rendu coupable de « détérioration de biens publics ».

L’accusé, bien évidemment, n’y comprenait rien ! C’est vrai, que, si notre petit fils était plutôt casse-cou, il n’a jamais été un voyou malfaisant.

Pascal s’est donc rendu à la convocation. Notre commune est petite et l’on connait presque tout le monde. Le fait était exact. Un des globes lumineux avait été cassé. Qui était responsable de cet acte de vandalisme ? La mairie pouvait répondre à cette question, sans la moindre équivoque, car le bâtiment était équipé de caméras qui en surveillaient les abords. C’est ainsi que Pascal a eu le privilège de voir la vidéo de son fils, « urinant » tranquillement sur l’un des globes lumineux, qui, n’appréciant certainement pas le traitement, a explosé !

 Bizarre !

Peut-être que le globe en question supportait seulement l’eau de pluie !

L’affaire n’était pas très grave en soi, il n’y avait pas vraiment volonté de  mal faire. Il n’y a pas eu de suite avec l’équipe municipale.

Par contre, j’aime mieux vous dire qu’il y en a un qui n’a pas raté l’occasion de railler Jimmy dès qu’il a eu connaissance de l’histoire : c’est Bruno ! L’aventure était du pain béni pour un parrain aussi moqueur !

Jimmy n’a pas voulu continuer les études alors qu’il avait beaucoup de facilités. Mais, rien à faire, il voulait travailler. Les chiens ne font pas des chats ! J’avais vécu la même situation avec son père ! Mais, c’est curieux, celui-ci n’avait pas trop l’air de s’en souvenir !

Notre voisin, peintre, l’a pris comme apprenti. Il a bien appris son métier et, le CAP obtenu, il a choisi de continuer pour passer un brevet professionnel.

Il a donc fallu trouver un nouvel employeur. Ce fut fait, et une fois le contrat signé et respecté durant à peu près trois mois la société, en difficultés, a tout simplement cessé de le payer ! Impossible d’aller travailler ailleurs tant que le contrat n’était pas rompu. Pour cela, il fallait obligatoirement passer par les prud’hommes. Il a travaillé neuf mois sans salaire et son humeur s’en est ressentie. Murielle a dû s’armer de patience pour deux, parce-que Pascal supportait encore plus difficilement cette situation. Finalement, le problème s’est réglé à l’amiable avec le liquidateur de la société et Jimmy a pu s’acheter un véhicule. Ce n’était pas sa première voiture, son père dit qu’il aurait mieux fait de monter une casse !

Pascal, via son agence intérim, lui a trouvé un nouvel employeur. Il a la chance de pouvoir faire des heures supplémentaires et ne s’en prive pas. Il doit prochainement signer un CDI. Son employeur est très satisfait de lui. C’est vrai que c’est un bon ouvrier, volontaire et sérieux au travail.

Son humeur est  redevenue plus agréable. Nous retrouvons le gentil garçon qu’il est et je pense qu’après avoir réalisé quelques économies, il ne va pas tarder à prendre son indépendance. Je commence à prévoir quelques achats en prévision. Il s’invite de temps en temps chez nous pour souper. S’il n’a pas pu m’avertir, comme il ne veut pas que je m’embête, il va dans le placard et s’ouvre tout simplement une boîte de raviolis. Pas difficile pour deux sous ! Je ne peux pas dire qu’il soit attiré par la qualité du repas. Je compense lorsqu’il pense à m’avertir assez tôt !

Chasseur, il a un sujet de conversation tout trouvé à partager avec son papy (après avoir fait le point sur sa situation au travail !). Toujours volontaire si l’on a besoin d’un coup de main quel qu’il soit, il répond toujours présent.

Entouré d’une joyeuse bande de copains aimant la fête, il a beaucoup de respect pour les membres de la famille et est toujours présent lors des réunions familiales. 

et en janvier 2013 il est parti en Suisse. Le travail là-bas n'attendait que lui ! Il allait faire des économies !

Je crois qu'il a surtout profité des pistes enneigées ! La vie là-bàs lui plait beaucoup, mais trouver du travail n'est pas évident! Il a essayé, il a accepté quelques petits boulots (travailler dans les vignes par exemple !) mais pas dans son métier de peintre ! Il est déçu. 

Je crois que nous n'allons pas tarder à le voir revenir !

 

9 mai 2013

Marc ...le premier petit-fils...

Deux mots en 2003 ...

MARC : mon conférencier préféré.

Treize ans- et -demie de sagesse et de gentillesse. L’activité physique n’est pas son fort !

Curieux de toutes choses, spécialiste du pourquoi et du comment, soit, il questionne, soit, il explique. Et, quand Marc explique, il vaut mieux être attentif ! Quoi que vous fassiez, il adhère à vos pas et vous distille force détails, commentaires et conclusions sur le sujet qu’il a choisi de développer. Impossible de lui échapper !  

 Et la suite en 2010...

                                 Marc…Bientôt  22 ans         

  

Jimmy et Marc ont une année de différence. Marc est l’aîné.

S’il me sera facile de parler de Jimmy tellement semblable à son père lorsqu’il était jeune, en ce qui concerne Marc, c’est différent.

Marc, pour nous, c’est Polo, depuis que Monsieur Robert, un ami de la famille l’a surnommé ainsi. Il avait fait  la relation : marc=Marco Polo, puis tout simplement Polo ! Personnellement j’utilise plutôt Marc ou Marcou ! Il a toujours été un enfant calme et raisonnable la plupart du temps. Je l’ai déjà dit, rarement il explosait si on le poussait à bout. Il n’a jamais été un enfant à problèmes, pas davantage adolescent. Pas chasseur, pas pêcheur, pas sportif, facile à contenter, il suffisait de lui offrir un album de bandes dessinées pour lui faire plaisir. Il en possède une collection impres sionnante, et, lecteur assidu, il y tient beaucoup. Il passait le plus clair de son temps sur l’ordinateur. Il y a trouvé de quoi satisfaire sa curiosité en toutes choses. Il y a aussi acquis beaucoup de connaissances, en cela, tout tranquillement, il nous a souvent étonnés. Après l’adolescence, il s’est mis à pousser comme un champignon. A chacune de ses visites, je le voyais grandir à vue d’œil !

Ses intérêts et ses goûts sont très différents  de ceux de ses cousins, auxquels, cependant, il reste très attaché.

 Vêtu à l’américaine, pantalon très large au bas des fesses (on se demandait comment il ne lui tombait pas sur les talons !), caleçons apparents, il faisait le désespoir de son grand-père qui s’inquiétait : il s’achète des fringues qui ne sont pas à sa taille ce gosse ! Et le gosse en question rétorquait en souriant gentiment : mais non ! Papy! C’est exprès ! C’était encore pire !

Il a un petit furet (une furette ?) prénommée Marley. Aux dires de sa sœur, c’est un petit animal adorable. Un beau jour, il a décidé de se laisser pousser les cheveux. Au début cela lui allait plutôt bien. Ensuite au fil du temps, toutes les sortes de coiffures se sont succédées, du bonnet péruvien bariolé, au foulard, à la casquette de côté. Et les cheveux poussaient, poussaient et Marc, grandissait, grandissait ! Plus d’un mètre quatre-vingt ? Pour l’embrasser  je dois me hisser sur la pointe des pieds et lui se courber vers moi !

Robert se demandait quelle orientation professionnelle allait tenter son petit- fils. Que va-t-il faire de sa vie ? Il a choisi de préparé un CAP de paysagiste qu’il a réussi. Puis, il est entré à la communauté urbaine de notre ville pour préparer un BAC- PRO. Dans l’immédiat, pas de soucis à se faire pour son avenir.

Depuis un an il nous a asséné le coup de grâce : il s’est fait faire des dreelooks. Que nous ne trouvions pas que ce soit une bonne idée, ne surprendra personne ! Lorsqu’il vient chez nous, il prend soin de les attacher, sûrement pour ne pas nous déplaire ! Quelqu’un lui a dit que l’on dirait un palmier ! La comparaison glisse sur lui ! Il a obtenu grâce à son emploi un petit logement, tout neuf, dans lequel il s’est installé avec sa copine Justine, coiffeuse.

Je suis allée avec lui, leur faire les premières courses. Je l’ai suivi dans les allées du super marché, de rayons en rayons. Le plein de produits alimentaires et d’entretien, ainsi que de quoi garnir le réfrigérateur. Ensuite, ils n’auront plus qu’à renouveler au gré de leurs besoins. J’étais contente, car il a ajouté dans le caddy, avec le reste, un poulet sans tenir compte du régime végétarien qu’il suivait depuis quelques temps et qui l’a bien fait maigrir .Il commence à moins le respecter !

Je ne cesse pas de lui dire : Marc, tu me désoles, ma biquette ! J’ai un vocabulaire très varié en mots tendres et incongrus à l’adresse de mes petits- enfants. Parfois, j’essaie de me fâcher car il est très paresseux pour donner de ses nouvelles. Il n’est pas du genre à faire exploser son forfait téléphonique ! Devant mes  reproches, il convient que j’ai raison et promet de téléphoner plus souvent, mais pfuitt !

Enfin, on dit : pas de nouvelles, bonnes nouvelles !

En tout cas, je sais qu’il pense venir passer le réveillon de Noël avec nous tous, comme tous les ans. C’est Lydie qui me l’a dit.

Comme il n’a pas encore le permis de conduire, s’il le souhaite, nous irons le chercher car il est bien capable de ne pas téléphoner pour nous dire qu’il compte venir. Ou de nous appeler au dernier moment ! Il n’y a pas de problème, nous sommes assez nombreux à avoir un véhicule !

Lydie ne sera pas des nôtres car c’est l’année où elle réveillonne dans la famille à Mario ; Il faut bien partager !

Je vais envoyer à mon petit ( ?) Marc un mail, en attendant de lui tirer les oreilles si je les trouve sous sa tignasse !

Aux dernières nouvelles, c'est à dire , ce jour de l'ascension 2013, je viens d'apprendre qu'il est allé chez le coiffeur.

Je ne l'ai pas vu, mais Lydie m'a envoyé une photo  : il est complètement rasé!!!   Celà fait bizarre, on s'était habitués !

Par contre, il s'est fait tatouer!!!!! Et pas qu'un peu, mais heureusement sur le torse, habillé, ce n'est pas visible !

Il  m' énerve !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! 

 

 

8 mai 2013

Lydie

 Puisque j'ai repris les souvenirs concernant mes garçons, sans changer de registre, je pourrai bien , un peu, oublier ces années de tracas et revenir aux moments de pur bonheur que nous ont procurés nos petits enfants!

Commençons par l'aînée de nos petits enfants .

En 2003,quelques mots...

LYDIE : ma chérie.

Désolée ! J’avoue en ce qui la concerne un parti-pris évident J’ai plein de merveilleux souvenirs avec l’aînée de mes petits-enfants.

 Un vrai bonheur ! Bientôt majeure, déjà amoureuse !

Comme le temps a vite passé... nous voici en 2010 !

Lydie       

Lorsque je vois la voiture de Lydie franchir  notre portail pour se garer devant la baie vitrée de notre séjour, généralement, nous nous précipitons Robert et moi, pour l’aider à descendre nos arrières petites-filles : Lisa et Lana. C’est une occasion de plus pour les prendre dans nos bras pour un gros câlin. C’est tout juste si on ne laisse pas la maman se débrouiller avec ses sacs. C’est un vrai  déménagement, le coffre de la voiture y suffit juste, même pour une seule journée ! Il ne manque rien. Même pas leurs jouets habituels et les livres préférés.

Parfois, derrière nos rideaux, au lieu de me précipiter, j’observe cette arrivée un instant, me demandant, comment cette jolie jeune-femme, maman de deux adorables jumelles, peut-elle être le même petit bouchon, qui voici vingt-cinq ans, s’accrochait à mon coup, de toute la force de ses petits bras ?

Bien évidemment, nous aimons tous nos petits enfants de la même manière, pas plus l’un que l’autre.

Avec Lydie, j’ai, comment dire ? Des rapports privilégiés qui ne se sont pas amoindris avec les années.

Bébé, fillette, adolescente, amoureuse, je me suis demandé cent fois : pourquoi le temps passe-t-il si vite ? Nous n’étions pas pressés de voir grandir nos enfants, alors, vous pensez, encore moins nos petits -enfants !

Lorsque Lydie a obtenu son permis de conduire, son père lui a offert une petite voiture et nous avons pu bénéficier de visites encore plus fréquentes.

Lorsqu’elle a fréquenté Mario, tant qu’elle était étudiante, ils ont vécu chez la mère de Lydie.

Mario s’est très vite intégré à la famille. Vaillant, sérieux, respectueux et gentiment taquin, j’aime bien les réflexions moqueuses que nous échangeons parfois. Tout comme Lydie, sous son air calme se cache un tempérament pas toujours très patient. Pêcheur, il vient d’acheter un bateau, pas étonnant qu’il s’entende bien avec Pascal ! Il travaille dans une sablière comme chargeur selon le rythme des deux-huit. C’est astreignant mais plus avantageux pécuniairement.

Dès que ses cours lui en laissaient le loisir, Lydie travaillait, et, dès qu’ils l’ont pu, ils ont pris un petit logement. Lydie préparait alors sa licence et Mario prenait part activement aux travaux ménagers pour qu’elle puisse se consacrer sérieusement à ses études.

A cette époque, quand Mario finissait son travail tard le soir, notre petite fille venait souper avec nous, puis, le repas terminé, elle se calait sur le canapé, prenant appui sur son grand-père et révisait ses cours. A moins qu’un match de foot ne se déroula à la télévision. Elle était très calée sur le sujet et la soirée devenait beaucoup plus animée. Pour son papy, c’étaient de purs moments de complicité et de tendresse !

La licence obtenue et le concours d’entrée à l’IUFM réussi, le couple a décidé qu’il pouvait penser à devenir parents. Le temps que Lydie tombe enceinte, son année d’IUFM serait terminée ou presque !

Soit, ils ont mal rempli le bon de commande, soit cette idiote de cigogne n’a rien compris ! Toujours est-il que le bébé s’est mis en route sans aucun délai !

Lorsqu’elle m’a téléphoné qu’elle allait peut-être avoir des jumeaux, j’ai d’abord pensé : l’important c’est que tout ce passe bien !

Quand cela a été une certitude, j’ai pensé : ma petite fille va être maman ! Et de jumeaux ou jumelles ! La pauvre ! Pourquoi est-ce le premier mot qui m’est venu à l’esprit ? La pauvre ? N’importe quoi ! Nous étions très heureux de leur bonheur, mais j’avais du mal à réaliser : mon petit cœur, MAMAN !

Lorsque son ventre s’est arrondi (nous avons pu en suivre l’évolution de semaine en semaine, de visu d’abord) puis sur photos régulières, la future maman rayonnait de bonheur et de fierté Nous étions très occupées : choix des tissus pour la confection des couettes, tapis et fond du parc etc…Un vrai bonheur, je n’ai eu qu’à exécuter selon son choix des matières et des couleurs. Lydie avait des idées très arrêtées pour le choix de la layette. Des couleurs différentes pour chaque bébé.

 Bien évidemment elle n’a pas pu terminer son année d’IUFM car elle a dû rester allongée pour aller au terme de sa grossesse.

 Lorsque je suis allée à la clinique pour les naissances, je n’ai plus vu, uniquement ma petite fille. J’y ai trouvé une jeune maman et un nouveau papa avec leurs deux petits bébés. Mario changeait l’une pendant que Lydie tenait l’autre dans ses bras. C’était une famille heureuse et magnifique !  Lydie restera toujours ma petite chérie ainsi que je l’appelle souvent, mais c’est maintenant avant tout, une jeune femme et une maman parfaite.

Malgré une grosse fatigue durant les tous premiers mois, Lydie s’est très vite bien débrouillée. Heureusement la petite famille est restée chez la mère de Lydie en attendant les clefs du F4 qui serait terminé au printemps. Entre les biberons et les changes même la nuit, c’est le sommeil qui manquait le plus. Quand sa mère rentrait du travail, elle envoyait Lydie tenter de dormir si possible deux heures d’affilées, ce qui lui arrivait rarement.

Leur vie de parents s’est organisée (dès qu’ils ont obtenu les clefs de leur nouveau logement) sans aucun problème. Mario est un papa présent et actif ! Lydie est une maman exigeante envers elle-même et n’économisant pas sa peine. Si elle est très douce, elle est aussi excessive dans ses sentiments (je retrouve parfois en elle certains traits du caractère de son père) avec dans ses jugements, l’impétuosité et l’intransigeance de la jeunesse. Lisa et Lana sont des amours. On aurait pu penser qu’habituées à être souvent seule avec leur maman, elles risquaient d’être un peu sauvages, pas du tout ! Ce sont d’adorables petites filles très sociables, (tant que maman reste cependant à portée de vue) !

