Puisque certaines, entrant dans l'histoire,  ont la gentillesse de me proposer leur aide .... je vous propose la suite N° 8

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-Mélody ! Mélody !

- Je suis là maman, que t’arrive-t-il donc ?

- Je viens, à l’instant, de recevoir un mail me disant qu’une lectrice de mon blog souhaite me contacter via….

- Oui, je vois, qu’attends-tu pour aller voir ?

- Mon premier réflexe a été de t’appeler…

- Je comprends, regardons ensembles !

 

Bonjour Marie,

Je suis une lectrice assidue de votre blog même si je ne commente pas souvent et je l’apprécie beaucoup.

Après avoir vu vos dernières notes concernant votre recherche de Juliette Bouleau, il m’est revenu un souvenir qui pourrait peut-être vous être utile.

Il date de quelques années : sept ou huit environ. A l’époque j’habitais Perpignan et j’étais bénévole au « Resto du Cœur ».

La responsable de cette antenne, si mes souvenirs sont bons (car je ne suis pas restée très longtemps dans cette ville) ressemblait fort à la photo que vous avez publiée. Le prénom correspond aussi. Je n’ai pas connu son nom de famille, les bénévoles ne s’appellent généralement que par leurs prénoms.

Cette personne bien que très réservée était d’un dévouement extrême et toujours disponible pour tous. Elle ne semblait vivre que pour l’antenne et ne ménageait pas sa peine. Les enfants l’adoraient et elle le leur rendait bien.

C’est tout ce que je peux vous en dire et j’espère sincèrement que cette information vous permettra d’avancer dans votre recherche.

L’antenne se trouvait rue Saint Pierre.

Amicalement. Muriel.

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-Perpignan !  Ce n’est pas très loin de Toulouse… Deux cents kilomètres environ. Pour aller à Marennes il y en avait le double !

- Si tu envisages un autre voyage, cette fois, je veux en être Mélody!

- Attends, nous devons en parler avec papa… Pour le moment, remercie cette lectrice qui nous fournit un témoignage peut-être décisif. Puisque figure son adresse mail sur son message réponds lui de la même façon.  Je pense prématuré d’en parler directement sur le blog pour l’instant.

-  Tu as raison. Laisse-moi juste un instant pour … « digérer » l’information. Je n’espérais pas une réponse si rapidement !

- Ne t’emballes pas trop vite, c’est encourageant …mais encore à vérifier. Muriel parle d’il y a sept ou huit ans, il faut en tenir compte.

- D’accord, on va y réfléchir.

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-Je sais, j’ai dit : on va y réfléchir… j’ai réfléchi… jusqu’au matin !

Deux cents kilomètres, ce n’est pas le bout du monde ! Pourtant je n’ai pas envie de débarquer dans cette agence sans crier gare ! J’aimerai plutôt y faire un tour discret et incognito dans un premier temps.  Observer si c’est possible et puis… j’aviserai sur place…suivant ce que …ou qui j’y verrai !

 Je n’ai pas l’intention d’attendre plus longtemps. Que l’information se confirme ou non, j’ai besoin d’une certitude.

 

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Mélodie a absolument voulu m’y conduire elle-même. Jacques ne peut s’absenter de son travail et je ne veux pas attendre qu’il puisse se libérer et nous pensons  aussi que la formation de notre fille pourrait m’éviter un comportement inopportun pouvant se révéler fâcheux pour la suite.

J’ai bien l’intention de suivre ces conseils étant donné que je n’ai, pour le moment, aucune idée de stratégie !

Nous venons de passer devant le panneau signalant que nous entrons dans Perpignan. Mélody a rentré le nom de la rue dans le GPS. Nous ne sommes plus très loin… et j’ai le trac.

-Nous allons juste passer dans la rue, en repérage, d’accord ?

- C’est… une bonne idée, je suis un peu tendue…

- C’est normal, d’ailleurs je m’en rends compte, depuis quelques minutes tu te décomposes. Tu sais quoi ? Nous passons devant puis nous allons boire un café le temps que tu te remettes.

