Hier soir, tard, un coup de fil nous informe que le petit fils est bien arrivé en Suisse. Nous avons pû dormir tranquilles !

Ce midi, juste avant le repas, le mari était sur le canapé et toussait. Ces jours-ci, il tousse pas mal.....et j'ai voulu jouer au docteur ! Non,! pas comme vous le pensez! au vrai docteur! Un peu de respect jeunesse !!J'ai voulu écouter si celà ronflait dans sa poitrine ! Alors, je me suis penchée sur lui mais mes chaussons sur le carrelage ont glissé et je me suis retrouvée à genoux et la tête sur ses genoux à lui ! Vous imaginez  la scène ? Résultat, nous avons été pris d'un incoercible fou-rire comme nous n'en avons pas eu depuis très longtemps!J'ai fini assise par terre !!! Et , impossible de recommencer tant nous riions! Je ne sais toujours pas si sa poitrine ronfle ! Je vais laisser cet examen pour la prochaine visite du docteur !

Et vous laisse lire mes essais littéraires suivants.Si vous le voulez bien !

 

 

 

                       Ils ont grandi quand-même !

 

 

 

C’est bien connu, les enfants n’écoutent jamais les conseils. Ils ont grandi quand même !

Après la maternelle, le primaire. Aucun problème en ce qui concerne l’aîné, pas de soucis. Eric était un petit élève sérieux et studieux. Le second avait davantage de facilités mais n’en faisait pas plus que nécessaire. Aujourd’hui une mauvaise note, demain une excellente pour rétablir l’équilibre, passant tranquillement, ainsi, d’un cinq à un dix-huit sur vingt ! Pascal, quand à lui, nul en math, excellent en français, était beaucoup plus intéressé par le foot que par les études.

Donc, durant cinq ans, la vie a continué comme pour bon nombre de parents de jeunes enfants.

Une étape de plus à franchir lors de l’entrée au collège. Eric, comme les années précédentes avait les notes très correctes que lui valait un travail consciencieux. En troisième son dossier d’orientation nous posa quelques soucis, car il espérait devenir taxidermiste. Renseignements pris, il n’y avait pas de centre de formation près de chez nous. Le taxidermiste que nous connaissions, puisque c’était lui, qui, depuis des années, naturalisait les oiseaux que nous offrions à Eric lors de chaque occasion (Noëls, anniversaires, récompenses diverses…) nous découragea en ne nous montrant que le côté négatif de la profession. Avec le recul, nous nous sommes rendus compte qu’il en avait vraiment rajouté ! Donc, prenant en compte le choix de notre fils et les connaissances déjà approfondies qu’il possédait concernant la nature et les animaux, nous l’avons inscrit au Lycée Agricole, option générale.

Pour Bruno, cela ne fut pas très facile. Comme il était extrêmement doué en dessin, son professeur nous conseillait de lui faire redoubler sa troisième car il était trop jeune pour pouvoir entrer aux beaux- arts.  

AUX BEAUX-ARTS ?

Alors, là, ce fut une autre affaire ! Son père n’était absolument pas d’accord. Ce n’était pas une option envisageable ! Réussite beaucoup trop incertaine ! Jamais, même avec un an ou deux de plus, nous n’enverrions notre gamin fréquenter ce milieu artistique ! La bohême, c’est bien joli, mais dans la chanson ! Pour le retrouver ensuite, barbu, fauché et les cheveux longs ! D’ailleurs, c’est bien connu, les artistes peintres ne sont célèbres qu’après leur mort !  Gros dilemme, car c’était vrai, Bruno avait vraiment une grande prédisposition pour tout ce qui est du domaine artistique. Il avait déjà un dossier de dessins, qui, selon son professeur, était excellent. Nous avions donc, en désespoir de cause, décidé de lui laisser redoubler sa classe de troisième (de toutes- façons, il n’avait jamais redoublé) après nous verrions bien ! Le temps porte conseils.

Lorsque, tout à fait par hasard, je suis tombée sur l’annonce d’un atelier de graphisme, qui recherchait un apprenti (un dossier de dessins était souhaité) et proposait en outre, une formation de photograveur. N’ayant rien à perdre, sans trop d’espoir, j’envoyais immédiatement une demande de rendez-vous. Peu de temps après, un courrier nous convoqua pour un entretien.