Lors d’une promenade avec Lydie, alors que Lisa et Lana trottinaient devant nous, pleines de curiosité devant les animaux du parc, elle m’a confié en regardant ses filles :

-je ne croyais pas que l’on pouvait aimer autant !

Eh ! Oui ! Ma chérie, c’est cela l’amour maternel.                  

 Inconditionnel et indéfectible !

Je dirai tout simplement qu’elles sont le plus bel exemple de ce que j’ai déjà écrit : la vie continue… passe… et recommence…

C’est inévitable et merveilleux à la fois !

4 mai 2013

La transplantation...suite...

Nous ne pensions pas, à l'époque, que nous serions encore là, ... et  surtout encore deux, 11 ans après !

Puisque cette aventure, c'est plutôt bien terminée, je vous livre la suite et vous souhaite une bon dimanche !

La transplantation ...suite...

Le 23 au matin, dès la première heure, j’ai appelé le service. La transplantation était terminée et s’était bien passée. Effectivement, ma visite n’était pas souhaitée, et, surtout, elle n’aurait rien apporté à Robert, qui n’en aurait pas conscience. Les doses massives de drogues diverses devaient le maintenir dans l’inconscience plusieurs jours.

 Le surlendemain, j’y suis quand même allée. Dans le couloir, que maintenant je connaissais, j’ai appuyé sur le bouton de la sonnette réservée aux visiteurs des malades transplantés. Par l’interphone, une infirmière m’a interrogée sur mon identité et mes liens de parenté avec le patient, puis, comme c’était ma première visite, elle est venue me chercher pour m’expliquer la procédure lors des visites. Les visiteurs devaient toujours se signaler par la sonnette et donner leurs identités, la porte s’ouvrait alors commandée par l’infirmière. Puis l’on accédait à une toute petite pièce, que j’ai appelé  le SAS  dans laquelle se trouvaient : blouses, coiffes, chaussons et masques stériles. Une fois équipé le visiteur devait soigneusement se laver les mains, puis l’infirmière venait vous chercher pour vous conduire auprès de votre malade. Il ne fallait pas oublier avant même de sonner, de déposer son sac dans le casier de consigne, situé dans le couloir. Pour cette première visite, dès la porte du SAS franchie, j’ai pénétré sur les talons de l’infirmière, dans le secteur stérile. Les chambres des opérés donnaient sur un couloir dans lequel se tenaient en permanence, les infirmières. Les façades des chambres étaient vitrées en totalité, la surveillance était aisée et continue.

L’infirmière m’a conduite devant la vitre de la chambre de mon mari, j’ai tout de suite pensé à un aquarium. Derrière la vitre, de nombreux appareils occupaient presque toute la place. Le lit, médical, au centre, était occupé par mon mari relié à toutes ces machines. C’était assez impressionnant. Il n’avait aucune conscience de ma présence. Je suis restée un instant, derrière la vitre, puis je suis repartie, que faire d’autre ? Je devais rendre compte aux enfants qui s’inquiétaient beaucoup.

Après l’inconscience, sont venus les jours où les drogues l’ont fait délirer. Heureusement, les infirmières m’avaient avertie que c’était normal. Il était persuadé qu’un docteur lui voulait du mal, menaçant même sa vie. Il s’agitait trop et il a fallu le replonger dans un sommeil artificiel et l’attacher. Nous étions au sixième jour après la greffe. Il s’était réveillé, mais n’avait pas toute sa conscience. Lorsque l’un de nos enfants, ou moi allions le voir, il regardait avec inquiétude la silhouette toute de blanc vêtue, qui, derrière la vitre semblait l’épier. Le connaissant, j’étais persuadée qu’il devait se dire : qu’est-ce qu’ils me veulent ? Ils n’ont pas autres choses à faire que de rester plantés là, à me regarder ? L’infirmière me rassura encore, lorsque les drogues seraient éliminées, la conscience lui reviendrait d’un seul coup.

Le jour d’après, j’ai pu lui parler par le biais du téléphone, mais la conversation était plutôt décousue. Le masque et la tenue stérile l’empêchait de reconnaître son visiteur. C’était vraiment très curieux, d’entendre Robert, père solide sur lequel chacun pouvaient compter en toutes circonstances, menacer de se plaindre à ses enfants qu’on lui voulait du mal ! Malgré la situation, nous étions obligés d’en sourire, ces mots étaient tellement incongrus dans la bouche du chef de famille qu’il est !

Les infirmières avaient raison. Le onzième jour, en arrivant pour la visite habituelle, j’ai eu la surprise de le trouver en chambre stérile normale. Les drogues avaient, depuis la veille, cessé leurs effets et Robert avait retrouvé toute sa lucidité. Il récupérait vite et les infirmières devaient le raisonner : doucement, monsieur, vous ne venez pas de subir une opération de l’appendicite !

 Il a toujours été un excellent malade. Plaisantant avec le personnel hospitalier, supportant le mal sans se plaindre, acceptant les prises de sang très fréquentes. Il avalait stoïquement quantité de comprimés car on lui avait enlevé toutes les perfusions. Il était très heureux de retrouver sa liberté de mouvements. C’était au moment de la coupe du monde de foot, et, dès-que, le soir, l’infirmier avait un instant, il venait dans sa chambre regarder les matchs avec lui. Les plateaux de repas, stériles, n’étaient pas très apétissants, mais il se forçait et mangeait ce que l’on lui présentait sans rechigner. Pour reprendre des forces, il arpentait inlassablement, le couloir du service, puisque les médecins lui conseillaient de marcher. Ils n’ont pas eu besoin de le lui dire deux fois !

Il est revenu chez nous au bout de dix-huit jours, refusant catégoriquement d’aller quelques temps en maison de repos. Eric est venu le chercher, faisant office de taxi, il avait une voiture très confortable. Robert préférait cette solution à l’ambulance.

Deux jours après, nous étions de retour dans le service, pour trois jours. Pour simplifier, je dirais que d’ici à la fin de l’année 2002, nous avons dû repartir à l’hôpital pour de brefs séjours de trois ou quatre jours, sept fois. Il s’était produit un problème de voies biliaires (un rétrécissement) et l’on a dû poser des prothèses pour en élargir la circonférence. Une jaunisse aussi nous a fait très peur.

Cela n’a pas empêché ma tête de mule de mari, de faire quand même, en septembre, l’ouverture de la chasse. C’est l’un des pires souvenirs de ses fils Pascal et Bruno qui l’accompagnaient. Robert avait encore une poche, reliée à un drain biliaire. Il avait absolument voulu que l’on fixe ce drain et la poche à l’intérieur de la jambe de son pantalon de chasse. Si je ne l’avais pas fait, il l’aurait fait lui-même ! Les enfants étaient morts d’inquiétude et se fichaient de la  chasse comme de l’an quarante ! Ils s’en rappellent encore avec émotion. Ils n’ont « chassé » que la demi-journée. Encore heureux ! Parce-que de son côté, Robert voulant que les garçons chassent tranquilles (impossible !) s’écartait d’eux, et que ses fils, tout en le surveillant de loin, ne voulaient pas avoir l’air de l’épier. Leur père aurait été très capable de les remettre vertement à leurs places.

En décembre est apparu le diabète. Conséquence : piqûres d’insuline trois fois par jour.

En janvier 2003 pose de nouvelles prothèses biliaires. En avril on les enlève. Les analyses sanguines ne sont pas correctes. En mai, il faut recommencer le traitement par interféron. En juillet pose de nouvelles prothèses. L’on a arrêté l’interféron. Robert réagissait mal et les analyses étaient très perturbées. Finalement, il se pourrait qu’il ait fait, à ce moment- là, un petit rejet. A l’arrêt du traitement les choses rentrèrent dans l’ordre. Nous voyions le docteur tous les mois, puis tous les quatre mois. Suivre les recommandations du docteur qui prônait la pratique de la marche, n’a pas causé de problème à Robert. Il partait, tous les matins, faire de longues promenades, au moins quatre ou cinq kilomètres, sauf, bien sûr durant la saison de la chasse où il ne comptait pas les kilomètres. Même ses fils ont toujours eu du mal à le suivre. Il ne marche pas vite, mais à une allure très régulière et continue.

Pour apprendre à gérer son diabète, les premiers temps, un infirmier est venu régulièrement à la maison. Lorsque celui-ci franchissait notre portail, il sifflottait  toujours allègrement. Nous étions ainsi avertis de son arrivée, sans qu’il ait besoin de sonner. Robert l’avait surnommé « rossignol » lorsque nous étions entre- nous. Un jour où il venait comme à son habitude, notre petit fils, Jordan, présent, l’avait salué d’un très poli : bonjour, monsieur rossignol !

Dans la vie, il faut savoir apprécier les belles choses lorsqu’elles arrivent. Nous n’avons pas eu besoin de chercher bien loin, une raison de nous réjouir au cours de cette année 2003.

 C’est notre petit Louis qui nous l’a fournie. Louis, c’est le troisième enfant de Bruno.

Il est né en Mars, juste avant le printemps ! Il est le dernier de nos petits- enfants. Nous en avons huit, maintenant :

Lydie, Marc, Jimmy, Jordan, Marine,, Margot, Marie et Louis ils sont tous très attachants et nous sont très attachés également.

 

 

 

1 mai 2013

la grande aventure de l'étiquette "Multi-volets"

 Continuons donc.....

A l’imprimerie, la machine offset deux couleurs qu’ils avaient achetée d’occasion, tombait souvent en panne et cela posait un gros problème pour parvenir à respecter les délais de livraison. Le réparateur ne pouvait pas toujours venir dans l’heure et il n’était pas rare de travailler de nuit ou le samedi et le dimanche pour livrer le travail à la date prévue.

Nos trois associés ont donc décidé de la changer. Si la banque voulait bien suivre, ils aimeraient faire l’acquisition d’une « cinq couleurs ». Gros investissement.

Robert ne jugeait pas cette décision très raisonnable. Il aurait trouvé plus sage de faire réparer encore la « deux couleurs ». Mais, encore une fois, les enfants ont maintenu leur décision.

La banque a accordé le crédit. La machine, magnifique et imposante a été livrée.

Cela aurait été trop simple si un problème n’était pas survenu !

C’est à ce moment précis que l’ouvrier a décidé de demander une augmentation. Le moment était mal choisi. Bruno (c’était le gérant) après en avoir discuté avec ses frères, refusa. L’ouvrier a donc donné son préavis. Eric, Bruno et Pascal ont pensé que sa démission était, en réalité motivée par la crainte de ne pas pouvoir assumer correctement la conduite de la nouvelle machine. Il avait déjà laissé entendre que pour conduire une cinq couleurs, il fallait être deux. Hors de question ! La charge de l’achat était déjà très lourde, pas question d’embaucher en plus un autre employé.

C’est donc Pascal qui, après avoir suivi une formation, s’est chargé de l’impression. Quelle pression ! Il s’en sortait bien. Je vous ai déjà dit qu’l a une faculté d’adaptation et d’apprentissage surprenante. Il était là dans son élément. Il a perdu dans cet exercice quelques kilos. Ce n’était pas un problème, il en avait besoin !

L’année avait été très difficile. Ils avaient subi de plein fouet, tous les problèmes générés par la tempête qui avait ravagé la région. Electricité coupée, livraisons bloquées, paiements reportés parce-que les autres sociétés rencontraient les même difficultés. Cela tombait vraiment mal. A chaque fois, un ennui a suivi les meilleurs moments. Lorsque l’avenir semblait prometteur, il survenait toujours un problème, indépendant de leur volonté et contre lequel ils ne pouvaient rien !

A l’automne de cette même année, ayant terminé une de leurs réunions de travail qui avaient lieu toutes les fins de semaines, nos fils ont continué leur discussion, revenant sur une idée qui les taraudait depuis longtemps : la création d’une étiquette innovante, de fabrication simple, composée de plusieurs feuillets, de pose aisée et d’un prix de revient, défiant toute concurrence. Ils en avaient déjà commencé l’ébauche et ont décidé d’y retravailler sérieusement.

En août 2001, ils en ont déposé la demande de brevet auprès de l’I N P I, commençant, ce jour- là, la grande aventure de l’étiquette multi-volets, qui portera leur nom.

Ils en ont imprimé une quantité suffisante pour que Bruno puisse présenter ce nouveau concept aux clients de l’imprimerie. La majorité des clients en question était composée de châteaux, producteurs de grands crus. L’accueil a été enthousiaste. Cette étiquette, outre son prix minime, offrait une plus grande surface de communication puisqu’elle avait plusieurs feuillets. De plus, avantage non des moindres, elle pouvait être posée sur les chaînes d’embouteillage déjà existantes, sans transformation notable. Plusieurs châteaux s’intéressaient au produit tout en regrettant qu’elle ne soit pas adhésive.

Qu’à cela ne tienne, ils vont devoir plancher sur une machine à adhésiver, spécifique à leur étiquette. Le contraire m’aurait fort étonnée !

En attendant, Bruno avait obtenu un rendez-vous avec le directeur commercial et marketing, d’une grande surface connue tant en France, qu’à l’étranger.

L’entrevue fut très positive. Rapidement, le directeur régla d’avance une grosse commande et donna son accord pour que le nom de leur enseigne soit cité dans la presse, associé au nom de la nouvelle étiquette, dont elle tenait à être l’un des premiers licenciés. Le directeur en question allait prendre contact avec son supérieur, car le concept de l’étiquette convenait parfaitement à ce que la grande surface recherchait pour une prochaine campagne de publicité sur ses produits. Le marché s’annonçait très important.

Les choses se présentaient bien. Même mieux que bien ! Cependant, il fallait être réaliste, ce n’était pas avec la petite structure  de leur imprimerie que nos enfants pourraient faire face à un marché de cette importance. Il leur fallait trouver une imprimerie capable d’assumer une telle production.

Le chef de l’agence bancaire détentrice de leur compte professionnel, informé du problème, en parla à son responsable régional. Celui-ci, conscient des possibilités qui s’ouvraient à leurs clients (nos fils en l’occurrence) les informa de sa visite, à l’imprimerie.

Que pouvait bien leur vouloir le responsable régional de leur banque ? Eric, Bruno et Pascal étaient un peu tendus. A tort ! En fait, ce monsieur venait proposer de leur présenter un des clients de sa banque, important industriel, possesseur de deux grosses imprimeries.

Dès le lendemain, pourtant un 24 décembre, l’industriel s’est déplacé, pour rencontrer, dans un premier temps Bruno. Entretien rassurant poursuivi durant le repas au restaurant.

Un nouveau rendez-vous fut programmé très vite, pour finaliser l’accord. Nous étions quand-même la veille de Noël !

Imaginez un peu, le réveillon qui a suivi : espoir, promesses, projets… bref ! L’euphorie ! Un industriel de cette importance ne se dérange pas pour rien ! Il doit avoir autre chose à faire !

Le banquier leur conseilla de se concentrer sur le développement du produit, l’imprimerie n’était pas le plus important. L’important, c’était leur brevet ! On ne leur causerait pas de soucis !

A la mi-janvier, nos trois fils, se sont rendus au rendez-vous pleins d’espoir. Un contrat avait été préparé par l’avocat de celui que j’appellerai Mr X. Autour de la table, se  trouvaient outre l’avocat, l’expert- comptable et le directeur d’une des imprimeries de Mr X, qui s’est absenté après les salutations, laissant à l’avocat, le comptable et le directeur, le soin de régler les conditions du contrat déjà prêt.

Le contrat a donc été présenté à nos trois inventeurs. Chacun l’a lu, sans un mot. La lecture terminée, ils se sont consultés du regard, cela suffisait pour qu’ils se comprennent.

Bruno a dit :

- alors ?

Pascal a rétorqué :

-alors ? Ils nous prennent pour des dindons !

Eric a jeté dédaigneusement au milieu de la table, le contrat en question, et ils se sont levés d’un seul élan, et ont quitté la table des discussions, pour aller manger, seuls, plutôt que de partager, comme prévu, le repas des autres intervenants, qui cherchaient visiblement à les flouer !

Durant le repas, un coup de téléphone leur demanda de revenir l’après-midi, un nouveau contrat, revu leur serait proposé.

Effectivement, les clauses du contrat avaient été modifiées :

En échange de l’exclusivité pour son imprimerie de la fabrication de l’étiquette multi-volets, qu’il s’engageait à réaliser correctement, Mr X promettait d’apporter le marché de très grosses sociétés, versait un chèque de  quarante-cinq-mille euros (sous forme d’un prêt, qui leur resterait acquis s’ils apportaient une certaine quantité de commandes). En outre, cent-cinquante-mille euros leurs seraient versé s’ils apportaient à l’imprimerie au moins, trois millions de commande d’étiquettes dans la première année.

