Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais depuis quelques temps je m'amuse avec les couleurs. Que voulez-vous, quand on est artiste on fait du zèle  hein ? Et vous avez la grande chance d'en profiter! Merci qui ?

Margot : ma douce.

Toute fine, sensible, délicate, attentionnée sans inutile sensiblerie toutefois : plumer et étriper un oiseau pour le cuire, ou accrocher un asticot à l’hameçon, ne lui procure aucun état d’âme. Elle pratique la gymnastique. Fermement persuadée que coupes et médailles lui seront attribuées d’office : l’optimisme inébranlable de son père est en elle !

 MARGOT... 

Ma douce ! C’est ainsi que je pense toujours à la première fille de Bruno ! Chaque fois que j’utilisais son prénom, j’ajoutais « ma douce » tellement ce qualificatif lui convenait et lui convient toujours.

Petit bébé, puis petite fille délicate, au fil des années, je me suis souvent demandé comment pouvait exister tant de douceur et de détermination chez une même personne. Elle a souhaité pratiquer la gymnastique et lors de chaque concours elle était persuadée que son groupe allait, chaque fois, remporter le premier prix. Elle se tenait toujours prête à entendre leur nom et à monter sur le podium. Le groupe, s’est vrai, a remporté pas mal de premiers prix, mais, lorsque ce n’était pas le cas, il fallait voir la déception envahir son visage ! Je l’ai déjà dit : l’optimisme inébranlable de son père est en elle !

Si une enfant a grandi sans problème, c’est notre petite Margot. Elle a toujours été une excellente élève, travaillant toute seule. Elle aime beaucoup les animaux qui ne manquent pas chez elle. Nathalie, notre belle-fille, aime aussi tout ce qui a trait à la nature : les plantes, les arbres, les oiseaux etc…

Le paradoxe avec Margot, c’est que contrairement à sa mère, elle a banni toute sensiblerie inutile. Il faut ce qu’il faut ! Chasser, si l’on aime les oiseaux aussi dans son assiette, pour les manger, il faut bien les plumer et les étriper, où alors on n’en mange pas. Mais comment résister à un plat rempli de délicieuses grives ! Pour elle, c’est un régal. Depuis toute petite, son père lui a dit, il faut choisir, si tu veux en manger, tu assumes et tu aides à la préparation.

Cela ne l’empêche pas de s’occuper des animaux de la maison  et de son rat, avec beaucoup de sérieux, sans oublier le chien, les perroquets, les chats, …

…et de dorloter sa petite sœur née trois ans plus tard, sans parler du petit dernier Louis !

Aux risques de déplaire à certains, je ne peux m’empêcher de revenir sur une anecdote concernant Margot âgée d’environ six ans, et Marie trois ans.

Alors que les filles et leurs parents se trouvaient dans leur séjour dont tout un mur était vitré, un moineau, en plein vol, est venu heurter le vitrage, et, bien évidemment, est tombé au sol. Margot et Marie ont bondi dehors telles deux diables sortant de leur boîte. Bruno et Nathalie ont pensé que les filles volaient au secours du petit oiseau, et, attendris, les observaient à travers la vitre, lorsque devant Nathalie totalement horrifiée et Bruno totalement hilare, elles se sont jetées sur le moineau, se disputant le droit de le plumer pour que leur mère le fasse cuire ! Opportunistes mes petites filles !

Lorsqu’ils ont dû quitter leur maison, ils ont trouvé une location plus près de chez nous. Ainsi Margot a pu intégrer le collège de notre commune. C’était très commode, je pouvais aller la chercher lorsque certains cours n’avaient pas lieu et elle passait l’après-midi chez nous. Enfin, quand je dis, chez nous, c’est surtout qu’ainsi elle pouvait retrouver ses copines ou copains, sur la place devant la mairie ou l’église. C’était tout un cérémonial, Bruno était très sévère et inquiet. C’était le comble ! Habituellement, c’est le rôle des grands-parents d’être trop stricts !