- Ce n’est pas de refus ! Nous roulons quand-même depuis deux heures-et-demie. Cela nous fera du bien à toutes les deux !

Nous avons facilement repéré l’agence.

Nous voilà installées devant un café fumant. Mélody a  également demandé  un croissant : les émotions ça creuse dit-elle, histoire de me détendre ! Nous le savourons, chacune se plongeant un court instant dans ses pensées. Puis je la questionne : alors ma chérie, que faisons- nous maintenant ?

-A mon avis, maman, tu ne peux pas débarquer et si vraiment, nous la reconnaissons, lui dire tout à trac : bonjour je suis ta fille Marie ! D’abord, le lieu ne s’y prête pas et puis, il est trop fréquenté.

- Alors ?

- Je ne vois qu’une solution. Je vais accoster gentiment l’une des personnes qui sortent (de préférence une maman avec un ou plusieurs enfants) et la questionner sur la responsable de l’agence. Nous aviserons ensuite. Ce serait déjà bien d’avoir confirmation de son nom ou prénom !

 J’observe de loin ma fille en conversation avec un jeune femme qui vient de sortir du local à l’enseigne : « resto du cœur ». Mélody c’est accroupie devant la petite fille d’environ trois ou quatre ans qui s’accroche à la poussette remplie de divers sacs de courses que pousse la maman. Après avoir échangé quelques phrases et passé la main pour une caresse sur les cheveux de l’enfant, Mélody revient vers moi pendant que la maman poursuit son chemin.

- La responsable s’appelle bien Juliette. Attends -moi encore un peu je vais voir si je peux en apprendre davantage ou l’apercevoir sans me faire remarquer.

Je regarde ma montre, je patiente. Le temps me semble long, mais ma montre ne m’indique qu’une absence de quatre minutes lorsque je la vois revenir.

- Mission accomplie ! Je te fais mon rapport, puis nous allons trouver un petit restaurant pour diner.

Elle s’appelle Juliette Sauval. Donc, elle a été mariée. Comme il y avait foule et qu’elle était très occupée avec les différents bénéficiaires des « resto » elle ne m’a pas remarquée. Mais moi, dès-que mes yeux se sont posés sur elle, j’ai immédiatement reconnu celle que tu deviendras plus tard.  Je n’ai aucun doute, Maman, c’est bien ta mère ou alors, il faut m’expliquer comment une telle ressemblance est possible, surtout confortée par les renseignements que nous possédons.

-Alors…Que fait -on maintenant ?

-Nous allons manger !

Comme ce matin devant un café, nous sommes installées dans le premier restaurant que nous avons trouvé. Mélody a raison : les émotions ouvrent l’appétit, j’ai une faim de loup !

-Maman j’ai une bien idée pour la suite, mais… encore une fois, c’est à toi de voir si elle te convient.

-Dis toujours…

- Voilà comment je vois les choses :

Nous sommes à peu-près sûres qu’elle est bien la personne que nous cherchons et je suppose que comme moi, tu as très envie de la connaître. Cependant, rien ne nous dit qu’elle ait le même désir. Nous ne pouvons pas prendre le risque de provoquer une réelle pagaille dans sa vie actuelle et sa famille si elle en a une, en nous précipitant tête baissée.

-Alors, on fait quoi ? Je suis assez de ton avis.

- On pourrait rentrer chez nous et lui écrire une lettre expliquant la découverte de la photo, l’issue de nos recherches et notre désir de la rencontrer si elle est d’accord. Je pense que nous devons lui laisser le choix. Nous ne gagnerions rien à nous imposer.

Puis, nous n’aurons plus qu’à attendre sa réponse, mais nous aurons au moins la certitude qu’elle aura volontairement pris sa décision.

-Tu as raison ma chérie. Merci. Ton idée me semble pleine de bon sens. Qu’elle décide librement est important pour nous aussi. J’averti ton père que nous allons rentrer et je le tiens au courant de nos réflexions.

Finissons tranquillement notre repas avant de reprendre la route.

La suite de l’histoire ne dépend plus de nous.