Mr. X promettait en plus de racheter pour son imprimerie, la machine cinq couleurs, de se charger de la fabrication de la machine à adhésiver, et rachèterait l’actif de l’imprimerie ! De toutes- façons, l’imprimerie de Mr.X aurait besoin de leur présence pour surveiller la fabrication de leur invention. Ils seraient intéressés sous forme de royalties.

Le seul hic, c’était que ces trois derniers engagements ne figuraient pas sur le contrat. MrX, se targuant d’être un homme de parole, heureux de les compter comme membres de la « famille », ils pouvaient lui faire confiance et compter sur lui ! D’ailleurs, pourquoi ne déménageraient-ils pas pour se rapprocher de son imprimeur ? Très paternaliste Mr.X !

Et nos fils ont signé !

Pour faciliter la reprise de l’imprimerie par MR.X ? Eric, Pascal et Murielle ont démissionné. Bruno restait gérant non salarié, jusqu’à ce que l’affaire soit conclue définitivement.

Pour mettre au point la fabrication de l’étiquette, ils ont dû se rendre souvent dans l’immense imprimerie. Ils y ont été reçus comme des VIP. Le restaurant, réputé, était retenu (ils y ont d’ailleurs croisé des personnalités connues au niveau national) et ils ont été traités avec tous les égards. Ils y sont allés plusieurs fois pour surveiller les premiers essais.

Comme il s’y était engagé, Bruno a rapidement apporté des commandes. Et cela a été le début des problèmes.

Cette si importante imprimerie a rencontré des difficultés pour réaliser l’étiquette, et celles qui étaient imprimées étaient défectueuses. Nos enfants, avec leurs petits moyens y parvenaient sans peine, et les essais étaient concluants.

Celles de l’imprimeur n’emmenaient que des complications. Incompréhensible ! Incapacité des ouvriers, ou volonté délibérée. ? On était en droit de se poser la question. Les marchés apportés par Bruno avaient été perdus à cause des malfaçons de l’imprimeur.

Le directeur commercial de la grande surface qui avait traité avec Bruno, avait fait remonter l’information au Président Directeur Général de la chaîne. Celui-ci avait donné son accord concernant un partenariat pour l’utilisation de l’étiquette, pour une durée de cinq ans et un quantitatif de cinq millions par an minimum. La réussite était là ! Cependant comme stipulé dans le courrier, il ne pouvait enlever, à leurs imprimeurs référencés, la totalité de leur production, il espérait donc qu’une négociation pourrait aboutir, et, je le cite :

« amorcer un partenariat durable et innovant entre nos deux sociétés. »

Eric, Bruno et Pascal, ont donc été obligés de mettre Mr.X au courant. Le marché dépassait toutes les espérances de nos fils, même s’il fallait accepter d’en laisser une petite partie pour  les imprimeurs référencés par la grande surface ! Mr.X devait participer aux négociations puisqu’il était l’imprimeur référencé des inventeurs. A l’issu de cette réunion, un rendez-vous serait fixé dans les premiers jours de septembre pour la signature.

Les articles sur les journaux, revues vinicoles, interview à la radio, participation à certaines émissions télé se sont succédés.

Début septembre, Bruno téléphone pour se faire confirmer le jour de la signature. Plus de signature prévue ! Que c’est- t-il passé ? Comment peuvent-ils changer d’avis en si peu de temps, et, surtout après avoir envoyé un très explicite courrier d’intention. Mr.X aurait-il, derrière leurs dos refusé tout arrangement et refusé aussi toutes négociations ? Il ne faut pas oublier qu’il allait être obligé de verser 150 000euros, le quota des trois millions d’étiquettes devant être largement dépassé ! Comment savoir ? Incompréhension et immense déception.

Que dire des mois qui ont suivi ? Nos enfants sont battants et  volontaires, mais le moral flanche parfois.

Plusieurs offres d’achat de l’imprimerie avaient été faites, mais à chaque fois, les acheteurs voulaient que le brevet soit vendu avec. Impossible !

Dépôt de bilan à l’imprimerie. Heureusement, ils n’ont pas de dettes vis-à-vis des taxes dues à l’état : USSAF, TVA, etc…

L’imprimeur de Mr.X ne réussit toujours pas à imprimer l’étiquette. Mr.X ne prenait toujours pas à sa charge la cinq couleurs, ne s’occupait pas du tout la machine à adhésiver et n’apportait pas le moindre marché. Le temps passait et cela n’arrangeait pas les affaires de nos inventeurs.

Si ce monsieur avait dans l’intention de les acculer davantage, en agissant derrière leurs dos, en leur faisant perdre du temps avec des promesses qu’il ne tenait pas, il devait bien y avoir une raison. Nos fils n’en voyait qu’une ! Son but était probablement de s’approprier le brevet concerné. Nous avons appris plus tard que c’était une de ses pratiques, ils n’étaient pas sa première victime et avait des procès en cours intentés par d’autres personnes qui s’estimaient lésées.

Rien que la pensée de s’être fait rouler a réveillé l’ardeur de nos fils. Pas question de baisser les bras !

L’avocat consulté, leur conseilla de dénoncer le contrat. L’industriel ne respectait pas ses engagements, mais dans un premier temps, il serait plus judicieux de rembourser les quarante-cinq-mille euros. Ensuite, suivant les réactions, si nécessaire il interviendrait, et l’on verrait bien ! En attendant ils pouvaient continuer de développer le brevet par leurs propres moyens.

On s’est arrangés, on a remboursé ! Et les enfants ont retrouvé la combattivité qui commençait à leur manquer. Tant mieux, parce-que les réunions qui avaient maintenant lieu à la maison étaient parfois houleuses. La présence de Robert les obligeait à se contenir en cas de désaccord, et, le lendemain, le mouvement d’humeur était oublié, jusqu’au prochain. Ils vivaient sous une pression constante !

Bruno avait trouvé un petit imprimeur de la région, qui réalisait l’impression de l’étiquette sans aucun problème. ALORS ?

Avec un ami de longue date à Pascal, et une connaissance qu’ils avaient faites lors des essais d’étiquetage et d’embouteillage, Eric, Pascal, et Bruno avaient décidé de construire eux-mêmes la machine à adhésiver. Tout le monde a  participé, la machine était enfin opérationnelle.                                                                En deux temps, trois mouvements, les voilà installés négociants en vins et surtout fabricants d’étiquettes multi-volets, adhésives.

Leur nature leur interdit de baisser les bras !

Suite au dépôt de bilan de l’imprimerie, ce sera Eric, qui, cette fois, sera gérant, même, si, en réalité, c’est toujours Bruno qui officiera à ce poste.

Ils peuvent recommencer à se verser un salaire ! 

28 avril 2013

Oùvont-ils se nicher ?

Un bon dimanche , rien de particulier, un beau soleil mais un froid de canard !! Pascal et Mumu sont partis pour la semaine du côté de l'espagne avec le couple du cousin Tierry pour fêter l'anniversaire de Mumu. A leur retour nous irons Murielle et moi dans une jardinerie car elle veut pour l'occasion que nous lui offrions un arbre pour son petit morceau de terrain devant la maison . C'est parfait, je ne me pose donc pas de question pour lui choisir un cadeau! Et celà m'arrange !

Continuons donc notre lecture !

 Mais, je viens de me rends compte que celà fait une bien longue note! 

C'est promis, je vous épargnerai donc, la recherche suivante, que j'avais détaillée dans mes précédents écrits et qui nous a, à l'époque bien occupés ! Je vous en passerai les détails pour ne pas vous lasser, mais c'est difficile ils étaient tellement persuasifs que l'on se sentait très concernés ! 

Après avoir très rapidement vendu notre maison, nous avions trouvé, presque immédiatement, un terrain, pas très loin de chez Eric, et nous l’avions retenu. En attendant que notre nouvelle maison se construise, nous avions pris un loyer tout près de notre terrain. 

C’était très commode par rapport à Lydie et Marc, encore scolarisés au collège et à l’école primaire d’à côté.

Notre nouvelle maison est petite et moderne dans ses matériaux. Facile d’entretien et très lumineuse. J’en avais dessiné les plans. Nous nous y sommes de suite sentis bien. Le voisinage est agréable, présent sans être envahissant. La baie du séjour donne sur les vignes. Evidemment, nous sommes dans le Médoc ! Pendant l’époque des vendanges, c’est animé !

Nous apprécions aussi, les petits commerces de proximité. Ils ne sont pas nombreux, mais l’indispensable est présent. Les enfants sortant de l’école ou du collège, si nous sommes dans le jardin, nous disent bonjour, en passant devant chez nous, de même que les adeptes du footing qui sont nombreux. C’est très sympathique !

Lorsque Eric avait ses enfants, ils allaient souvent manger chez Pascal, quand celui-ci avait les siens. Comme Lydie, Marc, Jordan, et Jimmy s’entendaient très bien, cela ne posait pas de problème. Les plus petits jouaient ensemble et Lydie , un peu plus grande, se confiait à Mumu.

Ainsi, Eric pouvait sortir, plus tard dans la soirée, les enfants appréciant davantage cette solution.

La maison de Mumu qui était déjà si petite, était carrément envahie ! Je l’ai déjà dit lorsque Jordan et Jimmy ont partagé les lieux avec Marine, mais là, cela devenait vraiment du camping ! Je sais bien que plus on est de fous plus on rit ! Mais, vraiment, la maison de Mumu était bien la maison du bon accueil ! En fait de solution, Pascal et Mumu n’ont pas mis longtemps à en trouver une !

Je ne m’en souvenais plus, mais j’avais pris des notes à ce moment là, et par le plus grand des hasard, je viens de les retrouver. Mon plus gros travail, consiste donc à les recopier. Je leurs avais donné un titre :

Où vont-ils se nicher ?

Mois de Mars 1999.

Ce week-end tout le monde s’y est mis : on retape la petite maison de Mumu, afin de lui donner un air soigneusement entretenu, car, c’est décidé, ils la mettent en vente. Les enfants grandissent, et, deux garçons et une fille dans la même chambre, cela ne peut plus durer. De plus, côté rangement, Mumu s’épuise pour un résultat qui ne dure qu’un instant. Avec la meilleure volonté du monde il n’y a pas moyen de faire mieux !

Je suis venue leur faire une petite visite durant les travaux.

Eric, préposé à la peinture est aussi moucheté qu’un dalmatien, sauf que ses taches sont blanches !

Du fond du jardin, poussant une brouette chargée à mort, j’aperçois un petit bonhomme, bonnet de laine enfoncé jusqu’aux oreilles, et il a fallu qu’il avance de plusieurs mètres pour que je reconnaisse Bruno. Il faut dire qu’il ne fait pas très chaud et qu’il a enfilé plusieurs lainages superposés. La maison est grande ouverte au vent frais et chacun s’active vivement. L’équipe ouvrière est au complet avec Robert, Eric  n°2 et Pascal !

Tout a été fini en deux semaines et la maison a fière allure, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Les visites des éventuels acheteurs ont débutées, et, très vite, la maison est vendue. Il faudra quitter les lieux le vingt juillet prochain.

C’est là que les choses se compliquent. Il faut en acheter une autre, plus grande , bien sûr, qui plaise, cela va de soi et, surtout, rapidement !

On lit les journaux, page des annonces immobilières. Pascal et Mumu consultent les agences et les visites se succèdent ainsi que les commmentaires : trop petite ! trop moche ! en  mauvais état ! pas assez de terrain ou le terrain vraiment trop mal placé ! trop près du voisinage ! route trop fréquentée ! trop chère et j’en passe !

Et puis, courant mai, une visite aboutit sur une maison qui plaît. Une amie avait été envoyée en éclaireuse afin d’éviter les frais d’agence et avoir ainsi l’adresse du bien en question. Mumu a donc pû entrer directement en contact avec les propriétaires. Il s’agit d’une landaise, au vaste jardin bien décoré, joliment arboré, un garage double, un poulailler, un appenti en bois, une cuisine extérieure, une autre intérieure en chêne massif, deux cheminées, trois chambres au rez-de-chaussée, un étage avec une autre chambre, un beau palier plus une pièce qui serait affectée à un atelier ou bureau pour Mumu.   Vraiment, elle est parfaite ! Le coup de cœur, du moins pour Mumu. Demain, elle y emmène Pascal !

Au retour de cette visite, Pascal raconte à son tour, et, tout en l’écoutant, on se rend bien compte qu’il réfléchit activement à toutes les possibilités. Marine a quasiment choisi sa chambre. Mumu en deux jours, a perdu deux cents grammes, sourit aux anges et semble sur une autre planète.

Voyons, les vendeurs en veulent quatre-vingt-dix unités (nous n’étions pas encore à l’euro) c’est bien le diable s’ils ne la lâchent pas à quatre-vingt-cinq : Eric en est persuadé, Bruno recommande le marchandage, à un pareil montant, c’est bien la moindre des choses. Robert quand à lui, hésite un peu à donner son avis. D’abord, il n’a pas encore visité la maison en question, et, surtout, il s’agit quand-même d’une belle somme ! Pourvu que l’imprimerie marche ! Si l’entreprise familiale tourne bien, il n’y a pas de soucis à se faire.

Eh ! bien ! Non ! Quatre-vingt-cinq unités, pas question ! Ce refus relance le débat. Pascal a proposé quatre-vingt-six, au plus quatre-vingt-sept, à la limite quatre-vingt-huit ! Sinon tant pis !Il faut être raisonnable, attendons vendredi, cela ne fera que deux-cents grammes de plus de perdues pour Mumu . Mieux que SLIMFAST !

Vendredi, un couple vient avant eux voir la maison. Aïe ! Ca craint !

Pascal et Mumu y sont passés après et ont quand même un peu discuté le prix, comme prévu. Allons ! ils feront un petit effort, en raclant les fonds de tiroir, ils iront jusqu’à quatre-vingt-neuf. Il ne fallait pas oublier les frais de notaire !

La situation devient grave, le stress gagne Pascal.

Dans les conversations, on voit très bien que l’esprit pense : landaise ! Alors, pour simplifier les choses, dans la famille, on fait de même, on ne parle que maison, puisque les autres sujets de conversation, n’ont aucune chance de les intéresser. Eric en est allé faire le tour par l’extérieur. Robert et moi aussi. C’est vrai, on les imagine bien vivant là ! Le jardin est magnifique, bien que cela  ne soit pas primordial.

Alors ma foi, il faut savoir ce que l’on veut. Puisqu’elle plaît tant, cette maison, et qu’en définitive, si ce n’est pas l’affaire du siècle le prix est quand même justifié, passons le week-end et acceptons le prix demandé initialement, soit quatre-vingt-dix unités. Sinon, à coup de deux cents grammes, il ne va plus rien rester de notre Mumu !

C’est fait ! Coup de fil ce matin, puisque hier c’était le lundi de Pentecôte, et, hélas ! la maison est vendue.

Coiffés au poteau par le couple précédent. On n’ en parle plus !

Pascal est en pleine déconfiture : il aurait pas dû nous écouter ! Jamais ils ne retrouveront une maison équivalente à leurs yeux. Il s’en doutait ! Mieux, il le sentait ! C’est notre faute à tous ou presque !

Justement, nous tous, pour le coup, on se sent tout penauds et on la met en veilleuse. Il nous ferait presque culpabiliser !

Lorsque Mumu est descendue de sa voiture, le soir, pour venir chercher Marine, j’ai compris qu’il valait mieux ne pas remuer le couteau dans la plaie. Pourtant, je participais à sa déception, mais son regard disait : pas un mot, ou je vais pleurer ! Alors je me suis abstenue de tout commentaire, ce qui, d’ailleurs n’a rien changé à l’affaire !

 

 

 

 

 

 

27 avril 2013

1998....Quelle année!

Ce soir, nous avons eu Lydie, Mario et les petites coquines de Lisa et Lana!

Deux semaines sans les voir, et je les trouve grandies et bavardes comme des pies! Mais vraiment trop craquantes ! Que du bonheur !  Aussi avant d'aller au lit, je poste juste les évènements de l'année 1998 !

 

Quelle année, oui! Sans commentaire! 

Margot allait sur ses trois ans, et Nathalie attendait un nouveau bébé  . Bruno aurait bien aimé avoir un petit garçon. Pour la première naissance il souhaitait aussi un garçon, de préférence. Pourtant, cette fois-ci, après avoir été le papa chéri de sa petite fille, depuis deux ans –et-demie, s’il souhaitait toujours un garçon, cela n’avait pas la même importance. Un fils, tant mieux ! Une autre fille, eh ! bien ! Ce serait encore un beau cadeau ! Pour le moment Nathalie venait à l’imprimerie et s’occupait du secrétariat.

C’est au début de l’année 1998, que mamie, ma mère est décédée. En février exactement.