Nous y avons accompagné notre fils. L’entretien s’était plutôt bien passé. Le propriétaire de l’agence avait conservé le dossier de dessins de Bruno et devait nous tenir au courant. Quelle ne fut pas notre surprise lorsqu’une lettre nous a informés que sa candidature avait été retenue parmi plus de vingt-cinq postulants, beaucoup plus âgés que lui. La joie de notre fils à cette annonce était sans limite.

Il faut dire que Bruno était très petit et menu. Imaginez un peu : à quatorze, je l’habillais en douze ans maximum, et encore ! De plus Robert avait été très catégorique. Aucun problème en ce qui concernait les heures de travail à condition que Bruno prépare sérieusement le CAP de photograveur, en plus de la formation de graphiste, et que, dans le cas d’heures supplémentaires, elles soient récompensées. Toute peine mérite salaire. J’avais trouvé qu’il était un peu sec, mais au moins les choses étaient claires !

Nous avons dû passer par l’Inspection Académique pour obtenir l’autorisation de signer le contrat d’apprentissage, (où d’ailleurs, on m’a demandé si je n’avais pas honte de jeter mon enfant, si jeune dans le milieu du travail !). Fort heureusement, la conseillère d’orientation nous a été favorable.

Ce CAP se préparait en trois ans et Bruno l’a obtenu en deux. Son employeur l’a gardé comme graphiste. Dans les années quatre-vingt, un graphiste ne travaillait pas sur ordinateur, surtout pour la création, en particulier, d’étiquettes de vins, alcools, sirops ou tout autre produit devant être étiqueté . Le travail se faisait à la main à l’aide de pinceaux aussi fins qu’un cheveu ou de plumes. C’était vraiment un travail nécessitant, outre un talent certain, beaucoup de précision et un réel esprit créatif. Pour cette dernière année, considérée comme sa dernière année d’apprentissage (par décision de l’inspection académique en raison du jeune âge de Bruno, et ce malgré l’obtention de son CAP) son employeur lui a octroyé une prime de dix pour cent sur le montant de chacune de ses créations acceptées par le client.

 Comme son style était très apprécié, il s’est retrouvé très tôt, à bien gagner sa vie.

Puis, est venu le tour de Pascal !

A part en français et en sport, pas de quoi pavoiser quant à ses résultats scolaires. J’ai d’ailleurs appris plus tard, que mon petit dernier n’était pas le petit ange que je voulais absolument voir en lui. Evidemment ! Je ne me souviens pas qu’il m’ait ramené de mots des professeurs ou de mauvaises notes. Pour la bonne raison, que Bruno a pour son frère, utilisé son talent (il est le seul à savoir reproduire ma signature) Il signait donc, allègrement, à ma place, les punitions de son petit frère !

Donc, Pascal ne voulait pas continuer les études. Il voulait travailler. Contrairement à son frère si menu, il a toujours été très charpenté, robuste, attiré par le sport et l’effort physique, fier de son endurance. Son père n’a pas discuté longtemps. Jugez-en :

 

Son père :                         

 -Tu veux vraiment travailler ?

Pascal :                              

-Oui !

Son père :                        

 - Que veux-tu faire ?

Pascal :                              

-Comme toi, plombier.

Son père :                        

 -Tu es sûr de ton choix ?

Pascal :                             

 -Certain !

Son père :                        

-Tu as bien réfléchi ?

Pascal :                            

 -Oui !

 Son père :                       

-Bon !

 

La semaine suivante :

Son père :                     

-Je t’ai trouvé un patron, tu commences lundi.

Pascal      :                     

-Lundi quand ?

Son père :                    

 -Lundi prochain.

Pascal :                          

 -Mais, le collège s’arrête jeudi !

Son père :                       

-Eh ! Bien ! Il y a un problème ?

Pascal :                            

-Mais, c’est les vacances !

Son père :                       

-Tu veux travailler ou continuer les études ?

 Pascal :                          

 -Travailler, mais…

 Son père :                     

-Il n’y a pas de mais, tu embauches lundi ! Tu auras droit a deux jours-et-demi de congés par mois. 

      

Et voilà !  Bien que je synthétise un peu, cela c’est à peu près passé ainsi !

 

Du Robert pur jus !!! 

x