Voici donc .................... la suite !  Merci pour vos commentaires !

Mon âme de Mamie , les boit comme du petit lait!

Que celà ne vous empêche pas d'être sincères si vous avez quelques critiques! 

 

 

Le premier repas.Le premier véritable tête à tête avec ces deux étrangers adoptifs.A dix-neuf- heures piles! Le couvert était déjà installé sur la table : couteau à droite et fourchette à gauche, et, au centre de la table un  pichet transparent rempli d'eau.Sa nouvelle mère arriva, le plat d'entrée dans les mains.Elle s'assit à côté de son mari et servi de la salade dans chaque assiette. Le tout semblait fait maison, ce qui donna l'eau à la bouche de Lucy. Au centre où elle avait été envoyée auparavant, la nourriture était loin d'être aussi appétissante. En fait, celà faisait une éternité en son horloge d'enfant qu'elle n'avait pas eu droit à un repas digne de ce nom. Aussi, dès-que la nourriture fut dans son assiette elle s'empara de sa fourchette et s'apprêta à piquer sa première victime verte.La loi du plus fort  pensa-t-elle, mais son geste fut presque immédiatement stoppé par son néo-père, qui, un sourire aux lèvres, lui dit : "Allons, jeune-fille, il ne faut pas oublier les remerciements au Gouvernement avant de manger". Les deux adultes, comme dans un mouvement unique, joignirent leurs deux mains et attendirent qu'elle en fit de même. Lucy posa sa fourchette. Un sourire de contentement apparut sur le visage des deux adoptants, visiblement satisfaits de la docilité de leur nouvelle fille.Ils déchantèrent très vite lorsqu'ils s'apperçurent  qu'elle ne comptait nullement faire ses remerciements. Ses vrais parents s'étaient chargés de lui expliquer que ce rituel était semblable à celui que faisaient autrefois les croyants avant de manger. Elle n'était pas dupe. Elle ne laisserait pas le Gouvernement penser qu'il peut prendre la place d'un dieu! Jamais elle ne lui accorderair une quelconque soumission. Papa serait fier d'elle s'il a voyait !

Sa néo-mère tenta de la convaincre en douceur : "tu sais que tu ne mangeras pas tant que tu n'auras pas joint tes mains ma chérie?'

La petite leva les yeux, effrayée. Elle avait déjà mal mangé, mais jamais durant sa courte vie, elle n'avait été privée de repas. Toute sa détermination en fut profondémént ébranlée. Sa terreur devait etre visible sur son visage, car la femme ajouta presque assitôt d'une voix rassurante :

"Tu n'es pas obligée de te force à apprécier le Gouvernement tout de suite, mais il est nécessaire que tu fasses au moins le geste, d'accord ? Ce sera très court, je te le promets." 

En proie à une agitation intérieure car partagée entre les valeurs qu'on lui avait apprises et son ventre qui commençait déjà à gronder. Lucy essaya de se calmer.Elle se dit que , de toutes façons elle ne pourrait pas conserver éternellement ses positions sur ce combat là.Tôt ou tard, la faim la rattraperait. Que pouvait-elle faire ? Elle n'avait que huit ans. Tant pis , se dit-elle, je ne ferai que jouer la comédie, je leur ferai croire que je suis d'accord, alors que c'est moi qui les mènerai en bateau ! Oui !

Ce serait sa stratégie. Toute fière du nouveau plan qu'elle venai d'élaborer, elle se hâta de le mettre en exécution. Dans sa précipitation, elle claqua presque ses mains en les assemblant. Surpris par cet entrain subit, les parents adoptifs mirent quelques secondes à réagir, et finirent par prononcer simultanément le fameux "Gloire au Gouvernement". La première bouchée du repas n'en fut que plus délicieuse, la petite futée se sentant résistante dans l"âme!

Oui! décidément papa serait bien fier d'elle !

Elle avait savouré chaque bouchée qu'elle avait pu dévorer, mais elle s'était bien garder de l'exprimer à ses hôtes.Elle essayait au maximum de garder un visage impassible lorsqu'elle n'était pas seule. L'absence de communication était la seule réelle démonstration physique d'opposition qu'elle pouvait manifester.

Le dessert englouti, elle eut le droit de retourner dans sa chambre. Chiffon l'attendait , toute sage et toujours assise sur l'oreiller rose.La petite se pencha sur elle et lui murmura  près  de l'oreille :

-"Quel dommage! Quel gachis que cette femme qui sait si bien cuisiner ai été assez stupide pour se laisser berner par les vilains du Gouvernement. Tu aurais adoré sa mousse au chocolat, Chichi!! "

Puis, elle fouilla les tiroirs de son bureau à la recherche de quelques feuilles de papiers  et d'un stylo.Quand elle eut trouvé ce qu'elle désirait elle se mit à rédiger, recopiant de mémoire certaines phrases, certains mots, certains noms que ses parents lui avaient appris et qu'aujourd'hui, il est presque interdit d'évoquer.Mais elle écrivait lentement, elle arrêta donc son entreprise de peur de se faire prendre en flagrant délit. Elle plia les deux petites feuilles de brouillon remplies de mots nuisibles et les cacha derrière le meuble de la bibliothèque encore à moitié vide.Sentant qu'elle avait suffisamment bravé l'interdit pour la journée, elle dessina des rosaces jusqu'à ce que son "néo-père" passe le bout du nez dans l'entrebâillement de la porte et lui demande d'aller se coucher.

Cependant , malgré son ventre plein et la présence de Chichi blottie contre elle, elle eut du mal à trouver un sommeil paisible.