Comme j’étais, dorénavant, plus libre de mon temps, après quelques jours de formation prodiguée par Nathalie, je l’ai remplacée pour qu’elle puisse terminer sa grossesse tranquille. Robert et moi, avions l’impression de repartir au travail, comme au temps de nos plus jeunes années.

Plus d’enfants à la maison, plus de Mamie à ménager, nous avions donc décidé de vendre notre maison, trop grande et nécessitant beaucoup de travail d’entretien de jardin pour Robert et de ménage pour moi.

Je quittais l’imprimerie à l’heure de la sortie des classes pour récupérer, Lydie, Marc et Marine, ainsi que Jimmy et Jordan (selon les jours de garde de Pascal), et je les gardais jusqu’à ce que les parents débauchent.

Notre petite Marie est née l’été de cette même année. Sans problème, une jolie petite fille, chouchoutée par sa grande sœur (de trois ans !) et sa maman qui a eu la chance de pouvoir rester à la maison pour s’occuper de ses enfants. Du moins jusqu’aux trois ans de Marie !

Eric tenait toujours son magasin de taxidermie et sa boutique friterie. Il travaillait bien durant l’hiver au magasin et l’été les fêtes prenaient le relais.

Pourtant, les fêtes n’étaient plus ce qu’elles étaient lorsqu’il avait acheté la friterie. L’évolution de notre société, peu à peu, en a diminué l’importance et l’attrait pour la jeunesse. Donc, inévitablement, moins de profit.

La taxidermie aussi commençait à se ressentir un peu de la nouvelle législation concernant certains animaux. Et, l’été, les revenus du ménage diminuaient.

Je devrais peut-être, à ce stade de mon récit, tenter de cerner le caractère de mon fils aîné. Si tant est que je le puisse. Je l’ai dit au début de mes écrits, tout le monde s’accorde pour me dire chauvine, presque de mauvaise foi pour juger mes enfants. Alors je ne promets rien !

Eric, mon grand, est, comment dire ? Excessif !... Excessif en tout !

-En amour et animosité !

-En apparent égoïsme et générosité !

-En vaillance et dans la pratique de son loisir !

-En sollicitude et indifférence !

-En optimisme et pessimisme (selon les jours) !

-Dans le bonheur ou dans la peine !

-En fidélité et jalousie !

-Il sait être aussi réconfortant que démoralisant !

-Il peut être confiant ou soupçonneux !

Bref, Beau temps et tempête à la fois !

Voilà, Eric, c’est tout cela, l’un ou l’autre selon les jours ou les situations. Si je reconnais qu’avec lui, la vie n’est jamais un long fleuve tranquille, je connais ses qualités.

Je connais sa sensibilité à fleur de peau, et sa maladresse à exprimer ses sentiments, mais aussi ses autres qualités. C’est un bon fils, c’est NOTRE fils ! Le premier, donc, l’aîné, et je sais pouvoir compter sur lui !

Sa femme aurait préféré qu’il ait un emploi fixe, avec un salaire, même peu élevé, mais régulier, et que, enfin, cesse les tournées de fêtes. La maison était bien aménagée. Il ne restait plus que la cuisine, qui pour le moment était encore en vrac

Il était question qu’Eric vende son fonds  de commerce et rejoigne ses frères à l’imprimerie.

Je ne saurais dire quelles furent les vraies raisons du divorce

qui a suivi. Le caractère de mon fils ? La fin de l’amour de sa femme ? La lassitude ? L’envie d’autre chose ?

Tout a explosé suite à une violente dispute. Mais le projet mijotait déjà chez ma belle-fille depuis un bout de temps. Celà se voyait à son comportement et même à sa santé qui s’en ressentait. S’il y a eu une autre raison à cette séparation, je n’en sais rien, et, de plus, cela ne me regarde pas. Chacun ne voit que les défauts de l’autre. Dans un divorce, jamais l’un n’est tout blanc et l’autre tout noir. Et, d’après ce que j’ai pu observer, tous les bons moments disparaissent des souvenirs. Pourtant, dans leur cas, les bons souvenirs étaient nombreux aussi, je peux en témoigner.

A l’heure actuelle, je pense que cette séparation aurait eu lieu de toutes façons, tôt ou tard !!

Cependant, encore une fois, des jours de tristesse pour tous, y compris et surtout pour les enfants. Il n’y a pas eu de problèmes de garde, tout s’est organisé selon le jugement du divorce, ou selon l’envie des enfants, sans jamais la moindre difficulté du côté maternel.

La remorque et sa tournée de fêtes ont été vendues, le fonds de commerce aussi ! Et Eric a rejoint ses frères  à l’imprimerie.

Il a très mal réagi à cette situation. Il nous a fuis quelques temps, puis il s’est difficilement ressaisi, s’obligeant à sortir.

Pendant plusieurs années, il n’est plus venu partager nos réveillons de Noël, et moi, comme il m’aurait manqué un de mes fils, j’ai cessé d’organiser le repas habituel du jour de la fête des mères. De toutes-façons, il était temps que mes belles-filles fêtent cette journée, pour leur propre compte. Elles aussi étaient maman maintenant.

Voilà ! L’année 1998 a été riche en évènements et je ne voudrais pas la revivre pour tout l’or du monde, hormis, bien sûr, la naissance de notre petite Marie.

 

 

 

27 avril 2013

L'imprimerie...

Vous croyez que les aventures de nos enfants vont cesser  ?? Que nenni  .....

On continue.....

 

Bruno a toujours un projet en tête. En général, il le concrétise, un jour où l’autre. Depuis quelques années, il rêvait de pouvoir, un jour, monter une entreprise. Pas n’importe quelle sorte d’entreprise, non, une société familiale ! Avec ses frères bien entendu ! A qui d’autre pourrait-il faire une confiance absolue ?

Il a pensé que le moment était venu, et a décidé de monter une imprimerie. Projet d’importance !

Lui, se chargeait de la partie financière. Il ne s’était permis aucun écart depuis qu’il s’était installé à son compte, dans ce seul but. Il pouvait donc négocier avec son banquier qui lui faisait confiance, pour le financement. Il avait déjà un apport très correct. Il a donc obtenu un crédit complémentaire, au nom de la SARL.

Il lui fallait aussi, bien évidemment, un conducteur offset. Le fils du cousin qui travaillait déjà avec Bruno, avait un CAP dans cette formation et promettait de nous étonner par la qualité de son travail. Pascal, dans ce domaine, n’avait pas de connaissances particulières, mais il allait pouvoir mettre en application sa formidable capacité d’assimilation dans toutes sortes de domaines. Il adorait les machines de tous genres ! De plus, il avait et a toujours une puissance de travail et de volonté, tout simplement phénoménale ! Si cela s’avérait nécessaire, il suivrait une formation accélérée.

Pour commencer, Bruno ayant beaucoup investi, aurait un salaire raisonnable, sans plus. Pascal et le petit cousin, percevrait le minimum, soit le SMIC. Murielle est venue rejoindre l’équipe, elle ne serait salariée que pour un mi-temps, mais bien sûr effectuerait une journée complète, voire plus, si nécessaire. Elle s’occuperait du contrôle qualité et de la préparation des livraisons. Elle s’acquittait de ce travail avec excellence. Le tri de la production était très important car la société s’était spécialisée en grande partie dans l’impression d’étiquettes de vins, d’alcool etc… Bruno assurant bien sûr la partie gestion et surtout création. Robert lui aussi a été mis à contribution pour l’emballage des livraisons sous film plastique.

Pas de problèmes pour les enfants, je les garderai tous.

Le cousin, toujours commercial, rétribué plus que correctement, garderait son salaire. Bruno ne voulant pas le lui diminuer à cause du changement occasionné. On ne revient pas sur une parole donnée ! Ah ! Mes fils et leurs principes, pas toujours très réalistes !

Le local trouvé, l’affaire fut lancée.

Parallèlement, Bruno et Nathalie avaient trouvé une maison pas très loin du local. Ils l’ont achetée. Une jolie landaise sur un terrain de trois milles mètres carrés, avec des arbres magnifiques. Pour Nathalie, c’était le bonheur. Les arbres, c’est sacré, et, lorsque la prudence commandait d’en abattre un, elle versait sa petite larme, pour le grand amusement assorti de quelques moqueries de la part de ses beaux-frères.

Nous pensions :

Quand donc, nos enfants, n’auront-ils pas une aventure en cours ?

Ils vont nous faire vieillir avant l’âge !

Le travail ne manquait pas. Tout le monde était plein d’enthousiasme et prêt à payer de sa personne. Pas question de ménager sa peine !

Le problème s’est rapidement posé, lorsque, au lieu de nous étonner, le petit cousin a raté un tirage, puis un autre. A chaque fois, tous travaillaient la nuit pout retirer la commande, donc, perte d’encre, de papier et accumulation de fatigue. Avec le recul, je me dis que le choix de l’ouvrier n’avait pas été très judicieux. Confier le plus important, c’est-à-dire l’impression, à un jeune, qui, quoi qu’il en dise, n’avait pas encore fait ses preuves, fut-il un parent, n’était pas très raisonnable ni bien réfléchi !

La tension et la fatigue se faisaient sentir, car se présentait assez souvent ce genre de problème, ou un autre, causé par son inexpérience.

Le cousin, s’il était excellent comme courtier en assurances, ne faisait pas vraiment d’étincelles comme commercial pour l’imprimerie. Pourtant, la société marchait correctement. Pascal et le jeune ont pu être un peu augmentés. Les comptes se rééquilibraient d’un mois sur l’autre. Le crédit souscrit pour l’investissement des machines pesait lourd.

Quelques mois plus tard, le commercial, qui somme toute, était le moins productif dans la société, a suggéré l’éventualité d’une augmentation de son salaire ou plutôt de ses frais de déplacements. Bruno et Pascal, lui ont alors proposé de plutôt utiliser le véhicule de la société pour ses déplacements professionnels. La discussion en est restée là, mais un certain malaise s’est installé, car il avait bien été convenu au départ, que chacun se montrerait raisonnable en prétentions durant les premières années.

Les réflexions n’ont pas tardé à fuser, et la tension à être insupportable. Pour éviter que cela ne dégénère, il a mieux valu qu’il soit licencié ou démissionné, je ne sais pas trop comment expliquer la situation au juste. Par contre, je sais que son départ ou licenciement, a durant six mois, été une charge supplémentaire pour la société. Il n’a pas été question d’arrangements !

 Bien entendu, son fils a immédiatement demandé son compte. Le problème n’était pas très important, Pascal était déjà très capable de faire marcher la machine offset. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour se mettre au courant. Il a pris le relais quelques temps, en attendant de trouver un autre conducteur offset car Pascal ne pouvait pas être partout à la fois.

Il y avait bien d’autres postes qui requéraient sa présence.

 L’ouvrier fut trouvé, et les problèmes ont fortement diminués, du moins en ce qui concerne l’imprimerie !

 

 

 

 

 

 

18 avril 2013

Pascal se marie...

Bon! Le soleil s'est caché, revenons à nos petites histooires de famille, avec les bons moments et les  déceptions qui suivent parfois! Mais , c'est la vie ! Et elle continue toujours malgré tout ....

 

                                        Pascal    se marie -1-

 

Bruno n’a pas voulu que Pascal repousse la date de son mariage  encore une fois. Il trouvait que cela n’aurait pas été très juste. Jimmy n’était pas loin de ses un an.

La noce s’est préparée avec le même soin que pour ses frères. 

J’ai confectionné les boutonnières et les ornements des voitures : couleur blanc et saumon. Nous avons offert les bouquets des demoiselles d'honneur, la coiffe et  le voile de l'épouse et pour le reste de l'organisation nous nous sommes contentés d’approuver les décisions déjà prises. Pas vraiment de concertation commune. Sauf pour le règlement : équitable.

Tout le monde a eu à cœur de faire de cette journée, une jolie fête.

Parfois, Bruno croisait mon regard. Il faisait de gros efforts pour participer au bonheur de son frère. Quand la tension était trop forte, je le voyais sortir fumer une cigarette, pour se retrouver seul, puis il revenait dans la salle, pour ne pas que son absence se remarque et cause une gêne. Comme toujours, il a subi la situation avec beaucoup de cœur et d’intelligence.

Le lendemain, j’avais organisé le repas à la maison comme pour Eric et Bruno, et la journée a été très agréable.

Je dois avouer que les relations avec la belle-famille de mon fils, n’ont jamais été très cordiales. Seul son père était un homme, sympathique, agréable avec tout le monde en toute simplicité.

Autant Marcelle belle-mère de Bruno, femme raffinée avec beaucoup de classe, avait su, d’entrée se montrer simple et amicale, autant la mère et les sœurs de notre nouvelle belle-fille nous ont immédiatement snobés. Je n’ai pas eu l’honneur de plus de dix phrases de leurs parts durant ces deux jours !

Tout cela n’était pas bien grave, nous ne nous sommes pas fréquentés, c’est tout !

L’important  c’était que Pascal soit heureux. Jimmy poussait comme un champignon, tout potelé et de petite taille. Pascal adore les enfants et a un contact très facile avec eux, alors imaginez un peu avec son fils !

Lorsqu’une maison s’est libérée, environ deux ans plus tard, près de chez les parents de notre belle-fille le couple a déménagé. La maison était assez récente et confortable.

Comme Jimmy allait avoir un petit frère et que le couple ne roulait pas sur l’or, nous avons fait tout notre possible pour les aider.

Le second fils de Pascal est né avec deux ans-et-demi d’écart avec son frère. Il s’appelle Jordan. Bien évidemment, c’est mon petit -fils, alors il est le plus beau et je l’adore ! Comme tous mes petits-enfants ! Une grand-mère a le cœur assez grand pour y loger ses enfants, ses petits- enfants et les aimer tous autant.

Durant quelques temps ; Jimmy a été gardé par sa grand-mère maternelle, lorsque sa mère a repris le travail. Si mes souvenirs sont bons, je crois me souvenir que cela ne se passait pas très bien. Jimmy ne s’adaptait pas et était soi-disant très difficile, sa mère me l’a alors confié.

Pas le moindre problème!

Notre belle-fille a trouvé un nouvel emploi dans un centre commercial. Sa voiture étant en mauvais état, je lui ai passé la mienne pour aller travailler. Elle ne valait pas grand-chose à ce qu’elle me disait, mais elle roulait !

C’est à cette époque que Pascal a eu des problèmes de santé. Le diagnostic a été difficile à établir. Après avoir vu plusieurs spécialistes, effectué plusieurs biopsies des petits nodules qui lui venaient un peu partout, le résultat est tombé : Sarcoïdose ! Les examens ont continué et chaque résultat révélait un problème supplémentaire, une mauvaise hernie discale inopérable, de très mauvaises analyses de sang etc…

Une anecdote, en passant et concernant les analyses sanguines.

Robert, continuant toujours ses traitements, se rendait souvent au laboratoire pour ses analyses. Pascal a donc trouvé plus commode d’aller au même laboratoire pour les siennes Lorsque ses résultats sont tombés, affolement familial ! Pascal avait aussi une hépatite C ! Robert était complètement effondré. Qu’il soit malade, il a toujours assumé, mais, était-il possible qu’il ait contaminé son fils ? Et les autres membres de la famille ?

Le médecin prescrivit une tournée générale de prises de sang. Tout le monde y a eu droit, même notre bébé Jordan ! Je n’ai jamais vu Robert aussi mal ! Il parlait déjà de s’exiler loin de sa famille !

Un contrôle de plus a été effectué par le laboratoire, sur Pascal. S’il était exact que son bilan hépatique était catastrophique (conséquences de la sarcoïdose) il n’avait, en aucun cas d’hépatite C. Il y avait eu confusion entre ses analyses et celles de son  père !

Que d’émotions ! Si, en plus, les erreurs s’en mêlent !

Depuis qu’il était malade, Pascal prenait ses deux enfants le matin et venait à la maison passer la journée. Sauf les jours où j’allais avec lui quand il avait des examens à subir. Ces jours- là, la mamie maternelle les gardait. Pascal supportait très mal cette situation. Etre à la maison alors que sa femme partait au travail le contrariait beaucoup.

Sa femme ayant une assez grande coupure entre douze et quatorze heures-trente, avait l’habitude de venir manger avec nous. 

25 avril 2013

Revenons à Pascal ...

Bon! Voilà ! J'attendais Marie ce soir avec mon plat de crêpes , une enveloppe et le petit poème ......et....pas de Marie! Elle n'est pas allée en cours aujourd'hui. Un problème de santé, pas trop grave puisqu'elle y retourne demain ! Donc, les réjouissances seront pour demain!

Robert a un peu râlé parce-qu'elle n'a pas pensé à nous avertir de son absence et que nous nous sommes un peu inquiétés en ne la voyant pas arriver vers 16h45 !

 

Revenons à Pascal...

