Hier soir, résultats partiels de la prise de sang de Robert. Pas particulièrement inquiétants, attendons la suite! Nous ferons le point en fin de semaine prochaine lors de la consultation avec l'infectiologue.

Aujourd'hui, une journée superbe et  ensoleillée !  Nous avons passé l'après-midi dans le jardin à gratouiller le tour des rosiers, user du jet pour laver la terrasse et papoter un brin avec la voisine qui s'est arrêtée le long de la clôture en partant faire une petite promenade à pied avec son mari malade qui voulait profiter de ce beau soleil! 

C'était très agréable!

 

 

                            Ah !  L’Adolescence !.......(1)

 

 

 

Je vous ferai grâce des détails concernant l’adolescence : les colères, le sentiment de persécution, déprimes, petits chagrins d’amours adolescentes, boutons disgracieux qui ne veulent pas guérir et vous pourrissent la vie, la voix qui mue, les disputes avec les copains, voire les bagarres, les chamailleries avec les frères dont on ne peut pourtant pas se passer : avec qui d’autre faire les bêtises ? L’impression que le monde entier est contre vous. Les fous-rires irrépressibles pour un rien alors que deux minutes plus tôt, le pauvre incompris clamait avec désespoir : c’est toujours de ma faute ! J’en ai marre ! Et l’on entendait dans le couloir claquer brutalement la porte de la chambre du pauvre persécuté ! Et j’en passe !

Vous vivez cela une fois, bon ! On sait que c’est inévitable. Mais, lorsque vous avez le « bonheur » de voir se renouveler trois fois ces années perturbantes, je vous assure que vous manquez pas mal de compassion ! Vous attendez patiemment que votre malheureux enfant finisse de souffrir, si possible en silence et en vous fichant la paix ! Déjà que, soi-disant, vous ne comprenez jamais rien de toutes façons ! Pourtant, vous êtes patiente !

Mais, vous vous rendez-compte, trois !

Beaucoup plus tard, lors de conversations à bâtons rompus, le plus souvent au cours de repas de famille, la conversation s’engagera autour du souvenir des années écoulées.

Ce seront surtout les enfants qui se raconteront et nous découvrirons, à chaque fois, un évènement nouveau qui nous avait échappé à l’époque et qu’ils se remémoreront avec un plaisir évident, nous laissant abasourdis. Robert, beaucoup moins que moi. Ce n’est pas aux vieux -singes que l’on apprend  à faire la grimace !

J’ai ainsi, enfin compris, pourquoi les vélomoteurs de mes enfants devenaient un tas de ferraille beaucoup plus vite que ceux de leurs copains. Pourquoi également, lorsqu’ils étaient tombés de leurs engins, ils ne se plaignaient jamais malgré les plaies et bosses fréquentes. Ce n’était jamais de leurs fautes, mais de celles des automobilistes qui les serraient de trop près en les doublant, d’où, chûtes inévitables. De plus, ces dangereux conducteurs ne s’arrêtaient  même pas pour voir si les enfants s’étaient blessés sérieusement lors de la chute. NON ! A chaque fois, ils continuaient leur route. Cela me mettait en rage et je sortais mercurochrome et sparadrap !

En fait, l’explication était toute simple. La réalité, c’est que mes adorables, et raisonnables gamins, (qui ne partaient jamais de la maison sans que je les ai abreuvés de conseils de prudence) se rendaient dans un pré, et, là, s’adonnaient avec bonheur, témérité et inconscience à la pratique de cross, rodéos, poursuites et autres formes de gymkhanas sur leurs engins.

Nous avions acheté à leur frère aîné, trois ans auparavant, une moto pour se rendre au lycée. En compagnie de son copain, lequel portait le même prénom que lui (pour les différencier, hors du cercle familial, notre fils est devenu Rocky) tous deux, donc, venaient faire pétarader leurs motos à la sortie du collège, se faisant bruyamment remarquer pour la plus grande fierté de Bruno et Pascal qui se sentaient protégés, si le besoin venait à s’en faire sentir. Eric, le copain,(je l’appellerai Eric n°2) fils unique, se sentait investi de la même responsabilité vis-à-vis des petits-frères de Rocky. De vrais gardes du corps !

Eric a pleinement assumé son rôle de frère aîné, de leur enfance à l’âge adulte. Il les a conseillés, défendus, protégés et se sentant soutenus de la sorte, il est évident qu’ils en ont usé et même abusé ! Bien plus qu’un sentiment fraternel, naturel en somme, il s’est instauré entre eux, dès l’enfance, une complicité profonde. Les plus jeunes s’identifiant à leur aîné, dont les avis et jugements tranchants et sans appels, avaient force de lois à leurs yeux. Cet esprit de famille que nous avions voulu leur inculquer a développé chez eux, une confiance jamais démentie. Jamais ! Ils ont pourtant traversé des situations, qui, au cours des dernières années, auraient fait exploser une fratrie moins soudée.

Il y a eu de sévères tensions, des moments très difficiles à vivre, mais l’entente est toujours là, aussi inconditionnelle et l’esprit de solidarité toujours présent.Les dissensions, lorsqu'elles surviennent, n'ont jamais duré  très longtemps. 

C’est à cette époque également, que Mamie Mélia, ma mère est venue s’installer chez nous. Depuis le décès de mon père, elle avait coutume de venir chez nous tous les week-ends. Elle travaillait la nuit, comme débardeuse aux Capucins (les halles de Bordeaux). Très dur ! A plus de soixante-dix ans et une vie toute dévouée à ses huit enfants, elle avait bien mérité de se reposer. C’est Robert qui en a pris la décision et je lui en ai été très reconnaissante. Je vous le disais, caractère parfois difficile, mais ce que l’on appelle un cœur énorme !

Dans la foulée, nous avons vendu notre maison pour en faire bâtir une plus grande et sans étage. Ainsi chacun avait sa chambre.

Quel cadeau pour les enfants ! Une grand-mère entièrement acquise à leur service !