Je m’assurais que son téléphone soit bien chargé et qu’elle respecte bien l’heure du retour. S’il devait y avoir un changement, je n’ai jamais pris de décision sans contacter l’un de ses parents. Ceci-dit Margot était et reste toujours une adolescente très raisonnable .D’ailleurs, il me suffisait d’aller chercher une baguette de pain, pour apercevoir le petit groupe !

Il y a bien eu quelques petits copains préférés pour ne pas dire amoureux. A chaque fois, ce n’était pas un secret, elle en parlait à sa mère (et à son père qui faisait les gros yeux ! (Il avait dit pas avant vingt-et-un an !) Il faut bien qu’il réalise que sa petite fille grandit. Et encore, qu’il s’estime heureux, elle n’a pas encore été vraiment amoureuse, elle a bien le temps !

Depuis deux ans, elle prend des leçons de piano. Dernièrement, pour ses seize ans, ses parents lui en ont offert un.

Elle est en classe de première et ses résultats sont toujours excellents. Pour choisir une orientation professionnelle, elle a beaucoup hésité. Initialement, elle penchait pour des études de droit, puis, maintenant, après réflexions, elle a décidé qu’elle aimerait travailler plus tard dans l’édition, au grand regret de son professeur de mathématiques qui ne lui conseillait , bien évidemment pas, une filière littéraire.

Son choix ne m’étonne pas, c’est une grande dévoreuse de livres. Elle a des goûts très éclectiques. Actuellement elle lit Stendhal : le rouge et le noir, Victor Hugo : Notre Dame de Paris, Jorge Semprun : L’Ecriture ou la Vie etc….

Elle s’attaque à tous les genres. Lorsqu’elle lit, le monde peut s’écrouler autour d’elle, elle ne l’entend pas !

Nous verrons bien ! Elle peut encore changer d’avis. J’ai lu ses devoirs de dissertation et je trouve que toutes ses lectures lui ont procuré un style très agréable à lire. Elle a vraiment le goût des lettres.

Mon étude de Margot ne serait pas complète, si je ne faisais pas mention de son sens de l’humour très poussé. Elle a dû l’hériter de son père ! Ils se comprennent à demi-mot. Je vous jure qu’ils font une sacré équipe : Plus moqueurs qu’eux, je ne connais pas ! Rien ne leur échappe. Gare aux lapsus ou aux maladresses ! Si certains, je dirais, bien élevés, feraient ceux qui n’ont rien entendu, ces deux- là, n’ont qu’à se regarder pour esquisser un sourire ou carrément éclater de rire, selon la personne visée. Ce qui est sûr, c’est que, avec eux, l’erreur ne passe pas inaperçue !

Personnellement, bien que très souvent la cible de leurs plaisanteries (je suis coutumière du lapsus !) j’adore, car l’un et l’autre ne se « ratent » pas non plus et savent pratiquer l’autodérision. C’est beaucoup plus comique lorsque les gens se moquent d’eux même avec une bonne dose d’humour !

On accepte beaucoup mieux quand vient notre tour de subir leurs commentaires !

En ce qui concerne Margot, elle a beaucoup de retenue et ne relève pas toujours mes bourdes (assez fréquentes) pour en plaisanter ou alors elle m’embrasse en même temps qu’elle me taquine!

 Quant à son grand-père, elle ne s’y hasarderait même pas en rêve ! L’humour, avec lui, plus c’est court, mieux c’est !

Ce n’est pas une adolescente difficile bien qu’elle ait, toujours en douceur, un caractère bien trempé. A part les « petites ! » tensions que tout « ado » fait vivre à sa mère de temps en temps, elle ne crée pas de problèmes.

Son père aime bien plaisanter, mais il y a quand même des limites à respecter !

 Aujourd'hui, elle travaille plus que sérieusement pour passer son BAC en juin. Elle a un petit copain et Bruno a un peu de mal à le réaliser ! MDR ! C'est vrai que les pères ne voient pas grandir leurs filles ! 

Heureusement que ces deux restent toujours très complices !