C’est à cette occasion, que nous avons fait la connaissance de Murielle que Pascal avait invité. Jimmy la connaissait déjà, et, à notre grande surprise, Jordan, notre sauvageon, s’est immédiatement attaché à Mumu (c’est ainsi, que dorénavant nous l’avons appelée) ne quittant pas son cou, qu’elle danse ou reste assise !

Robert s’est enfin senti rassuré et nous tous avec. Pascal a alors passé beaucoup plus de temps chez Mumu, avec ses enfants.

 D’abord en faisant très attention, car la petite Marine voyait quand-même débarquer chez elle, deux nouveaux venus.

Pascal, elle s’y était déjà habituée et l’adorait. Quel enfant n’adorerait pas mon gros nounours de fils ?

Mais, deux petits garçons avec qui partager maman !

Marine, petite fille de caractère, s’est tout de suite bien entendue avec ceux - que, depuis elle appelle ses frères. Elle a tout partagé de bon cœur, sa maman, ses jouets, sa petite chambre, qui, comme par magie, s’est retrouvée envahie de tout ce qui fait un environnement de garçons ! Adieu, l’ordre (ou le semblant d’ordre) bonjour le fouillis !

Elle avait un papy Michel et une mamie Nicole : les parents de Murielle. Michel, malheureusement souffrait d’un cancer de la gorge. Robert et lui se sont très bien entendus. Vraiment dommage que sa maladie l’ait emporté beaucoup trop tôt. Tous les deux se sont associés pour monter dans le jardin, une jolie cabane en bois sur pilotis, pour les enfants, où nos trois lascars ont passé de nombreuses heures.

C’était leur coin personnel, et Murielle, l’été, leur y a servi de nombreux repas. Parfois, elle-même et Pascal faisaient office d’invités. Ils avalaient stoïquement la cuisine des enfants. Si les ingrédients, comestibles étaient fournis par Murielle, la préparation, assurée par les enfants, laissait parfois à désirer. Mais lorsque l’on est invité, quand on est bien élevé, on ne critique pas. Et puis, elle nous a eu comme grands-parents supplémentaires, car j’ai tout de suite ajouté Marine au nombre de mes petits-enfants. Les liens du cœur  peuvent, parfois, être aussi solides que les liens du sang.

La petite maison se trouvait au fond du jardin, et, juste après la clôture, un petit chemin conduisait, dans les bois, à un petit cours d’eau, une « Jalle » alimentant un moulin. Tous les soirs, chaque fois que le temps le permettait, tous partaient en ballade. Les enfants se prenaient pour de vrais robinsons et Pascal jouait le jeu avec eux, leur enseignant maints secrets de la nature, ainsi que l’avait fait son père avec lui. Pour la circonstance, je leur avais fabriqué des tenues, imitation léopard, style tarzan. Marc était très souvent de la partie, dès qu’il n’y avait pas d’école et que Pascal avait les enfants. Max, le labrador noir de la famille, accompagnait toujours tout ce petit monde !

 Dans la petite maison de Mumu, cela devenait très exigu ! Du vrai camping ! On s’adapte, on apprécie chaque moment de bonheur qui passe, et la vie  continue, toujours !!

 

 

 

 

  

20 avril 2013

Et les années suivantes ?

Les années suivantes ?

Elles aussi ont été riches en évènements de toutes sortes.

Eric et Pascale, sa femme, ne sont pas restés dans leur second appartement, celui-ci, s’étant rapidement révélé très humide. Cela ne s’était pas vu, au départ, les tapisseries avaient été refaites. Jusqu’au jour où, surprise ! Des pans entiers de,  justement cette tapisserie, qui donnait un air sympathique au logement, se sont écroulés d’un seul coup. Très malsains, les lieux ! Il n’était pas question d’élever Lydie et le second bébé qui s’annonçait, dans ce lieu humide où les murs, bientôt, c’était inévitable, allaient finir par se couvrir de moisissures.

Ils ont rapidement trouvé une petite maison, moins près de chez nous, mais pas trop loin quand même ! Derrière la maison, dans le jardin, se trouvait un énorme et magnifique noyer. Il bénéficiait aussi d’un garage, bien utile pour leur 4/4.

Notre belle-fille a pris un emploi. Je gardais Marc et Lydie restait inscrite à l’école tout près de chez nous. Je la récupérais le soir.

Marc avait un an de différence avec Jimmy. Ils se sont entendus comme larrons en foire. Le plus souvent, bien que plus jeune, c’était Jimmy qui prenait les décisions et Marc suivait. Jusqu’au moment où Marc, en ayant assez, piquait une colère aussi subite qu’intense. Ainsi que je l’ai déjà écrit plus tôt, Marc était d’un tempérament placide, mais il ne fallait quand même pas trop en abuser. 

Avec un salaire supplémentaire, ils ont pu solliciter un prêt pour acheter une maison. Un peu éloignée de chez nous, du moins c’est ce qu’il nous a semblé à l’époque. Comme de bien entendu, dans cette maison assez importante, beaucoup de travaux à effectuer. Le contraire nous aurait étonnés ! Robert est allé la voir avant que les enfants ne concluent l’affaire. Les travaux ne l’ont pas inquiété, malade ou pas, il avait l’habitude ! Pour lui, l’essentiel était que les murs soient sains. C’était le cas !

Le premier travail a consisté à tracer et réaliser le parc des canards. Les canards d’Eric, les appelants pour les nuits de chasse à la tonne, ont toujours été pour lui, l’objet de toutes ses attentions. Il fallait que les parcs soient propres et faciles d’entretien. Priorité absolue !

Ensuite, Robert et Pascal se sont mis au travail. Parfois, un copain venait donner un coup de main. Pascal y passait toutes ses soirées et week-end. Eric, évidemment, n’arrêtait pas un seul instant. Ils s’y sont installés, et les travaux avançaient, chaque été, financés par les recettes des fêtes foraines. Beaucoup d’énergie dépensée par tous. Beaucoup de travail, et bien peu de moments de repos ! La femme d’Eric, savait tirer le maximum en décoration, d’un minimum de moyens.

Dans l’un des garages (il y en avait deux) était installée la couveuse, car Eric, chaque saison, faisait élevage de sauvagines, race spécifique de canards, pour la pratique de sa passion. Pascal a partagé cette passion longtemps avec lui. Ils y ont vécu de véritables aventures, cocasses, le plus souvent. De quoi écrire un livre, rien que sur ce sujet !

Lydie et Marc ont vu naître quantités d’oisons et canetons. Il fallait voir Eric avec ses gros doigts (il a des mains très épaisses) aider délicatement les oiseaux à éclore. Petits éclats de coquilles par petits éclats. Il connaissait à l’avance, le jour d’éclosion de chaque œuf.

Une oie qui vient de naître, reconnait comme parent, la première personne qu’elle voit à sa naissance. Eric dit même, que les oisons reconnaissaient sa voix, pour l’avoir entendue lorsqu’ils étaient encore dans l’œuf et qu’il les manipulait dans la couveuse.

Lorsqu’il les emmenait, la nuit à la chasse, les oies le suivaient sur les talons, librement.

Axia, leur chienne griffonne, suivait aussi. Elle savait faire la différence entre les oiseaux sauvages, cibles du coup de fusil, et les oies et les canards qui servaient d’appelants. Ceux-là, interdit d’y toucher !

                    LA TONNE pour ERIC , c'est  son paradis paradis sur terre !

Il est évident que chacun a son opinion sur la chasse cependant, si vous voulez savoir en quoi consiste la chasse à la tonne , vous retrouverez le fiston sur "you tube"    "la chasse aux canards dans le Médoc" les 2 premières vidéos  celles du 3 novembre 2010 et 1er septembre 2009 de préférence !

 Mais ce n'est pas une obligation !!! Chacun ses goûts !

                                

 

20 avril 2013

Les enfants d'abord .

 

L'important restait les enfants !

 

La suite est classique à tous les divorces. La belle-mère de mon fils, lorsque je me suis inquiétée de l’impact de cette séparation sur les enfants, m’a répondu :

-entre personnes intelligentes, cela ne doit pas poser de problèmes ! Si, sur certains sujets j’avais l’impression d’avoir été  flouée, c’est que j’avais été trop gentille avec sa fille ! J’avais eu tort ! Je n’aurais pas dû ! En ce qui me concernait, je ne voyais aucun problème, je n’étais concernée que par ricochet. Leurs problèmes de couple, si l’on pouvait appeler ça ainsi, ne nous regardaient pas.

Par- contre, pour les enfants, je maintiens que le problème est bien présent ! Les enfants sont malheureux, je peux vous l’assurer ! Leur enfance et leur adolescence sont perturbées. Chez certains, même leur personnalité d’adultes en est influencée. Dans un divorce, celui qui n’a pas choisi de se séparer, est obligatoirement malheureux, mais c’est un ou une adulte ! Les enfants, eux, subissent la situation !

Jordan, âgé seulement d’un an, a subi sans comprendre. Jimmy à quatre ans  a subi sans pouvoir choisir. Il voulait rester avec son père, et, bien sûr, ce ne fut pas possible. Les modes de garde ont souvent changé au fil des années suivantes, et toujours, Pascal a tout accepté pour avoir ses enfants le plus souvent possible.

Il a fallu, après de très nombreux passages chez le juge aux affaires familiales, attendre que les enfants aient treize et quatorze ans pour que Pascal en obtienne enfin la garde. Une situation reconnue légalement, bien qu’elle ait été appliquée officieusement très souvent. Leur mère s’étant remariée, les rapports des enfants avec le nouveau mari étaient difficiles.

Pascal a été malade durant deux ans. Pour se consacrer calmement à ses enfants, il a accepté le traitement prescrit par le médecin : antidépresseur, neuroleptique, somnifères. Enfin, la panoplie complète, car il tenait à ne pas avoir un comportement incontrôlé. Ses enfants sont devenus sa priorité. Depuis le départ de nos garçons, nous ne manquions pas de chambres vides. Pascal est resté chez nous. C’était plus commode pour les enfants. Jordan était encore un bébé et Jimmy n’avait que quatre ans ! De plus, il fallait terminer de vider la maison et la rendre nickel, pour tenter de récupérer la caution. Peine perdue! La caution a été perdue car le préavis de trois mois n’avait pas été respecté.            

Pascal ne vivait plus que pour les jours de fin de semaines, car il allait alors, chercher ses enfants. Il rentrait chez nous, Jimmy et Jordan, chacun sur un bras, agrippés à son cou, leurs petits visages blottis au creux de l’épaule de leur père. Dans un premier temps, Pascal, tendu, passait devant nous, sans un mot, et filait directement dans sa chambre. Un petit peu plus tard, rassérénés, le père et les petits venaient nous rejoindre, et la vie s’organisait en rapport de leurs présences, avec, toujours au fond du cœur, la pensée que ce n’était qu’une visite. Le temps passait si vite ! Les ramener deux jours plus tard, à leur mère, était une véritable épreuve, car Jimmy, s’il ne faisait pas jamais de caprice, assis sur le siège arrière de la voiture, laissait des larmes silencieuses couler de ses yeux d’enfant malheureux ! Jordan était trop petit pour comprendre, mais il calquait son comportement sur celui de son frère.

Et c’était reparti, pour vivre le même manège, quinze jours plus tard. Il y a eu aussi de longues périodes, où la garde des enfants s’organisait de façon alternée, une semaine sur deux .C’était mieux, les petits avaient le  temps de prendre leurs marques. Le revers de la médaille, c’est que le retour n’en était que plus difficile. Pascal acceptait tout ce qui lui permettait d’avoir ses enfants, ne serait-ce qu’un jour de plus !

Pascal, a, un jour, au croisement des deux routes, près de chez nous, marqué un temps d’arrêt pour laisser passer une voiture. La conductrice et Pascal se sont reconnus en même temps. Elle était une ancienne copine, du temps du collège. L’endroit n’était pas propice à une conversation prolongée. Elle l’a donc invité à venir chez elle, boire un café et discuter un moment.

Et c’est ainsi, que, de temps en temps, Pascal et Murielle se sont retrouvés. Elle était divorcée et avait une petite fille, Marine, du même âge que Jimmy, à un mois près. Elle avait une petite maison et travaillait très dur pour la conserver et élever sa petite.

Pascal avait pris l’habitude, d’aller, le soir, la voir quand il n’avait pas les enfants. Puis, après que l’habitude fut prise, il attendait que ceux-ci soient endormis pour aller y faire un petit tour. Nous étions là pour veiller sur eux. Notre fils estimait beaucoup la vaillance et le comportement de Murielle envers sa petite fille, qu’elle faisait toujours passer en priorité.

Jordan était quelque peu perturbé, il était sauvage et ne se laissait pas approcher par n’importe qui. C’était plus facile avec la gent masculine qu’avec la gent féminine. Robert faisait très attention à lui, c’était encore un bébé et il avait grand besoin de sécurité et d’amour.

Lorsque, un week-end, Pascal a parlé de son intention d’emmener les enfants avec lui, chez Murielle, pour une nuit, Robert lui a expliqué que Jordan était trop petit, qu’il fallait attendre un peu, que ceci, que cela…. Jimmy a donc, le premier été faire connaissance avec Murielle et Marine.

Murielle n’était pas encore venue à la maison, Robert restait dans l’expectative.

La situation s’est installée ainsi quelques temps, Pascal, après son vécu, avait du mal à accorder sa confiance de nouveau et restait réservé. C’est bien connu : chat échaudé craint l’eau froide ! Sa santé s’améliorait et il avait trouvé moyen de travailler un peu « au noir » comme on dit.

 Son inactivité lui pesait, et il était content de se sentir actif de nouveau !

 

 

 

18 avril 2013

Pascal...suite

Situation tellement classique, mais combien difficile à vivre!

Je passe les détails , je ne peux pas occulter ce moment de la vie de mon fils, mais, c'est tout simplement la preuve qu'à quelque chose, malheur est bon comme on dit!  Mais, çà, on ne le sait que plus tard!

Pascal....suite.

Je ne vivais pas avec le couple, sauf le midi, aux repas, mais je sentais bien que l’ambiance était morose. Je supposais que Pascal, supportant mal le stress de sa maladie, n’était peut-être pas très agréable. De plus, je reconnais que, si mes fils ont bien reçu en héritage les qualités de leur père, ils avaient aussi hérité de son caractère plutôt difficile et de son manque de patience dans certains cas. En règle générale, je soutiens toujours mes belles-filles. Avec mes fils, je ne crains pas le mot maladroit qui pourrait être mal interprété, je parle librement. Pourtant, au fil des jours, je n’ai pas pu faire autrement que de remarquer, dans le comportement de l’épouse de mon fils une indifférence certaine envers, et son mari et même un peu, ses enfants.

 Elle a d’abord déclaré ne plus avoir le temps de venir manger le midi. Elle rentrait tard le soir, selon les horaires des grandes surfaces.  Pascal supportait de plus en plus mal cette situation. Malade, il rentrait, couchait les enfants que j’avais baignés et mis en pyjamas, et s’inquiétait de sentir son épouse de plus en plus indifférente, ne s’intéressant pas à son état de santé et pas davantage aux résultats des examens qu’il avait passés dans la journée, quand c’était le cas.

J''ai voulu  aller la voir, un jour, pour lui faire part de mon inquiétude, pensant causer avec elle, peut-être la rassurer, et, surtout, qu’il y avait au milieu d’eux, deux petits enfants dont l’un n’avait qu’un an à peine.

Sincèrement, je n’avais que de bonnes intentions. Une crise, dans un ménage, cela arrive à presque tous les couples un jour où l’autre ! Et peut-être que mon fils, après tout, avec son caractère, n’était pas facile !

 Je me suis rendue sur son lieu de travail à l'heure de sa pause, et, je l'ai trouvée en galante compagnie , (sans aucune équivoque) ! 

Choquée, je lui ai dit : pense aux enfants , réfléchis!

Elle n’a pas réfléchi longtemps. Personnellement, bien que très mal à l’aise devant mon fils, j’avais gardé ma découverte pour moi. Mais  pour combien de temps encore ? Je sentais que cette situation ne pouvait pas durer. J’avais l’impression de trahir la confiance de mon fils. Et je craignais encore plus les conséquences qu’aurait ma révélation. Je ne savais vraiment pas comment agir. Soit, je parlais à mon fils et je provoquais peut-être une catastrophe, soit, je me taisais, et, tôt ou tard, il l’apprendrait et m’en voudrait de mon silence.

Le problème a été vite réglé! Elle a encouragé Pascal à aller avec son frère faire une partie de chasse, prétextant que celà lui ferait du bien de se changer les idées, et, pendant ce temps elle est partie après avoir laissé un message sur le répondeur de mon autre belle-fille pour la mettre au courant.

