Que de grisaille dans le sujet de Lakévio ! 

 

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Mais qu'est-ce que je fais au centre de cette toile ? 

On voit bien que je hâte le pas. 

Il fait gris, l'air est humide et les passants semblent des ombres noires pressées de rentrer chez elles.

Malgré mon pas alerte, ce n'est pas mon cas. Je n'ai pas hâte de rentrer chez moi. Je peux même dire que je n'en ai pas envie.Mon humeur est en accord avec les couleurs du temps c'est dire !

Cet après-midi j'avais rendez-vous avec mon spécialiste qui avait reçu le résultat de mes analyses. Je savais bien que quelque chose clochait, depuis un bon moment  je me sentais fatiguée, très fatiguée et j'avais perdu beaucoup de poids.

Je m'attendais donc à une mauvaise nouvelle... mais pas à ce point !

Il faut que je traîne avant de rentrer à la maison. Je dirai que le métro avait du retard. J'ai besoin de "digérer" de réfléchir ... d'accepter l'idée.

J'ai mal. Pas tellement physiquement, je me sens juste tellement lasse. Mais mal en "dedans". J'ai envie de crier, de hurler, de  pleurer à m'enfendre l'âme! J'en veux à la terre entière!

Il faut que je me calme. Claire et Sophie m'attendent à la maison. Pierre aussi , mais lui, c'est un homme : il est fort.

Je ne dirai rien ce soir. Je suis sous le choc je ne sais pas comment leur dire que je ne serai plus auprès d'elles au prochain automne. Que je ne les verrai pas grandir, puis être amoureuses  ou les consoler pour leurs premiers chagrins d'amour ou encore assister à leurs mariages.

Je sais , je pourrai leur dire que je serai toujours auprès d'elles, que de là-haut je veilllerai sur elles avec tout mon amour.... mais, ça... c'est dans les films!

La vérité c'est que je ne serai plus là. Plus du tout. Il faudra que Pierre assume. Peut-être trouvera-t-il une autre femme pour l'aider. 

C'est pareil : dans les films la mère souhaite de tout son cœur qu'une autre la remplace: une merveilleuse belle-mère pour ses enfants et compagne pour son mari. Comment fait-elle ?

Moi, je ne le veux pas! Ce sont Mes filles à moi! C'est mon mari à moi ! Rien que l'idée me bouleverse! 

Devant moi, le feuilles des arbres jaunissent et résonnent dans mon  esprit ces mots d'une chanson que ma mère chantait et qui m'impressionnaient (peut-être une prémonition) :

"La chanson finissait ainsi:

Et vous feuilles des bois que l'automne a jaunies

Ne tombez pas encore

Je ne veux pas mourir !!!"

 

Alors...  Moi, Je vais me battre !!!!