Robert est parti retrouver ses deux fils à la tonne, pour informer Pascal du départ de sa femme. Moment très difficile. Pascal, sous le choc, n’a pas décroché les dents durant tout le trajet du retour : cent kilomètres !

Il est rentré dans sa maison vide, plus d’épouse, plus d’enfants, et pour couronner le tout : malade ! Son père et son frère l’ont ramené à la maison.!

 

 

10 avril 2013

Revenons pour un jour en avril 2013 !

Mais qu'est-ce qu'ils ont mes petits-enfants?  Ils se donnent le mot! Voilà que Marine , la fille de Murielle (que j'appelle maintenant ma voisine!) nous annonce qu'elle envisage de partir avec son copain s'établir (?) en Guadeloupe!  Pas immédiatement,non ! au début de l'année prochaine ! 

Ils veulent prendre le temps de préparer ce départ convenablement. Que le copain mettre en location son appartement (pas fous , les jeunes! ils veulent être sûrs de garder ici un endroit en cas de retour ), se débarasser  (vendre) le plus de choses possible, économiser encore un peu, et, surtout, laisser à Bruno le temps de se retourner et retrouver une autre secrétaire comptable!

Jimmy en Suisse, Marine peut-être en Guadeloupe il ne manque plus que Jordan ait une envie subite d'ailleurs ! 

JE NE SUIS PAS D'ACCORD !  Je l'écris, mais je ne le dis pas! Je m'en garde bien ! Qu'est-ce qu'ils ont nos poussins à vouloir partir loin du nid?

Je me renseigne illico sur le prix du voyage, ainsi que je l'ai fait pour Jimmy, au cas où ils voudraient revenir et seraient dans la difficulté! Sait-on jamais ! Des fois que par amour propre, ils attendraient trop longtemps avant  d' appeler à l'aide les parents!

Enfin ! Surtout, ne pas se prendre la tête, nous ne sommes pas encore en 2014 !

Une autre nouvelle aujourd'hui: Marc, celui qu'en 1990 je qualifiais de premier petit-fils, celui qui, il y a deux ans c'était fait faire des dreelocks (et que nous n'aimions pas celà) Marc, donc, m'a envoyé par mail sa photo. C'est tout l'un ou tout l'autre : il s'est fait couper les cheveux! Et quand je dis couper, je veux dire RASER!  La boule à zéro ! 

Je le trouve trèèèèès beau

Demain nous avons rendez-vous à l'hôpital pour que Robert passe une épreuve d'effort respiratoire.

Nous ne sommes pas inquiets, simple précaution.

Ce week-end, Lydie et Mario. accompagnés de Lisa et Lana sont allés à Euro Dysney .

Les petites étaient enchantées malgré le vent glacial. Tout leur a plû sauf la méchante reine de Blanche-Neige qui a terrifiée Lisa!

Au retour, Lydie m'a dit : on est revenus de Sibérie!

Pas de chance quand je vois que le week-end prochain la météo annonce une température de 25° !! 

8 avril 2013

Toute une vie en 2 ans 1/2...fin

 Voici le dernier feuillet retrouvé dans mon tiroir. Je n'ai plus écrit ensuite durant très logtemps, je le recopie sans rien y changer...

 

 

 

                    Toute une vie en deux ans- et- demie

                                  

MAI 1991.

Ainsi que tous les soirs, nous sommes installés devant le poste de télévision.

Je suis, comme à mon habitude, assise à l’angle du canapé, les jambes repliées de côté, position que, normalement je ne devrai pas garder longtemps. L’ankylose gagnant rapidement, j’éprouverai bientôt le besoin de déployer celles-ci un instant, pour me réinstaller ensuite comme initialement.

Tout ceci entraîne une certaine agitation, car Robert, mon mari, occupe le reste du canapé, à demi allongé et la tête appuyée sur le coussin calé contre moi. Nos changements de position fréquents provoquent alors le regard courroucé de mamie, ma mère, qui partage notre vie depuis vingt ans maintenant. Ses quatre-vingt-dix ans et une arthrose sévère lui interdisant trop de mouvements, notre agitation épisodique, mais renouvelée l’agace prodigieusement.

Ce soir, pourtant les images défilent et je me rends compte que je suis incapable de raconter l’intrigue que nous sommes censés suivre sur le petit écran.

Contrairement à mon habitude, je n’ai pas changé de position depuis vingt heures- trente et je ne ressens rien de plus qu’un doux engourdissement des membres et de l’esprit.

Je voudrai ne plus bouger, étouffer ma peine, alors que j’aspire à être seule pour la laisser éclater.

Aujourd’hui, n’est pas un jour comme les autres. Aujourd’hui ont eu lieu les obsèques de Valérie, la jeune épouse de Bruno. Une cruelle maladie l’a emportée, à vingt-cinq ans après seulement six mois de mariage.

C’est trop injuste ! Je ne crois plus en la justice divine !

Bruno est rentré avec Marcelle et Jean-Paul, le compagnon de celle-ci, dans une maison où Valérie n’est plus.

Tout au long des derniers mois, j’ai veillé à ne pas m’imposer car ma peine ne peut en rien, être comparable à celle d’une maman, voyant  jours après jours partir son enfant. Pas davantage à celle d’un jeune époux, refusant longtemps l’évidence, puis mettant toutes ses forces afin de faire face à la cruelle vérité et à son issue inéluctable.

Ce soir, je me sens seule. Je voudrais serrer Bruno dans mes bras comme lorsqu’il était enfant. Je sais, au fond de moi, que la vie continuera pour mon fils et qu’il connaîtra d’autres joies. La raison et l’expérience nous l’enseignent chaque jour. Pour l’instant cela  lui semble inimaginable, le cœur ne peut pas suivre.

Et puis, un jour, sans rien oublier ni renier du passé, Bruno regardera de nouveau vers l’avenir, et la vie reprendra ses droits.

En attendant, nous serons là, Robert et moi, avec notre amour inconditionel de parents.

2 avril 2013

Souvenirs de Pâques ...

Pour ce week-end de Pâques, je n'avais pas vraiment prévu de céder au cérémonial de la recherche d'oeufs et autres chocolats, soi-disant tombés dans le jardin. Les enfants sont grands, de  même que les petits- enfants! Grands, mais quand-même gourmands !!!!  J'avais juste prévu , ainsi que je l'ai dit hier poussin et canard en peluche pour la dernière génération de la famille :les petites jumelles! Et pour Louis, 10 ans, ce n'est pas encore un grand!!! Gros oeuf!!!!

Donc, j'étais tranquille ! C'était sans compter l'habitude!  Au cours d'une conversation téléphonique avec Lydie j'ai compris que Marine (22ans) avait parlé des "cloches" qui, chez mamie allaient passer! mmmm!! 

Alors, je me suis précipitée et j'ai fait le plein d'oeufs en chocolat pour tous! Enfin, tous.....les grands-petits enfants !!! Je suis prête, ils peuvent venir !!! MDR ! Je leur ai pris des oeufs géants ki...r! Sauf Lydie qui n'aime pas trop le chocolat , elle aura un oeuf en nougat garni de macarons!

En attendant, je me souviens....

Du temps de mes parents, le mâtin de Pâques je n'ai pas souvenir d'avoir eu à chercher quoi que se soit que les cloches auraient perdu dans le jardin.

Ce mâtin là, tous les enfants, mariés ou pas se retrouvaient pour un "casse-croûte" qu'ils n'auraient manqué pour rien au monde!  Tous étaient là dès neuf heures . Ma  mère était au fourneau, enfin , à la vieille cuisinière à charbon que nous avions dans la cuisine. Sur la table trônaient les oignons épluchés, les aillets du jardin,les  pommes de terre en dés  et dans un grand saladier une quantité d'oeufs pondus par les poules qui occupaient le poulailler au fond du jardin.

Et... démarrait la cuisson des différentes omelettes! Il y en avait pour satisfaire les goûts de chacun !

Et, ce qui devait être un "casse-croûte" devenait l'omelette de Pâques et se transformait en un repas qui durait jusqu'au repas de midi, qui, du coup, n'avait nul  besoin d'être très conséquent!

Lorsque j'ai eu mes enfants, pendant quelques années j'ai tenté de faire pareil recevant nos nombreux frères et soeurs ! Puis, j'ai cessé une année pour voir, et personne n'a pris le relais. Alors j'ai laissé tomber et je me suis focalisée sur nos enfants .

Les cloches ont donc, depuis, survolé notre jardin et les jours précédents les enfants ont passé de nombreux après-midi à peindre et décorer des oeufs durs que nous mangions à la croque-au-sel! C'est curieux, ils étaient meilleurs que les oeufs habituels!

Je me souviens aussi, que ce jour là, les gens sortaient les tenues d'été, et les robes blanches en particulier étaient étrennées. Je regardais avec admiration et envie les gamines de mon âge qui avaient le chance d'être aussi jolies dans leurs nouvelles toilettes.

Il faut dire qu'en ce temps là, les saisons étaient de vraies saisons! Le printemps  au  le printemps! L'été  en  été!   l'automne et l'hiver à l'avenant !

On pouvait se projeter! 

Avant de cliquer sur publier, j'ajouterai bien deux petites réflexions des coquines qui viennent de venir chercher leur jouets! On ne s'entendait plus ! Elle étaient ravies!

Lorsqu'elles sont parties , alors que je reboutonnais leur manteau, l'une m'a gentiment dit : tu as des mains de vieille !..mamie!

Quand à l'autre qui n'arrêtait pas de jacasser et à qui sa mère a dit : arrête! tu me saoûles ! elle a rétorqué : mais... j'ai une bouche, c'est fait pour parler !

Quelles amour d'enfants !!

27 mars 2013

Eric, le fils aîné...

 

 

 

                   Avec Eric… pas le temps de souffler !

 

 

 

C’est à ce moment- là, qu’Eric a rencontré sa femme. En fait, il la connaissait déjà, puisque nous étions voisins quand nous habitions notre première maison. Ils avaient fréquenté, tous les deux la même école primaire et s’étaient perdus de vue ensuite.

L’année suivante, nous organisions leur mariage.

Double bonheur, puisque bébé était en route.

Ils ont trouvé un petit appartement près de chez nous.

Notre belle-fille s’est très rapidement et efficacement, malgré sa grossesse, investie dans ce travail, nouveau pour elle.

Le milieu de la semaine laissait beaucoup de temps libre, alors Eric a décidé d’apprendre par lui-même, l’art de la taxidermie. Il avait toujours potassé le sujet et jugé qu’il était temps pour lui de concrétiser son projet. Pour cela, il a squatté, chez nous, son ancienne chambre. Apprentissage difficile, mais il était persuadé que ce métier était fait pour lui. Après pas mal d’échecs (les animaux qu’il ne jugeait pas parfaits, partaient à la poubelle), après beaucoup de moments de colère, découragement, frustration, déception et j’en passe, il est enfin parvenu à un résultat satisfaisant.

Lorsque son père a, enfin, approuvé son travail, comme il savait que le jugement paternel était sans indulgence, il s’est senti prêt à s’installer.

 

Robert a eu connaissance

 d’un local à louer.

 Lorsque nous l’avons visité, j’ai été effaré devant son état de délabrement.

 Cependant, fait d’importance, le montant du bail était plus qu’attrayant.

La banque a accordé un prêt. Eh ! Oui ! C’était l’époque bénie où une banque vous faisait confiance.

Et toute la famille s’est mise au travail.

Père, frères, oncle (tonton Guitou) aucun n’a ménagé sa peine.

En deux coups de crayon rapides, Bruno lui a réalisé le prospectus à distribuer avant l’ouverture. Tout à fait dans son style ! Local loué en juin, ouverture prévue en septembre : ouverture de la chasse oblige ! Carrelage, sanitaires, peintures, comptoir (œuvre d’Eric n°2) toujours fidèle et dévoué, décoration, fournitures diverses etc…Mais, le jour dit, tout était prêt.

Durant douze ans, ils ont tenu le magasin tout en continuant les fêtes. Durant l’hiver, les week-ends, Eric posait sa caravane devant une boîte de nuit.

En ce qui concerne la taxidermie, il a rapidement gagné une véritable reconnaissance de la qualité de son travail. Même de la part du taxidermiste qui avait voulu nous décourager cinq  ans auparavant.

Pourtant on se doute bien qu’il n’était pas ravi d’avoir un concurrent, mais il a bien été obligé de faire contre mauvaise fortune bon cœur !

Eric, bientôt chargé de famille, ne devait pas faire son service militaire.

Ce n’était vraiment pas un problème pour lui.

Il était grand temps que je me lance à cœur perdu dans les préparatifs de la layette.

 

Fille ou garçon ? Impossible de le savoir à l’échographie.

En secret, je souhaitais une petite fille.

Une petite fille !

Ma petite fille !

J’allais être grand-mère !!

25 mars 2013

Ah !L'adolescence ! n°4

 Jordan, vous savez le petit-fils qui vit les 3/4 du temps chez sa copine mais passait à la maison de temps en temps pour laver son linge ou prendre une douche, car il ne voulait pas exagérer!

Jordan, donc, hier vers 13h30 arrive à la maison  :

-Mamie, je peux mettre mon linge à laver? (Auparavant, il allait le plus souvent le laver lui-même chez son père et Murielle) maintenant qu'ils habitent à côté de chez nous je pensais, ce sera mieux pour lui, c'est plus près de son travail!

Donc, étonnée, mais me gardant bien de faire un commentaire, je lui réponds: D'accord ,laisse- le , je m'en occuperai plutôt, mais pas de suite!

-Et sa réponse montre combien il est gentil, vraiment! : non! non! ne t'embêtes pas! c'est pas pressé, ..............je repasserai ce soir le prendre! .......  ah! bon!...........MDR!!!!

 Et le soir, il a prit une douche alors que, à côté, il y a une superbe douche italienne avec des jets qui massent de tous les côtés  et qui n'attend que lui!  Résultat : il s'est fait "remonter les bretelles" par son père! Pourtant, je gage que celà ne va pas changer grand chose !!

Personnellement celà ne nous dérange pas le moins du monde, mais alors là! Pas du tout! Bien  au contraire !

Continuons...

 Ah! 'adolescence 4

 

Tous les deux ont profité d’autorisations de sortie beaucoup plus tôt que leur frère aîné, car celui-ci les emmenait avec lui. Pour commencer occasionnellement, puis, comme tout semblait bien se passer, plus souvent.

Le samedi soir, notre maison devenait le rendez-vous des copains d’Eric : Eric n°2 bien sûr, Jean-Louis, qui malheureusement devait décéder trois ans plus tard dans un accident de voiture, Jacques , le cousin de Jean-Louis, un italien exubérant, tête brûlée et bagarreur et pourtant excessivement gentil et respectueux, qui, lui, avant de partir, prenait toujours le temps de passer par le salon pour converser un peu avec Mamie Mélia et disputer avec elle, une partie de petits chevaux. Tous, s’étaient abondamment parfumés, et, bien évidemment, aucun ne portait le même parfum. Je vous laisse imaginer le sillage qu’ils laissaient derrière eux. Suffoquant !

Notre belle-sœur, Nicole et son mari Guy (dit Guitou) depuis des années partageaient notre repas le samedi soir. Nous avons toujours été très proches, car Nicole, ma nièce, avait connu Guitou, le jeune frère de Robert, lorsqu’elle venait avec moi rendre visite à mes futurs beaux-parents durant le séjour de Robert en Algérie. Ils étaient très jeunes alors, ils se sont plus et se sont mariés. Voilà comment, de tante et nièce, nous nous sommes retrouvées avec le statut de belles-sœurs !

Comme nous, ils ont trois garçons : Franck, l’aîné et Stéphane et Christophe, les jumeaux.

Donc, pour reprendre le fil de mon récit, généralement, nous étions à table lorsque les jeunes arrivaient et leurs effluves entêtants se mêlaient aux odeurs de cuisine. Pendant que nous leur servions un café et que Nicole (qui, plus jeune avait fait un apprentissage de coiffeuse) retouchait patiemment une mèche, qui, tous les samedis, dérangeait Eric ! Un vrai rituel qui retardait ce petit monde, pendant que Bruno et Pascal piaffaient d’impatience.

Nicole ne supportait pas (c’est toujours le cas) le parfum. La pauvre n’était pas loin de suffoquer et attendait impatiemment leurs départs pour aérer la pièce.

Cependant, avant qu’ils ne partent, pendant que Nicole se jetait avec volupté sur la fenêtre pour l’ouvrir en grand, Robert avait renouvelé ses recommandations. Son regard bleu fixant les aînés droit dans les yeux, chacun leur tour, il leur confirmait qu’il les tenait pour responsables de la sécurité des plus jeunes. C’est tout juste s’il ne leur faisait pas prêter serment ! D’après ce que j’en sais, ils ont toujours tenu parole. Les petits frères de Rocky, devenaient pour la soirée leurs petits frères ! Et, ces soirs- là, la consigne était : pas d’embrouille !

Le cérémonial du samedi soir accompli, dans le calme et l’oxygène retrouvé, nous reprenions notre repas.

Lorsqu’ils sortaient seuls, c’était différent. Je dirai simplement que les deux Eric, Jean-Louis, Jacques et d’autres, s’ils ne cherchaient pas la bagarre (aujourd’hui, j’ai des doutes à ce sujet) ne faisaient rien pour l’éviter. Ces soirs- là, ils ramenaient quelques plaies et bosses, ce qui, le lendemain, en se remémorant la soirée de la veille, les faisaient rire de bon cœur. Moi, beaucoup moins !

Comme toujours, Robert, leur faisait la morale pour le principe, mais était beaucoup plus indulgent dans ce genre de situation. Il pouvait comprendre ! BOF !!

Eric, durant sa dernière année de Lycée, a attrapé une très mauvaise mononucléose infectieuse. Donc, très grosse fatigue, et au bout, examen raté.  Durant les vacances, il a alors travaillé dans la grande surface près de chez nous. Travail, cela voulait dire salaire, plus d’études, bonjour les sorties plus fréquentes avec les copains. Une année lui a suffi pour se rendre compte qu’il ne ferait pas carrière dans la grande distribution. Nous sommes tombés des nues lorsqu’il a demandé notre aide et surtout l’aval de son père, pour acheter une remorque friterie, crêpes, chichis, gaufres, etc… et la tournée de fêtes foraines et manifestations diverses qui allaient avec. Dans ces années- là, fêtes et foires attiraient beaucoup de monde. Bien évidemment, nous l’avons aidé (sous forme d’un  prêt) nous devions penser aussi à ses frères en cas de besoin.

Voilà comment, à vingt ans à peine, notre fils est devenu forain. Milieu très particulier où il faut prendre garde, dès le début, à ne pas se laisser marcher sur les pieds tout en respectant soi-même les règles établies depuis très longtemps. Son père, un  peu inquiet quand même, lui faisait de très nombreuses visites sur les lieux des manifestations, pour se rassurer. De toutes-façons au début, il lui manquait souvent quelque denrée : sucre, farine, etc…lorsque ses prévisions étaient dépassées. De plus, nous savions qu’il appréciait notre visite, surtout lorsque le monde se pressait devant sa boutique.

 Pascal est celui, qui, depuis ses quinze ans, a, le plus, participé à cette aventure. Dès sa semaine de travail terminée, le vendredi soir, il partait avec son frère sur les fêtes. C’était le champion de la pâte à crêpes et à chichis !

Bruno, lui, avait cette ambiance en horreur. Pas question de compter sur lui, sauf en cas d’urgence ! Et encore !

20 mars 2013

Justement ! Si l'on parlait de mon époux !

Dans une note Lili parlait des visiteurs qu'elle avait pû voir sur ses statistiques. Je n'avais jamais eu l'idée de cliquer sur ce mot. J'y suis donc allé voir.Puis, j'ai cliqué sur géographie  et je suis étonnée de voir que certains lecteurs viennent de Belgique, Maroc Etats-Unis etc......... . Il y a aussi des internautes inconnus qui lisent et ne commentent pas.  C'est peut-être idiot, mais celà me fait bizarre. Je n'ai pas fini de découvrir toutes les possibilités d'internet !

 Après ces réflexions hautement profondes et intéressantes, passons à la suite....

 

 

         Justement ! Si l’on parlait  de mon époux !

 

J’ai rencontré Robert lors d’un bal, un dimanche après-midi. C’était la seule sortie qui m’était autorisée (et encore pas tous les dimanches) bien que je travaille très dur à l’usine de chaussures près de chez nous. Je ne peux pas dire, de mes parents qu’ils étaient « cool ». Pas du tout ! C’était carrément plutôt l’inverse ! Il faut savoir que dans les années cinquante-cinq, j’avais seize ans et les critères d’alors en matière d’éducation, n’avaient rien à voir avec ceux de notre époque. Robert, lui, en avait dix-huit et c’était un garçon, ce qui changeait tout, évidemment ! Il travaillait dans une scierie et le samedi et le dimanche il cumulait d’autres emplois. Déjà, il n’économisait pas sa peine : il cassait des poteaux électriques en ciment pour en extraire le fer torsadé qui se trouvait à l’intérieur. Celui-ci était ensuite utilisé en maçonnerie. Pour casser ces poteaux, il utilisait une masse et avait souvent les mains pleines d’énormes ampoules. Durant l’été, il travaillait aussi avec un artificier pour tirer les feux d’artifices. Il y avait longtemps qu’il travaillait et, bien sûr, il jouissait d’une liberté totale depuis tout aussi longtemps. C’était alors l’ une des prérogatives du sexe masculin. Il ne faut pas chercher bien loin pour comprendre pour quelles raisons les filles de ces années- là, auraient préféré naître garçons !

Nous sommes tous les deux issus de ce que l’on appelait alors, avec beaucoup de commisération, une famille nombreuse ! Imaginez, une fratrie de dix enfants chez lui et de huit chez moi. Avec le recul, je ne peux m’empêcher de plaindre nos mères ! Pourtant, si la vie était dure, je n’ai pas souvenir que nous nous soyons apitoyés sur notre sort. Peut-être que la très grande tendresse qui régnait au sein de ces familles, justement nombreuses, compensait le manque de moyens auquel nous étions habitués, et nous a appris, peut-être pas à tous, mais pour Robert et moi ce fut le cas, la solidarité familiale. Nous avons fait tout notre possible pour inculquer à nos garçons, ce même esprit.

Nous fêterons au printemps prochain nos noces d’or. Au vu de ce qui se passe autour de nous, je pense qu’un couple de vieux mariés comme nous, sera bientôt une espèce en voie de disparition !

Lorsqu’il est revenu d’Algérie après avoir passé vingt-huit mois sous les drapeaux, nous nous sommes mariés et il est entré à la Société Lyonnaise des Eaux : la SLEE. Il y a commencé comme simple terrassier, rémunéré à la tâche (on disait aux pièces) Il devait creuser une tranchée de cinq mètres de long dans n’importe quel sol, pour poser les canalisations d’eau. Plus il ouvrait puis refermait de tronçons de cinq mètres, plus il gagnait d’argent. Au bout de trois ans de ce travail harassant, il fut rémunéré au mois avec un salaire fixe, puis une année plus tard stagiaire, puis encore une année et, enfin titulaire. Son but était atteint. Ayant travaillé très jeune, il est bien évident qu’il n’avait pas suivi de formation particulière après le certificat d’études primaires. Il a toujours compensé ce qu’il ressentait comme un manque, par un travail acharné. De taille modeste, en gros soixante et un kilos (à l’époque) il s’est retrouvé en compétition avec des hommes beaucoup plus corpulents. Rapidement, il s’est forgé une réputation de bosseur sur lequel on pouvait compter, aussi bien de jour que de nuit. Il était toujours volontaire. Ainsi, il a assuré à notre famille la sécurité et nos enfants n’ont jamais manqué de rien. Il est ensuite passé plombier, puis « chef ouvrier ». Appellation qui m’a toujours amusée, mais c’était ce qui était porté sur son bulletin de salaire !

Sa politique éducative envers nos enfants, était en somme très simple. Outre un respect inconditionnel, il exigeait d’eux : honnêteté, vaillance, franchise et responsabilité de leur actes quelles qu’en soient les conséquences. Il leur a toujours fait confiance, et son comportement, par son exemple, leur a appris la droiture et d’autres qualités qui ont fait d’eux des hommes dignes d’estime. Comment aurait-il pu agir autrement ? Il n’a jamais su gérer quelle que soit la situation qui se présente, qu’une solution en ligne droite. Ne donnant que des réponses sans ambiguïté. Un accord amenait un oui, un désaccord se soldait par un non. Bien rares, furent les fois où il a changé d’avis ensuite, quoi qu’il lui en coûte !  J’appelle cela la qualité de ses défauts, car, parfois, cela frisait l’entêtement.

Avec le temps, j’ai appris à ne pas le heurter de front lorsque je voulais lui faire prendre la décision que je souhaitais. Je savais qu’ensuite, il ne reviendrait pas sur cette décision. Je crois que nous sommes, nous, les femmes, très adroites à ce petit jeu ! Le dicton ne dit-il pas : je suis maître chez moi, mais c’est ma femme qui commande !

Le truc est de tenter de commander, sans, surtout, en avoir l’air ! Bien que cela ne marche pas toujours, mais, on ne perd rien à essayer ! 

 

 

 

19 mars 2013

Ils ont grandi quand- même !

 Hier soir, tard, un coup de fil nous informe que le petit fils est bien arrivé en Suisse. Nous avons pû dormir tranquilles !

Ce midi, juste avant le repas, le mari était sur le canapé et toussait. Ces jours-ci, il tousse pas mal.....et j'ai voulu jouer au docteur ! Non,! pas comme vous le pensez! au vrai docteur! Un peu de respect jeunesse !!J'ai voulu écouter si celà ronflait dans sa poitrine ! Alors, je me suis penchée sur lui mais mes chaussons sur le carrelage ont glissé et je me suis retrouvée à genoux et la tête sur ses genoux à lui ! Vous imaginez  la scène ? Résultat, nous avons été pris d'un incoercible fou-rire comme nous n'en avons pas eu depuis très longtemps!J'ai fini assise par terre !!! Et , impossible de recommencer tant nous riions! Je ne sais toujours pas si sa poitrine ronfle ! Je vais laisser cet examen pour la prochaine visite du docteur !

Et vous laisse lire mes essais littéraires suivants.Si vous le voulez bien !

 

 

 

                       Ils ont grandi quand-même !

 

 

 

C’est bien connu, les enfants n’écoutent jamais les conseils. Ils ont grandi quand même !

Après la maternelle, le primaire. Aucun problème en ce qui concerne l’aîné, pas de soucis. Eric était un petit élève sérieux et studieux. Le second avait davantage de facilités mais n’en faisait pas plus que nécessaire. Aujourd’hui une mauvaise note, demain une excellente pour rétablir l’équilibre, passant tranquillement, ainsi, d’un cinq à un dix-huit sur vingt ! Pascal, quand à lui, nul en math, excellent en français, était beaucoup plus intéressé par le foot que par les études.

Donc, durant cinq ans, la vie a continué comme pour bon nombre de parents de jeunes enfants.

Une étape de plus à franchir lors de l’entrée au collège. Eric, comme les années précédentes avait les notes très correctes que lui valait un travail consciencieux. En troisième son dossier d’orientation nous posa quelques soucis, car il espérait devenir taxidermiste. Renseignements pris, il n’y avait pas de centre de formation près de chez nous. Le taxidermiste que nous connaissions, puisque c’était lui, qui, depuis des années, naturalisait les oiseaux que nous offrions à Eric lors de chaque occasion (Noëls, anniversaires, récompenses diverses…) nous découragea en ne nous montrant que le côté négatif de la profession. Avec le recul, nous nous sommes rendus compte qu’il en avait vraiment rajouté ! Donc, prenant en compte le choix de notre fils et les connaissances déjà approfondies qu’il possédait concernant la nature et les animaux, nous l’avons inscrit au Lycée Agricole, option générale.

Pour Bruno, cela ne fut pas très facile. Comme il était extrêmement doué en dessin, son professeur nous conseillait de lui faire redoubler sa troisième car il était trop jeune pour pouvoir entrer aux beaux- arts.  

AUX BEAUX-ARTS ?

Alors, là, ce fut une autre affaire ! Son père n’était absolument pas d’accord. Ce n’était pas une option envisageable ! Réussite beaucoup trop incertaine ! Jamais, même avec un an ou deux de plus, nous n’enverrions notre gamin fréquenter ce milieu artistique ! La bohême, c’est bien joli, mais dans la chanson ! Pour le retrouver ensuite, barbu, fauché et les cheveux longs ! D’ailleurs, c’est bien connu, les artistes peintres ne sont célèbres qu’après leur mort !  Gros dilemme, car c’était vrai, Bruno avait vraiment une grande prédisposition pour tout ce qui est du domaine artistique. Il avait déjà un dossier de dessins, qui, selon son professeur, était excellent. Nous avions donc, en désespoir de cause, décidé de lui laisser redoubler sa classe de troisième (de toutes- façons, il n’avait jamais redoublé) après nous verrions bien ! Le temps porte conseils.

Lorsque, tout à fait par hasard, je suis tombée sur l’annonce d’un atelier de graphisme, qui recherchait un apprenti (un dossier de dessins était souhaité) et proposait en outre, une formation de photograveur. N’ayant rien à perdre, sans trop d’espoir, j’envoyais immédiatement une demande de rendez-vous. Peu de temps après, un courrier nous convoqua pour un entretien.

Nous y avons accompagné notre fils. L’entretien s’était plutôt bien passé. Le propriétaire de l’agence avait conservé le dossier de dessins de Bruno et devait nous tenir au courant. Quelle ne fut pas notre surprise lorsqu’une lettre nous a informés que sa candidature avait été retenue parmi plus de vingt-cinq postulants, beaucoup plus âgés que lui. La joie de notre fils à cette annonce était sans limite.

Il faut dire que Bruno était très petit et menu. Imaginez un peu : à quatorze, je l’habillais en douze ans maximum, et encore ! De plus Robert avait été très catégorique. Aucun problème en ce qui concernait les heures de travail à condition que Bruno prépare sérieusement le CAP de photograveur, en plus de la formation de graphiste, et que, dans le cas d’heures supplémentaires, elles soient récompensées. Toute peine mérite salaire. J’avais trouvé qu’il était un peu sec, mais au moins les choses étaient claires !

Nous avons dû passer par l’Inspection Académique pour obtenir l’autorisation de signer le contrat d’apprentissage, (où d’ailleurs, on m’a demandé si je n’avais pas honte de jeter mon enfant, si jeune dans le milieu du travail !). Fort heureusement, la conseillère d’orientation nous a été favorable.

Ce CAP se préparait en trois ans et Bruno l’a obtenu en deux. Son employeur l’a gardé comme graphiste. Dans les années quatre-vingt, un graphiste ne travaillait pas sur ordinateur, surtout pour la création, en particulier, d’étiquettes de vins, alcools, sirops ou tout autre produit devant être étiqueté . Le travail se faisait à la main à l’aide de pinceaux aussi fins qu’un cheveu ou de plumes. C’était vraiment un travail nécessitant, outre un talent certain, beaucoup de précision et un réel esprit créatif. Pour cette dernière année, considérée comme sa dernière année d’apprentissage (par décision de l’inspection académique en raison du jeune âge de Bruno, et ce malgré l’obtention de son CAP) son employeur lui a octroyé une prime de dix pour cent sur le montant de chacune de ses créations acceptées par le client.

 Comme son style était très apprécié, il s’est retrouvé très tôt, à bien gagner sa vie.

Puis, est venu le tour de Pascal !

A part en français et en sport, pas de quoi pavoiser quant à ses résultats scolaires. J’ai d’ailleurs appris plus tard, que mon petit dernier n’était pas le petit ange que je voulais absolument voir en lui. Evidemment ! Je ne me souviens pas qu’il m’ait ramené de mots des professeurs ou de mauvaises notes. Pour la bonne raison, que Bruno a pour son frère, utilisé son talent (il est le seul à savoir reproduire ma signature) Il signait donc, allègrement, à ma place, les punitions de son petit frère !

Donc, Pascal ne voulait pas continuer les études. Il voulait travailler. Contrairement à son frère si menu, il a toujours été très charpenté, robuste, attiré par le sport et l’effort physique, fier de son endurance. Son père n’a pas discuté longtemps. Jugez-en :

 

Son père :                         

 -Tu veux vraiment travailler ?

Pascal :                              

-Oui !

Son père :                        

 - Que veux-tu faire ?

Pascal :                              

-Comme toi, plombier.

Son père :                        

 -Tu es sûr de ton choix ?

Pascal :                             

 -Certain !

Son père :                        

-Tu as bien réfléchi ?

Pascal :                            

 -Oui !

 Son père :                       

-Bon !

 

La semaine suivante :

Son père :                     

-Je t’ai trouvé un patron, tu commences lundi.

Pascal      :                     

-Lundi quand ?

Son père :                    

 -Lundi prochain.

Pascal :                          

 -Mais, le collège s’arrête jeudi !

Son père :                       

-Eh ! Bien ! Il y a un problème ?

Pascal :                            

-Mais, c’est les vacances !

Son père :                       

-Tu veux travailler ou continuer les études ?

 Pascal :                          

 -Travailler, mais…

 Son père :                     

-Il n’y a pas de mais, tu embauches lundi ! Tu auras droit a deux jours-et-demi de congés par mois. 

      

Et voilà !  Bien que je synthétise un peu, cela c’est à peu près passé ainsi !

 

Du Robert pur jus !!! 

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17 mars 2013

Entrée en matière...

 

 Alors que je m'occupais à coller un autre texte , (ancien) ma voisine (autrement dit ma belle-fille Murielle) vient de nous toquer à la vitre pour nous donner quatre petits délicieux gateaux qu'elle venait de cuisiner; Je sens que ce nouveau voisinage va être très agréable  !!!!

 Ce soir, c'est  toasts grillés à la sardines!  Ça promet  !!!!   Trop gentils !!!!

Moins bien, Jimmy repart en Suisse, en voiture! Vivement demain soir que nous soyons sûrs que le voyage s'est bien passé !

 

                                Entrée en matière

 

La première feuille (extraite du tiroir) consiste en quelques lignes écrites un matin de printemps. Je ne saurais dire en quelle année, mais je retrouve intact le sentiment de plénitude qui m’habitait alors. Je la recopie telle qu'elle.

« Ce début d’avril, la maison dort encore. Robert est déjà parti au travail. J’ai toujours apprécié en cet instant où la nature s’éveille, de prendre mon petit-déjeuner seule. Dans le silence du matin, j’ai ouvert la porte vitrée du séjour et le soleil printanier illumine l’air encore frais. Notre chienne est venue se coucher sur la marche de la terrasse, presque à mes pieds. La tête appuyée sur ses deux pattes de devant, elle me regarde  et ses yeux semblent me dire bonjour. Je peux y lire toute la fidélité et la confiance qu’elle témoigne à notre famille. Pourtant, je sais que ce même regard est encore plus intense lorsqu’il se pose sur son maître, son dieu, avec qui elle partage de si merveilleuses parties de chasse. Lors de ces instants, plus rien ni personne ne compte !

C’est la saison où les oiseaux nichent. Je les vois entrer puis ressortir de la haie du voisin. L’air s’emplit de chants divers et toute cette agitation est un plaisir pour les yeux. Je ne dirai pourtant pas que c’est un ravissement pour les oreilles. Je sais bien que certains parlent du doux gazouillis des oiseaux, mais ils n’ont jamais entendu, seulement deux moineaux, se disputer la miette ou la brindille que chacun voudrait ramener à son nid. Rien d’harmonieux ! Multipliez cela par dix ou quinze passereaux et vous entendrez un sacré vacarme ! Parfois, les merles noirs sont de la partie, à eux l’avantage de la taille !

Dans quelques minutes, les enfants vont s’éveiller pour aller en classe et la maison va s’agiter. J’avale une dernière gorgée de café (au lait) puis me lève de ma chaise. Je puise dans ces instants de solitude matinale et j’y trouve mille raisons d’être heureuse. J’ai les plus beaux enfants du monde et un mari que j’aime.

Oui, c’est une belle journée qui s’annonce et je me sens débordante d’amour et d’énergie. Au travail !

Lorsque je relis ces lignes, je me souviens qu’effectivement, j’ai souvent ressenti au fil des années, l’impression que la vie était pleine de promesses. Aujourd’hui, je me demande quelles étaient les raisons de cette confiance dans l’avenir. Peut-être notre jeunesse tout simplement, ou encore la faculté que nous avions de vivre avec toujours un projet, une envie, un espoir. Cette envie d’aller de l’avant était logique, puisque, à notre époque, nous démarrions dans la vie avec presque rien. Le plus petit achat nous apportait beaucoup de joie et nous procurait un réel sentiment de fierté, car nous devions travailler très dur et économiser longtemps pour l’obtenir.

C’est incroyable ! En me relisant, je me rends compte que mes pensées rejoignent peu à peu les paroles que nous répétaient nos parents et qui nous agaçaient tant : « de notre temps, on était plus heureux, nous savions nous contenter de peu de choses et l’on savait les apprécier ! »  et s’ensuivait la sempiternelle litanie des heureux moments de leur passé. Est-ce déjà notre tour d’idéaliser et de regretter notre jeunesse, notre foi dans l’avenir et notre vitalité ? Tout ce qui donne l’impression d’être plus vivant !

Au diable, regrets et nostalgie et reprenons le fil des souvenirs aux jours bénis qui ont vu naître nos trois garçons. 

21 mars 2013

Ah ! L'Adolescence !

 

 Hier soir, résultats partiels de la prise de sang de Robert. Pas particulièrement inquiétants, attendons la suite! Nous ferons le point en fin de semaine prochaine lors de la consultation avec l'infectiologue.

Aujourd'hui, une journée superbe et  ensoleillée !  Nous avons passé l'après-midi dans le jardin à gratouiller le tour des rosiers, user du jet pour laver la terrasse et papoter un brin avec la voisine qui s'est arrêtée le long de la clôture en partant faire une petite promenade à pied avec son mari malade qui voulait profiter de ce beau soleil! 

C'était très agréable!

 

 

                            Ah !  L’Adolescence !.......(1)

 

 

 

Je vous ferai grâce des détails concernant l’adolescence : les colères, le sentiment de persécution, déprimes, petits chagrins d’amours adolescentes, boutons disgracieux qui ne veulent pas guérir et vous pourrissent la vie, la voix qui mue, les disputes avec les copains, voire les bagarres, les chamailleries avec les frères dont on ne peut pourtant pas se passer : avec qui d’autre faire les bêtises ? L’impression que le monde entier est contre vous. Les fous-rires irrépressibles pour un rien alors que deux minutes plus tôt, le pauvre incompris clamait avec désespoir : c’est toujours de ma faute ! J’en ai marre ! Et l’on entendait dans le couloir claquer brutalement la porte de la chambre du pauvre persécuté ! Et j’en passe !

Vous vivez cela une fois, bon ! On sait que c’est inévitable. Mais, lorsque vous avez le « bonheur » de voir se renouveler trois fois ces années perturbantes, je vous assure que vous manquez pas mal de compassion ! Vous attendez patiemment que votre malheureux enfant finisse de souffrir, si possible en silence et en vous fichant la paix ! Déjà que, soi-disant, vous ne comprenez jamais rien de toutes façons ! Pourtant, vous êtes patiente !

Mais, vous vous rendez-compte, trois !

Beaucoup plus tard, lors de conversations à bâtons rompus, le plus souvent au cours de repas de famille, la conversation s’engagera autour du souvenir des années écoulées.

Ce seront surtout les enfants qui se raconteront et nous découvrirons, à chaque fois, un évènement nouveau qui nous avait échappé à l’époque et qu’ils se remémoreront avec un plaisir évident, nous laissant abasourdis. Robert, beaucoup moins que moi. Ce n’est pas aux vieux -singes que l’on apprend  à faire la grimace !

J’ai ainsi, enfin compris, pourquoi les vélomoteurs de mes enfants devenaient un tas de ferraille beaucoup plus vite que ceux de leurs copains. Pourquoi également, lorsqu’ils étaient tombés de leurs engins, ils ne se plaignaient jamais malgré les plaies et bosses fréquentes. Ce n’était jamais de leurs fautes, mais de celles des automobilistes qui les serraient de trop près en les doublant, d’où, chûtes inévitables. De plus, ces dangereux conducteurs ne s’arrêtaient  même pas pour voir si les enfants s’étaient blessés sérieusement lors de la chute. NON ! A chaque fois, ils continuaient leur route. Cela me mettait en rage et je sortais mercurochrome et sparadrap !

En fait, l’explication était toute simple. La réalité, c’est que mes adorables, et raisonnables gamins, (qui ne partaient jamais de la maison sans que je les ai abreuvés de conseils de prudence) se rendaient dans un pré, et, là, s’adonnaient avec bonheur, témérité et inconscience à la pratique de cross, rodéos, poursuites et autres formes de gymkhanas sur leurs engins.

Nous avions acheté à leur frère aîné, trois ans auparavant, une moto pour se rendre au lycée. En compagnie de son copain, lequel portait le même prénom que lui (pour les différencier, hors du cercle familial, notre fils est devenu Rocky) tous deux, donc, venaient faire pétarader leurs motos à la sortie du collège, se faisant bruyamment remarquer pour la plus grande fierté de Bruno et Pascal qui se sentaient protégés, si le besoin venait à s’en faire sentir. Eric, le copain,(je l’appellerai Eric n°2) fils unique, se sentait investi de la même responsabilité vis-à-vis des petits-frères de Rocky. De vrais gardes du corps !

Eric a pleinement assumé son rôle de frère aîné, de leur enfance à l’âge adulte. Il les a conseillés, défendus, protégés et se sentant soutenus de la sorte, il est évident qu’ils en ont usé et même abusé ! Bien plus qu’un sentiment fraternel, naturel en somme, il s’est instauré entre eux, dès l’enfance, une complicité profonde. Les plus jeunes s’identifiant à leur aîné, dont les avis et jugements tranchants et sans appels, avaient force de lois à leurs yeux. Cet esprit de famille que nous avions voulu leur inculquer a développé chez eux, une confiance jamais démentie. Jamais ! Ils ont pourtant traversé des situations, qui, au cours des dernières années, auraient fait exploser une fratrie moins soudée.

Il y a eu de sévères tensions, des moments très difficiles à vivre, mais l’entente est toujours là, aussi inconditionnelle et l’esprit de solidarité toujours présent.Les dissensions, lorsqu'elles surviennent, n'ont jamais duré  très longtemps. 

C’est à cette époque également, que Mamie Mélia, ma mère est venue s’installer chez nous. Depuis le décès de mon père, elle avait coutume de venir chez nous tous les week-ends. Elle travaillait la nuit, comme débardeuse aux Capucins (les halles de Bordeaux). Très dur ! A plus de soixante-dix ans et une vie toute dévouée à ses huit enfants, elle avait bien mérité de se reposer. C’est Robert qui en a pris la décision et je lui en ai été très reconnaissante. Je vous le disais, caractère parfois difficile, mais ce que l’on appelle un cœur énorme !

Dans la foulée, nous avons vendu notre maison pour en faire bâtir une plus grande et sans étage. Ainsi chacun avait sa chambre.

Quel cadeau pour les enfants ! Une grand-mère entièrement acquise à leur service !

17 mars 2013

Mes premiers écrits......

 

 Vos commentaires me disent que je ne risque rien à revenir sur mes débuts de blogueuse, alors, je m'y lance !Je reviendrai au jour présent lorsque j'aurai quelque chose à dire d'actuel !!!  

 Lorsque j'ai commencé sur mon blog, je numérotais mes notes : essais n°1, essais n°2.......et Lili m'a conseillé de plutôt leur donner un titre et j'ai trouvé qu'elle avait raison. Donc, j'ai suivi son conseil! 

Je pensais: je vais devoir tout retaper, puis je me suis rendue compte qu'il  est possible de coller  un texte écrit sur Word. A force de cliquer un peu partout, je découvre toujours de nouvelles fonctionnalités et, parfois, j'arrive à les mettre en application ! Parfois aussi, je crée de nouveaux problèmes comme dernièrement où les commentaires ne me parvenaient pas ou disparaissaient ! Le Goût a raison de  dire que l'on pourra me traiter de fainéante ! Bon! tant pis! j'assume !  

 

                                     Aant-Propos...

 

Voilà maintenant deux mois que je me suis offert un ordinateur. Je me suis décidée, un vendredi, et, dans la foulée, le lendemain, je suis partie avec ma belle-fille pour me conseiller puis, nous sommes revenues avec l’outil en question. Après quelques après-midi de laborieuses leçons délivrées par Murielle, je peux l’utiliser. Cela malgré quelques maladresses, corrigées manu-militari par ma patiente professeur qui rapplique illico à mon moindre appel (et, croyez- moi, elle a du mérite puisqu’elle habite quand-même à dix kilomètres de chez nous). Tranquillement, elle corrige mes erreurs, me les explique, remet le machine en ordre, et repart, me laissant seule, faire mes essais en toute décontraction, jusqu’au prochain SOS de ma part.

Actuellement, je me débrouille mieux, bien que je sois très loin d’être une experte ! Pourtant, cela suffi à mes besoins pour l’instant. Je peux communiquer avec mes enfants, voire, mes petits-enfants. A moi les parties de cartes, les envois et réceptions de messages, photos ou histoires amusantes ou poétiques. Tout me distrait et m’intéresse tel un enfant avec un nouveau jouet ! Il est évident, qu’à mon âge (70 ans) internet est pour moi plein de secrets.

Voilà pourquoi, l’époque de la retraite laissant beaucoup de temps libre, l’idée de reprendre l’écriture me vient à l’esprit. J’en avais déjà eu des velléités et puis les évènements de la vie m’ont montré que je n’en étais pas capable, ou que je manquais de volonté !  Alors, j’ai laissé tomber papier et stylo et rangé mes brouillons dans une chemise, oubliée depuis au fond d’un tiroir. Dernièrement, le second de mes fils a mît la main sur mes modestes essais. Se disant très agréablement intéressé et déçu que je ne continue pas d’écrire, il a pris la relève.

A son tour il a rempli beaucoup de pages blanches, a eu la gentillesse de me les confier à lire et, au fil de cette lecture retraçant les évènements de sa toute première jeunesse, j’ai compris pourquoi j’ai cessé d’écrire sur ma famille, car, bien sûr, comme toute débutante, le principal de mes envolées littéraires avaient trait à ma vie familiale. Voici quelques lignes  me concernant, extraites de ses écrits et qui m’ont donné sujet à réflexions.  Je le cite :

«  L’obligation  pour l’auteur  qu’elle serait de divulguer les bons moments et les émotions fortes de notre vie, ne lui pose aucun problème. Les coups durs du destin, incontournables, peuvent être racontés sans honte de façons à dépeindre les caractères des acteurs de notre histoire. Mais, comment pourrait-elle décrire et détailler son analyse de certaines périodes, récentes ou pas, qui donnent de ses enfants une image peu valorisante ? La solution serait de mentir et de dissimuler son sentiment réel. Hors de question ! Elle ne saurait pas ! »

A cette lecture, j’ai réalisé que se trouvait là, la raison du blocage que j’éprouvais, m’empêchant d’écrire sincèrement et je crains bien que les choses n’aient, hélas pas changées !

Dans le gentil « ce que tu peux être chauvine dès qu’il s’agit de tes enfants ou petits-enfants ! » que me lancent souvent mes fils, je dois reconnaître qu’il y a beaucoup de vrai. Attention ! Cela ne veut pas dire que je suis incapable de porter un jugement clairvoyant sur le comportement de ma progéniture, leur assénant, parfois, dans l’intimité quelques vérités peu agréables, mais je ne supporte pas, que d’autres, se permettent, en ma présence, la moindre remarque désobligeante à leur sujet. Ou a alors, il faut vraiment que ce soit dit avec une grande finesse ! D’ailleurs, même dans ce cas, je me découvre un réel talent d’avocat.  Pour justifier mon opinion favorable les concernant, mes explications, parfois, pourraient figurer comme un modèle de plaidoirie pour la défense, soit d’un innocent, soit d’un accusé bénéficiant de tellement de circonstances atténuantes, qu’au bout du compte, la partie adverse abandonnerait la discussion ! C’est pourquoi, mon fils l’a compris bien avant moi, j’ai abandonné l’idée de  coucher sur le papier des pensées, qui, parfois, me dérangeaient.

 Peut-on écrire sans être totalement sincère ? Peut-on dévoiler le comportement parfois décevant de ceux que l’on aime ? Je ne le pense pas, en tous cas, pas moi ! Non seulement je ne le pense pas, mais, surtout, je ne le veux pas !

Et voilà où j’en suis de mes pensées cet après-midi.

 Vais-je retenter l’aventure ? J’ai bien envie d’ essayer. Après tout, je ne cherche pas à écrire un bestseller !

Pour commencer, je vais reprendre, recopier et retravailler ces feuillets oubliés  depuis plusieurs années au fond du tiroir.

 Ces instant que je viens de passer sur le clavier de l’ordinateur, me sont agréables. J’ai un peu l’impression de laisser mes pensées au fil d’un journal intime et de mettre en ordre les souvenirs d’une vie remplie, pour mon bonheur, par un dévouement sans faille au service de ma famille. Que voulez-vous ? J’ai toujours été une de ces indécrottables « femmes au foyer » et, chose qui peut sembler inimaginable à notre époque satisfaite de son sort !

Au seuil de mes soixante-dix ans, je peux assurer sans mentir, n’avoir aucun regret, et que, veiller au bien-être des miens a suffi à mon épanouissement.

 Bien évidemment, les années m’ont beaucoup appris et donné bien des leçons, mais je ne changerai rien à ma vie passée, même si j’en avais le pouvoir hormis, bien sûr, le seul évènement dramatique que nous ayons vécu et dont je parlerai plus tard.

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Après les enfants , viennent les petits enfants, et tout recommence pour le bonheur des grands_parents ! La vie continue et on vieillit un peu moins vite!!!
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